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Les nombres complexes — cours

4ème année (Bac) · section Sciences expérimentales · mathématiques, programme officiel tunisien.

Le cours

Point de départ · 1

Dans l'ensemble des réels R\mathbb{R}, l'équation x2+1=0x^2 + 1 = 0 n'a aucune solution car le carré d'un nombre réel est toujours positif ou nul. Que se passe-t-il si l'on introduit un nouveau nombre, noté ii, dont le carré vaut exactement 1-1 ?

Ce nombre ii n'est pas un réel : c'est l'unité imaginaire. En combinant ii avec les nombres réels au moyen de l'addition et de la multiplication habituelles, on construit un nouvel ensemble de nombres : l'ensemble des nombres complexes, noté C\mathbb{C}.

Définition · 2

Forme algébrique d'un nombre complexe

i2=1i^2 = -1

Tout élément zz de C\mathbb{C} s'écrit de manière unique sous la forme :

z=a+ibavec aR et bRz = a + ib \quad \text{avec } a \in \mathbb{R} \text{ et } b \in \mathbb{R}

Cette écriture est appelée forme algébrique (ou cartésienne) de zz.

Vocabulaire

  • Partie réelle de zRe(z)=a\text{Re}(z) = a
  • Partie imaginaire de zIm(z)=b\text{Im}(z) = b

zR    Im(z)=0z \in \mathbb{R} \iff \text{Im}(z) = 0

ziR    Re(z)=0z \in i\mathbb{R} \iff \text{Re}(z) = 0

Remarque

Si Re(z)=0\text{Re}(z) = 0, zz s'écrit ibib : on dit que zz est un imaginaire pur.

Piège classique · 3

Quelle est la partie imaginaire du nombre complexe z=54iz = 5 - 4i ?

Attention

Répondre que Im(z)=4i\text{Im}(z) = -4i en incluant l'unité imaginaire ii.

À la place : La partie imaginaire est le coefficient réel devant ii. Pour z=54iz = 5 - 4i, on a Im(z)=4\text{Im}(z) = -4 (un nombre réel, jamais un terme en ii).

Définition · 4

Égalité de deux nombres complexes

L'écriture algébrique étant unique, deux nombres complexes sont égaux si et seulement si ils ont la même partie réelle et la même partie imaginaire.

a,b,a,bRa, b, a', b' \in \mathbb{R}

a+ib=a+ib    {a=ab=ba + ib = a' + ib' \iff \begin{cases} a = a' \\ b = b' \end{cases}

a+ib=0    {a=0b=0a + ib = 0 \iff \begin{cases} a = 0 \\ b = 0 \end{cases}

Exemple travaillé · 5

Mettre le nombre complexe Z=(32i)(1+4i)2i(5i)Z = (3 - 2i)(1 + 4i) - 2i(5 - i) sous forme algébrique.

1

On développe le premier produit en appliquant la distributivité classique et la règle i2=1i^2 = -1.

2
(32i)(1+4i)=3+12i2i8i2=3+10i8(1)=11+10i(3 - 2i)(1 + 4i) = 3 + 12i - 2i - 8i^2 = 3 + 10i - 8(-1) = 11 + 10i
3

On développe le second terme en faisant attention au produit 2i×(i)=2i2-2i \times (-i) = 2i^2.

4
2i(5i)=10i+2i2=10i+2(1)=210i-2i(5 - i) = -10i + 2i^2 = -10i + 2(-1) = -2 - 10i
5

On additionne les deux résultats en regroupant parties réelles et parties imaginaires.

6
Z=(112)+(1010)i=9+0i=9Z = (11 - 2) + (10 - 10)i = 9 + 0i = 9

Exemple travaillé · 6

Déterminer les réels xx et yy vérifiant l'égalité : (2+i)x+(12i)y=7i(2 + i)x + (1 - 2i)y = 7 - i.

1

On développe le membre de gauche afin de regrouper les termes réels et les termes imaginaires purs.

2
2x+ix+y2iy=(2x+y)+i(x2y)2x + ix + y - 2iy = (2x + y) + i(x - 2y)
3

On applique la propriété d'égalité de deux nombres complexes en identifiant la partie réelle à 77 et la partie imaginaire à 1-1.

4
{2x+y=7x2y=1\begin{cases} 2x + y = 7 \\ x - 2y = -1 \end{cases}
5

De la deuxième équation, on tire x=2y1x = 2y - 1. On substitue dans la première : 2(2y1)+y=7    5y2=7    5y=9    y=952(2y - 1) + y = 7 \implies 5y - 2 = 7 \implies 5y = 9 \implies y = \frac{9}{5}.

6

On en déduit xx :

7
x=2(95)1=18555=135x = 2\left(\frac{9}{5}\right) - 1 = \frac{18}{5} - \frac{5}{5} = \frac{13}{5}

Piège classique · 7

Quelle est la forme algébrique du nombre complexe Z=43i(2i)Z = 4 - 3i(2 - i) ?

Attention

Écrire 3i(i)=+3i2=+3-3i(-i) = +3i^2 = +3, ce qui donne 4+36i=76i4 + 3 - 6i = 7 - 6i.

À la place : Le produit 3i×(i)-3i \times (-i) vaut +3i2=+3(1)=3+3i^2 = +3(-1) = -3. On obtient donc Z=46i3=16iZ = 4 - 6i - 3 = 1 - 6i.

Vérification · 8

Soit le nombre complexe z=(2+i)25iz = (2 + i)^2 - 5i. Détermine Re(z)\text{Re}(z) et Im(z)\text{Im}(z).

Remarque

On développe : (2+i)25i=(4+4i1)5i=3i(2 + i)^2 - 5i = (4 + 4i - 1) - 5i = 3 - i. Donc Re(z)=3\text{Re}(z) = 3 et Im(z)=1\text{Im}(z) = -1.

Définition · 9

Conjugué d'un nombre complexe

Soit z=a+ibz = a + ib un nombre complexe où aa et bb sont des réels.

z=aib\overline{z} = a - ib

On en déduit trois relations fondamentales reliant un complexe à son conjugué :

z+z=2Re(z)=2az + \overline{z} = 2\text{Re}(z) = 2a

zz=2iIm(z)=2ibz - \overline{z} = 2i\text{Im}(z) = 2ib

zz=a2+b2z\overline{z} = a^2 + b^2

Piège classique · 10

Pour tout nombre complexe z=a+ibz = a + ib (a,bRa, b \in \mathbb{R}), quelle est la nature du nombre Z=zzZ = z - \overline{z} ?

Attention

Calculer (a+ib)(aib)=2b(a + ib) - (a - ib) = 2b en oubliant l'unité imaginaire ii, et affirmer que la différence est un nombre réel.

À la place : La soustraction des parties imaginaires donne ib(ib)=2ib=2iIm(z)ib - (-ib) = 2ib = 2i\text{Im}(z). En présence du facteur ii, le nombre zzz - \overline{z} est toujours un imaginaire pur (ou nul si Im(z)=0\text{Im}(z) = 0).

Définition · 11

Caractérisation des réels et imaginaires purs

Le conjugué fournit un critère immédiat pour tester la nature d'un nombre complexe sans calculer sa forme algébrique :

zR    z=zz \in \mathbb{R} \iff \overline{z} = z

ziR    z=zz \in i\mathbb{R} \iff \overline{z} = -z

De plus, la conjugaison est compatible avec toutes les opérations algébriques :

z+z=z+z;zz=zz;zn=(z)n\overline{z + z'} = \overline{z} + \overline{z'} \quad ; \quad \overline{z \cdot z'} = \overline{z} \cdot \overline{z'} \quad ; \quad \overline{z^n} = (\overline{z})^n

z0z' \neq 0

(zz)=zz\overline{\left(\frac{z}{z'}\right)} = \frac{\overline{z}}{\overline{z'}}

Exemple travaillé · 12

Écrire le nombre complexe Z=1+2i1iZ = \frac{1 + 2i}{1 - i} sous forme algébrique.

1

Pour éliminer l'unité imaginaire au dénominateur, on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur : 1i=1+i\overline{1 - i} = 1 + i.

2
Z=(1+2i)(1+i)(1i)(1+i)Z = \frac{(1 + 2i)(1 + i)}{(1 - i)(1 + i)}
3

Au dénominateur, on applique l'identité zz=a2+b2z\overline{z} = a^2 + b^2.

4
(1i)(1+i)=12+(1)2=1+1=2(1 - i)(1 + i) = 1^2 + (-1)^2 = 1 + 1 = 2
5

Au numérateur, on développe le produit en remplaçant i2i^2 par 1-1.

6
(1+2i)(1+i)=1+i+2i+2i2=1+3i2=1+3i(1 + 2i)(1 + i) = 1 + i + 2i + 2i^2 = 1 + 3i - 2 = -1 + 3i
7

On sépare la partie réelle et la partie imaginaire.

8
Z=1+3i2=12+32iZ = \frac{-1 + 3i}{2} = -\frac{1}{2} + \frac{3}{2}i

Piège classique · 13

Quelle est la forme algébrique de l'inverse du nombre complexe 1+i1 + i ?

Attention

Écrire 11+i=1i\frac{1}{1+i} = 1 - i en confondant l'inverse d'un nombre complexe avec son simple conjugué.

À la place : Pour inverser un nombre complexe non nul, il faut diviser son conjugué par son carré de norme a2+b2a^2 + b^2 : 11+i=1i(1+i)(1i)=1i12+12=1i2=1212i\frac{1}{1+i} = \frac{1-i}{(1+i)(1-i)} = \frac{1-i}{1^2+1^2} = \frac{1-i}{2} = \frac{1}{2} - \frac{1}{2}i.

Exemple travaillé · 14

Soit u=37i9+2iu = \frac{3 - 7i}{9 + 2i} et v=3+7i92iv = \frac{3 + 7i}{9 - 2i}. Démontrer, sans aucun développement lourd, que le nombre S=u+vS = u + v est réel.

1

On exprime le conjugué de uu en appliquant la propriété de conjugaison d'un quotient.

2
u=(37i9+2i)=37i9+2i=3+7i92i=v\overline{u} = \overline{\left(\frac{3 - 7i}{9 + 2i}\right)} = \frac{\overline{3 - 7i}}{\overline{9 + 2i}} = \frac{3 + 7i}{9 - 2i} = v
3

Puisque v=uv = \overline{u}, la somme s'écrit comme la somme d'un complexe et de son conjugué.

4
S=u+u=2Re(u)S = u + \overline{u} = 2\text{Re}(u)
5

Puisque la partie réelle d'un nombre complexe est un réel pur, on conclut immédiatement :

6
SRS \in \mathbb{R}

Vérification · 15

Mettre le nombre complexe Z=1+3i1+iZ = \frac{1 + 3i}{1 + i} sous forme algébrique et déterminer sa partie réelle ainsi que sa partie imaginaire.

Remarque

On multiplie par le conjugué 1i1 - i : Z=(1+3i)(1i)12+12=1i+3i+32=4+2i2=2+iZ = \frac{(1+3i)(1-i)}{1^2+1^2} = \frac{1 - i + 3i + 3}{2} = \frac{4 + 2i}{2} = 2 + i. On identifie alors Re(Z)=2\text{Re}(Z) = 2 et Im(Z)=1\text{Im}(Z) = 1.

Point de départ · 16

Dans le plan muni d'un repère orthonormé (O,u,v)(O, \vec{u}, \vec{v}), tout nombre complexe z=a+ibz = a + ib (a,bRa, b \in \mathbb{R}) est représenté par le point M(a;b)M(a; b). Comment mesurer la distance géométrique OMOM séparant l'origine du point MM ?

En appliquant le théorème de Pythagore dans le triangle rectangle formé par les coordonnées, on obtient OM2=a2+b2OM^2 = a^2 + b^2, soit OM=a2+b2OM = \sqrt{a^2 + b^2}. Cette longueur euclidienne fondamentale est appelée le module du nombre complexe zz.

Définition · 17

Module d'un nombre complexe

Soit z=a+ibz = a + ib un nombre complexe écrit sous forme algébrique (a,bRa, b \in \mathbb{R}).

z=a2+b2=zz|z| = \sqrt{a^2 + b^2} = \sqrt{z\overline{z}}

Le module z|z| est un réel positif ou nul. Il vérifie les propriétés fondamentales suivantes pour tous z,zCz, z' \in \mathbb{C} :

z=0    z=0;z=z=z|z| = 0 \iff z = 0 \quad ; \quad |z| = |\overline{z}| = |-z|

zz=zz;zn=zn(nZ)|z \cdot z'| = |z| \cdot |z'| \quad ; \quad |z^n| = |z|^n \quad (n \in \mathbb{Z})

z0z' \neq 0

zz=zz\left|\frac{z}{z'}\right| = \frac{|z|}{|z'|}

Piège classique · 18

Soient les nombres complexes z1=3z_1 = 3 et z2=4iz_2 = 4i. Quelle est la valeur de z1+z2|z_1 + z_2| ?

Attention

Calculer z1+z2=z1+z2=3+4=7|z_1 + z_2| = |z_1| + |z_2| = 3 + 4 = 7 en croyant que le module d'une somme est égal à la somme des modules.

À la place : Le module n'est pas additif : en général, z1+z2z1+z2|z_1 + z_2| \neq |z_1| + |z_2| (on a l'inégalité triangulaire z1+z2z1+z2|z_1 + z_2| \le |z_1| + |z_2|). Il faut calculer le module de la somme algébrique : 3+4i=32+42=25=5|3 + 4i| = \sqrt{3^2 + 4^2} = \sqrt{25} = 5.

Exemple travaillé · 19

Calculer le module du nombre complexe Z=(1+i)10(1i3)3Z = \frac{(1 + i)^{10}}{(1 - i\sqrt{3})^3} sans effectuer de développement algébrique.

1

On utilise les propriétés opératoires du module : le module d'un quotient est le quotient des modules, et le module d'une puissance est la puissance du module.

2
1+i=12+12=2|1 + i| = \sqrt{1^2 + 1^2} = \sqrt{2}
3

On élève ce module à la puissance 10 :

4
(1+i)10=1+i10=(2)10=25=32|(1 + i)^{10}| = |1 + i|^{10} = (\sqrt{2})^{10} = 2^5 = 32
5

On calcule ensuite le module du terme de base au dénominateur :

6
1i3=12+(3)2=1+3=4=2|1 - i\sqrt{3}| = \sqrt{1^2 + (-\sqrt{3})^2} = \sqrt{1 + 3} = \sqrt{4} = 2
7

On élève ce module au cube :

8
(1i3)3=23=8|(1 - i\sqrt{3})^3| = 2^3 = 8
9

On effectue le quotient des modules obtenus :

10
Z=(1+i)10(1i3)3=328=4|Z| = \frac{|(1 + i)^{10}|}{|(1 - i\sqrt{3})^3|} = \frac{32}{8} = 4

Définition · 20

Distance et lieux géométriques élémentaires

Le plan est muni d'un repère orthonormé direct (O,u,v)(O, \vec{u}, \vec{v}). Soient A(zA)A(z_A) et B(zB)B(z_B) deux points du plan complexe.

zAB=zBzA    AB=AB=zBzAz_{\vec{AB}} = z_B - z_A \implies AB = \|\vec{AB}\| = |z_B - z_A|

Le module de la différence de deux affixes mesure exactement la distance euclidienne entre les deux points. Cette propriété caractérise deux configurations fondamentales :

zzA=R(R>0)    AM=R|z - z_A| = R \quad (R > 0) \iff AM = R

Remarque

L'ensemble des points M(z)M(z) vérifiant zzA=R|z - z_A| = R est le cercle de centre AA et de rayon RR.

zzA=zzB    AM=BM|z - z_A| = |z - z_B| \iff AM = BM

Remarque

L'ensemble des points M(z)M(z) vérifiant zzA=zzB|z - z_A| = |z - z_B| est la médiatrice du segment [AB][AB].

Piège classique · 21

On considère l'ensemble des points MM d'affixe zz tels que z+34i=2|z + 3 - 4i| = 2. Quelles sont les coordonnées du centre Ω\Omega de ce cercle ?

Attention

Lire directement les nombres dans l'expression et proposer Ω(3;4)\Omega(3; -4).

À la place : La distance ΩM\Omega M correspond à zzΩ|z - z_\Omega|. Il faut obligatoirement factoriser par le signe « - » : z+34i=z(3+4i)=2|z + 3 - 4i| = |z - (-3 + 4i)| = 2. L'affixe du centre est donc zΩ=3+4iz_\Omega = -3 + 4i, ce qui donne Ω(3;4)\Omega(-3; 4).

Exemple travaillé · 22

Déterminer l'ensemble des points MM d'affixe zz tels que : iz+2i=z1+3i|iz + 2 - i| = |\overline{z} - 1 + 3i|.

1

Pour transformer le membre de gauche, on factorise par ii à l'intérieur du module en utilisant i=1|i| = 1.

2
iz+2i=i(z+2ii)=iz(1+2i)=z(1+2i)|iz + 2 - i| = \left|i\left(z + \frac{2 - i}{i}\right)\right| = |i| \cdot |z - (1 + 2i)| = |z - (1 + 2i)|
3

Soit AA le point d'affixe zA=1+2iz_A = 1 + 2i. Le membre de gauche s'écrit donc AMAM.

4

Pour transformer le membre de droite, on utilise la propriété w=w|w| = |\overline{w}| afin de faire disparaître le conjugué z\overline{z}.

5
z1+3i=z(13i)=z(13i)|\overline{z} - 1 + 3i| = |\overline{z - (1 - 3i)}| = |z - (1 - 3i)|
6

Soit BB le point d'affixe zB=13iz_B = 1 - 3i. Le membre de droite s'écrit donc BMBM.

7

On interprète géométriquement l'égalité des distances :

8
zzA=zzB    AM=BM|z - z_A| = |z - z_B| \iff AM = BM
9

L'ensemble des points MM est la médiatrice du segment [AB][AB], où A(1;2)A(1; 2) et B(1;3)B(1; -3).

Vérification · 23

L'ensemble des points M(z)M(z) vérifiant l'égalité z2+i=3|z - 2 + i| = 3 est le cercle de centre Ω\Omega et de rayon R=3R = 3. Précise les coordonnées (xΩ;yΩ)(x_\Omega; y_\Omega) de ce centre.

Remarque

L'équation s'écrit z(2i)=3|z - (2 - i)| = 3, d'où zΩ=2iz_\Omega = 2 - i. Le centre Ω\Omega a donc pour abscisse xΩ=2x_\Omega = 2 et pour ordonnée yΩ=1y_\Omega = -1.

Point de départ · 24

Jusqu'ici, un nombre complexe z=a+ibz = a + ib est repéré par ses coordonnées cartésiennes (a;b)(a; b) dans le repère orthonormé direct (O,u,v)(O, \vec{u}, \vec{v}). Mais que se passe-t-il si l'on décrit la position du point image MM par sa distance à l'origine r=OMr = OM et la direction de la demi-droite [OM)[OM) ?

En projetant le point MM sur les deux axes, les relations trigonométriques dans le triangle rectangle donnent a=rcosθa = r\cos\theta et b=rsinθb = r\sin\theta. Le nombre complexe s'écrit alors z=r(cosθ+isinθ)z = r(\cos\theta + i\sin\theta) : c'est sa forme trigonométrique.

Définition · 25

Argument et forme trigonométrique

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v)(O, \vec{u}, \vec{v}). Soit zz un nombre complexe non nul d'image MM.

arg(z)(u,OM)(mod2π)\text{arg}(z) \equiv (\vec{u}, \vec{OM}) \pmod{2\pi}

On appelle argument de zz, noté arg(z)\text{arg}(z), toute mesure en radians de l'angle orienté (u,OM)(\vec{u}, \vec{OM}). Si θ\theta est un argument de zz, l'ensemble de tous ses arguments est {θ+2kπ,kZ}\{\theta + 2k\pi, k \in \mathbb{Z}\}.

r=z=a2+b2>0r = |z| = \sqrt{a^2 + b^2} > 0

cosθ=ar=Re(z)zetsinθ=br=Im(z)z\cos\theta = \frac{a}{r} = \frac{\text{Re}(z)}{|z|} \quad \text{et} \quad \sin\theta = \frac{b}{r} = \frac{\text{Im}(z)}{|z|}

z=r(cosθ+isinθ)=[r;θ]z = r(\cos\theta + i\sin\theta) = [r; \theta]

Remarque

Le nombre complexe 00 a pour module 00, mais il n'admet aucun argument.

Piège classique · 26

Quelle est la forme trigonométrique du nombre complexe z=4z = -4 ?

Attention

Écrire z=4(cos0+isin0)z = -4(\cos 0 + i\sin 0) en considérant que le module vaut 4-4 et que l'argument est 00.

À la place : Le module d'un nombre complexe non nul est toujours un réel strictement positif : ici z=4=4|z| = |-4| = 4. Le point image M(4;0)M(-4; 0) est situé sur la partie négative de l'axe des abscisses, donc (u,OM)π(mod2π)(\vec{u}, \vec{OM}) \equiv \pi \pmod{2\pi}. La forme trigonométrique exacte est z=4(cosπ+isinπ)=[4;π]z = 4(\cos\pi + i\sin\pi) = [4; \pi].

Exemple travaillé · 27

Écrire le nombre complexe z=3+3iz = -\sqrt{3} + 3i sous forme trigonométrique.

1

On calcule d'abord le module r=zr = |z|.

2
r=(3)2+32=3+9=12=23r = \sqrt{(-\sqrt{3})^2 + 3^2} = \sqrt{3 + 9} = \sqrt{12} = 2\sqrt{3}
3

On détermine un argument θ\theta en identifiant cosθ\cos\theta et sinθ\sin\theta.

4
cosθ=323=12etsinθ=323=32\cos\theta = \frac{-\sqrt{3}}{2\sqrt{3}} = -\frac{1}{2} \quad \text{et} \quad \sin\theta = \frac{3}{2\sqrt{3}} = \frac{\sqrt{3}}{2}
5

Puisque cosθ<0\cos\theta < 0 et sinθ>0\sin\theta > 0, l'angle θ\theta appartient au deuxième quadrant. On utilise la relation avec l'angle remarquable π3\frac{\pi}{3}.

6
θππ32π3(mod2π)\theta \equiv \pi - \frac{\pi}{3} \equiv \frac{2\pi}{3} \pmod{2\pi}
7

On conclut en écrivant la forme trigonométrique et la forme polaire correspondantes.

8
z=23(cos2π3+isin2π3)=[23;2π3]z = 2\sqrt{3}\left(\cos\frac{2\pi}{3} + i\sin\frac{2\pi}{3}\right) = \left[2\sqrt{3}; \frac{2\pi}{3}\right]

Définition · 28

Propriétés opératoires des arguments

Soient z=[r;θ]z = [r; \theta] et z=[r;θ]z' = [r'; \theta'] deux nombres complexes non nuls. Les opérations s'expriment simplement sur les modules et les arguments :

zz=[rr;θ+θ]    arg(zz)arg(z)+arg(z)(mod2π)z \cdot z' = [rr'; \theta + \theta'] \implies \text{arg}(zz') \equiv \text{arg}(z) + \text{arg}(z') \pmod{2\pi}

1z=[1r;θ]    arg(1z)arg(z)(mod2π)\frac{1}{z} = \left[\frac{1}{r}; -\theta\right] \implies \text{arg}\left(\frac{1}{z}\right) \equiv -\text{arg}(z) \pmod{2\pi}

zz=[rr;θθ]    arg(zz)arg(z)arg(z)(mod2π)\frac{z}{z'} = \left[\frac{r}{r'}; \theta - \theta'\right] \implies \text{arg}\left(\frac{z}{z'}\right) \equiv \text{arg}(z) - \text{arg}(z') \pmod{2\pi}

zn=[rn;nθ]    arg(zn)narg(z)(mod2π)(nZ)z^n = [r^n; n\theta] \implies \text{arg}(z^n) \equiv n\text{arg}(z) \pmod{2\pi} \quad (n \in \mathbb{Z})

z=[r;θ]    arg(z)arg(z)(mod2π)\overline{z} = [r; -\theta] \implies \text{arg}(\overline{z}) \equiv -\text{arg}(z) \pmod{2\pi}

Exemple travaillé · 29

Soient z1=1+iz_1 = 1 + i et z2=3+iz_2 = \sqrt{3} + i. Écrire le quotient Z=z1z2Z = \frac{z_1}{z_2} sous forme trigonométrique, puis sous forme algébrique. En déduire la valeur exacte de cosπ12\cos\frac{\pi}{12}.

1

On détermine la forme trigonométrique de z1z_1 et z2z_2 :

2
z1=2(cosπ4+isinπ4)=[2;π4]z_1 = \sqrt{2}\left(\cos\frac{\pi}{4} + i\sin\frac{\pi}{4}\right) = \left[\sqrt{2}; \frac{\pi}{4}\right]
3
z2=2(32+12i)=2(cosπ6+isinπ6)=[2;π6]z_2 = 2\left(\frac{\sqrt{3}}{2} + \frac{1}{2}i\right) = 2\left(\cos\frac{\pi}{6} + i\sin\frac{\pi}{6}\right) = \left[2; \frac{\pi}{6}\right]
4

On calcule la forme trigonométrique du quotient ZZ en appliquant les règles sur le module et l'argument :

5
Z=[22;π4π6]=[22;π12]=22(cosπ12+isinπ12)Z = \left[\frac{\sqrt{2}}{2}; \frac{\pi}{4} - \frac{\pi}{6}\right] = \left[\frac{\sqrt{2}}{2}; \frac{\pi}{12}\right] = \frac{\sqrt{2}}{2}\left(\cos\frac{\pi}{12} + i\sin\frac{\pi}{12}\right)
6

On calcule la forme algébrique de ZZ en multipliant par le conjugué de z2z_2 :

7
Z=(1+i)(3i)(3)2+12=3i+i3+14=3+14+i314Z = \frac{(1 + i)(\sqrt{3} - i)}{(\sqrt{3})^2 + 1^2} = \frac{\sqrt{3} - i + i\sqrt{3} + 1}{4} = \frac{\sqrt{3} + 1}{4} + i\frac{\sqrt{3} - 1}{4}
8

On identifie les parties réelles des deux écritures de ZZ :

9
22cosπ12=3+14    cosπ12=223+14=6+24\frac{\sqrt{2}}{2}\cos\frac{\pi}{12} = \frac{\sqrt{3} + 1}{4} \implies \cos\frac{\pi}{12} = \frac{2}{\sqrt{2}} \cdot \frac{\sqrt{3} + 1}{4} = \frac{\sqrt{6} + \sqrt{2}}{4}

Vérification · 30

On donne z=[2;π4]z = \left[2; \frac{\pi}{4}\right] et z=[2;π3]z' = \left[\sqrt{2}; -\frac{\pi}{3}\right]. Détermine le module Z|Z| et un argument θ\theta du nombre complexe Z=z2zZ = z^2 \cdot z'.

Remarque

On applique les propriétés opératoires : Z=z2z=222=42|Z| = |z|^2 \cdot |z'| = 2^2 \cdot \sqrt{2} = 4\sqrt{2}. Pour l'argument : θ2arg(z)+arg(z)2(π4)π3=π2π3=π6(mod2π)\theta \equiv 2\text{arg}(z) + \text{arg}(z') \equiv 2\left(\frac{\pi}{4}\right) - \frac{\pi}{3} = \frac{\pi}{2} - \frac{\pi}{3} = \frac{\pi}{6} \pmod{2\pi}.

Point de départ · 31

Pour calculer (1+i3)12(1 + i\sqrt{3})^{12}, utiliser la forme trigonométrique [2;π3]\left[2; \frac{\pi}{3}\right] est déjà bien plus rapide que de développer le binôme. Mais ne pourrait-on pas rendre ces calculs aussi simples et naturels que les règles usuelles sur les puissances de nombres réels ?

Pour simplifier l'écriture, on pose eiθ=cosθ+isinθe^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta. C'est la notation exponentielle d'Euler : une écriture compacte qui transforme la multiplication des nombres complexes et les formules trigonométriques en de simples additions d'exposants.

Définition · 32

Forme exponentielle d'un nombre complexe

Pour tout réel θ\theta, on note eiθe^{i\theta} le nombre complexe de module 11 et d'argument θ\theta défini par :

eiθ=cosθ+isinθe^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta

Tout nombre complexe non nul zz de module r=z>0r = |z| > 0 et d'argument θ\theta s'écrit de manière unique sous forme exponentielle :

z=reiθz = r e^{i\theta}

Pour tous réels θ,θ\theta, \theta' et réels strictement positifs r,rr, r' :

reiθ=reiθ    {r=rθθ(mod2π)r e^{i\theta} = r' e^{i\theta'} \iff \begin{cases} r = r' \\ \theta \equiv \theta' \pmod{2\pi} \end{cases}

eiθeiθ=ei(θ+θ);1eiθ=eiθ;eiθeiθ=ei(θθ)e^{i\theta} \cdot e^{i\theta'} = e^{i(\theta + \theta')} \quad ; \quad \frac{1}{e^{i\theta}} = e^{-i\theta} \quad ; \quad \frac{e^{i\theta}}{e^{i\theta'}} = e^{i(\theta - \theta')}

reiθ=reiθ;reiθ=rei(θ+π)\overline{r e^{i\theta}} = r e^{-i\theta} \quad ; \quad -r e^{i\theta} = r e^{i(\theta + \pi)}

Exemple travaillé · 33

1. Écrire les nombres complexes z=3iz = \sqrt{3} - i et z=1+iz' = 1 + i sous forme exponentielle.
2. En déduire la forme algébrique du quotient Z=(1+i)14(3i)8Z = \frac{(1 + i)^{14}}{(\sqrt{3} - i)^8}.

1

On détermine la forme exponentielle de z=3iz = \sqrt{3} - i : z=3+1=2|z| = \sqrt{3 + 1} = 2, avec cosθ=32\cos\theta = \frac{\sqrt{3}}{2} et sinθ=12\sin\theta = -\frac{1}{2}, d'où θπ6(mod2π)\theta \equiv -\frac{\pi}{6} \pmod{2\pi}.

2
z=3i=2eiπ6z = \sqrt{3} - i = 2e^{-i\frac{\pi}{6}}
3

Pour z=1+iz' = 1 + i : z=1+1=2|z'| = \sqrt{1 + 1} = \sqrt{2}, et arg(z)π4(mod2π)\text{arg}(z') \equiv \frac{\pi}{4} \pmod{2\pi}.

4
z=1+i=2eiπ4z' = 1 + i = \sqrt{2}e^{i\frac{\pi}{4}}
5

On calcule les puissances respectives au numérateur et au dénominateur en appliquant les règles d'exposants :

6
(1+i)14=(2eiπ4)14=(2)14ei14π4=27ei7π2=128eiπ2=128i(1 + i)^{14} = (\sqrt{2}e^{i\frac{\pi}{4}})^{14} = (\sqrt{2})^{14} e^{i\frac{14\pi}{4}} = 2^7 e^{i\frac{7\pi}{2}} = 128 e^{-i\frac{\pi}{2}} = -128i
7
(3i)8=(2eiπ6)8=28ei8π6=256ei4π3=256ei2π3(\sqrt{3} - i)^8 = (2e^{-i\frac{\pi}{6}})^8 = 2^8 e^{-i\frac{8\pi}{6}} = 256 e^{-i\frac{4\pi}{3}} = 256 e^{i\frac{2\pi}{3}}
8

On simplifie le quotient directement en notation exponentielle avant de repasser sous forme algébrique :

9
Z=128eiπ2256ei2π3=12ei(π22π3)=12ei7π6=12ei5π6Z = \frac{128 e^{-i\frac{\pi}{2}}}{256 e^{i\frac{2\pi}{3}}} = \frac{1}{2} e^{i\left(-\frac{\pi}{2} - \frac{2\pi}{3}\right)} = \frac{1}{2} e^{-i\frac{7\pi}{6}} = \frac{1}{2} e^{i\frac{5\pi}{6}}
10

On injecte la valeur de ei5π6=32+12ie^{i\frac{5\pi}{6}} = -\frac{\sqrt{3}}{2} + \frac{1}{2}i :

11
Z=12(32+12i)=34+14iZ = \frac{1}{2}\left(-\frac{\sqrt{3}}{2} + \frac{1}{2}i\right) = -\frac{\sqrt{3}}{4} + \frac{1}{4}i

Définition · 34

Formule de Moivre et formules d'Euler

Pour tout réel θ\theta et tout entier relatif nn, la règle sur la puissance d'une exponentielle s'écrit :

(eiθ)n=einθ(e^{i\theta})^n = e^{in\theta}

En réécrivant cette égalité avec les cosinus et les sinus, on obtient la formule de Moivre :

(cosθ+isinθ)n=cos(nθ)+isin(nθ)(\cos\theta + i\sin\theta)^n = \cos(n\theta) + i\sin(n\theta)

Inversement, en combinant eiθ=cosθ+isinθe^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta et eiθ=cosθisinθe^{-i\theta} = \cos\theta - i\sin\theta, on exprime les fonctions circulaires par les formules d'Euler :

cosθ=eiθ+eiθ2etsinθ=eiθeiθ2i\cos\theta = \frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2} \quad \text{et} \quad \sin\theta = \frac{e^{i\theta} - e^{-i\theta}}{2i}

Remarque

Les formules d'Euler permettent notamment de linéariser des expressions du type cosnθ\cos^n\theta ou sinnθ\sin^n\theta, c'est-à-dire de les transformer en une somme de cosinus et de sinus simples.

Exemple travaillé · 35

Linéariser l'expression cos3x\cos^3 x pour tout réel xx.

1

On remplace cosx\cos x par sa formule d'Euler :

2
cos3x=(eix+eix2)3=18(eix+eix)3\cos^3 x = \left(\frac{e^{ix} + e^{-ix}}{2}\right)^3 = \frac{1}{8}\left(e^{ix} + e^{-ix}\right)^3
3

On développe à l'aide de l'identité remarquable (a+b)3=a3+3a2b+3ab2+b3(a + b)^3 = a^3 + 3a^2b + 3ab^2 + b^3 :

4
(eix+eix)3=ei3x+3(eix)2eix+3eix(eix)2+ei3x(e^{ix} + e^{-ix})^3 = e^{i3x} + 3(e^{ix})^2 e^{-ix} + 3e^{ix}(e^{-ix})^2 + e^{-i3x}
5

On simplifie les termes centraux : (eix)2eix=ei2xeix=eix(e^{ix})^2 e^{-ix} = e^{i2x}e^{-ix} = e^{ix} et eix(eix)2=eixei2x=eixe^{ix}(e^{-ix})^2 = e^{ix}e^{-i2x} = e^{-ix}.

6
=(ei3x+ei3x)+3(eix+eix)= (e^{i3x} + e^{-i3x}) + 3(e^{ix} + e^{-ix})
7

On regroupe les termes conjugués pour réappliquer la relation eikx+eikx=2cos(kx)e^{ikx} + e^{-ikx} = 2\cos(kx) :

8
cos3x=18(2cos(3x)+32cosx)=14cos(3x)+34cosx\cos^3 x = \frac{1}{8}\Big(2\cos(3x) + 3 \cdot 2\cos x\Big) = \frac{1}{4}\cos(3x) + \frac{3}{4}\cos x

Piège classique · 36

On considère le nombre complexe z=2eiπ6z = 2e^{i\frac{\pi}{6}}. Quelle est la forme algébrique de z3z^3 ?

Attention

Calculer z3=2ei(3×π6)=2eiπ2=2iz^3 = 2e^{i\left(3 \times \frac{\pi}{6}\right)} = 2e^{i\frac{\pi}{2}} = 2i en oubliant d'élever le module 2 à la puissance 3.

À la place : La puissance porte sur l'ensemble du nombre complexe : (reiθ)n=rneinθ(r e^{i\theta})^n = r^n e^{in\theta}. Pour z=2eiπ6z = 2e^{i\frac{\pi}{6}}, on a z3=23ei(3×π6)=8eiπ2=8iz^3 = 2^3 e^{i\left(3 \times \frac{\pi}{6}\right)} = 8e^{i\frac{\pi}{2}} = 8i.

Vérification · 37

On pose u=1+iu = -1 + i. Écris la forme exponentielle de uu, puis détermine la partie réelle et la partie imaginaire de u11u^{11}.

Remarque

On a u=2|u| = \sqrt{2} et arg(u)3π4(mod2π)\text{arg}(u) \equiv \frac{3\pi}{4} \pmod{2\pi}, d'où u=2ei3π4u = \sqrt{2}e^{i\frac{3\pi}{4}}. Alors u11=(2)11ei33π4=322ei(8π+π4)=322(22+i22)=32+32iu^{11} = (\sqrt{2})^{11} e^{i\frac{33\pi}{4}} = 32\sqrt{2} e^{i\left(8\pi + \frac{\pi}{4}\right)} = 32\sqrt{2}\left(\frac{\sqrt{2}}{2} + i\frac{\sqrt{2}}{2}\right) = 32 + 32i.

Point de départ · 38

Comment transformer une somme du type 1+eiθ1 + e^{i\theta} en un produit sous forme exponentielle reiφr e^{i\varphi} ?

L'idée fondamentale consiste à factoriser par l'exponentielle de l'angle moitié eiθ2e^{i\frac{\theta}{2}}. On fait ainsi apparaître la formule d'Euler : eiθ2+eiθ2=2cos(θ2)e^{-i\frac{\theta}{2}} + e^{i\frac{\theta}{2}} = 2\cos\left(\frac{\theta}{2}\right).

Définition · 39

Technique de factorisation par l'arc moitié

Pour tout réel θ\theta, la factorisation par eiθ2e^{i\frac{\theta}{2}} donne les identités remarquables suivantes :

1+eiθ=eiθ2(eiθ2+eiθ2)=2cos(θ2)eiθ21 + e^{i\theta} = e^{i\frac{\theta}{2}}\left(e^{-i\frac{\theta}{2}} + e^{i\frac{\theta}{2}}\right) = 2\cos\left(\frac{\theta}{2}\right)e^{i\frac{\theta}{2}}

1eiθ=eiθ2(eiθ2eiθ2)=2isin(θ2)eiθ21 - e^{i\theta} = e^{i\frac{\theta}{2}}\left(e^{-i\frac{\theta}{2}} - e^{i\frac{\theta}{2}}\right) = -2i\sin\left(\frac{\theta}{2}\right)e^{i\frac{\theta}{2}}

De manière plus générale, pour tous réels α\alpha et β\beta :

eiα+eiβ=2cos(αβ2)eiα+β2e^{i\alpha} + e^{i\beta} = 2\cos\left(\frac{\alpha - \beta}{2}\right)e^{i\frac{\alpha + \beta}{2}}

eiαeiβ=2isin(αβ2)eiα+β2e^{i\alpha} - e^{i\beta} = 2i\sin\left(\frac{\alpha - \beta}{2}\right)e^{i\frac{\alpha + \beta}{2}}

Remarque

Attention : cette écriture n'est sous forme exponentielle canonique que si le coefficient réel d'amplitude est strictement positif.

Exemple travaillé · 40

Soit θ]0;π[\theta \in ]0; \pi[. Mettre le nombre complexe z=1+eiθz = 1 + e^{i\theta} sous forme exponentielle.

1

On factorise par l'angle moitié eiθ2e^{i\frac{\theta}{2}} et on applique la formule d'Euler du cosinus :

2
z=eiθ2(eiθ2+eiθ2)=2cos(θ2)eiθ2z = e^{i\frac{\theta}{2}}\left(e^{-i\frac{\theta}{2}} + e^{i\frac{\theta}{2}}\right) = 2\cos\left(\frac{\theta}{2}\right)e^{i\frac{\theta}{2}}
3

On étudie le signe du coefficient réel : comme θ]0;π[\theta \in ]0; \pi[, on a θ2]0;π2[\frac{\theta}{2} \in \left]0; \frac{\pi}{2}\right[, d'où cos(θ2)>0\cos\left(\frac{\theta}{2}\right) > 0.

4

Le coefficient 2cos(θ2)2\cos\left(\frac{\theta}{2}\right) est strictement positif, il s'agit donc bien du module de zz :

5
z=2cos(θ2)etarg(z)θ2(mod2π)|z| = 2\cos\left(\frac{\theta}{2}\right) \quad \text{et} \quad \text{arg}(z) \equiv \frac{\theta}{2} \pmod{2\pi}

Piège classique · 41

Soit θ]π;2π[\theta \in ]\pi; 2\pi[. On a établi l'égalité : Z=1+eiθ=2cos(θ2)eiθ2Z = 1 + e^{i\theta} = 2\cos\left(\frac{\theta}{2}\right)e^{i\frac{\theta}{2}}. Quel est le module Z|Z| et un argument de ZZ ?

Attention

Écrire directement Z=2cos(θ2)|Z| = 2\cos\left(\frac{\theta}{2}\right), en oubliant que ce terme est strictement négatif sur cet intervalle.

À la place : Pour θ]π;2π[\theta \in ]\pi; 2\pi[, on a θ2]π2;π[\frac{\theta}{2} \in \left]\frac{\pi}{2}; \pi\right[, donc cos(θ2)<0\cos\left(\frac{\theta}{2}\right) < 0. Un module ne pouvant pas être négatif, on compense par le facteur 1=eiπ-1 = e^{i\pi} : Z=2cos(θ2)(1)eiθ2=2cos(θ2)ei(θ2+π)Z = -2\cos\left(\frac{\theta}{2}\right) \cdot (-1)e^{i\frac{\theta}{2}} = -2\cos\left(\frac{\theta}{2}\right)e^{i\left(\frac{\theta}{2} + \pi\right)}. Le module est 2cos(θ2)>0-2\cos\left(\frac{\theta}{2}\right) > 0 et l'argument est θ2+π\frac{\theta}{2} + \pi.

Exemple travaillé · 42

Soit θ]0;π[\theta \in ]0; \pi[. Mettre le nombre complexe u=1eiθu = 1 - e^{i\theta} sous forme exponentielle.

1

On factorise par l'angle moitié eiθ2e^{i\frac{\theta}{2}} et on utilise la formule d'Euler du sinus :

2
u=eiθ2(eiθ2eiθ2)=2isin(θ2)eiθ2u = e^{i\frac{\theta}{2}}\left(e^{-i\frac{\theta}{2}} - e^{i\frac{\theta}{2}}\right) = -2i\sin\left(\frac{\theta}{2}\right)e^{i\frac{\theta}{2}}
3

Pour transformer le facteur i-i en exponentielle, on utilise l'égalité i=eiπ2-i = e^{-i\frac{\pi}{2}} :

4
u=2sin(θ2)eiπ2eiθ2=2sin(θ2)ei(θπ2)u = 2\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) e^{-i\frac{\pi}{2}} e^{i\frac{\theta}{2}} = 2\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) e^{i\left(\frac{\theta - \pi}{2}\right)}
5

On vérifie le signe du coefficient : comme θ]0;π[\theta \in ]0; \pi[, θ2]0;π2[\frac{\theta}{2} \in \left]0; \frac{\pi}{2}\right[, donc sin(θ2)>0\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) > 0.

6

Le coefficient 2sin(θ2)2\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) est strictement positif. La forme exponentielle de uu est donc :

7
u=2sin(θ2)ei(θπ2)u = 2\sin\left(\frac{\theta}{2}\right)e^{i\left(\frac{\theta - \pi}{2}\right)}

Vérification · 43

On pose z=1+ei4π3z = 1 + e^{i\frac{4\pi}{3}}. Détermine son module z|z| et sa mesure principale d'argument θ]π;π]\theta \in ]-\pi; \pi].

Remarque

Par la factorisation de l'arc moitié : 1+ei4π3=2cos(2π3)ei2π3=2(12)ei2π3=ei2π31 + e^{i\frac{4\pi}{3}} = 2\cos\left(\frac{2\pi}{3}\right)e^{i\frac{2\pi}{3}} = 2\left(-\frac{1}{2}\right)e^{i\frac{2\pi}{3}} = -e^{i\frac{2\pi}{3}}. Comme le coefficient 1-1 est négatif, on compense par 1=eiπ-1 = e^{i\pi} : z=ei(2π3+π)=ei5π3=eiπ3z = e^{i\left(\frac{2\pi}{3} + \pi\right)} = e^{i\frac{5\pi}{3}} = e^{-i\frac{\pi}{3}}. On a donc z=1|z| = 1 et arg(z)π3(mod2π)\text{arg}(z) \equiv -\frac{\pi}{3} \pmod{2\pi}.

Point de départ · 44

Comment mesurer l'angle orienté (AB,AC)(\vec{AB}, \vec{AC}) formé par deux vecteurs à partir des seules affixes des points AA, BB et CC ?

D'après la relation de Chasles sur les angles orientés de vecteurs : (AB,AC)(u,AC)(u,AB)(mod2π)(\vec{AB}, \vec{AC}) \equiv (\vec{u}, \vec{AC}) - (\vec{u}, \vec{AB}) \pmod{2\pi}. Comme (u,AC)arg(zCzA)(\vec{u}, \vec{AC}) \equiv \text{arg}(z_C - z_A) et (u,AB)arg(zBzA)(\vec{u}, \vec{AB}) \equiv \text{arg}(z_B - z_A), la différence des angles devient l'argument d'un quotient d'affixes : arg(zCzAzBzA)\text{arg}\left(\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}\right).

Définition · 45

Rapport de deux vecteurs, distance et angle

Soient AA, BB et CC trois points distincts du plan complexe d'affixes respectives zAz_A, zBz_B et zCz_C.

zCzAzBzA=zCzAzBzA=ACAB\left|\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}\right| = \frac{|z_C - z_A|}{|z_B - z_A|} = \frac{AC}{AB}

arg(zCzAzBzA)(AB,AC)(mod2π)\text{arg}\left(\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}\right) \equiv (\vec{AB}, \vec{AC}) \pmod{2\pi}

Remarque

Pour quatre points distincts A,B,C,DA, B, C, D, la relation s'étend aux deux vecteurs : arg(zDzCzBzA)(AB,CD)(mod2π)\text{arg}\left(\frac{z_D - z_C}{z_B - z_A}\right) \equiv (\vec{AB}, \vec{CD}) \pmod{2\pi}.

Définition · 46

Caractérisation de l'alignement et de l'orthogonalité

La nature algébrique du quotient zCzAzBzA\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} caractérise directement la disposition géométrique des points A,BA, B et CC :

A,B,C sont aligneˊs    zCzAzBzARA, B, C \text{ sont alignés} \iff \frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} \in \mathbb{R}^*

L'angle orienté (AB,AC)(\vec{AB}, \vec{AC}) est alors congru à 00 modulo π\pi, ce qui traduit la colinéarité des vecteurs AB\vec{AB} et AC\vec{AC}.

(AB)(AC)    zCzAzBzAiR(AB) \perp (AC) \iff \frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} \in i\mathbb{R}^*

L'angle orienté (AB,AC)(\vec{AB}, \vec{AC}) est alors congru à π2\frac{\pi}{2} modulo π\pi, ce qui traduit l'orthogonalité des droites (AB)(AB) et (AC)(AC).

Exemple travaillé · 47

Soient les points A,BA, B et CC d'affixes respectives zA=1+2iz_A = 1 + 2i, zB=3+iz_B = 3 + i et zC=2+4iz_C = 2 + 4i. Déterminer la nature du triangle ABCABC en étudiant le quotient zCzAzBzA\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}.

1

On calcule les affixes des deux vecteurs issus du sommet commun AA :

2
zCzA=(2+4i)(1+2i)=1+2iz_C - z_A = (2 + 4i) - (1 + 2i) = 1 + 2i
3
zBzA=(3+i)(1+2i)=2iz_B - z_A = (3 + i) - (1 + 2i) = 2 - i
4

On effectue le quotient en multipliant par le conjugué du dénominateur 2+i2 + i :

5
zCzAzBzA=1+2i2i=(1+2i)(2+i)22+(1)2=2+i+4i25=5i5=i\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} = \frac{1 + 2i}{2 - i} = \frac{(1 + 2i)(2 + i)}{2^2 + (-1)^2} = \frac{2 + i + 4i - 2}{5} = \frac{5i}{5} = i
6

On interprète le module : i=1|i| = 1, d'où ACAB=1\frac{AC}{AB} = 1, ce qui donne AB=ACAB = AC.

7

On interprète l'argument : arg(i)π2(mod2π)\text{arg}(i) \equiv \frac{\pi}{2} \pmod{2\pi}, d'où (AB,AC)π2(mod2π)(\vec{AB}, \vec{AC}) \equiv \frac{\pi}{2} \pmod{2\pi}.

8

Le triangle ABCABC est donc rectangle et isocèle en AA (direct).

Piège classique · 48

Dans le plan complexe, quel est l'ensemble des points M(z)M(z) vérifiant la condition : arg(zzAzzB)π2(mod2π)\text{arg}\left(\frac{z - z_A}{z - z_B}\right) \equiv \frac{\pi}{2} \pmod{2\pi} ?

Attention

Conclure que l'ensemble des points MM est le cercle entier de diamètre [AB][AB] privé de AA et BB.

À la place : Une condition modulo π\pi donnerait le cercle complet (orthogonalité sans signe fixé). Ici, la congruence est modulo 2π2\pi : l'angle orienté (MB,MA)(\vec{MB}, \vec{MA}) doit valoir exactement +π2+\frac{\pi}{2} (sens direct). Les points MM sont situés uniquement d'un côté de la droite (AB)(AB), formant un demi-cercle ouvert de diamètre [AB][AB].

Vérification · 49

Soient trois points distincts A,BA, B et CC vérifiant : zCzAzBzA=2i\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} = -2i. Détermine la position relative des droites (AB)(AB) et (AC)(AC), ainsi que la valeur du rapport des longueurs ACAB\frac{AC}{AB}.

Remarque

Le quotient est un imaginaire pur : zCzAzBzA=2iiR\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} = -2i \in i\mathbb{R}^*, donc (AB,AC)π2(mod2π)(\vec{AB}, \vec{AC}) \equiv -\frac{\pi}{2} \pmod{2\pi}. Les droites (AB)(AB) et (AC)(AC) sont donc perpendiculaires. De plus, le rapport des longueurs est donné par le module : ACAB=2i=2\frac{AC}{AB} = |-2i| = 2.

Point de départ · 50

Dans R\mathbb{R}, un nombre réel strictement négatif n'admet aucune racine carrée. Dans C\mathbb{C}, on sait que i2=1i^2 = -1, donc 1-1 admet deux racines carrées opposées : ii et i-i. Mais qu'en est-il d'un nombre complexe quelconque comme 3+4i3 + 4i ? Existe-t-il des nombres complexes dont le carré vaut exactement 3+4i3 + 4i ?

Tout nombre complexe non nul admet exactement deux racines carrées opposées dans C\mathbb{C}. Pour les déterminer, on utilise une méthode algébrique systématique reliant parties réelles, parties imaginaires et modules.

Définition · 51

Racines carrées d'un nombre complexe

Soit Z=a+ibZ = a + ib (a,bRa, b \in \mathbb{R}) un nombre complexe donné. On appelle racine carrée de ZZ tout nombre complexe z=x+iyz = x + iy (x,yRx, y \in \mathbb{R}) vérifiant :

z2=Zz^2 = Z

En développant (x+iy)2=x2y2+2ixy(x + iy)^2 = x^2 - y^2 + 2ixy et en exploitant l'égalité des modules z2=z2=Z|z^2| = |z|^2 = |Z|, l'égalité z2=Zz^2 = Z équivaut au système réel de trois équations :

{x2y2=ax2+y2=a2+b22xy=b\begin{cases} x^2 - y^2 = a \\ x^2 + y^2 = \sqrt{a^2 + b^2} \\ 2xy = b \end{cases}

Remarque

La troisième relation 2xy=b2xy = b détermine si xx et yy sont de même signe (si b>0b > 0) ou de signes contraires (si b<0b < 0).

Z0    Z admet exactement deux racines carreˊes opposeˊes δ et δZ \neq 0 \implies Z \text{ admet exactement deux racines carrées opposées } \delta \text{ et } -\delta

Remarque

Le symbole de radical Z\sqrt{\phantom{Z}} est réservé exclusivement aux réels positifs ou nuls. L'écriture Z\sqrt{Z} ou Δ\sqrt{\Delta} n'a aucun sens mathématique lorsque le nombre sous le radical n'est pas un réel positif.

Piège classique · 52

Pour déterminer les racines carrées de Z=34iZ = 3 - 4i, un élève résout les deux premières équations et trouve x2=4x^2 = 4 (donc x=±2x = \pm 2) et y2=1y^2 = 1 (donc y=±1y = \pm 1). Combien de racines carrées distinctes du complexe ZZ obtient-on en combinant ces valeurs ?

Attention

Associer indépendamment chaque signe de xx avec chaque signe de yy pour proposer 4 solutions : 2+i2 + i, 2i2 - i, 2+i-2 + i et 2i-2 - i.

À la place : Il faut impérativement utiliser l'équation du double produit 2xy=b2xy = b. Ici, 2xy=4<02xy = -4 < 0, ce qui impose que xx et yy soient strictement de signes contraires. On n'obtient donc que deux solutions opposées : 2i2 - i et 2+i-2 + i.

Exemple travaillé · 53

Déterminer sous forme algébrique les racines carrées du nombre complexe Z=3+4iZ = 3 + 4i.

1

On pose z=x+iyz = x + iy avec x,yRx, y \in \mathbb{R} tel que z2=Zz^2 = Z. On calcule d'abord le module de ZZ :

2
Z=32+42=9+16=25=5|Z| = \sqrt{3^2 + 4^2} = \sqrt{9 + 16} = \sqrt{25} = 5
3

On écrit le système d'identification cartésien et modulaire :

4
{x2y2=3(1)x2+y2=5(2)2xy=4(3)\begin{cases} x^2 - y^2 = 3 \quad (1) \\ x^2 + y^2 = 5 \quad (2) \\ 2xy = 4 \quad (3) \end{cases}
5

On additionne membre à membre les équations (1) et (2) pour trouver x2x^2 :

6
2x2=8    x2=4    x=2oux=22x^2 = 8 \implies x^2 = 4 \implies x = 2 \quad \text{ou} \quad x = -2
7

On soustrait l'équation (1) de l'équation (2) pour trouver y2y^2 :

8
2y2=2    y2=1    y=1ouy=12y^2 = 2 \implies y^2 = 1 \implies y = 1 \quad \text{ou} \quad y = -1
9

D'après l'équation (3), on a 2xy=4>02xy = 4 > 0, donc xx et yy sont de même signe.

10

Les racines carrées de 3+4i3 + 4i sont donc les deux complexes opposés :

11
δ1=2+ietδ2=2i\delta_1 = 2 + i \quad \text{et} \quad \delta_2 = -2 - i

Définition · 54

Équations du second degré à coefficients complexes

Soient a,b,ca, b, c trois nombres complexes avec a0a \neq 0. On considère l'équation dans C\mathbb{C} :

az2+bz+c=0az^2 + bz + c = 0

On pose le discriminant Δ=b24ac\Delta = b^2 - 4ac. Soit δ\delta une racine carrée complexe de Δ\Delta vérifiant δ2=Δ\delta^2 = \Delta.

z1=bδ2aetz2=b+δ2az_1 = \frac{-b - \delta}{2a} \quad \text{et} \quad z_2 = \frac{-b + \delta}{2a}

Remarque

Si Δ=0\Delta = 0, l'équation admet une unique racine double z0=b2az_0 = -\frac{b}{2a}.

Comme dans R\mathbb{R}, le trinôme se factorise et ses racines vérifient les relations de somme et de produit :

az2+bz+c=a(zz1)(zz2);z1+z2=ba;z1z2=caaz^2 + bz + c = a(z - z_1)(z - z_2) \quad ; \quad z_1 + z_2 = -\frac{b}{a} \quad ; \quad z_1 z_2 = \frac{c}{a}

Exemple travaillé · 55

Résoudre dans C\mathbb{C} l'équation : z2(12i)z+17i=0z^2 - (1 - 2i)z + 1 - 7i = 0.

1

On calcule le discriminant Δ=b24ac\Delta = b^2 - 4ac avec a=1a = 1, b=(12i)b = -(1 - 2i) et c=17ic = 1 - 7i :

2
Δ=((12i))24(1)(17i)=(14i4)4+28i=7+24i\Delta = (-(1 - 2i))^2 - 4(1)(1 - 7i) = (1 - 4i - 4) - 4 + 28i = -7 + 24i
3

On cherche une racine carrée δ=x+iy\delta = x + iy de Δ\Delta. On a Δ=(7)2+242=49+576=625=25|\Delta| = \sqrt{(-7)^2 + 24^2} = \sqrt{49 + 576} = \sqrt{625} = 25.

4
{x2y2=7x2+y2=252xy=24>0\begin{cases} x^2 - y^2 = -7 \\ x^2 + y^2 = 25 \\ 2xy = 24 > 0 \end{cases}
5

On en déduit 2x2=18    x2=9    x=±32x^2 = 18 \implies x^2 = 9 \implies x = \pm 3, et 2y2=32    y2=16    y=±42y^2 = 32 \implies y^2 = 16 \implies y = \pm 4. Puisque 2xy>02xy > 0, xx et yy sont de même signe. On choisit une racine carrée :

6
δ=3+4i\delta = 3 + 4i
7

On applique les formules des racines avec δ\delta :

8
z1=(12i)+(3+4i)2=4+2i2=2+iz_1 = \frac{(1 - 2i) + (3 + 4i)}{2} = \frac{4 + 2i}{2} = 2 + i
9
z2=(12i)(3+4i)2=26i2=13iz_2 = \frac{(1 - 2i) - (3 + 4i)}{2} = \frac{-2 - 6i}{2} = -1 - 3i
10

L'ensemble des solutions est SC={2+i;13i}S_{\mathbb{C}} = \{2 + i ; -1 - 3i\}.

Vérification · 56

On cherche les racines carrées δ=x+iy\delta = x + iy (x,yRx, y \in \mathbb{R}) du nombre complexe Z=3+4iZ = -3 + 4i. En choisissant la solution vérifiant x>0x > 0, détermine les valeurs de xx et yy.

Remarque

On calcule Z=(3)2+42=5|Z| = \sqrt{(-3)^2 + 4^2} = 5. Le système s'écrit x2y2=3x^2 - y^2 = -3, x2+y2=5x^2 + y^2 = 5 et 2xy=4>02xy = 4 > 0. Par addition, 2x2=2    x2=1    x=12x^2 = 2 \implies x^2 = 1 \implies x = 1 (car x>0x > 0). Par soustraction, 2y2=8    y2=4    y=22y^2 = 8 \implies y^2 = 4 \implies y = 2 (car xx et yy ont même signe puisque 2xy>02xy > 0). La racine carrée avec x>0x > 0 est δ=1+2i\delta = 1 + 2i.

Point de départ · 57

Dans l'ensemble des réels R\mathbb{R}, l'équation x3=1x^3 = 1 n'admet qu'une seule solution (x=1x = 1). Dans l'ensemble des nombres complexes C\mathbb{C}, combien de solutions distinctes admet cette équation ?

En posant z=reiθz = r e^{i\theta}, l'égalité z3=1z^3 = 1 s'écrit r3ei3θ=1ei0r^3 e^{i3\theta} = 1 e^{i0}. On en déduit r=1r = 1 et 3θ0(mod2π)3\theta \equiv 0 \pmod{2\pi}, ce qui donne θ2kπ3\theta \equiv \frac{2k\pi}{3} pour k{0,1,2}k \in \{0, 1, 2\}. Il y a exactement trois solutions dans C\mathbb{C}, et leurs points images forment un triangle équilatéral inscrit dans le cercle unité.

Définition · 58

Racines n-ièmes d'un nombre complexe

Soit a=reiθa = r e^{i\theta} un nombre complexe non nul (r>0,θRr > 0, \theta \in \mathbb{R}) et nn un entier naturel tel que n2n \ge 2. On appelle racine nn-ième de aa toute solution dans C\mathbb{C} de l'équation :

zn=az^n = a

Le nombre aa admet exactement nn racines nn-ièmes distinctes dans C\mathbb{C}, données par la formule :

k{0,1,,n1}k \in \{0, 1, \dots, n-1\}

zk=rnei(θn+2kπn)z_k = \sqrt[n]{r}\,e^{i\left(\frac{\theta}{n} + \frac{2k\pi}{n}\right)}

Cas particulier fondamental : les racines nn-ièmes de l'unité sont les nn solutions de l'équation zn=1z^n = 1 :

zk=ei2kπnavec k{0,1,,n1}z_k = e^{i\frac{2k\pi}{n}} \quad \text{avec } k \in \{0, 1, \dots, n-1\}

Remarque

Dans le plan complexe muni d'un repère orthonormé direct, les points images des nn racines nn-ièmes de aa sont les sommets d'un polygone régulier à nn côtés, inscrit dans le cercle de centre OO et de rayon rn\sqrt[n]{r}.

Piège classique · 59

On cherche les racines quatrièmes du nombre complexe Z=16eiπ3Z = 16 e^{i\frac{\pi}{3}}. Quel est le module et l'ensemble des arguments de ces racines ?

Attention

Prendre 16=4\sqrt{16} = 4 au lieu de 164=2\sqrt[4]{16} = 2 pour le module, ou diviser l'argument par 4 sans ajouter le terme de déphasage 2kπ4\frac{2k\pi}{4}.

À la place : Le module d'une racine quatrième est Z4=164=2\sqrt[4]{|Z|} = \sqrt[4]{16} = 2 (car 24=162^4 = 16). Pour les arguments, la division de la congruence modulo 2π2\pi par 4 introduit un pas angulaire : θk=π/3+2kπ4=π12+kπ2\theta_k = \frac{\pi/3 + 2k\pi}{4} = \frac{\pi}{12} + \frac{k\pi}{2} pour k{0,1,2,3}k \in \{0, 1, 2, 3\}.

Exemple travaillé · 60

Déterminer les racines cubiques du nombre complexe a=42+4i2a = 4\sqrt{2} + 4i\sqrt{2} sous forme exponentielle.

1

On écrit d'abord aa sous forme exponentielle en calculant son module et son argument :

2
a=(42)2+(42)2=32+32=64=8|a| = \sqrt{(4\sqrt{2})^2 + (4\sqrt{2})^2} = \sqrt{32 + 32} = \sqrt{64} = 8
3

On détermine un argument θ\theta de aa :

4
cosθ=428=22etsinθ=428=22    θπ4(mod2π)\cos\theta = \frac{4\sqrt{2}}{8} = \frac{\sqrt{2}}{2} \quad \text{et} \quad \sin\theta = \frac{4\sqrt{2}}{8} = \frac{\sqrt{2}}{2} \implies \theta \equiv \frac{\pi}{4} \pmod{2\pi}
5

On a donc a=8eiπ4a = 8e^{i\frac{\pi}{4}}. Les racines cubiques de aa sont les solutions de z3=az^3 = a. Leur module est 83=2\sqrt[3]{8} = 2 :

6
zk=2ei(π/4+2kπ3)=2ei(π12+2kπ3)pour k{0,1,2}z_k = 2e^{i\left(\frac{\pi/4 + 2k\pi}{3}\right)} = 2e^{i\left(\frac{\pi}{12} + \frac{2k\pi}{3}\right)} \quad \text{pour } k \in \{0, 1, 2\}
7

On évalue les trois racines pour k{0,1,2}k \in \{0, 1, 2\} :

8
k=0    z0=2eiπ12k = 0 \implies z_0 = 2e^{i\frac{\pi}{12}}
9
k=1    z1=2ei(π12+8π12)=2ei9π12=2ei3π4k = 1 \implies z_1 = 2e^{i\left(\frac{\pi}{12} + \frac{8\pi}{12}\right)} = 2e^{i\frac{9\pi}{12}} = 2e^{i\frac{3\pi}{4}}
10
k=2    z2=2ei(π12+16π12)=2ei17π12=2ei7π12k = 2 \implies z_2 = 2e^{i\left(\frac{\pi}{12} + \frac{16\pi}{12}\right)} = 2e^{i\frac{17\pi}{12}} = 2e^{-i\frac{7\pi}{12}}

Exemple travaillé · 61

On note j=ei2π3=12+i32j = e^{i\frac{2\pi}{3}} = -\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2}.
1. Exprimer j2j^2 sous forme exponentielle et algébrique, puis vérifier que j2=jj^2 = \overline{j} et j3=1j^3 = 1.
2. Démontrer que 1+j+j2=01 + j + j^2 = 0.

1

On calcule j2j^2 à l'aide des règles sur les puissances d'exponentielles :

2
j2=(ei2π3)2=ei4π3=ei2π3=jj^2 = \left(e^{i\frac{2\pi}{3}}\right)^2 = e^{i\frac{4\pi}{3}} = e^{-i\frac{2\pi}{3}} = \overline{j}
3

Sous forme algébrique :

4
j2=cos(2π3)+isin(2π3)=12i32j^2 = \cos\left(-\frac{2\pi}{3}\right) + i\sin\left(-\frac{2\pi}{3}\right) = -\frac{1}{2} - i\frac{\sqrt{3}}{2}
5

On vérifie ensuite la puissance cubique :

6
j3=(ei2π3)3=ei2π=1j^3 = \left(e^{i\frac{2\pi}{3}}\right)^3 = e^{i2\pi} = 1
7

On effectue la somme des trois termes sous forme algébrique :

8
1+j+j2=1+(12+i32)+(12i32)=11+0i=01 + j + j^2 = 1 + \left(-\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2}\right) + \left(-\frac{1}{2} - i\frac{\sqrt{3}}{2}\right) = 1 - 1 + 0i = 0
9

Autre méthode : 1+j+j21 + j + j^2 est la somme des 3 premiers termes de la suite géométrique de premier terme 11 et de raison j1j \neq 1 :

10
1+j+j2=1j31j=111j=01 + j + j^2 = \frac{1 - j^3}{1 - j} = \frac{1 - 1}{1 - j} = 0

Vérification · 62

On considère l'équation z4=1z^4 = -1. Précise le module commun zk|z_k| de ses solutions ainsi que la solution z0z_0 dont l'argument appartient à ]0;π2[\left]0; \frac{\pi}{2}\right[.

Remarque

On écrit 1=eiπ-1 = e^{i\pi}. Les racines quatrièmes sont zk=14ei(π+2kπ4)=ei(π4+kπ2)z_k = \sqrt[4]{1}\,e^{i\left(\frac{\pi + 2k\pi}{4}\right)} = e^{i\left(\frac{\pi}{4} + \frac{k\pi}{2}\right)} pour k{0,1,2,3}k \in \{0, 1, 2, 3\}. Leur module vaut zk=1|z_k| = 1. Pour k=0k = 0, on obtient z0=eiπ4z_0 = e^{i\frac{\pi}{4}} dont l'argument vaut π4]0;π2[\frac{\pi}{4} \in \left]0; \frac{\pi}{2}\right[.

Point de départ · 63

Comment résoudre dans C\mathbb{C} une équation de degré 3 comme z3+(8+i)z2+(178i)z+17i=0z^3 + (-8+i)z^2 + (17-8i)z + 17i = 0 alors qu'il n'existe aucune formule générale de discriminant pour le degré 3 au programme du lycée ?

Dans les sujets d'examen, une équation de degré supérieur ou égal à 3 est presque toujours accompagnée d'une indication sur l'existence d'une solution remarquable : une solution réelle (z=xRz = x \in \mathbb{R}) ou une solution imaginaire pure (z=iyz = iy avec yRy \in \mathbb{R}). Trouver cette première racine permet d'abaisser le degré par factorisation et de ramener le problème à une équation du second degré classique.

Définition · 64

Racines remarquables et factorisation d'un polynôme complexe

Soit P(z)=0P(z) = 0 une équation polynomiale de degré supérieur ou égal à 3 à coefficients complexes.

z0R    z=x(xR)tel que{Re(P(x))=0Im(P(x))=0z_0 \in \mathbb{R} \implies z = x \quad (x \in \mathbb{R}) \quad \text{tel que} \quad \begin{cases} \text{Re}(P(x)) = 0 \\ \text{Im}(P(x)) = 0 \end{cases}

z0iR    z=iy(yR)tel que{Re(P(iy))=0Im(P(iy))=0z_0 \in i\mathbb{R} \implies z = iy \quad (y \in \mathbb{R}) \quad \text{tel que} \quad \begin{cases} \text{Re}(P(iy)) = 0 \\ \text{Im}(P(iy)) = 0 \end{cases}

Dès qu'une racine z0z_0 est validée, le polynôme P(z)P(z) se factorise par (zz0)(z - z_0) :

P(z)=(zz0)Q(z)P(z) = (z - z_0) Q(z)

Remarque

Le quotient Q(z)Q(z) est un polynôme de degré n1n-1, dont on détermine les coefficients par identification polynomiale ou par division euclidienne.

Piège classique · 65

On cherche une racine imaginaire pure z=iyz = iy (yRy \in \mathbb{R}) d'une équation P(z)=0P(z) = 0. En développant, on obtient le système : {y3+y2+4y3=02y2y+6=0\begin{cases} y^3 + y^2 + 4y - 3 = 0 \\ -2y^2 - y + 6 = 0 \end{cases}. L'équation du second degré donne deux solutions réelles : y=32y = \frac{3}{2} et y=2y = -2. Peut-on affirmer que z1=32iz_1 = \frac{3}{2}i et z2=2iz_2 = -2i sont toutes deux solutions de P(z)=0P(z) = 0 ?

Attention

Valider immédiatement les solutions d'une seule des deux équations sans tester si elles annulent aussi la seconde.

À la place : Un nombre complexe est nul si et seulement si sa partie réelle ET sa partie imaginaire sont nulles en même temps. Les solutions trouvées dans l'équation du second degré ne sont que des candidates : il faut obligatoirement les tester dans la première équation pour éliminer les solutions parasites.

Exemple travaillé · 66

On considère dans C\mathbb{C} l'équation (E):z3+(8+i)z2+(178i)z+17i=0(E) : z^3 + (-8+i)z^2 + (17-8i)z + 17i = 0.
1. Montrer que (E)(E) admet une solution imaginaire pure notée z0z_0.
2. Déterminer les réels a,b,ca, b, c tels que pour tout zCz \in \mathbb{C} : z3+(8+i)z2+(178i)z+17i=(zz0)(az2+bz+c)z^3 + (-8+i)z^2 + (17-8i)z + 17i = (z - z_0)(az^2 + bz + c).
3. Résoudre l'équation (E)(E) dans C\mathbb{C}.

1

On pose z=iyz = iy avec yRy \in \mathbb{R} et on injecte dans l'équation en utilisant i2=1i^2 = -1 et i3=ii^3 = -i :

2
(iy)3+(8+i)(iy)2+(178i)(iy)+17i=iy3+8y2iy2+17iy+8y+17i=0(iy)^3 + (-8+i)(iy)^2 + (17-8i)(iy) + 17i = -iy^3 + 8y^2 - iy^2 + 17iy + 8y + 17i = 0
3

On sépare la partie réelle et la partie imaginaire :

4
(8y2+8y)+i(y3y2+17y+17)=0    {8y(y+1)=0(y217)(y+1)=0(8y^2 + 8y) + i(-y^3 - y^2 + 17y + 17) = 0 \iff \begin{cases} 8y(y + 1) = 0 \\ -(y^2 - 17)(y + 1) = 0 \end{cases}
5

L'équation de partie réelle donne y=0y = 0 ou y=1y = -1. En testant dans la partie imaginaire : pour y=0y = 0, elle vaut 17017 \neq 0. Pour y=1y = -1, elle s'annule bien. La racine imaginaire pure est donc z0=iz_0 = -i.

6

On factorise par z(i)=z+iz - (-i) = z + i en développant (z+i)(az2+bz+c)=az3+(b+ia)z2+(c+ib)z+ic(z + i)(az^2 + bz + c) = az^3 + (b + ia)z^2 + (c + ib)z + ic :

7
{a=1b+ia=8+i    b=8c+ib=178i    c=17ic=17i    P(z)=(z+i)(z28z+17)\begin{cases} a = 1 \\ b + ia = -8 + i \implies b = -8 \\ c + ib = 17 - 8i \implies c = 17 \\ ic = 17i \end{cases} \implies P(z) = (z + i)(z^2 - 8z + 17)
8

On résout le trinôme du second degré z28z+17=0z^2 - 8z + 17 = 0 :

9
Δ=(8)24(1)(17)=6468=4=(2i)2    z=8±2i2=4±i\Delta = (-8)^2 - 4(1)(17) = 64 - 68 = -4 = (2i)^2 \implies z = \frac{8 \pm 2i}{2} = 4 \pm i
10

L'ensemble des solutions de (E)(E) est SC={i;4i;4+i}S_{\mathbb{C}} = \{-i ; 4 - i ; 4 + i\}.

Exemple travaillé · 67

Soit nNn \in \mathbb{N}^*. Démontrer que toutes les solutions dans C\mathbb{C} de l'équation (z+1)n+(z1)n=0(z + 1)^n + (z - 1)^n = 0 sont des nombres imaginaires purs.

1

On isole les deux puissances nn-ièmes :

2
(z+1)n=(z1)n(z + 1)^n = -(z - 1)^n
3

On vérifie si z=1z = 1 peut être solution : pour z=1z = 1, le membre de gauche vaut 2n02^n \neq 0 et le membre de droite vaut 00, donc z1z \neq 1.

4

Au lieu de développer par la formule du binôme, on prend le module des deux membres :

5
z+1n=(z1)n=1z1n=z1n|z + 1|^n = |-(z - 1)^n| = |-1| \cdot |z - 1|^n = |z - 1|^n
6

Puisque les modules sont des réels positifs ou nuls, l'égalité des puissances nn-ièmes équivaut à l'égalité des bases :

7
z+1=z1    z(1)=z1|z + 1| = |z - 1| \iff |z - (-1)| = |z - 1|
8

Soient les points A(1)A(1) et B(1)B(-1). L'égalité se traduit géométriquement par BM=AMBM = AM : le point M(z)M(z) appartient à la médiatrice du segment [AB][AB].

9

Comme A(1;0)A(1; 0) et B(1;0)B(-1; 0) sont symétriques par rapport à l'origine sur l'axe des abscisses, la médiatrice de [AB][AB] est l'axe des ordonnées (O,v)(O, \vec{v}) d'équation x=0x = 0.

10

Tout point de cet axe a une abscisse nulle, d'où Re(z)=0\text{Re}(z) = 0. Toutes les solutions sont donc des imaginaires purs.

Vérification · 68

Soit l'équation z3=i(z1)3z^3 = i(z - 1)^3. En prenant le module des deux membres, détermine l'égalité de distances vérifiée par les points images M(z)M(z), ainsi que l'équation cartésienne de la droite qui les contient tous.

Remarque

En prenant le module : z3=i(z1)3    z3=iz13=1z13=z13|z^3| = |i(z-1)^3| \implies |z|^3 = |i| \cdot |z-1|^3 = 1 \cdot |z-1|^3 = |z-1|^3. Les modules étant positifs, on a z=z1|z| = |z-1|. Avec O(0)O(0) et A(1)A(1), cela donne OM=AMOM = AM. Le point MM appartient à la médiatrice de [OA][OA], qui est la droite verticale d'équation x=12x = \frac{1}{2}.

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