Complète les valeurs du cosinus pour ces angles géométriques usuels :
Remarque
Le cosinus d'un angle géométrique est strictement positif pour un angle aigu (0≤θ<2π), nul en 2π, et strictement négatif pour un angle obtus (2π<θ≤π).
Point de départ · 2
Quantifier l'action combinée de deux vecteurs
Soient deux vecteurs non nuls u et v de même origine O.
Pour mesurer à quel point u et v agissent dans la même direction, on associe leurs longueurs respectives et l'angle géométrique θ qu'ils forment.
Si les deux vecteurs sont perpendiculaires, leur action commune est nulle. S'ils forment un angle aigu, ils se renforcent ; s'ils forment un angle obtus, ils s'opposent.
Définition · 3
Définition géométrique du produit scalaire
Soit O un point du plan et soient u,v deux vecteurs tels que u=OA et v=OB.
u⋅v=OA×OB×cos(AOB)
u=0etv=0
Remarque
Si u=0 ou v=0, alors u⋅v=0.
u⋅u=∣∣u∣∣2
Remarque
Le produit scalaire d'un vecteur par lui-même est appelé le carré scalaire de u, noté u2.
Définition · 4
Caractérisation par projection orthogonale
Soient A,B et C trois points du plan tels que A=B, et H le projeté orthogonal de C sur la droite (AB).
AB⋅AC=AB⋅AH
Puisque les points A,B,H sont alignés, le calcul se ramène aux distances en observant le sens relatif des vecteurs :
AB⋅AC={AB×AH−AB×AHsi AB et AH sont de meˆme senssi AB et AH sont de sens contraire
Piège classique · 5
Sur la figure ci-dessus, on donne AB=3 et AH=2, où H est le projeté orthogonal de C sur la droite (AB). Que vaut AB⋅AC ?
Attention
Multiplier directement les longueurs sans observer le sens des vecteurs : AB×AH=3×2=6.
À la place : Comme l'angle BAC est obtus, le point H se trouve à l'extérieur du segment [AB] du côté de A. Les vecteurs AB et AH sont de sens contraire, donc AB⋅AC=−AB×AH=−3×2=−6.
Exemple travaillé · 6
Soit ABC un triangle équilatéral de côté 4. Soit I le milieu du côté [BC]. Calculer AB⋅AC puis AB⋅AI.
1
Dans le triangle équilatéral ABC, l'angle géométrique vaut BAC=3π.
2
AB⋅AC=AB×AC×cos(3π)=4×4×21=8
3
Pour calculer AB⋅AI, on projette orthogonalement le point B sur la droite (AI).
4
Comme ABC est un triangle équilatéral, la médiane (AI) est également hauteur issue de A. Le triangle AIB est donc rectangle en I.
5
Le projeté orthogonal de B sur la droite (AI) est le point I. On a donc :
6
AB⋅AI=AI⋅AI=AI2
7
Dans le triangle rectangle AIB, d'après le théorème de Pythagore, AI2=AB2−IB2=42−22=16−4=12. Ainsi, AB⋅AI=12.
Exemple travaillé · 7
Soient A,B et C trois points du plan tels que AB=5, AC=6 et AB⋅AC=15. Déterminer la valeur exacte de cos(BAC), puis la mesure en radians de l'angle BAC.
1
On utilise la définition géométrique reliant le produit scalaire aux longueurs et à l'angle géométrique :
2
AB⋅AC=AB×AC×cos(BAC)
3
15=5×6×cos(BAC)=30cos(BAC)
4
cos(BAC)=3015=21
5
L'angle géométrique BAC appartient à l'intervalle [0;π]. L'unique angle ayant pour cosinus 21 est BAC=3π rad.
Vérification · 8
Soit [AB] un segment de longueur 4. Soit C un point du plan dont le projeté orthogonal sur (AB) est le point H. On sait que H est situé sur la demi-droite opposée à [AB) par rapport à A, avec AH=3. Que vaut AB⋅AC ?
Remarque
Puisque H est situé sur la demi-droite opposée à [AB), les vecteurs AB et AH sont colinéaires et de sens contraire. Le produit scalaire est donc strictement négatif : AB⋅AC=−AB×AH=−4×3=−12.
Définition · 9
Propriétés algébriques et identités remarquables
Pour tous vecteurs u,v,w et tous réels α,β :
u⋅v=v⋅u
u⋅(v+w)=u⋅v+u⋅wet(αu)⋅(βv)=αβ(u⋅v)
Identités remarquables vectorielles :
∣∣u+v∣∣2=∣∣u∣∣2+∣∣v∣∣2+2u⋅v
∣∣u−v∣∣2=∣∣u∣∣2+∣∣v∣∣2−2u⋅v
∣∣u+v∣∣2+∣∣u−v∣∣2=2(∣∣u∣∣2+∣∣v∣∣2)
Remarque
La dernière égalité est appelée identité du parallélogramme.
Définition · 10
Inégalité de Cauchy-Schwarz et colinéarité
Pour tous vecteurs u et v du plan :
∣u⋅v∣≤∣∣u∣∣×∣∣v∣∣
Caractérisation de la colinéarité par le cas d'égalité :
∣u⋅v∣=∣∣u∣∣×∣∣v∣∣⟺u et v sont colineˊaires
u⋅v=∣∣u∣∣×∣∣v∣∣⟺u et v sont colineˊaires et de meˆme sens
u⋅v=−∣∣u∣∣×∣∣v∣∣⟺u et v sont colineˊaires et de sens contraires
Piège classique · 11
Soient trois points distincts A,B,C et M un point du plan vérifiant AB⋅AM=AC⋅AM. Que peut-on en déduire pour le point M ?
Attention
Simplifier par le vecteur AM des deux côtés pour conclure à tort que AB=AC.
À la place : La division par un vecteur n'existe pas. On transpose tous les termes d'un même côté pour factoriser par bilinéarité : (AB−AC)⋅AM=0⟺CB⋅AM=0. Les vecteurs CB et AM sont donc orthogonaux : le point M appartient à la hauteur issue de A dans le triangle ABC.
Exemple travaillé · 12
Soit ABCD un parallélogramme tel que AB=5, AD=3 et BAD=3π. Calculer AB⋅AD, puis déterminer les longueurs exactes des diagonales AC et BD.
1
On évalue d'abord le produit scalaire fondamental à l'aide de la définition trigonométrique :
2
AB⋅AD=AB×AD×cos(3π)=5×3×21=215
3
D'après la règle du parallélogramme, on a AC=AB+AD. On applique l'identité remarquable du carré de la norme :
4
AC2=∣∣AB+AD∣∣2=AB2+AD2+2AB⋅AD=25+9+2(215)=49
5
Comme AC>0, on obtient AC=49=7.
6
Pour la diagonale [BD], la relation de Chasles donne DB=AB−AD :
7
DB2=∣∣AB−AD∣∣2=AB2+AD2−2AB⋅AD=25+9−2(215)=19
8
Comme DB>0, on conclut que BD=19.
Exemple travaillé · 13
Soit un quadrilatère quelconque ABCD. Démontrer l'identité : AB2+CD2−BC2−AD2=2AC⋅DB.
1
On transforme la différence de carrés AB2−BC2 à l'aide de l'identité remarquable vectorielle :
2
AB2−BC2=(AB+BC)⋅(AB−BC)=AC⋅(AB−BC)
3
On procède de manière analogue pour les deux autres côtés, sachant que AD+DC=AC :
4
CD2−AD2=(DC+AD)⋅(DC−AD)=AC⋅(DC−AD)
5
On additionne membre à membre ces deux égalités et on factorise par le vecteur commun AC :
6
AB2+CD2−BC2−AD2=AC⋅[(AB−AD)+(DC−BC)]
7
D'après la relation de Chasles, on a AB−AD=DB et DC−BC=DC+CB=DB.
8
AB2+CD2−BC2−AD2=AC⋅(DB+DB)=2AC⋅DB
Vérification · 14
Pour tous vecteurs u,v,w du plan, que vaut l'expression suivante ? S=u⋅(v−w)+v⋅(w−u)+w⋅(u−v)
Remarque
En développant par distributivité : S=u⋅v−u⋅w+v⋅w−v⋅u+w⋅u−w⋅v. Par symétrie du produit scalaire, les termes s'annulent deux à deux : S=0.
Point de départ · 15
Dans une grille orthonormée, on donne u(21) et v(13). Sans mesurer ni calculer d'angle géométrique, quelle formule permet de trouver directement u⋅v ?
Remarque
Dans une base orthonormée, le produit scalaire s'obtient simplement en sommant les produits des composantes homologues : xx′+yy′.
Définition · 16
Expression analytique dans une base orthonormée
Soit (i,j) une base orthonormée du plan (∣∣i∣∣=∣∣j∣∣=1 et i⊥j). Soient u(xy) et v(x′y′) deux vecteurs.
u⋅v=xx′+yy′
Conséquences métriques fondamentales :
∣∣u∣∣=x2+y2
u⊥v⟺xx′+yy′=0
Distance d'un point A(xA,yA) à une droite D:ax+by+c=0 :
d(A,D)=a2+b2∣axA+byA+c∣
Exemple travaillé · 17
Dans le plan muni d'un repère orthonormé, on considère les points A(−2,2), B(4,0) et C(−1,2). Calculer AB⋅AC, les distances AB et AC, puis en déduire cos(BAC).
1
On détermine d'abord les composantes des vecteurs AB et AC :
2
AB(4−(−2)0−2)=(6−2)etAC(−1−(−2)2−2)=(10)
3
On calcule le produit scalaire par l'expression analytique :
4
AB⋅AC=6×1+(−2)×0=6
5
On calcule les normes des deux vecteurs :
6
AB=62+(−2)2=40=210etAC=12+02=1
7
On utilise la définition géométrique pour isoler le cosinus :
8
cos(BAC)=AB×ACAB⋅AC=210×16=103=10310
Exemple travaillé · 18
Soit ABCD un carré de côté 6. On définit les points I et J par AI=31AB et AJ=32AD. Démontrer que les droites (ID) et (JC) sont perpendiculaires.
1
On munit le plan du repère orthonormé (A,i,j) où i=61AB et j=61AD.
2
Dans ce repère, les coordonnées des sommets et des points sont : A(0,0), B(6,0), D(0,6), C(6,6), I(2,0) et J(0,4).
3
On détermine les composantes des vecteurs directeurs ID et JC :
4
ID(0−26−0)=(−26)etJC(6−06−4)=(62)
5
On calcule leur produit scalaire analytique :
6
ID⋅JC=(−2)×6+6×2=−12+12=0
7
Les vecteurs ID et JC étant orthogonaux et non nuls, les droites (ID) et (JC) sont perpendiculaires.
Vérification · 19
Dans un repère orthonormé, on donne u(m3) et v(2−4), où m∈R. Quelle valeur de m rend les vecteurs u et v orthogonaux ?
Remarque
u⊥v⟺2m+3(−4)=0⟺2m−12=0⟺2m=12⟺m=6.
Point de départ · 20
Généraliser le théorème de Pythagore
Dans un triangle rectangle en A, l'égalité de Pythagore s'écrit BC2=AB2+AC2 car AB⊥AC.
Si l'angle BAC n'est plus droit, le produit scalaire AB⋅AC n'est plus nul.
En développant le carré scalaire BC2=(AC−AB)2, le double produit scalaire −2AB⋅AC fournit le terme correctif exact qui généralise Pythagore à tout triangle.
Soit ABC un triangle tel que AB=5, AC=8 et BAC=3π. Calculer la longueur exacte de BC, puis déterminer la valeur exacte de cos(ABC).
1
On applique le théorème d'Al-Kashi sur le côté opposé à l'angle connu BAC :
2
BC2=AB2+AC2−2AB×AC×cos(BAC)
3
BC2=52+82−2×5×8×cos(3π)=25+64−80×21=49
4
Comme BC>0, on obtient BC=49=7.
5
Pour déterminer cos(ABC), on applique le théorème d'Al-Kashi au côté opposé [AC] :
6
AC2=AB2+BC2−2AB×BC×cos(ABC)
7
82=52+72−2×5×7×cos(ABC)⟺64=74−70cos(ABC)
8
70cos(ABC)=74−64=10⟺cos(ABC)=7010=71
Exemple travaillé · 23
Soit ABC un triangle rectangle en A et H le pied de la hauteur issue de A. Démontrer à l'aide du produit scalaire que AH2=HB×HC.
1
On introduit le point H dans les vecteurs AB et AC par la relation de Chasles :
2
AB⋅AC=(AH+HB)⋅(AH+HC)
3
On développe l'expression par distributivité :
4
AB⋅AC=AH2+AH⋅HC+HB⋅AH+HB⋅HC
5
La droite (AH) étant perpendiculaire à (BC), on a AH⊥HC et HB⊥AH, d'où AH⋅HC=0 et HB⋅AH=0.
6
Le triangle ABC est rectangle en A, donc AB⋅AC=0. L'égalité se réduit à :
7
0=AH2+HB⋅HC
8
Le point H étant situé entre B et C, les vecteurs HB et HC sont colinéaires et de sens contraires, ce qui donne HB⋅HC=−HB×HC.
9
On en déduit que 0=AH2−HB×HC, soit AH2=HB×HC.
Vérification · 24
Soit un triangle MNP tel que MN=3, MP=8 et NMP=3π. Calcule la longueur exacte du côté NP.
Remarque
D'après le théorème d'Al-Kashi : NP2=MN2+MP2−2MN×MP×cos(3π)=32+82−2×3×8×21=9+64−24=49. Comme NP>0, NP=7.
Définition · 25
Théorème de la médiane
Soient A et B deux points distincts du plan et I le milieu du segment [AB]. Pour tout point M du plan, on a les trois relations fondamentales :
MA2+MB2=2MI2+2AB2
MA2−MB2=2IM⋅AB
MA⋅MB=MI2−4AB2
Remarque
Puisque IA=2AB, le terme 4AB2 est également égal à IA2.
Exemple travaillé · 26
Soit ABC un triangle tel que AB=5, AC=7 et BC=6. Soit A′ le milieu du côté [BC]. Calculer la longueur exacte de la médiane AA′.
1
On applique la relation de la médiane pour la somme des carrés relative au côté [BC] :
2
AB2+AC2=2AA′2+2BC2
3
52+72=2AA′2+262⟺25+49=2AA′2+18
4
74=2AA′2+18⟺2AA′2=74−18=56
5
AA′2=256=28
6
Comme AA′>0, on conclut que AA′=28=27.
Exemple travaillé · 27
Démontrer que dans tout triangle ABC, la somme des carrés des longueurs des trois côtés est égale aux 34 de la somme des carrés des longueurs des trois médianes.
1
Soient A′,B′,C′ les milieux respectifs de [BC],[AC],[AB]. On note mA=AA′, mB=BB′ et mC=CC′ les longueurs des médianes.
2
On applique le théorème de la médiane pour chaque sommet :
On additionne ces trois égalités membre à membre :
5
2(AB2+BC2+AC2)=2(mA2+mB2+mC2)+21(AB2+BC2+AC2)
6
On soustrait 21(AB2+BC2+AC2) de chaque côté :
7
23(AB2+BC2+AC2)=2(mA2+mB2+mC2)
8
AB2+BC2+AC2=34(mA2+mB2+mC2)
Vérification · 28
Soit [AB] un segment de longueur 6 et I son milieu. Quelle est l'expression de MA⋅MB en fonction de la distance MI ?
Remarque
D'après la relation de la médiane : MA⋅MB=MI2−4AB2=MI2−462=MI2−9.
Définition · 29
Ligne de niveau u⋅AM=k
Soit u un vecteur non nul, A un point fixé et k un réel.
u⋅AM=k
Soit H l'unique point de la droite passant par A et dirigée par u vérifiant u⋅AH=k.
u⋅AM=k⟺u⋅HM=0
Remarque
L'ensemble des points M est la droite perpendiculaire au vecteur u passant par le point H.
Définition · 30
Ligne de niveau MA⋅MB=k
Soient A et B deux points distincts et I le milieu du segment [AB]. Pour tout réel k :
MA⋅MB=k⟺MI2−4AB2=k⟺MI2=k+4AB2
On pose C=k+4AB2 et on discute selon le signe de la constante C :
⎩⎨⎧C<0C=0C>0⟹L’ensemble est vide ∅⟹L’ensemble est le point unique {I}⟹L’ensemble est le cercle de centre I et de rayon R=C
Remarque
Pour k=0, l'ensemble est le cercle de diamètre [AB].
Exemple travaillé · 31
Soit A et B deux points tels que AB=3. Déterminer l'ensemble (E) des points M du plan vérifiant AB⋅BM=2.
1
On détermine d'abord le point H de la droite (AB) tel que AB⋅BH=2.
2
Le produit scalaire étant strictement positif, les vecteurs AB et BH sont colinéaires et de même sens :
3
AB×BH=2⟺3BH=2⟺BH=32
4
On introduit le point H dans l'égalité vectorielle à l'aide de la relation de Chasles :
5
AB⋅BM=2⟺AB⋅(BH+HM)=2
6
AB⋅BH+AB⋅HM=2⟺2+AB⋅HM=2⟺AB⋅HM=0
7
L'ensemble (E) est la droite perpendiculaire à (AB) passant par le point H situé à une distance 32 de B sur la demi-droite [AB).
Exemple travaillé · 32
Soient A et B deux points tels que AB=4. Déterminer l'ensemble (Γ) des points M du plan tels que MA⋅MB=5.
1
Soit I le milieu du segment [AB]. On a IA=2AB=2, d'où IA2=4.
2
On applique le théorème de la médiane pour le produit scalaire :
3
MA⋅MB=MI2−IA2=MI2−4
4
L'équation MA⋅MB=5 devient :
5
MI2−4=5⟺MI2=9
6
Comme 9>0 et que MI est une distance, on a MI=9=3.
7
L'ensemble (Γ) est le cercle de centre I et de rayon R=3.
Vérification · 33
Soit [AB] un segment de longueur 6. Quelle est la nature de l'ensemble des points M du plan vérifiant MA⋅MB=−10 ?
Remarque
Soit I le milieu de [AB]. On a IA=3, donc MA⋅MB=MI2−9. L'égalité s'écrit MI2−9=−10⟺MI2=−1. Une distance au carré ne pouvant être strictement négative, l'ensemble est vide ∅.
Définition · 34
Lignes de niveau MA2+MB2=k et MA2−MB2=k
Soient A et B deux points distincts du plan et I le milieu du segment [AB].
1. Somme des carrés :
MA2+MB2=k⟺2MI2+2AB2=k⟺MI2=42k−AB2
Discussion selon le réel C=42k−AB2 :
⎩⎨⎧C<0C=0C>0⟹L’ensemble est vide ∅⟹L’ensemble est le point unique {I}⟹L’ensemble est le cercle de centre I et de rayon R=C
2. Différence des carrés :
MA2−MB2=k⟺2IM⋅AB=k
Remarque
L'ensemble des points M est la droite perpendiculaire à (AB) passant par le point H∈(AB) tel que IH⋅AB=2k. Pour k=0, c'est la médiatrice de [AB].
Définition · 35
Ligne de niveau du rapport de distances MBMA=k
Soient A et B deux points distincts et k un réel strictement positif.
MBMA=k⟺MA2−k2MB2=0⟺(MA−kMB)⋅(MA+kMB)=0
Cas k=1 : MA=MB, l'ensemble est la médiatrice du segment [AB].
Cas k=1 : Soient G=bar{(A,1);(B,−k)} et G′=bar{(A,1);(B,k)}.
(1−k)MG⋅(1+k)MG′=0⟺MG⋅MG′=0
Remarque
Pour k=1, l'ensemble des points M est le cercle de diamètre [GG′].
Exemple travaillé · 36
Dans le plan muni d'un repère orthonormé, on considère les points A(−1,0) et B(2,0). Déterminer géométriquement puis analytiquement l'ensemble (E) des points M(x,y) tels que MBMA=2.
Soit G=bar{(A,1);(B,−2)} et G′=bar{(A,1);(B,2)}. On a MA−2MB=−MG et MA+2MB=3MG′.
3
−MG⋅3MG′=0⟺MG⋅MG′=0
4
L'ensemble (E) est le cercle de diamètre [GG′].
5
Approche analytique : on traduit MA2=4MB2 à l'aide des coordonnées de M(x,y) :
6
(x+1)2+y2=4[(x−2)2+y2]
7
x2+2x+1+y2=4(x2−4x+4+y2)=4x2−16x+16+4y2
8
3x2−18x+3y2+15=0⟺x2−6x+y2+5=0
9
(x−3)2−9+y2+5=0⟺(x−3)2+y2=4
10
L'ensemble (E) est le cercle de centre Ω(3,0) et de rayon R=4=2.
Exemple travaillé · 37
Soit ABCD un rectangle de dimensions AB=2 et AD=1. Soit I le milieu de [AB]. Déterminer l'ensemble (Γ) des points M tels que MD2−MB2=1, puis en déduire que (BD)⊥(CI).
1
Soit K le milieu du segment [DB] (centre du rectangle). D'après la relation de la médiane pour la différence des carrés :
2
MD2−MB2=2KM⋅BD=1⟺BD⋅KM=21
3
L'ensemble (Γ) est donc la droite perpendiculaire à (BD) passant par le point H∈(BD) tel que BD⋅KH=21.
4
Testons l'appartenance des points I et C à l'ensemble (Γ) :
5
ID2−IB2=(IA2+AD2)−IB2=AD2=12=1⟹I∈(Γ)
6
CD2−CB2=AB2−AD2=(2)2−12=2−1=1⟹C∈(Γ)
7
Les points distincts I et C appartiennent à la droite (Γ), donc (Γ) est la droite (CI).
8
Comme (Γ) est perpendiculaire à (BD), on en déduit que les droites (CI) et (BD) sont perpendiculaires.
Vérification · 38
Soient A et B deux points distincts. Quelle est la nature géométrique de l'ensemble des points M du plan vérifiant MA2−MB2=0 ?
Remarque
L'égalité MA2−MB2=0⟺MA2=MB2⟺MA=MB (les distances étant positives). L'ensemble des points équidistants de A et B est la médiatrice du segment [AB].
Rappel · 39
Barycentre et réduction vectorielle
Soit un système de points pondérés (Ai,αi)1≤i≤n tel que ∑i=1nαi=0. Le barycentre G du système est l'unique point vérifiant :
i=1∑nαiGAi=0
Pour tout point M du plan, la relation fondamentale de réduction vectorielle s'écrit :
i=1∑nαiMAi=(i=1∑nαi)MG
Définition · 40
Théorème de la fonction scalaire de Leibniz
Soit un système de points pondérés (Ai,αi)1≤i≤n dont la somme des coefficients est non nulle : s=∑i=1nαi=0, et soit G son barycentre.
Pour tout point M du plan, en développant chaque terme par MAi=MG+GAi :
i=1∑nαiMAi2=sMG2+i=1∑nαiGAi2
Remarque
Le terme croisé 2MG⋅(∑i=1nαiGAi) est nul par définition du barycentre G.
Piège classique · 41
On considère l'expression f(M)=2MA2−MB2−MC2. Peut-on introduire un barycentre G pour réduire cette somme de carrés ?
Attention
Poser un barycentre G des points pondérés (A,2),(B,−1),(C,−1) et écrire f(M)=0×MG2+….
À la place : La somme des coefficients est 2+(−1)+(−1)=0. Le barycentre n'existe pas. Il faut réduire l'expression autrement, par exemple en regroupant −(MB2+MC2) avec le théorème de la médiane sur le milieu de [BC], puis en appliquant une différence de carrés pour faire apparaître une droite orthogonale.
Piège classique · 42
Après réduction par Leibniz, l'ensemble (Γk) des points M vérifie l'équation MG2=a2(k+1) avec a>0. Quelle est la nature géométrique de (Γk) si k<−1 ?
Attention
Conclure qu'il s'agit du cercle de centre G et de rayon ak+1 sans vérifier le signe de la constante.
À la place : Si k<−1, alors k+1<0, d'où a2(k+1)<0. Une distance au carré étant positive ou nulle (MG2≥0), l'équation n'admet aucune solution dans le plan : l'ensemble est vide ∅.
Exemple travaillé · 43
Soit ABC un triangle rectangle en A avec AB=2a et AC=a (a>0). Soit G=bar{(A,−3),(B,1),(C,4)}. Déterminer selon les valeurs du réel k la nature de l'ensemble (Γk)={M∈P∣−3MA2+MB2+4MC2=2ka2}.
1
La somme des coefficients est −3+1+4=2=0. D'après la fonction de Leibniz :
2
−3MA2+MB2+4MC2=2MG2−3GA2+GB2+4GC2
3
On exprime la position de G : AG=21(AB+4AC)=21AB+2AC. Le triangle étant rectangle en A, on a AB⋅AC=0 :
Discussion selon les valeurs de k : - Si k<−1 : k+1<0, donc (Γk)=∅. - Si k=−1 : MG2=0, donc (Γ−1)={G}. - Si k>−1 : (Γk) est le cercle de centre G et de rayon R=ak+1.
Exemple travaillé · 44
Soit ABC un triangle équilatéral de côté a. Déterminer l'ensemble (Δ) des points M du plan vérifiant 2MA2−MB2−MC2=a2.
1
La somme des coefficients est 2−1−1=0. Le barycentre n'existe pas.
2
Soit I le milieu du segment [BC]. D'après le théorème de la médiane, MB2+MC2=2MI2+2BC2=2MI2+2a2.
3
2MA2−MB2−MC2=2MA2−(2MI2+2a2)=2(MA2−MI2)−2a2
4
On transforme la différence de carrés à l'aide de l'identité remarquable vectorielle et de la relation de Chasles :
5
MA2−MI2=(MA−MI)⋅(MA+MI)=IA⋅(2MI+IA)=IA2−2IA⋅IM
6
Dans le triangle équilatéral ABC, la hauteur issue de A mesure IA=2a3, d'où IA2=43a2 :
7
2(43a2−2IA⋅IM)−2a2=23a2−2a2−4IA⋅IM=a2−4IA⋅IM
8
L'équation a2−4IA⋅IM=a2 équivaut à IA⋅IM=0.
9
L'ensemble (Δ) est la droite perpendiculaire à (IA) passant par I. Comme (IA) est la médiatrice de [BC], (Δ) est la droite (BC).
Vérification · 45
Soit A et B deux points tels que AB=2 et J=bar{(A,1);(B,3)}. Après réduction par Leibniz, l'équation MA2+3MB2=15 s'écrit 4MJ2+3=15. Quel est le rayon R du cercle obtenu ?
Remarque
4MJ2+3=15⟺4MJ2=12⟺MJ2=3⟺MJ=3. L'ensemble est donc le cercle de centre J et de rayon R=3.
Définition · 46
Puissance d'un point par rapport à un cercle
Soit un cercle C de centre O et de rayon R, et soit M un point quelconque du plan.
Pour toute droite passant par M et coupant le cercle C en deux points A et B (éventuellement confondus en un point de contact T pour une droite tangente) :
MA⋅MB=MO2−R2
Ce produit scalaire est indépendant de la sécante choisie. On l'appelle la puissance du point M par rapport au cercle C, notée PC(M).
PC(M)=⎩⎨⎧MT2>0=0<0si (MT) est tangente en TaˋC⟺M est aˋ l’exteˊrieur du cercle⟺M appartient au cercle⟺M est aˋ l’inteˊrieur du cercle
Définition · 47
Position relative d'une droite et d'un cercle
Soit un cercle C de centre I et de rayon R, et soit une droite Δ. On note d=d(I,Δ) la distance du centre I à la droite Δ.
⎩⎨⎧d<Rd=Rd>R⟺Δ et C sont seˊcants en deux points distincts⟺Δ est tangente aˋC en un point unique⟺Δ et C n’ont aucun point d’intersection (exteˊrieurs)
Remarque
Dans un repère orthonormé, si Δ:ax+by+c=0 et I(xI,yI), on utilise la formule d(I,Δ)=a2+b2∣axI+byI+c∣.
Exemple travaillé · 48
Soit un cercle C de centre O et de rayon R=4. Soit M un point tel que OM=6. Une droite passant par M coupe C en deux points A et B avec MA=3 (M,A,B alignés dans cet ordre). Calculer la puissance de M par rapport à C, en déduire la longueur de la corde [AB], puis calculer la longueur de tangence MT pour une tangente (MT) issue de M.
1
On évalue d'abord la puissance du point M par rapport au cercle C :
2
PC(M)=MO2−R2=62−42=36−16=20
3
Comme M est à l'extérieur du cercle et que les points M,A,B sont alignés dans cet ordre, les vecteurs MA et MB sont de même sens :
4
MA⋅MB=MA×MB=20⟺3×MB=20⟺MB=320
5
On calcule la longueur de la corde [AB] par soustraction des segments :
6
AB=MB−MA=320−3=320−39=311
7
Pour la tangente (MT) au point de contact T, la puissance s'écrit PC(M)=MT2 :
8
MT2=20⟹MT=20=25
Exemple travaillé · 49
Soit un triangle quelconque ABC. On désigne par O le centre de son cercle circonscrit et par G son centre de gravité. Soit H le point défini par OH=OA+OB+OC. Démontrer que H est l'orthocentre de ABC et que les points O,G,H sont alignés.
1
On exprime AH en utilisant la relation de Chasles et la définition de H :
2
AH=AO+OH=−OA+(OA+OB+OC)=OB+OC
3
Soit A′ le milieu du côté [BC]. Par la relation du milieu, on a OB+OC=2OA′, d'où AH=2OA′.
4
Comme O est le centre du cercle circonscrit, la droite (OA′) est la médiatrice de [BC]. Donc (OA′)⊥(BC), ce qui donne OA′⋅BC=0.
5
AH⋅BC=(2OA′)⋅BC=2(OA′⋅BC)=0
6
La droite (AH) est donc la hauteur issue de A. Par symétrie de raisonnement, (BH) est la hauteur issue de B. Le point H est donc l'orthocentre du triangle ABC.
7
Par la propriété du centre de gravité, GA+GB+GC=0, ce qui donne avec Chasles : OA+OB+OC=3OG.
8
OH=3OG
9
Les vecteurs OH et OG étant colinéaires, les points O,G,H sont alignés sur la droite d'Euler.
Vérification · 50
Dans un repère orthonormé, on considère le cercle C de centre I(1,2) et de rayon R=3, et la droite Δ d'équation 3x+4y+4=0. Quelle est la position relative de Δ et de C ?
Remarque
On évalue la distance du centre I à la droite Δ : d(I,Δ)=32+42∣3(1)+4(2)+4∣=25∣3+8+4∣=515=3 Comme d(I,Δ)=R=3, la droite Δ est tangente au cercle C en un point de contact unique.