Si f est une fonction strictement décroissante sur un intervalle I, et si a et b sont deux réels de I tels que a<b, quelle relation compare f(a) et f(b) ?
Remarque
Une fonction strictement décroissante inverse le sens des inégalités : comme a<b, on a obligatoirement f(a)>f(b).
Point de départ · 2
On considère une fonction f continue et strictement décroissante sur [1;4], telle que f(1)=5 et f(4)=2. Lorsque x décrit le segment [1;4], quel intervalle décrit l'ensemble des valeurs f(x) ?
Remarque
Les valeurs f(x) varient de façon continue entre 2 et 5. En mathématiques, les bornes d'un intervalle sont toujours ordonnées de la plus petite à la plus grande : on écrit [2;5] et jamais [5;2].
Définition · 3
Théorème de l'image d'un intervalle
L'image d'un intervalle I par une fonction continue et strictement monotone est un intervalle de même nature (fermé, ouvert ou semi-ouvert).
f strictement croissante sur [a;b]⟹f([a;b])=[f(a);f(b)]
f strictement deˊcroissante sur [a;b]⟹f([a;b])=[f(b);f(a)]
Remarque
Aux bornes ouvertes ou infinies, les valeurs ponctuelles sont remplacées par les limites correspondantes, en plaçant toujours la plus petite borne à gauche.
Exemple travaillé · 4
Soit f la fonction définie sur [1;3] par f(x)=x2−2x+3. Déterminer l'intervalle image f([1;3]).
1
On vérifie la continuité et la dérivabilité de f sur [1;3].
f′(x)=2x−2=2(x−1)
2
Pour tout x∈]1;3], on a x−1>0 donc f′(x)>0. La fonction f est une fonction polynôme, donc continue, et elle est strictement croissante sur [1;3].
3
On calcule les images des extrémités du segment.
f(1)=12−2(1)+3=2etf(3)=32−2(3)+3=6
4
La fonction f étant strictement croissante, l'ordre des bornes est conservé.
f([1;3])=[f(1);f(3)]=[2;6]
Exemple travaillé · 5
Soit g la fonction définie sur [0;+∞[ par g(x)=−x3+2. Déterminer l'intervalle image g([0;+∞[).
1
On justifie la régularité et le sens de variation de g sur [0;+∞[.
g′(x)=−3x2
2
Pour tout x>0, g′(x)<0. La fonction polynôme g est continue et strictement décroissante sur [0;+∞[.
3
On détermine la valeur en 0 et le comportement à l'infini.
g(0)=−03+2=2etx→+∞limg(x)=x→+∞lim(−x3)=−∞
4
Comme g est strictement décroissante, l'ordre des bornes s'inverse : la limite en +∞ devient la borne inférieure ouverte, et g(0) devient la borne supérieure fermée.
g([0;+∞[)=]x→+∞limg(x);g(0)]=]−∞;2]
Piège classique · 6
Soit h la fonction définie sur [−4;−2] par h(x)=x+13. Sachant que h est continue et strictement décroissante sur [−4;−2], avec h(−4)=−1 et h(−2)=−3, quel est l'intervalle image h([−4;−2]) ?
Attention
Écrire h([−4;−2])=[h(−4);h(−2)]=[−1;−3] en recopiant les images dans l'ordre des abscisses.
À la place : Un intervalle s'écrit toujours de la borne inférieure à la borne supérieure. Comme h est strictement décroissante, les bornes s'inversent : h([−4;−2])=[h(−2);h(−4)]=[−3;−1].
Vérification · 7
La fonction u:x↦x1 est continue et strictement décroissante sur ]0;3]. Sachant que u(3)=31 et limx→0+u(x)=+∞, quel est l'intervalle u(]0;3]) ?
Remarque
Comme u est strictement décroissante, l'ordre est inversé. La borne fermée 3 donne la borne inférieure fermée u(3)=31, et la borne ouverte 0 donne la borne supérieure ouverte +∞ : u(]0;3])=[u(3);limx→0+u(x)[=[31;+∞[.
Point de départ · 8
On considère la fonction f définie sur [0;+∞[ par f(x)=x2. Pour tout réel y∈[0;+∞[, combien l'équation f(x)=y possède-t-elle de solutions dans [0;+∞[ ?
Remarque
Chaque réel positif y possède un seul et unique antécédent positif : x=y (la solution négative −y est exclue de l'intervalle). Comme à chaque y correspond un unique x, on peut faire le chemin inverse : on note cette fonction réciproque f−1, avec f(x)=y⟺x=f−1(y).
Définition · 9
Théorème de la bijection
Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R.
f continue et strictement monotone sur I⟹f reˊalise une bijection de I sur J=f(I)
Pour tout réel k∈J, l'équation f(x)=k admet une unique solution dans I.
y=f(x)⟺x=f−1(y)(pour tout x∈I et tout y∈J)
La fonction réciproque f−1 est continue sur J et a le même sens de variation que f. Dans un repère orthonormé, les courbes (Cf) et (Cf−1) sont symétriques par rapport à la première bissectrice d'équation y=x.
Exemple travaillé · 10
Soit f la fonction définie sur [1;2] par f(x)=x3−x2−1. Démontrer que l'équation f(x)=0 admet une unique solution α dans [1;2].
1
On étudie la dérivabilité et le signe de la dérivée de f sur [1;2].
f′(x)=3x2−2x=x(3x−2)
2
Pour tout x∈[1;2], on a x>0 et 3x−2≥1>0, donc f′(x)>0. La fonction f est continue (fonction polynôme) et strictement croissante sur [1;2].
3
D'après le théorème de la bijection, f réalise une bijection de [1;2] sur son intervalle image J=[f(1);f(2)].
4
On calcule les images des bornes.
f(1)=13−12−1=−1etf(2)=23−22−1=3
5
L'intervalle image est J=[−1;3]. Comme 0∈[−1;3], le réel 0 possède un antécédent unique α∈[1;2]. L'équation f(x)=0 admet donc une unique solution dans [1;2].
Exemple travaillé · 11
Soit f la fonction définie sur [0;+∞[ par f(x)=x2+1. Montrer que f réalise une bijection de [0;+∞[ sur un intervalle J à préciser, puis déterminer la valeur de f−1(5) sans expliciter la fonction f−1.
1
Pour tout x>0, f′(x)=2x>0. La fonction polynôme f est continue et strictement croissante sur [0;+∞[.
2
On évalue l'image de la borne et la limite à l'infini pour déterminer J.
f(0)=1etx→+∞limf(x)=+∞
3
D'après le théorème de la bijection, f réalise une bijection de [0;+∞[ sur J=[1;+∞[.
4
Pour déterminer f−1(5), on utilise l'équivalence fondamentale.
f−1(5)=x⟺f(x)=5avec x∈[0;+∞[
5
On résout l'équation dans l'intervalle de départ [0;+∞[.
x2+1=5⟺x2=4⟺x=2(car x≥0)
6
L'unique antécédent positif de 5 est 2, donc f−1(5)=2.
Piège classique · 12
Soit f une fonction continue et strictement croissante sur [1;5] telle que f(1)=2 et f(5)=7. On souhaite prouver que l'équation f(x)=4 admet une unique solution dans [1;5]. Quelle condition suffit à le justifier ?
Attention
Chercher à calculer le produit f(1)×f(5)<0, alors que la valeur cible n'est pas zéro.
À la place : Le test du produit f(a)×f(b)<0 ne concerne que l'équation f(x)=0. Pour toute autre valeur cible k, on vérifie simplement que k appartient à l'intervalle image : comme 4∈[2;7] et que f est strictement monotone, l'existence et l'unicité de la solution sont assurées.
Vérification · 13
Soit g une fonction continue sur [−2;3] telle que g([−2;3])=[−1;5]. Parmi les conditions suivantes, laquelle garantit à elle seule que l'équation g(x)=1 admet exactement une unique solution dans [−2;3] ?
Remarque
Comme 1∈[−1;5], la continuité de g garantit déjà l'existence d'au moins une solution. Pour obtenir l'unicité, il faut impérativement que g soit strictement monotone sur [−2;3].
Point de départ · 14
Dans un repère orthonormé, la courbe (Cf) d'une fonction f passe par le point A(1;2) avec une tangente de coefficient directeur 3. Sa courbe réciproque (Cf−1) passe par le point symétrique A′(2;1). Quel est le coefficient directeur de la tangente à (Cf−1) en A′ ?
Remarque
Par symétrie axiale d'axe y=x, les accroissements horizontaux et verticaux sont échangés. Le coefficient directeur, qui vaut ΔxΔy=3 pour (Cf), s'inverse et devient ΔyΔx=31 pour (Cf−1).
Définition · 15
Théorème de dérivabilité de la fonction réciproque
Soit f une fonction bijective d'un intervalle I sur J=f(I), et soit x0∈I.
f est deˊrivable en x0 et f′(x0)=0⟹f−1 est deˊrivable en y0=f(x0)
Le nombre dérivé de f−1 en y0 est l'inverse du nombre dérivé de f en son antécédent x0 :
(f−1)′(y0)=f′(x0)1=f′(f−1(y0))1
Domaine de dérivabilité et tangentes verticales
Si f est dérivable sur I et si f′(x)=0 pour tout x∈I, alors f−1 est dérivable sur tout l'intervalle J=f(I).
Si f′(x0)=0, la courbe (Cf−1) admet une tangente (ou demi-tangente) verticale au point (y0;x0), et f−1 n'est pas dérivable en y0.
Exemple travaillé · 16
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x3+2x+1. Justifier que f est une bijection de R sur R, puis calculer (f−1)′(4) sans expliciter f−1(x).
1
On étudie la dérivabilité et le signe de la dérivée de f sur R.
f′(x)=3x2+2>0
2
La fonction polynôme f est continue et strictement croissante sur R. Comme limx→−∞f(x)=−∞ et limx→+∞f(x)=+∞, f réalise une bijection de R sur f(R)=R.
3
On détermine l'antécédent x0 tel que f(x0)=4.
x03+2x0+1=4⟺x03+2x0−3=0⟺x0=1
4
On évalue la dérivée f′ au point x0=1.
f′(1)=3(1)2+2=5=0
5
Comme f′(1)=0, la fonction réciproque f−1 est dérivable en 4 et on applique la formule.
(f−1)′(4)=f′(1)1=51
Piège classique · 17
Soit g la fonction définie sur R par g(x)=2x3−3x2+3x−1. Sachant que g est bijective et que g(1)=1, comment détermine-t-on le nombre dérivé (g−1)′(1) ?
Attention
Tenter d'isoler algébriquement x dans l'équation y=2x3−3x2+3x−1 pour dériver ensuite la formule obtenue.
À la place : Une expression de degré 3 n'est pas inversible par des calculs élémentaires. On ne cherche jamais la formule globale de f−1 pour dériver en un point : on calcule directement (g−1)′(1)=g′(1)1, avec g′(1)=6(1)2−6(1)+3=3, ce qui donne (g−1)′(1)=31.
Exemple travaillé · 18
Soit f la fonction définie sur [0;+∞[ par f(x)=x2+1. Justifier que f admet une fonction réciproque f−1 définie sur [1;+∞[, déterminer son ensemble de dérivabilité, puis interpréter géométriquement le comportement en 1.
1
Pour tout x≥0, la fonction polynôme f est continue et dérivable sur [0;+∞[.
f′(x)=2x
2
Pour tout x>0, on a f′(x)>0. La fonction f est strictement croissante sur [0;+∞[. Comme f(0)=1 et limx→+∞f(x)=+∞, f réalise une bijection de [0;+∞[ sur J=[1;+∞[.
3
On cherche les points où la dérivée s'annule.
f′(x)=0⟺2x=0⟺x=0
4
En x0=0, on a f(0)=1 et f′(0)=0. La fonction réciproque f−1 n'est donc pas dérivable en 1. Pour tout x>0, f′(x)=0, donc f−1 est dérivable sur f(]0;+∞[)=]1;+∞[.
5
La courbe (Cf) admet en (0;1) une demi-tangente horizontale, donc par symétrie axiale, la courbe (Cf−1) admet en (1;0) une demi-tangente verticale.
Piège classique · 19
Soit h la fonction définie sur [3;+∞[ par h(x)=(x−3)2+2. Elle réalise une bijection de [3;+∞[ sur [2;+∞[. Sur quel ensemble la fonction réciproque h−1 est-elle dérivable ?
Attention
Affirmer que h−1 est dérivable sur [2;+∞[, en confondant l'ensemble de définition et l'ensemble de dérivabilité.
À la place : On a h′(x)=2(x−3). Au point x0=3, on a h′(3)=0. Comme h(3)=2, la réciproque h−1 n'est pas dérivable en 2 (sa courbe y admet une demi-tangente verticale). L'ensemble de dérivabilité de h−1 est donc l'intervalle ouvert ]2;+∞[.
Vérification · 20
Soit f une fonction continue et strictement croissante sur [0;5], dérivable sur [0;5], telle que f(2)=7 et f′(2)=4. La fonction réciproque f−1 est dérivable en 7. Quelle est la valeur de (f−1)′(7) ?
Remarque
On applique la relation (f−1)′(y0)=f′(x0)1 avec y0=7 et son antécédent x0=2. Comme f′(2)=4=0, on obtient (f−1)′(7)=41.
Point de départ · 21
On considère la fonction f définie sur [0;+∞[ par f(x)=x2+1. Elle réalise une bijection de [0;+∞[ sur [1;+∞[. Pour déterminer l'expression de sa réciproque f−1(y), on cherche à exprimer x en fonction de y à partir de la relation y=x2+1. Quelle est la valeur de x ?
Remarque
L'égalité x2=y−1 fournit algébriquement deux solutions : x=y−1 et x=−y−1. Cependant, la fonction réciproque doit renvoyer dans le domaine source I=[0;+∞[ : on rejette donc la racine négative pour ne conserver que x=y−1.
Définition · 22
Méthode d'explicitation de la fonction réciproque
Soit f une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle I, réalisant une bijection de I sur J=f(I).
Pour déterminer l'expression analytique de la fonction réciproque f−1, on utilise l'équivalence fondamentale :
y=f(x)⟺x=f−1(y)(x∈I et y∈J)
On résout cette équation d'inconnue x en considérant y comme un paramètre fixé dans J.
Si la résolution algébrique fait apparaître plusieurs expressions candidates pour x, on retient l'unique solution qui appartient à l'intervalle source I.
Une fois l'antécédent x exprimé en fonction de y, on remplace la variable muette y par x pour écrire la formule finale f−1(x) pour tout x∈J.
Exemple travaillé · 23
Soit f la fonction définie sur ]−2;+∞[ par f(x)=3x+62x−1. Elle réalise une bijection de ]−2;+∞[ sur J=]−∞;32[. Expliciter f−1(x) pour tout x∈J.
1
Pour tout y∈J et x∈]−2;+∞[, on pose la relation de bijection.
f(x)=y⟺3x+62x−1=y
2
On effectue le produit en croix pour regrouper les termes.
2x−1=y(3x+6)⟺2x−1=3xy+6y
3
On rassemble tous les termes contenant l'inconnue x à gauche.
2x−3xy=6y+1⟺x(2−3y)=6y+1
4
Comme y<32, on a 2−3y>0, donc 2−3y=0. On isole x.
x=2−3y6y+1
5
On réécrit l'expression avec la variable x.
f−1(x)=2−3x6x+1pour tout x∈]−∞;32[
Exemple travaillé · 24
Soit f la fonction définie sur ]0;+∞[ par f(x)=2xx2−1. Elle réalise une bijection de ]0;+∞[ sur R. Expliciter f−1(x) pour tout réel x.
1
Pour tout y∈R et tout x>0, on écrit l'équation d'inconnue x.
2xx2−1=y⟺x2−2yx−1=0
2
On calcule le discriminant de cette équation du second degré.
Δ=(−2y)2−4(1)(−1)=4y2+4=4(y2+1)>0
3
L'équation admet deux solutions réelles distinctes.
x1=22y−4(y2+1)=y−y2+1etx2=y+y2+1
4
On sélectionne la solution appartenant à I=]0;+∞[. Comme y2+1>y2=∣y∣≥y, on a y−y2+1<0. Seule la racine x2 est strictement positive.
5
L'unique antécédent dans ]0;+∞[ est x2. On en déduit l'expression de la réciproque.
f−1(x)=x+x2+1pour tout x∈R
Piège classique · 25
Soit f la fonction définie sur ]−∞;1] par f(x)=(x−1)2+3. Elle réalise une bijection de ]−∞;1] sur [3;+∞[. Pour tout y≥3, quelle est l'expression correcte de f−1(y) ?
Attention
Écrire machinalement x−1=y−3, ce qui donne x=1+y−3.
À la place : Comme x∈]−∞;1], on a x≤1, donc la différence x−1 est négative ou nulle. L'extraction de la racine carrée donne ∣x−1∣=−(x−1)=y−3, ce qui implique x−1=−y−3, soit x=1−y−3.
Vérification · 26
Soit g la fonction définie sur [0;1[ par g(x)=1−x2x2. Elle réalise une bijection de [0;1[ sur [0;+∞[. Pour tout x≥0, quelle est l'expression de g−1(x) ?
Remarque
On résout y=1−x2x2⟺y(1−x2)=x2⟺x2(1+y)=y⟺x2=1+yy. Comme x∈[0;1[, on retient la racine positive x=1+yy, ce qui donne g−1(x)=1+xx pour tout x≥0.
Point de départ · 27
L'équation x3=8 admet une unique solution réelle positive, appelée racine cubique de 8 et notée 38. Quelle est la valeur de 38 ?
Remarque
Comme 23=8, l'unique nombre positif dont le cube vaut 8 est 2, d'où 38=2. De manière générale, pour tout entier n≥2 et tout réel b≥0, l'unique réel positif a tel que an=b s'appelle la racine n-ième de b et se note nb ou bn1.
Définition · 28
Définition et propriétés de la racine n-ième
Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 2. La fonction x↦xn est continue et strictement croissante sur [0;+∞[. Elle réalise une bijection de [0;+∞[ sur [0;+∞[.
f−1(x)=nx=xn1
Pour tous réels positifs x et y :
y=xn⟺x=ny
Comportement asymptotique et dérivation :
x→+∞limnx=+∞etx→+∞limxnx=0
La fonction x↦nx est continue sur [0;+∞[ et dérivable sur ]0;+∞[. Pour tout x>0 :
(nx)′=nnxn−11=n1xn1−1
Elle n'est pas dérivable en 0 : la courbe représentative admet à l'origine une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.
Exemple travaillé · 29
Soit la fonction g définie sur [0;+∞[ par g(x)=23x+1. Étudier la dérivabilité de g à droite en 0, interpréter graphiquement le résultat, puis déterminer g′(x) pour tout x>0.
1
On forme le taux d'accroissement de g en 0 pour x>0.
x−0g(x)−g(0)=x(23x+1)−1=x23x
2
On simplifie l'expression en écrivant x=(3x)3.
x23x=(3x)323x=(3x)22=3x22
3
On évalue la limite quand x tend vers 0 par valeurs supérieures.
x→0+limxg(x)−g(0)=x→0+lim3x22=+∞
4
La limite étant infinie, g n'est pas dérivable à droite en 0. La courbe (Cg) admet au point (0;1) une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.
5
Pour tout x>0, la fonction racine cubique est dérivable, donc g est dérivable sur ]0;+∞[ et on dérive directement.
g′(x)=2×33x21=33x22
Exemple travaillé · 30
Soit la fonction f définie sur ]−∞;1] par f(x)=31−x. Justifier que f est dérivable sur ]−∞;1[, calculer f′(x), puis expliciter sa bijection réciproque f−1(x).
1
La fonction affine u:x↦1−x est dérivable et strictement positive sur ]−∞;1[. Comme la racine cubique est dérivable sur ]0;+∞[, par composition, f est dérivable sur ]−∞;1[.
2
On applique la règle de dérivation d'une composée (3u)′=33u2u′.
f′(x)=33(1−x)2−1
3
Pour tout x<1, f′(x)<0. La fonction f est continue et strictement décroissante sur ]−∞;1]. Comme f(1)=0 et limx→−∞f(x)=+∞, f réalise une bijection de ]−∞;1] sur J=[0;+∞[.
4
Pour tout y∈[0;+∞[ et x∈]−∞;1], on résout f(x)=y en élevant au cube.
31−x=y⟺1−x=y3⟺x=1−y3
5
On formule l'expression de la réciproque avec la variable x.
f−1(x)=1−x3pour tout x∈[0;+∞[
Piège classique · 31
Sur quel ensemble la fonction f:x↦3x est-elle dérivable ?
Attention
Affirmer que f est dérivable sur [0;+∞[ tout entier sous prétexte qu'elle y est définie et continue.
À la place : La fonction racine n-ième n'est jamais dérivable en 0. Le taux d'accroissement en 0 tend vers +∞, ce qui correspond graphiquement à une demi-tangente verticale. Elle n'est dérivable que sur l'intervalle ouvert ]0;+∞[.
Vérification · 32
Quelles sont les solutions réelles de l'équation x4=16 ?
Remarque
Comme l'exposant 4 est pair et que 16>0, l'équation admet exactement deux solutions réelles opposées : x=416=2 et x=−416=−2. L'ensemble des solutions est S={−2;2}.