Pour tout nombre réel x<0, quelle est l'écriture simplifiée de x2 sans symbole de radical ?
Remarque
Pour tout réel x, on a x2=∣x∣. Lorsque x<0, la valeur absolue coïncide avec son opposé : ∣x∣=−x.
Point de départ · 2
Au voisinage de +∞, on étudie deux expressions présentant l'indétermination « ∞−∞ » : A(x)=4x2+1−xetB(x)=x2+1−x Doit-on appliquer la même méthode pour lever l'indétermination dans les deux cas ?
Remarque
Dans A(x), le terme sous la racine croît comme 4x2=2x. La différence se comporte comme 2x−x=x, qui tend vers +∞ : les termes dominants ne s'annulent pas, une factorisation par x suffit. Dans B(x), x2=x compense exactement −x (x−x=0) : seule l'expression conjuguée permet de lever l'indétermination.
Définition · 3
Règle d'arbitrage : factorisation ou quantité conjuguée
Soit à déterminer la limite en +∞ d'une expression du type ax2+bx+c−αx avec a>0 et α>0 :
a=α
Les termes dominants ne s’annulent pas : factoriser par x (ou ∣x∣).
a=α
Les termes dominants se neutralisent : multiplier et diviser par l’expression conjugueˊe.
Remarque
Au voisinage de −∞, l'extraction du terme dominant donne x2=∣x∣=−x. La compensation a lieu si le terme extrait −ax annule le terme extérieur.
Exemple travaillé · 4
Déterminer la limite suivante au voisinage de −∞ : x→−∞lim(3x2+x−1+x)
1
On identifie les termes prépondérants : pour x<0, 3x2=3∣x∣=−3x. La somme des termes dominants vaut (1−3)x=0. Puisqu'ils ne se neutralisent pas, on factorise par le terme prépondérant.
2
3x2+x−1=x2(3+x1−x21)=∣x∣3+x1−x21
3
Comme x tend vers −∞, on a x<0, d'où ∣x∣=−x :
4
3x2+x−1+x=−x3+x1−x21+x=x(1−3+x1−x21)
5
Le terme entre parenthèses tend vers 1−3, qui est un réel strictement négatif. Par produit avec x tendant vers −∞ :
6
x→−∞lim(3x2+x−1+x)=+∞
Exemple travaillé · 5
Déterminer la limite suivante au voisinage de +∞ : x→+∞lim(x2+x+1−x)
1
Au voisinage de +∞, x2=x. Comme x−x=0, les termes prépondérants s'annulent exactement : la factorisation directe donnerait « ∞×0 ». On multiplie et divise par l'expression conjuguée.
On lève la forme indéterminée « ∞∞ » en factorisant par x>0 au numérateur et au dénominateur :
4
x(1+x1+x21+1)x(1+x1)=1+x1+x21+11+x1
5
Puisque limx→+∞x1=0 et limx→+∞x21=0, le quotient converge :
6
x→+∞lim(x2+x+1−x)=21
Piège classique · 6
Pour déterminer limx→−∞xx2+4, un élève écrit : xx2+4=xx1+x24=1+x24 Il conclut que la limite vaut 1. Quelle est l'erreur commise ?
Attention
Remplacer x2 par x au lieu de ∣x∣ lors d'un calcul de limite en −∞.
À la place : Pour tout réel x, x2=∣x∣. Comme x→−∞, on a x<0, donc ∣x∣=−x. L'expression s'écrit x−x1+x24=−1+x24, et la limite vaut −1.
Vérification · 7
On étudie la limite suivante : x→−∞lim(x2+3x+x) Quelle est la démarche adaptée et la valeur exacte de cette limite ?
Remarque
Pour x<0, le terme sous la racine s'écrit x2(1+x3)=−x1+x3. La somme avec +x donne −x+x=0 au premier ordre : les termes dominants s'annulent. C'est une forme indéterminée qui impose l'expression conjuguée : x2+3x−x3x=−x1+x3−x3x=−1+x3−13x→−∞−23
Point de départ · 8
On compare le comportement du quotient xsinx dans deux situations très différentes : x→0limxsinxetx→+∞limxsinx Ces deux limites sont-elles égales à 1 ?
Remarque
Non : en 0, l'argument tend vers 0 et le quotient représente le taux d'accroissement du sinus en 0, qui converge vers 1. En +∞, le numérateur oscille entre −1 et 1 pendant que le dénominateur grandit indéfiniment : la fraction est écrasée vers 0.
Définition · 9
Théorèmes d'encadrement et de comparaison
Pour déterminer la limite à l'infini d'une fonction contenant un terme oscillant borné, on utilise l'encadrement fondamental −1≤sin(u(x))≤1 ou −1≤cos(u(x))≤1.
Theˊoreˋme des gendarmes : si g(x)≤f(x)≤h(x) et limg(x)=limh(x)=l, alors limf(x)=l.
Comparaison vers l’infini : si f(x)≥g(x) avec limg(x)=+∞, alors limf(x)=+∞.
Comparaison vers l’infini : si f(x)≤h(x) avec limh(x)=−∞, alors limf(x)=−∞.
Remarque
Pour un encadrement en valeur absolue : si ∣f(x)−l∣≤g(x) avec limg(x)=0, alors limf(x)=l.
Exemple travaillé · 10
Déterminer la limite suivante au voisinage de +∞ : x→+∞limx+12x+cosx
1
Pour tout réel x, la fonction cosinus est bornée :
2
−1≤cosx≤1
3
On ajoute 2x à chaque membre de l'inégalité :
4
2x−1≤2x+cosx≤2x+1
5
Pour x>−1, le dénominateur x+1 est strictement positif, ce qui conserve le sens des inégalités :
6
x+12x−1≤x+12x+cosx≤x+12x+1
7
On calcule la limite des deux fonctions rationnelles encadrantes en ne retenant que les termes de plus haut degré :
D'après le théorème des gendarmes, la fonction encadrée admet la même limite :
10
x→+∞limx+12x+cosx=2
Exemple travaillé · 11
Déterminer la limite suivante au voisinage de +∞ : x→+∞lim3−sinxx
1
On encadre d'abord le dénominateur pour tout réel x :
2
−1≤sinx≤1⟺−1≤−sinx≤1⟺2≤3−sinx≤4
3
Les termes étant strictement positifs, la fonction inverse renverse le sens de l'inégalité :
4
41≤3−sinx1≤21
5
Au voisinage de +∞, on considère x>0. On multiplie par x sans changer l'ordre :
6
4x≤3−sinxx≤2x
7
Pour prouver la divergence vers +∞, la minoration seule suffit : 3−sinxx≥4x.
8
Comme limx→+∞4x=+∞, le théorème de comparaison donne :
9
x→+∞lim3−sinxx=+∞
Piège classique · 12
Un élève cherche la limite suivante : limx→+∞xsinx. Il écrit : « D'après la formule du cours limx→0xsinx=1, on a immédiatement limx→+∞xsinx=1 ». Que penser de ce raisonnement ?
Attention
Appliquer la limite trigonométrique usuelle limX→0XsinX=1 à un calcul où la variable tend vers l'infini.
À la place : La limite de référence XsinX→1 exige impérativement que l'argument X tende vers 0. En +∞, l'argument tend vers l'infini. On doit utiliser l'encadrement ∣sinx∣≤1, d'où pour x>0 : −x1≤xsinx≤x1. Comme limx→+∞x1=0, le théorème des gendarmes impose limx→+∞xsinx=0.
Vérification · 13
Déterminer la valeur exacte de la limite suivante : x→+∞limxsin(x1)
Remarque
Quand x→+∞, l'argument X=x1 tend vers 0. L'expression s'écrit xsin(x1)=1/xsin(1/x)=XsinX. Par composition, comme X→0+, la limite de référence s'applique et donne exactement 1.
Point de départ · 14
On cherche à déterminer la limite suivante au voisinage de +∞ : x→+∞limx2+34x2+1 Faut-il développer ou utiliser une expression conjuguée sur l'ensemble de la racine ?
Remarque
Non : on procède de l'intérieur vers l'extérieur. La fraction rationnelle u(x)=x2+34x2+1 tend vers 4 en +∞. La fonction racine carrée étant continue en 4, le résultat global tend naturellement vers 4=2.
Définition · 15
Limite et continuité d'une fonction composée
Soient u et v deux fonctions. Si x→alimu(x)=b et X→blimv(X)=c, alors x→alim(v∘u)(x)=c.
Les valeurs a, b et c désignent des réels ou +∞ ou −∞.
Continuiteˊ en un point : si u est continue en x0 et v est continue en u(x0), alors v∘u est continue en x0.
Continuiteˊ sur un intervalle : si u est continue sur I et v continue sur J tel que u(I)⊂J, alors v∘u est continue sur I.
Exemple travaillé · 16
Déterminer la limite suivante : x→+∞limcos(2x+3πx−1)
1
On décompose la fonction sous la forme v(u(x)) avec u(x)=2x+3πx−1 et v(X)=cos(X).
2
On détermine la limite de la fonction rationnelle intérieure u(x) en +∞ à l'aide du rapport des monômes de plus haut degré :
3
x→+∞lim2x+3πx−1=x→+∞lim2xπx=2π
4
La fonction extérieure cosinus est continue sur R, donc continue en 2π :
5
X→2πlimcos(X)=cos(2π)=0
6
Par application du théorème de la limite d'une fonction composée :
7
x→+∞limcos(2x+3πx−1)=0
Exemple travaillé · 17
Justifier que la fonction f définie par f(x)=x−1x+1 est continue sur l'intervalle ]1;+∞[.
1
On pose u(x)=x−1x+1 et v(X)=X de sorte que f=v∘u.
2
La fonction rationnelle u est définie et continue sur tout intervalle ne contenant pas 1. Elle est donc continue sur ]1;+∞[.
3
On vérifie la condition d'inclusion de l'ensemble image : pour tout x>1, on a x+1>0 et x−1>0, donc u(x)>0. Ainsi, u(]1;+∞[)⊂]0;+∞[.
4
La fonction racine carrée v est continue sur [0;+∞[, donc en particulier sur ]0;+∞[.
5
Puisque u est continue sur ]1;+∞[ et que son image est contenue dans le domaine de continuité de v, la fonction composée f est continue sur ]1;+∞[.
Piège classique · 18
On considère la fonction f(x)=2−x. Que peut-on affirmer concernant la limite limx→2+f(x) ?
Attention
Écrire directement limx→2+2−x=0=0 sans vérifier le domaine de validité de la fonction.
À la place : Pour x>2, l'expression sous la racine vérifie 2−x<0. La fonction racine carrée n'étant pas définie pour des réels strictement négatifs, la limite à droite en 2 n'a aucun sens mathématique : f n'est pas définie à droite de 2.
Vérification · 19
Déterminer la limite suivante en utilisant un changement de variable adapté : x→+∞limx2(1−cos(x1))
Remarque
En posant X=x1, on constate que lorsque x→+∞, X→0+. L'expression se réécrit X21−cosX. D'après la limite trigonométrique usuelle en zéro, limX→0+X21−cosX=21.
Point de départ · 20
On considère la fonction f définie sur R par : f(x)={x2+3xx2+7si x≤1si x>1 Peut-on affirmer que f est continue en 1 sans calculer séparément les limites à gauche et à droite ?
Remarque
Non : chaque formule est continue sur son intervalle, mais en 1, la limite à gauche vaut 12+3=4=f(1), tandis que la limite à droite vaut 11+7=8. Comme les deux valeurs diffèrent, la courbe subit une rupture : f n'est pas continue en 1.
Définition · 21
Continuité en un point et raccordement
f est continue en x0⟺x→x0+limf(x)=x→x0−limf(x)=f(x0)
Pour une fonction définie par morceaux de part et d'autre d'un point frontière x0, la continuité globale exige d'établir la continuité sur chaque intervalle ouvert, puis de vérifier l'égalité stricte des deux limites latérales avec l'image f(x0).
Exemple travaillé · 22
Soit f la fonction définie sur [0;+∞[ par : f(x)={x−4x−2asi x=4si x=4 Déterminer la valeur du réel a pour que f soit continue en 4.
1
Pour x=4, l'évaluation directe en 4 conduit à la forme indéterminée « 00 ».
2
On multiplie le numérateur et le dénominateur par l'expression conjuguée x+2 :
3
(x−4)(x+2)(x−2)(x+2)=(x−4)(x+2)x−4
4
Pour tout x=4, on simplifie par le facteur non nul (x−4) :
5
f(x)=x+21
6
On calcule la limite de l'expression simplifiée lorsque x tend vers 4 :
7
x→4limf(x)=4+21=41
8
La fonction f est continue en 4 si et seulement si limx→4f(x)=f(4), ce qui impose a=41.
Définition · 23
Prolongement par continuité
Si f n’est pas deˊfinie en x0 et si x→x0limf(x)=l∈R, alors f est prolongeable par continuiteˊ en x0.
Son prolongement par continuité est la fonction g définie sur Df∪{x0} par :
g(x)={f(x)lsi x=x0si x=x0
Remarque
Si limx→x0f(x)=±∞, la fonction n'est pas prolongeable par continuité : sa courbe admet une asymptote verticale d'équation x=x0.
Exemple travaillé · 24
Soit f la fonction définie sur R∖{2} par : f(x)={x−2x2−4x+2−2x−2si x<2si x>2 Montrer que f est prolongeable par continuité en 2 et expliciter ce prolongement.
1
On évalue la limite à gauche en factorisant le numérateur pour x<2 :
2
x→2−limx−2(x−2)(x+2)=x→2−lim(x+2)=4
3
On évalue la limite à droite en multipliant par l'expression conjuguée pour x>2 :
Les deux limites latérales sont finies et égales : limx→2f(x)=4. La fonction f est prolongeable par continuité en 2 par la fonction F définie sur R par F(x)=f(x) si x=2 et F(2)=4.
Piège classique · 25
Soit la fonction f définie sur R∖{1} par f(x)=∣x−1∣x2−1. Un élève affirme : « Comme x2−1=(x−1)(x+1), on simplifie par (x−1) et la limite en 1 vaut 2 : f est donc prolongeable par continuité en 1 ». Que penser de cette affirmation ?
Attention
Supprimer la valeur absolue sans tenir compte du signe de x−1, ce qui masque la discontinuité latérale.
À la place : Pour x>1, ∣x−1∣=x−1, donc limx→1+f(x)=limx→1+(x+1)=2. Mais pour x<1, ∣x−1∣=−(x−1), donc limx→1−f(x)=limx→1−−(x+1)=−2. Les limites latérales étant distinctes (−2=2), la fonction n'a pas de limite en 1 : elle ne peut pas être prolongée par continuité.
Vérification · 26
On considère la fonction g définie sur R par : g(x)={xsinxx+asi x<0si x≥0 Quelle valeur doit prendre le réel a pour que g soit continue en 0 ?
Remarque
À gauche de 0, la limite usuelle donne limx→0−xsinx=1. À droite et en 0, on a g(0)=0+a=a. Pour que g soit continue en 0, il faut que limx→0−g(x)=g(0), ce qui impose a=1.
Point de départ · 27
Soit f une fonction continue sur l'intervalle [1;4] telle que f(1)=2 et f(4)=5. L'ensemble des images f([1;4]) est-il nécessairement le segment [2;5] ?
Remarque
Non : si la fonction n'est pas monotone, elle peut osciller, monter plus haut ou descendre plus bas que ses valeurs aux bornes. L'image d'un segment [a;b] par une fonction continue est le segment [m;M], où m et M sont respectivement le minimum et le maximum absolus atteints sur cet intervalle.
Définition · 28
Image d'un intervalle par une fonction continue
L’image d’un intervalle I par une fonction continue f est un intervalle de meˆme nature si f est monotone.
Pour un segment fermé [a;b], la continuité seule garantit que f([a;b])=[m;M], où m est le minimum et M le maximum de f sur [a;b].
Lorsque f est continue et strictement monotone sur un intervalle, le sens de variation détermine l'ordre des bornes (les bornes ouvertes étant remplacées par les limites correspondantes) :
f strictement croissante⟹f(]a;b])=]limx→a+f(x);f(b)]
f strictement deˊcroissante⟹f(]a;b])=[f(b);limx→a+f(x)[
Définition · 29
Théorème des valeurs intermédiaires et corollaire de la bijection
TVI (existence) : Soit f continue sur [a;b]. Pour tout reˊel k compris entre f(a) et f(b),
il existe au moins un reˊel c∈[a;b] tel que f(c)=k.
En particulier, si f(a)×f(b)<0, l'équation f(x)=0 admet au moins une solution dans ]a;b[.
Corollaire de la bijection (uniciteˊ) : Si de plus f est strictement monotone sur [a;b],
alors pour tout reˊel k compris entre f(a) et f(b), l’eˊquation f(x)=k admet une unique solution dans [a;b].
Exemple travaillé · 30
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x3−x2−1. Montrer que l'équation f(x)=0 admet une unique solution α dans l'intervalle [1;2].
1
La fonction f est une fonction polynôme, elle est donc continue sur l'intervalle fermé [1;2].
2
On étudie la stricte monotonie en calculant la dérivée de f :
3
f′(x)=3x2−2x=x(3x−2)
4
Pour tout x∈[1;2], on a x>0 et 3x−2≥1>0, donc f′(x)>0. La fonction f est strictement croissante sur [1;2].
5
On évalue les images des bornes :
6
f(1)=13−12−1=−1<0etf(2)=23−22−1=3>0
7
On a f(1)×f(2)<0, donc 0 est strictement compris entre f(1) et f(2).
8
Puisque f est continue et strictement croissante sur [1;2], d'après le théorème de la bijection (corollaire du TVI), l'équation f(x)=0 admet une unique solution α dans l'intervalle [1;2].
Piège classique · 31
Soit g une fonction continue sur [−1;4] telle que g(−1)=1 et g(4)=6. Un élève affirme : « Comme 2∈[1;6], d'après le théorème des valeurs intermédiaires, l'équation g(x)=2 admet une unique solution dans [−1;4] ». Pourquoi cette conclusion d'unicité est-elle fausse ?
Attention
Conclure à l'unicité d'une solution en s'appuyant uniquement sur la continuité et l'encadrement des images par le TVI.
À la place : Le théorème des valeurs intermédiaires garantit seulement l'existence d'au moins une solution. Pour affirmer que la solution est unique, il faut impérativement démontrer que la fonction est strictement monotone sur l'intervalle considéré.
Exemple travaillé · 32
Soit f la fonction définie sur ]1;4] par f(x)=x−12x+1. Déterminer l'image de l'intervalle ]1;4] par la fonction f.
1
La fonction rationnelle f est dérivable sur son domaine de définition R∖{1}, donc sur ]1;4] :
2
f′(x)=(x−1)22(x−1)−1(2x+1)=(x−1)2−3
3
Pour tout x∈]1;4], on a f′(x)<0. La fonction f est donc continue et strictement décroissante sur ]1;4].
4
D'après la propriété de l'image d'un intervalle par une fonction continue et strictement décroissante, l'ordre des bornes s'inverse :
5
f(]1;4])=[f(4);x→1+limf(x)[
6
On calcule l'image de la borne fermée et la limite à la borne ouverte :
Soit h une fonction continue et strictement décroissante sur l'intervalle [0;3] telle que h(0)=4 et h(3)=−2. Que peut-on affirmer sur le nombre de solutions de l'équation h(x)=0 sur [0;3] et sur l'ensemble image h([0;3]) ?
Remarque
Puisque h est continue et strictement décroissante sur [0;3] avec h(0)×h(3)=−8<0, le théorème de la bijection assure l'existence d'une unique solution α∈[0;3] telle que h(α)=0. De plus, la décroissance stricte inverse les bornes du segment image : h([0;3])=[h(3);h(0)]=[−2;4].
Point de départ · 34
Au voisinage de +∞, on considère la fonction f(x)=2x+x. On constate que le rapport xf(x)=2+x1 tend vers 2. La droite d'équation y=2x est-elle pour autant une asymptote oblique à la courbe de f ?
Remarque
Non : pour être asymptote, la distance verticale entre la courbe et la droite doit tendre vers 0. Or ici, l'écart f(x)−2x=x tend vers +∞ : la courbe s'éloigne indéfiniment de la droite tout en conservant sa direction. C'est une branche parabolique de direction la droite y=2x.
Définition · 35
Branches infinies et asymptotes
Si x→a±limf(x)=±∞, la droite d’eˊquation x=a est asymptote verticale aˋCf.
Si x→±∞limf(x)=L, la droite d’eˊquation y=L est asymptote horizontale aˋCf.
Lorsque limx→±∞f(x)=±∞, on détermine la nature de la branche infinie à l'aide de limx→±∞xf(x) :
limx→±∞xf(x)=0⟹Cf admet une branche parabolique de direction (O,i)
limx→±∞xf(x)=±∞⟹Cf admet une branche parabolique de direction (O,j)
limx→±∞xf(x)=a=0⟹on eˊtudie limx→±∞(f(x)−ax)
Si lim(f(x)−ax)=b∈R:y=ax+b est asymptote oblique ; si lim(f(x)−ax)=±∞:branche parabolique de direction y=ax.
Exemple travaillé · 36
Soit la fonction f définie sur R par f(x)=x+x2+1. Déterminer la nature de la branche infinie de Cf en +∞.
1
On évalue la limite en +∞ : limx→+∞f(x)=+∞. La courbe admet une branche infinie.
2
On étudie la direction asymptotique via le rapport xf(x) pour x>0 :
3
xf(x)=xx+x2(1+x21)=xx+x1+x21=1+1+x21
4
x→+∞limxf(x)=1+1=2
5
Le coefficient directeur vaut a=2. On étudie la différence f(x)−2x=x2+1−x à l'aide de l'expression conjuguée :
6
f(x)−2x=x2+1+x(x2+1−x)(x2+1+x)=x2+1+x1
7
Le dénominateur tend vers +∞, donc limx→+∞(f(x)−2x)=0.
8
La droite d'équation y=2x est une asymptote oblique à la courbe Cf au voisinage de +∞.
Exemple travaillé · 37
Soit la fonction f définie sur [1;+∞[ par f(x)=2x−3x−1. Étudier la nature de la branche infinie de Cf en +∞.
1
On évalue la limite en +∞ : par factorisation par x, on vérifie que limx→+∞f(x)=+∞.
2
On calcule la limite du rapport xf(x) pour x>1 :
3
xf(x)=2−3xx−1=2−3x2x−1
4
Comme limx→+∞x2x−1=0, on obtient limx→+∞xf(x)=2.
5
On étudie ensuite la limite de la différence f(x)−2x :
6
f(x)−2x=−3x−1
7
x→+∞lim(f(x)−2x)=−∞
8
La limite de la différence est infinie : la courbe Cf admet une branche parabolique de direction la droite d'équation y=2x au voisinage de +∞.
Piège classique · 38
En étudiant une fonction f, un élève obtient limx→+∞f(x)=+∞ et limx→+∞xf(x)=3. Il conclut immédiatement que la droite d'équation y=3x est une asymptote oblique à la courbe. Que lui manque-t-il pour valider ou rejeter cette conclusion ?
Attention
Conclure à l'existence d'une asymptote oblique y=ax sur le seul résultat limxf(x)=a, sans calculer lim(f(x)−ax).
À la place : Le résultat limxf(x)=a indique seulement une direction asymptotique. Il est indispensable d'évaluer ensuite lim(f(x)−ax) : la droite n'est asymptote que si cette limite est un réel fini b. Si la limite est infinie, la courbe admet une branche parabolique.
Vérification · 39
Soit une fonction g définie sur ]2;+∞[ telle que limx→2+g(x)=−∞, limx→+∞g(x)=+∞ et limx→+∞xg(x)=0. Quelles sont les branches infinies de la courbe représentative de g ?
Remarque
La limite infinie en 2+ implique une asymptote verticale d'équation x=2. En +∞, la limite infinie de g combinée à limx→+∞xg(x)=0 indique que la courbe admet une branche parabolique de direction l'axe des abscisses (O,i).