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Dérivabilité — cours

4ème année (Bac) · section Sciences expérimentales · mathématiques, programme officiel tunisien.

Le cours

Rappel · 1

Complète l'égalité définissant la dérivabilité d'une fonction ff en un réel aa :

Remarque

Ce nombre réel fini, noté f′(a)f'(a), est le coefficient directeur de la tangente à la courbe au point d'abscisse aa.

Point de départ · 2

Soit f(x)=xf(x) = \sqrt{x} définie sur [0;+∞[[0 ; +\infty[. Pour tout x>0x > 0, la formule de dérivation donne f′(x)=12xf'(x) = \frac{1}{2\sqrt{x}}. Peut-on calculer directement f′(0)f'(0) avec cette formule ?

Remarque

La formule opératoire n'est valable que sur l'intervalle ouvert ]0;+∞[]0 ; +\infty[. En x=0x=0, elle conduit à une division par zéro : seul le taux d'accroissement permet de trancher.

Définition · 3

Limite infinie du taux d'accroissement et demi-tangente verticale

lim⁡x→a+f(x)−f(a)x−a=+∞(ou −∞)\lim_{x \to a^+} \frac{f(x)-f(a)}{x-a} = +\infty \quad (\text{ou } -\infty)

Lorsque le taux d'accroissement admet une limite infinie en aa, la fonction ff n'est pas dérivable à droite en aa.

La courbe représentative admet au point A(a,f(a))A(a, f(a)) une demi-tangente verticale portée par la droite d'équation x=ax=a.

Piège classique · 4

Soit g(x)=3xg(x) = \sqrt{3x} définie sur [0;+∞[[0 ; +\infty[. Pour étudier la dérivabilité de gg à droite en 00, quelle démarche applique-t-on ?

Attention

Remplacer directement xx par 00 dans la formule formelle g′(x)=323xg'(x) = \frac{3}{2\sqrt{3x}} et conclure à une impossibilité.

À la place : La formule (u)′=u′2u(\sqrt{u})' = \frac{u'}{2\sqrt{u}} n'est valable que sur les intervalles où u(x)>0u(x) > 0. En un point où le radicande s'annule, on doit obligatoirement revenir au calcul de la limite du taux d'accroissement.

Exemple travaillé · 5

Soit ff la fonction définie sur [0;+∞[[0 ; +\infty[ par f(x)=x(x+2)f(x) = \sqrt{x(x+2)}. Étudie la dérivabilité de ff à droite en 00 et donne l'interprétation géométrique du résultat.

1

On évalue f(0)=0f(0) = 0 et on écrit le taux d'accroissement en 00 pour tout x>0x > 0 :

f(x)−f(0)x−0=x(x+2)x\frac{f(x)-f(0)}{x-0} = \frac{\sqrt{x(x+2)}}{x}
2

Pour lever l'indétermination, on fait entrer xx sous le radical sachant que x=x2x = \sqrt{x^2} pour x>0x > 0 :

x(x+2)x2=x(x+2)x2=x+2x\frac{\sqrt{x(x+2)}}{\sqrt{x^2}} = \sqrt{\frac{x(x+2)}{x^2}} = \sqrt{\frac{x+2}{x}}
3

On étudie la limite du quotient lorsque xx tend vers 0+0^+ :

lim⁡x→0+x+2x=+∞  ⟹  lim⁡x→0+x+2x=+∞\lim_{x \to 0^+} \frac{x+2}{x} = +\infty \implies \lim_{x \to 0^+} \sqrt{\frac{x+2}{x}} = +\infty
4

La limite est infinie : ff n'est pas dérivable à droite en 00. La courbe admet au point (0,0)(0,0) une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.

Vérification · 6

Soit hh une fonction définie et continue sur [1;+∞[[1 ; +\infty[ vérifiant lim⁡x→1+h(x)−h(1)x−1=+∞\lim_{x \to 1^+} \frac{h(x)-h(1)}{x-1} = +\infty. Que possède la courbe représentative de hh au point d'abscisse 11 ?

Remarque

Une limite infinie du taux d'accroissement en un point du domaine traduit une demi-tangente verticale au point (1,h(1))(1, h(1)), et non une asymptote.

Point de départ · 7

La fonction valeur absolue f(x)=∣x∣f(x) = |x| est continue en 00, avec f(0)=0f(0) = 0. Sa courbe représentative admet-elle une tangente unique au point (0,0)(0,0) ?

Remarque

Pour x>0x > 0, la courbe est la demi-droite y=xy = x de pente 11. Pour x<0x < 0, c'est la demi-droite y=−xy = -x de pente −1-1. Au point (0,0)(0,0), les deux demi-droites se raccordent en formant un angle : il n'y a pas de tangente unique.

Définition · 8

Dérivabilité à gauche, à droite et point anguleux

f est deˊrivable en a  ⟺  fg′(a)=fd′(a)∈Rf \text{ est dérivable en } a \iff f'_g(a) = f'_d(a) \in \mathbb{R}

Une fonction ff est dérivable en aa si et seulement si elle est dérivable à gauche et à droite en aa avec des nombres dérivés égaux.

Si fg′(a)f'_g(a) et fd′(a)f'_d(a) sont finis mais distincts (fg′(a)≠fd′(a)f'_g(a) \ne f'_d(a)), la fonction n'est pas dérivable en aa. La courbe admet au point A(a,f(a))A(a, f(a)) deux demi-tangentes sécantes : le point AA est appelé un point anguleux.

Piège classique · 9

Une fonction ff est continue en 22. On calcule les limites des taux d'accroissement : lim⁡x→2−f(x)−f(2)x−2=−3\lim_{x \to 2^-} \frac{f(x)-f(2)}{x-2} = -3 et lim⁡x→2+f(x)−f(2)x−2=3\lim_{x \to 2^+} \frac{f(x)-f(2)}{x-2} = 3. Que peut-on en déduire pour la dérivabilité de ff en 22 ?

Attention

Penser que la fonction est dérivable parce que les deux limites sont finies, ou croire que le nombre dérivé est la moyenne des deux (f′(2)=0f'(2) = 0).

À la place : Pour être dérivable en 22, les deux limites doivent être strictement égales. Comme fg′(2)=−3≠3=fd′(2)f'_g(2) = -3 \ne 3 = f'_d(2), la fonction ff n'est pas dérivable en 22 et la courbe possède un point anguleux.

Exemple travaillé · 10

Soit la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par :
f(x)={2−x2si x≤11xsi x>1f(x) = \begin{cases} 2-x^2 & \text{si } x \le 1 \\ \frac{1}{x} & \text{si } x > 1 \end{cases}
Étudie la dérivabilité de ff en 11 et détermine les équations des demi-tangentes au point d'abscisse 11.

1

On évalue f(1)=2−12=1f(1) = 2 - 1^2 = 1. On étudie d'abord la dérivabilité à gauche en 11 pour x<1x < 1 :

lim⁡x→1−f(x)−f(1)x−1=lim⁡x→1−2−x2−1x−1=lim⁡x→1−1−x2x−1\lim_{x \to 1^-} \frac{f(x)-f(1)}{x-1} = \lim_{x \to 1^-} \frac{2-x^2-1}{x-1} = \lim_{x \to 1^-} \frac{1-x^2}{x-1}
2

On factorise le numérateur pour simplifier par (x−1)(x-1) :

lim⁡x→1−−(x−1)(x+1)x−1=lim⁡x→1−−(x+1)=−2  ⟹  fg′(1)=−2\lim_{x \to 1^-} \frac{-(x-1)(x+1)}{x-1} = \lim_{x \to 1^-} -(x+1) = -2 \implies f'_g(1) = -2
3

On étudie ensuite la dérivabilité à droite en 11 pour x>1x > 1 :

lim⁡x→1+f(x)−f(1)x−1=lim⁡x→1+1x−1x−1=lim⁡x→1+1−xx(x−1)=lim⁡x→1+−1x=−1  ⟹  fd′(1)=−1\lim_{x \to 1^+} \frac{f(x)-f(1)}{x-1} = \lim_{x \to 1^+} \frac{\frac{1}{x}-1}{x-1} = \lim_{x \to 1^+} \frac{1-x}{x(x-1)} = \lim_{x \to 1^+} -\frac{1}{x} = -1 \implies f'_d(1) = -1
4

Comme fg′(1)=−2≠−1=fd′(1)f'_g(1) = -2 \ne -1 = f'_d(1), la fonction ff n'est pas dérivable en 11. La courbe admet au point (1,1)(1,1) deux demi-tangentes d'équations :

{Tg:y=−2(x−1)+1=−2x+3(x≤1)Td:y=−1(x−1)+1=−x+2(x≥1)\begin{cases} T_g : y = -2(x-1) + 1 = -2x + 3 & (x \le 1) \\ T_d : y = -1(x-1) + 1 = -x + 2 & (x \ge 1) \end{cases}

Vérification · 11

Soit la fonction g(x)=∣x−3∣g(x) = |x-3|. Complète les valeurs des nombres dérivés à droite et à gauche en 33 :

Remarque

Pour x>3x > 3, g(x)=x−3g(x) = x-3 donc gd′(3)=1g'_d(3) = 1. Pour x<3x < 3, g(x)=−(x−3)=−x+3g(x) = -(x-3) = -x+3 donc gg′(3)=−1g'_g(3) = -1. Les dérivées diffèrent : la courbe admet un point anguleux en x=3x=3.

Point de départ · 12

Soit la fonction h(x)=(2x+1)3h(x) = (2x+1)^3. Si on applique naïvement la formule de dérivation d'une puissance x3↦3x2x^3 \mapsto 3x^2, on obtiendrait 3(2x+1)23(2x+1)^2. Or, en développant h(x)=8x3+12x2+6x+1h(x) = 8x^3 + 12x^2 + 6x + 1, sa dérivée réelle est h′(x)=24x2+24x+6=6(2x+1)2h'(x) = 24x^2 + 24x + 6 = 6(2x+1)^2. D'où provient le facteur multiplicatif 22 supplémentaire ?

Remarque

Ce facteur 22 est exactement la dérivée de la fonction intérieure u(x)=2x+1u(x) = 2x+1. Lorsque deux fonctions s'enchaînent, la variation de la fonction externe dépend de la vitesse à laquelle la fonction interne varie.

Définition · 13

Dérivabilité et dérivation d'une fonction composée

f est deˊrivable en aetg est deˊrivable en f(a)f \text{ est dérivable en } a \quad \text{et} \quad g \text{ est dérivable en } f(a)

(g∘f)′(a)=f′(a)×g′(f(a))(g \circ f)'(a) = f'(a) \times g'(f(a))

De manière générale, si ff est dérivable sur un intervalle II et gg est dérivable sur un intervalle JJ contenant f(I)f(I), alors g∘fg \circ f est dérivable sur II et pour tout x∈Ix \in I :

(g∘f)′(x)=f′(x)×g′(f(x))(g \circ f)'(x) = f'(x) \times g'(f(x))

Remarque

Cas usuels pour une fonction uu dérivable :
- (cos⁡(u))′=−u′sin⁡(u)(\cos(u))' = -u' \sin(u)
- (sin⁡(u))′=u′cos⁡(u)(\sin(u))' = u' \cos(u)
- (un)′=nu′un−1(u^n)' = n u' u^{n-1} (n≥1n \ge 1)

Piège classique · 14

On donne f(1)=2f(1) = 2, f′(1)=3f'(1) = 3, g(1)=5g(1) = 5, g′(1)=4g'(1) = 4, et g′(2)=−1g'(2) = -1. Pour calculer le nombre dérivé (g∘f)′(1)(g \circ f)'(1), quelle formule applique-t-on ?

Attention

Calculer (g∘f)′(1)=f′(1)×g′(1)(g \circ f)'(1) = f'(1) \times g'(1) en évaluant la dérivée externe au point initial 11.

À la place : La fonction externe gg prend pour argument l'image f(1)=2f(1) = 2. On doit donc évaluer sa dérivée en 22 : (g∘f)′(1)=f′(1)×g′(f(1))=3×g′(2)=3×(−1)=−3(g \circ f)'(1) = f'(1) \times g'(f(1)) = 3 \times g'(2) = 3 \times (-1) = -3.

Exemple travaillé · 15

Soient les fonctions uu et vv dérivables sur R\mathbb{R}. On donne u(0)=π3u(0) = \frac{\pi}{3}, u′(0)=2u'(0) = 2, et v(x)=cos⁡xv(x) = \cos x. Justifie que la fonction h=v∘uh = v \circ u est dérivable en 00 et calcule h′(0)h'(0).

1

On vérifie les hypothèses de dérivabilité en un point : uu est dérivable en 00 et vv est dérivable en u(0)=π3u(0) = \frac{\pi}{3}.

2

D'après le théorème de dérivation d'une fonction composée, h=v∘uh = v \circ u est dérivable en 00 et :

h′(0)=u′(0)×v′(u(0))h'(0) = u'(0) \times v'(u(0))
3

On dérive la fonction externe v(x)=cos⁡xv(x) = \cos x, ce qui donne v′(x)=−sin⁡xv'(x) = -\sin x. On évalue ensuite cette dérivée en u(0)=π3u(0) = \frac{\pi}{3} :

v′(π3)=−sin⁡(π3)=−32v'\left(\frac{\pi}{3}\right) = -\sin\left(\frac{\pi}{3}\right) = -\frac{\sqrt{3}}{2}
4

On effectue le produit avec la dérivée interne u′(0)=2u'(0) = 2 :

h′(0)=2×(−32)=−3h'(0) = 2 \times \left(-\frac{\sqrt{3}}{2}\right) = -\sqrt{3}

Exemple travaillé · 16

Soit la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=cos⁡(2x2+1)f(x) = \cos(2x^2+1). Justifie que ff est dérivable sur R\mathbb{R} et calcule sa fonction dérivée f′(x)f'(x).

1

On décompose ff sous la forme f=v∘uf = v \circ u avec u(x)=2x2+1u(x) = 2x^2+1 et v(X)=cos⁡(X)v(X) = \cos(X).

2

La fonction polynôme uu est dérivable sur R\mathbb{R}, et la fonction cos⁡\cos est dérivable sur R\mathbb{R}. Par composition, ff est dérivable sur R\mathbb{R}.

3

On dérive l'argument intérieur uu pour obtenir la dérivée interne :

u′(x)=4xu'(x) = 4x
4

On applique la règle de dérivation (cos⁡(u))′=−u′sin⁡(u)(\cos(u))' = -u' \sin(u) :

f′(x)=−4xsin⁡(2x2+1)f'(x) = -4x \sin(2x^2+1)

Vérification · 17

Soit la fonction gg définie sur R\mathbb{R} par g(x)=sin⁡(3x2)g(x) = \sin(3x^2). Complète l'expression de sa dérivée g′(x)g'(x) :

Remarque

On pose u(x)=3x2u(x) = 3x^2. Sa dérivée est u′(x)=6xu'(x) = 6x. Par la formule (sin⁡(u))′=u′cos⁡(u)(\sin(u))' = u' \cos(u), on obtient g′(x)=6xcos⁡(3x2)g'(x) = 6x \cos(3x^2).

Point de départ · 18

Une courbe représentative d'une fonction continue et dérivable relie les points A(0,2)A(0, 2) et B(3,2)B(3, 2). La fonction part et revient à la même ordonnée sans faire de saut ni de pointe. Que peut-on affirmer avec certitude sur la tangente en au moins un point entre 00 et 33 ?

Remarque

Puisque la fonction part et revient à la même altitude (f(0)=f(3)=2f(0) = f(3) = 2), elle doit nécessairement atteindre au moins un extremum local où sa tangente devient parfaitement horizontale : c'est l'idée intuitive du théorème de Rolle.

Définition · 19

Théorème de Rolle

f est continue sur [a  b](a<b)f \text{ est continue sur } [a\; b] \quad (a < b)
f est deˊrivable sur ]a  b[f \text{ est dérivable sur } ]a\; b[
f(a)=f(b)f(a) = f(b)

∃c∈]a  b[tel quef′(c)=0\exists c \in ]a\; b[ \quad \text{tel que} \quad f'(c) = 0

Interprétation géométrique : si la courbe relie deux points de même ordonnée, elle admet au moins une tangente horizontale en un point d'abscisse strictement comprise entre aa et bb.

Piège classique · 20

Soit f(x)=x5−3x4−5x3+15x2+4x+2f(x) = x^5 - 3x^4 - 5x^3 + 15x^2 + 4x + 2. On constate que f(−1)=14f(-1) = 14 et f(1)=14f(1) = 14. Pour prouver que la courbe admet au moins une tangente horizontale sur ]−1  1[]-1\; 1[, quelle démarche privilégier ?

Attention

Calculer la dérivée f′(x)=5x4−12x3−15x2+30x+4f'(x) = 5x^4 - 12x^3 - 15x^2 + 30x + 4 et tenter de résoudre l'équation de degré 4 f′(x)=0f'(x) = 0.

À la place : L'énoncé demande de prouver l'existence d'une tangente horizontale, sans en exiger l'abscisse exacte. Comme ff est polynomiale (donc continue sur [−1  1][-1\; 1] et dérivable sur ]−1  1[]-1\; 1[) et que f(−1)=f(1)f(-1) = f(1), le théorème de Rolle garantit immédiatement l'existence d'un réel c∈]−1  1[c \in ]-1\; 1[ tel que f′(c)=0f'(c) = 0.

Définition · 21

Théorème des accroissements finis (TAF)

f est continue sur [a  b](a<b)f \text{ est continue sur } [a\; b] \quad (a < b)
f est deˊrivable sur ]a  b[f \text{ est dérivable sur } ]a\; b[

∃c∈]a  b[tel quef(b)−f(a)=f′(c)(b−a)\exists c \in ]a\; b[ \quad \text{tel que} \quad f(b) - f(a) = f'(c)(b - a)

Ce résultat s'écrit aussi sous la forme du taux d'accroissement :

f(b)−f(a)b−a=f′(c)\frac{f(b) - f(a)}{b - a} = f'(c)

Interprétation géométrique : la courbe admet au moins une tangente parallèle à la sécante (AB)(AB), où A(a,f(a))A(a, f(a)) et B(b,f(b))B(b, f(b)).

Exemple travaillé · 22

Soit la fonction ff définie sur [1  2][1\; 2] par f(x)=x2x−1f(x) = x^2\sqrt{x-1}. Montrer que l'équation f′(x)=4f'(x) = 4 admet au moins une solution dans l'intervalle ]1  2[]1\; 2[.

1

On vérifie les hypothèses de régularité : la fonction x↦x2x \mapsto x^2 est continue et dérivable sur R\mathbb{R}, et x↦x−1x \mapsto \sqrt{x-1} est continue sur [1  2][1\; 2] et dérivable sur ]1  2[]1\; 2[. Donc ff est continue sur [1  2][1\; 2] et dérivable sur ]1  2[]1\; 2[.

2

On calcule les images aux deux bornes :

f(1)=121−1=0etf(2)=222−1=4f(1) = 1^2\sqrt{1-1} = 0 \quad \text{et} \quad f(2) = 2^2\sqrt{2-1} = 4
3

On calcule le taux de variation moyen entre 11 et 22 :

f(2)−f(1)2−1=4−01=4\frac{f(2)-f(1)}{2-1} = \frac{4-0}{1} = 4
4

D'après le théorème des accroissements finis, il existe au moins un réel c∈]1  2[c \in ]1\; 2[ tel que f′(c)=f(2)−f(1)2−1=4f'(c) = \frac{f(2)-f(1)}{2-1} = 4. L'équation f′(x)=4f'(x) = 4 admet donc bien au moins une solution dans ]1  2[]1\; 2[.

Vérification · 23

Soit gg une fonction continue sur [0  4][0\; 4] et dérivable sur ]0  4[]0\; 4[ vérifiant g(0)=1g(0) = 1 et g(4)=9g(4) = 9. D'après le théorème des accroissements finis, quelle équation admet au moins une solution c∈]0  4[c \in ]0\; 4[ ?

Remarque

Le taux d'accroissement moyen vaut g(4)−g(0)4−0=9−14=84=2\frac{g(4)-g(0)}{4-0} = \frac{9-1}{4} = \frac{8}{4} = 2. Le TAF garantit donc l'existence d'un réel c∈]0  4[c \in ]0\; 4[ vérifiant g′(c)=2g'(c) = 2.

Point de départ · 24

Un véhicule roule sur une autoroute à une vitesse instantanée toujours comprise entre 60 km/h60\text{ km/h} et 90 km/h90\text{ km/h}. En 2 heures2\text{ heures} de trajet, quelle distance a-t-il pu parcourir ?

Remarque

Si la vitesse instantanée (la dérivée) reste bornée par m=60m = 60 et M=90M = 90, la distance parcourue (la variation globale de position) est obligatoirement comprise entre 60×2=120 km60 \times 2 = 120\text{ km} et 90×2=180 km90 \times 2 = 180\text{ km}. C'est l'idée intuitive de l'inégalité des accroissements finis.

Définition · 25

Théorème de l'inégalité des accroissements finis (IAF)

f est deˊrivable sur un intervalle If \text{ est dérivable sur un intervalle } I

Première forme (encadrement) : s'il existe deux réels mm et MM tels que pour tout x∈Ix \in I, m≤f′(x)≤Mm \le f'(x) \le M, alors pour tous réels aa et bb de II tels que a≤ba \le b :

m(b−a)≤f(b)−f(a)≤M(b−a)m(b-a) \le f(b)-f(a) \le M(b-a)

Ce qui équivaut, pour a<ba < b, à encadrer le taux d'accroissement :

m≤f(b)−f(a)b−a≤Mm \le \frac{f(b)-f(a)}{b-a} \le M

Deuxième forme (valeur absolue) : s'il existe un réel k>0k > 0 tel que pour tout x∈Ix \in I, ∣f′(x)∣≤k|f'(x)| \le k, alors pour tous réels aa et bb de II :

∣f(b)−f(a)∣≤k∣b−a∣|f(b)-f(a)| \le k|b-a|

Piège classique · 26

Soit la fonction f(x)=xf(x) = \sqrt{x} sur l'intervalle [1;4][1 ; 4]. Sa dérivée est f′(x)=12xf'(x) = \frac{1}{2\sqrt{x}}. Quel est l'encadrement correct de f′(x)f'(x) sur [1;4][1 ; 4] pour appliquer l'IAF ?

Attention

Écrire directement f′(1)≤f′(x)≤f′(4)f'(1) \le f'(x) \le f'(4), ce qui donne 12≤f′(x)≤14\frac{1}{2} \le f'(x) \le \frac{1}{4} (inégalité absurde qui inverse l'ordre des réels).

À la place : La fonction f′f' est strictement décroissante sur [1;4][1 ; 4]. Le minimum est donc atteint en 44 et le maximum en 11 : f′(4)≤f′(x)≤f′(1)f'(4) \le f'(x) \le f'(1), soit 14≤f′(x)≤12\frac{1}{4} \le f'(x) \le \frac{1}{2}.

Exemple travaillé · 27

Soit la fonction f(x)=tan⁡xf(x) = \tan x définie sur [0;π4][0 ; \frac{\pi}{4}]. En utilisant l'inégalité des accroissements finis, montrer que pour tout x∈[0;π4]x \in [0 ; \frac{\pi}{4}], on a : x≤tan⁡x≤2xx \le \tan x \le 2x.

1

La fonction ff est dérivable sur [0;π4][0 ; \frac{\pi}{4}] et pour tout t∈[0;π4]t \in [0 ; \frac{\pi}{4}], sa dérivée est :

f′(t)=1+tan⁡2tf'(t) = 1 + \tan^2 t
2

La fonction tangente est strictement croissante sur [0;π4][0 ; \frac{\pi}{4}], donc pour 0≤t≤π40 \le t \le \frac{\pi}{4}, on a 0≤tan⁡t≤10 \le \tan t \le 1, d'où 0≤tan⁡2t≤10 \le \tan^2 t \le 1. En ajoutant 11 :

1≤f′(t)≤21 \le f'(t) \le 2
3

Soit x∈[0;π4]x \in [0 ; \frac{\pi}{4}]. On applique l'inégalité des accroissements finis à ff sur l'intervalle [0;x][0 ; x] avec m=1m = 1 et M=2M = 2 :

1×(x−0)≤f(x)−f(0)≤2×(x−0)1 \times (x-0) \le f(x)-f(0) \le 2 \times (x-0)
4

Comme f(0)=tan⁡(0)=0f(0) = \tan(0) = 0, l'inégalité devient directement :

x≤tan⁡x≤2xx \le \tan x \le 2x

Exemple travaillé · 28

Soit la fonction g(x)=cos⁡xg(x) = \cos x définie sur R\mathbb{R}. En utilisant l'inégalité des accroissements finis, montrer que pour tout réel hh, on a : ∣cos⁡(π3+h)−12∣≤∣h∣\left|\cos\left(\frac{\pi}{3}+h\right) - \frac{1}{2}\right| \le |h|.

1

La fonction gg est dérivable sur R\mathbb{R} et sa dérivée est g′(t)=−sin⁡tg'(t) = -\sin t.

2

Pour tout réel tt, on a ∣−sin⁡t∣≤1|-\sin t| \le 1, donc pour tout t∈Rt \in \mathbb{R} :

∣g′(t)∣≤1|g'(t)| \le 1
3

On applique la deuxième forme de l'inégalité des accroissements finis à gg entre les réels a=π3a = \frac{\pi}{3} et b=π3+hb = \frac{\pi}{3}+h avec la constante k=1k = 1 :

∣g(π3+h)−g(π3)∣≤1×∣(π3+h)−π3∣\left|g\left(\frac{\pi}{3}+h\right) - g\left(\frac{\pi}{3}\right)\right| \le 1 \times \left|\left(\frac{\pi}{3}+h\right) - \frac{\pi}{3}\right|
4

Comme g(π3)=cos⁡(π3)=12g\left(\frac{\pi}{3}\right) = \cos\left(\frac{\pi}{3}\right) = \frac{1}{2}, on obtient directement :

∣cos⁡(π3+h)−12∣≤∣h∣\left|\cos\left(\frac{\pi}{3}+h\right) - \frac{1}{2}\right| \le |h|

Vérification · 29

Soit une fonction ff dérivable sur [1;8][1 ; 8] telle que pour tout x∈[1;8]x \in [1 ; 8], ∣f′(x)∣≤5|f'(x)| \le 5. Complète la majoration fournie par l'inégalité des accroissements finis :

Remarque

D'après l'inégalité des accroissements finis en valeur absolue, ∣f(8)−f(1)∣≤k∣8−1∣=5×7=35|f(8)-f(1)| \le k|8-1| = 5 \times 7 = 35.

Point de départ · 30

On considère une suite (un)(u_n) définie par u0=1u_0 = 1 et un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n), où ff est une fonction strictement décroissante sur [0;2][0 ; 2]. Si u0<u1u_0 < u_1, la suite (un)(u_n) est-elle nécessairement croissante ?

Remarque

Non. Comme ff renverse l'ordre, u0<u1u_0 < u_1 entraîne f(u0)>f(u1)f(u_0) > f(u_1), c'est-à-dire u1>u2u_1 > u_2, puis u2<u3u_2 < u_3. Les termes oscillent de part et d'autre de la limite : la suite n'est pas monotone. L'étude classique du sens de variation échoue, ce qui motive l'usage d'une méthode de contraction basée sur l'inégalité des accroissements finis.

Définition · 31

Théorème de contraction pour une suite récurrente

f est deˊrivable sur un intervalle I stable par f(f(I)⊂I)f \text{ est dérivable sur un intervalle } I \text{ stable par } f \quad (f(I) \subset I)
∃α∈Itel quef(α)=α\exists \alpha \in I \quad \text{tel que} \quad f(\alpha) = \alpha
∃k∈]0;1[tel que∀x∈I,  ∣f′(x)∣≤k\exists k \in ]0 ; 1[ \quad \text{tel que} \quad \forall x \in I, \; |f'(x)| \le k
∀n∈N,un∈Ietun+1=f(un)\forall n \in \mathbb{N}, \quad u_n \in I \quad \text{et} \quad u_{n+1} = f(u_n)

∀n∈N,∣un+1−α∣≤k∣un−α∣\forall n \in \mathbb{N}, \quad |u_{n+1} - \alpha| \le k|u_n - \alpha|

Par récurrence, cette inégalité de contraction se propage jusqu'au premier terme :

∀n∈N,∣un−α∣≤kn∣u0−α∣\forall n \in \mathbb{N}, \quad |u_n - \alpha| \le k^n |u_0 - \alpha|

Comme 0<k<10 < k < 1, on a lim⁡n→+∞kn=0\lim_{n \to +\infty} k^n = 0. Le théorème des gendarmes garantit alors que lim⁡n→+∞un=α\lim_{n \to +\infty} u_n = \alpha.

Piège classique · 32

Soit la suite (un)(u_n) définie par u0=1u_0 = 1 et un+1=1+1unu_{n+1} = 1 + \frac{1}{\sqrt{u_n}} sur [1;2][1 ; 2]. La fonction associée f(x)=1+1xf(x) = 1 + \frac{1}{\sqrt{x}} est strictement décroissante. Pour prouver que (un)(u_n) converge vers la solution α\alpha de l'équation f(x)=xf(x)=x, quelle démarche adopte-t-on ?

Attention

Étudier le signe de la différence f(x)−xf(x) - x pour chercher à prouver que (un)(u_n) est une suite monotone.

À la place : Lorsque la fonction ff est décroissante, la suite (un)(u_n) n'est pas monotone : ses termes oscillent alternativement au-dessus et en dessous du point fixe α\alpha. Seule l'inégalité des accroissements finis ∣f(un)−f(α)∣≤k∣un−α∣|f(u_n)-f(\alpha)| \le k|u_n-\alpha| avec k<1k < 1 permet d'établir la convergence par contraction géométrique.

Exemple travaillé · 33

Soit f(x)=1+1xf(x) = 1 + \frac{1}{\sqrt{x}} sur [1;2][1 ; 2]. On admet que f([1;2])⊂[1;2]f([1 ; 2]) \subset [1 ; 2] et que l'équation f(x)=xf(x) = x admet une unique solution α∈]1;2[\alpha \in ]1 ; 2[. Montre que pour tout x∈[1;2]x \in [1 ; 2], ∣f′(x)∣≤12|f'(x)| \le \frac{1}{2}, puis que la suite définie par u0=2u_0 = 2 et un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) vérifie pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} : ∣un+1−α∣≤12∣un−α∣|u_{n+1} - \alpha| \le \frac{1}{2}|u_n - \alpha|.

1

On dérive ff sur [1;2][1 ; 2] :

f′(x)=−12xxf'(x) = -\frac{1}{2x\sqrt{x}}
2

Pour x∈[1;2]x \in [1 ; 2], on a x≥1x \ge 1, donc xx≥1x\sqrt{x} \ge 1. Par passage à l'inverse : 1xx≤1\frac{1}{x\sqrt{x}} \le 1. On en déduit :

∣f′(x)∣=12xx≤12|f'(x)| = \frac{1}{2x\sqrt{x}} \le \frac{1}{2}
3

Comme u0=2∈[1;2]u_0 = 2 \in [1 ; 2] et que l'intervalle [1;2][1 ; 2] est stable par ff, une récurrence immédiate prouve que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, un∈[1;2]u_n \in [1 ; 2].

4

Les réels unu_n et α\alpha appartiennent tous deux à [1;2][1 ; 2]. D'après l'inégalité des accroissements finis en valeur absolue avec k=12k = \frac{1}{2} :

∣f(un)−f(α)∣≤12∣un−α∣|f(u_n) - f(\alpha)| \le \frac{1}{2}|u_n - \alpha|
5

Comme f(un)=un+1f(u_n) = u_{n+1} et f(α)=αf(\alpha) = \alpha, on conclut directement :

∣un+1−α∣≤12∣un−α∣|u_{n+1} - \alpha| \le \frac{1}{2}|u_n - \alpha|

Exemple travaillé · 34

On considère la suite (un)(u_n) vérifiant u0=2u_0 = 2 et pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, ∣un+1−α∣≤12∣un−α∣|u_{n+1} - \alpha| \le \frac{1}{2}|u_n - \alpha| avec α∈]1;2[\alpha \in ]1 ; 2[. Montre par récurrence que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, ∣un−α∣≤(12)n|u_n - \alpha| \le \left(\frac{1}{2}\right)^n, puis détermine la limite de la suite (un)(u_n).

1

Initialisation : pour n=0n = 0, ∣u0−α∣=∣2−α∣|u_0 - \alpha| = |2 - \alpha|. Comme 1<α<21 < \alpha < 2, on a 0<2−α<10 < 2 - \alpha < 1, donc :

∣u0−α∣≤1=(12)0|u_0 - \alpha| \le 1 = \left(\frac{1}{2}\right)^0
2

Hérédité : supposons que pour un entier n≥0n \ge 0, ∣un−α∣≤(12)n|u_n - \alpha| \le \left(\frac{1}{2}\right)^n.

3

Au rang n+1n+1, on applique la relation de contraction et l'hypothèse de récurrence :

∣un+1−α∣≤12∣un−α∣≤12×(12)n=(12)n+1|u_{n+1} - \alpha| \le \frac{1}{2}|u_n - \alpha| \le \frac{1}{2} \times \left(\frac{1}{2}\right)^n = \left(\frac{1}{2}\right)^{n+1}
4

L'inégalité ∣un−α∣≤(12)n|u_n - \alpha| \le \left(\frac{1}{2}\right)^n est donc vraie pour tout entier naturel nn.

5

Comme −1<12<1-1 < \frac{1}{2} < 1, on a lim⁡n→+∞(12)n=0\lim_{n \to +\infty} \left(\frac{1}{2}\right)^n = 0. Par le théorème des gendarmes encadrant ∣un−α∣≥0|u_n - \alpha| \ge 0 :

lim⁡n→+∞∣un−α∣=0  ⟹  lim⁡n→+∞un=α\lim_{n \to +\infty} |u_n - \alpha| = 0 \implies \lim_{n \to +\infty} u_n = \alpha

Vérification · 35

Une suite (un)(u_n) vérifie un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) sur un intervalle où ∣f′(x)∣≤25|f'(x)| \le \frac{2}{5} et f(1)=1f(1) = 1. On donne u0=0u_0 = 0. Complète l'inégalité de majoration et la limite de (un)(u_n) :

Remarque

On a ∣u0−1∣=∣0−1∣=1|u_0 - 1| = |0 - 1| = 1. L'inégalité des accroissements finis donne ∣un+1−1∣≤25∣un−1∣|u_{n+1}-1| \le \frac{2}{5}|u_n-1|, d'où par récurrence ∣un−1∣≤(25)n|u_n-1| \le \left(\frac{2}{5}\right)^n. Comme 0<25<10 < \frac{2}{5} < 1, la suite géométrique tend vers 00 et lim⁡n→+∞un=1\lim_{n \to +\infty} u_n = 1.

Point de départ · 36

Soit la fonction cube f(x)=x3f(x) = x^3. Au point O(0,0)O(0,0), la tangente à la courbe est l'axe des abscisses d'équation y=0y = 0. Comment se positionne la courbe par rapport à sa tangente au voisinage de 00 ?

Remarque

Pour x>0x > 0, x3>0x^3 > 0 : la courbe est située au-dessus de sa tangente. Pour x<0x < 0, x3<0x^3 < 0 : la courbe est située au-dessous. La courbe traverse sa tangente en (0,0)(0,0) : un tel point de contact est appelé un point d'inflexion.

Définition · 37

Point d'inflexion et critère de la dérivée seconde

Soit ff une fonction dérivable en aa. On dit que le point I(a,f(a))I(a, f(a)) est un point d'inflexion de la courbe CfC_f si CfC_f traverse sa tangente en ce point.

f est deux fois deˊrivable sur un intervalle ouvert contenant af \text{ est deux fois dérivable sur un intervalle ouvert contenant } a

I(a,f(a)) est un point d’inflexion de Cf  ⟺  f′′(x) s’annule en a en changeant de signeI(a, f(a)) \text{ est un point d'inflexion de } C_f \iff f''(x) \text{ s'annule en } a \text{ en changeant de signe}

Piège classique · 38

Soit la fonction g(x)=x4g(x) = x^4 définie sur R\mathbb{R}. Sa dérivée seconde est g′′(x)=12x2g''(x) = 12x^2. On constate que g′′(0)=0g''(0) = 0. Le point O(0,0)O(0,0) est-il un point d'inflexion de la courbe de gg ?

Attention

Conclure qu'un point est un point d'inflexion dès que la dérivée seconde s'annule (g′′(0)=0g''(0) = 0).

À la place : L'annulation seule ne suffit pas : la dérivée seconde doit impérativement changer de signe. Ici, pour tout x≠0x \ne 0, g′′(x)=12x2>0g''(x) = 12x^2 > 0. Comme g′′g'' garde un signe constant positif, la courbe ne traverse pas sa tangente en 00 (elle reste entièrement au-dessus) : (0,0)(0,0) n'est pas un point d'inflexion.

Exemple travaillé · 39

Soit la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x4−6x2+1f(x) = x^4 - 6x^2 + 1. Montre que la courbe CfC_f admet deux points d'inflexion et détermine leurs coordonnées.

1

La fonction ff est polynomiale, donc deux fois dérivable sur R\mathbb{R}. On calcule sa dérivée première puis sa dérivée seconde :

f′(x)=4x3−12x  ⟹  f′′(x)=12x2−12f'(x) = 4x^3 - 12x \implies f''(x) = 12x^2 - 12
2

On factorise f′′(x)f''(x) pour trouver ses racines :

f′′(x)=12(x2−1)=12(x−1)(x+1)f''(x) = 12(x^2 - 1) = 12(x - 1)(x + 1)
3

Les racines de f′′f'' sont −1-1 et 11. Le trinôme 12x2−1212x^2 - 12 est strictement positif à l'extérieur des racines et strictement négatif à l'intérieur : f′′f'' s'annule donc en changeant de signe en −1-1 et en 11.

4

On calcule les ordonnées des deux points d'inflexion :

f(−1)=(−1)4−6(−1)2+1=−4etf(1)=14−6(1)2+1=−4f(-1) = (-1)^4 - 6(-1)^2 + 1 = -4 \quad \text{et} \quad f(1) = 1^4 - 6(1)^2 + 1 = -4
5

La courbe CfC_f admet exactement deux points d'inflexion : I1(−1,−4)I_1(-1, -4) et I2(1,−4)I_2(1, -4).

Exemple travaillé · 40

Soit la fonction gg définie sur [0;π][0 ; \pi] par g(x)=1+12cos⁡xg(x) = 1 + \frac{1}{2}\cos x. Montre que la courbe CgC_g admet un unique point d'inflexion dont on précisera les coordonnées.

1

La fonction gg est deux fois dérivable sur [0;π][0 ; \pi]. On calcule ses dérivées successives :

g′(x)=−12sin⁡x  ⟹  g′′(x)=−12cos⁡xg'(x) = -\frac{1}{2}\sin x \implies g''(x) = -\frac{1}{2}\cos x
2

On cherche les annulations de g′′(x)g''(x) sur l'intervalle [0;π][0 ; \pi] :

g′′(x)=0  ⟺  cos⁡x=0  ⟺  x=π2g''(x) = 0 \iff \cos x = 0 \iff x = \frac{\pi}{2}
3

On étudie le signe de g′′(x)g''(x) de part et d'autre de π2\frac{\pi}{2} :
- Pour x∈[0;π2[x \in [0 ; \frac{\pi}{2}[, cos⁡x>0\cos x > 0, d'où g′′(x)<0g''(x) < 0.
- Pour x∈]π2;π]x \in ]\frac{\pi}{2} ; \pi], cos⁡x<0\cos x < 0, d'où g′′(x)>0g''(x) > 0.

4

La dérivée seconde s'annule en π2\frac{\pi}{2} en changeant de signe (de négatif à positif). La courbe CgC_g admet donc un unique point d'inflexion II d'abscisse π2\frac{\pi}{2}.

5

On calcule son ordonnée :

g(π2)=1+12cos⁡(π2)=1+0=1g\left(\frac{\pi}{2}\right) = 1 + \frac{1}{2}\cos\left(\frac{\pi}{2}\right) = 1 + 0 = 1
6

Le point d'inflexion de CgC_g est I(π2,1)I\left(\frac{\pi}{2}, 1\right).

Vérification · 41

Soit la fonction h(x)=x3−3x2+5h(x) = x^3 - 3x^2 + 5. Complète les coordonnées du point d'inflexion II de sa courbe représentative :

Remarque

On calcule h′(x)=3x2−6xh'(x) = 3x^2 - 6x puis h′′(x)=6x−6=6(x−1)h''(x) = 6x - 6 = 6(x-1). La dérivée seconde s'annule et change de signe en x=1x = 1. L'ordonnée correspondante est h(1)=13−3(1)2+5=3h(1) = 1^3 - 3(1)^2 + 5 = 3. Le point d'inflexion est donc I(1,3)I(1, 3).

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