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Rotations — cours

3ème année · section Mathématiques · mathématiques, programme officiel tunisien.

Le cours

Rappel · 1

Dans le plan orienté, dans quel sens effectue-t-on une rotation pour un angle orienté positif +π2+\frac{\pi}{2} ?

Remarque

Un angle orienté positif se mesure dans le sens direct (sens trigonométrique, contraire aux aiguilles d'une montre).

Point de départ · 2

Pour faire tourner un point MM autour d'un centre fixe OO d'un angle donné θ\theta, quelles conditions géométriques le point image MM' doit-il obligatoirement vérifier ?

Remarque

Il faut à la fois conserver la distance au centre (OM=OMOM' = OM) et fixer l'écart angulaire orienté (OM,OM)θ[2π](\vec{OM}, \vec{OM'}) \equiv \theta [2\pi].

Définition · 3

Définition d'une rotation

Soit OO un point du plan orienté et θ\theta un réel.

R(O,θ)(O)=OR_{(O, \theta)}(O) = O

Pour tout point MM distinct de OO, l'image de MM par la rotation R(O,θ)R_{(O, \theta)} est l'unique point MM' vérifiant :

OM=OMOM' = OM
(OM,OM)θ[2π](\vec{OM}, \vec{OM'}) \equiv \theta [2\pi]

Remarque

Si θ≢0[2π]\theta \not\equiv 0 [2\pi], le centre OO est l'unique point invariant de la rotation.

Exemple travaillé · 4

Dans un repère orthonormé direct (O,i,j)(O, \vec{i}, \vec{j}), soit le point A(2,0)A(2, 0). Détermine les coordonnées du point A=R(O,π2)(A)A' = R_{(O, \frac{\pi}{2})}(A).

1

On applique la définition de la rotation : OA=OAOA' = OA et (OA,OA)π2[2π](\vec{OA}, \vec{OA'}) \equiv \frac{\pi}{2} [2\pi].

2
OA=2    OA=2OA = 2 \implies OA' = 2
3

Le point AA appartient à l'axe des abscisses positives. Une rotation directe d'angle π2\frac{\pi}{2} envoie la demi-droite [Ox)[Ox) sur la demi-droite des ordonnées positives [Oy)[Oy).

4

Le point AA' est donc situé sur l'axe des ordonnées à une distance 2 de l'origine : A(0,2)A'(0, 2).

Exemple travaillé · 5

Soit ABCABC un triangle équilatéral direct de centre OO. Détermine l'image du point AA par la rotation R=R(O,2π3)R = R_{(O, \frac{2\pi}{3})}.

1

Le point OO est le centre du cercle circonscrit au triangle équilatéral ABCABC, donc les sommets sont équidistants du centre :

2
OA=OB=OCOA = OB = OC
3

Dans le triangle équilatéral direct ABCABC, les trois angles au centre sont égaux et orientés dans le sens direct :

4
(OA,OB)2π3[2π](\vec{OA}, \vec{OB}) \equiv \frac{2\pi}{3} [2\pi]
5

Puisque OB=OAOB = OA et (OA,OB)2π3[2π](\vec{OA}, \vec{OB}) \equiv \frac{2\pi}{3} [2\pi], on conclut que R(A)=BR(A) = B.

Piège classique · 6

Soit ABCDABCD un carré direct de centre II. On cherche le centre Ω\Omega de la rotation d'angle π2-\frac{\pi}{2} qui transforme AA en DD. Le point II est-il ce centre ?

Attention

Affirmer que II est le centre sous prétexte que IA=IDIA = ID et que les diagonales forment un angle droit.

À la place : Dans le carré direct, (IA,ID)+π2[2π](\vec{IA}, \vec{ID}) \equiv +\frac{\pi}{2} [2\pi]. Pour un angle de π2-\frac{\pi}{2}, le centre Ω\Omega est le symétrique de II par rapport à (AD)(AD), situé dans l'autre demi-plan.

Vérification · 7

Soit RR la rotation de centre AA et d'angle π3\frac{\pi}{3}. Si MM est un point distinct de AA et M=R(M)M' = R(M), quelle est la nature du triangle AMMAMM' ?

Remarque

Par définition de la rotation, AM=AMAM = AM' et (AM,AM)π3[2π](\vec{AM}, \vec{AM'}) \equiv \frac{\pi}{3} [2\pi]. Un triangle isocèle dont l'angle au sommet principal mesure π3\frac{\pi}{3} est un triangle équilatéral direct.

Définition · 8

Cas particuliers et rotation réciproque

Soit OO un point du plan et θ\theta un réel.

R(O,0)=IdPetR(O,π)=SOR_{(O, 0)} = \text{Id}_{\mathcal{P}} \quad \text{et} \quad R_{(O, \pi)} = S_O

Remarque

La rotation d'angle nul fixe chaque point du plan. La rotation d'angle π\pi est la symétrie centrale de centre OO.

Toute rotation R(O,θ)R_{(O, \theta)} est une bijection du plan dans lui-même. Sa bijection réciproque est la rotation de même centre et d'angle opposé :

(R(O,θ))1=R(O,θ)(R_{(O, \theta)})^{-1} = R_{(O, -\theta)}

Pour tous points MM et MM' du plan :

R(O,θ)(M)=M    R(O,θ)(M)=MR_{(O, \theta)}(M) = M' \iff R_{(O, -\theta)}(M') = M

Exemple travaillé · 9

Soit ABCABC un triangle rectangle isocèle direct en AA, tel que (AB,AC)π2[2π](\vec{AB}, \vec{AC}) \equiv \frac{\pi}{2} [2\pi]. Soit r=R(A,π2)r = R_{(A, \frac{\pi}{2})}. Détermine le point EE tel que r(E)=Cr(E) = C.

1

On cherche l'antécédent EE du point CC par la rotation r=R(A,π2)r = R_{(A, \frac{\pi}{2})}. On utilise la rotation réciproque r1r^{-1} :

2
r(E)=C    E=r1(C)=R(A,π2)(C)r(E) = C \iff E = r^{-1}(C) = R_{(A, -\frac{\pi}{2})}(C)
3

Par définition de R(A,π2)R_{(A, -\frac{\pi}{2})}, le point EE vérifie AE=ACAE = AC et (AC,AE)π2[2π](\vec{AC}, \vec{AE}) \equiv -\frac{\pi}{2} [2\pi].

4

Dans le triangle ABCABC rectangle isocèle direct en AA, on a AB=ACAB = AC et (AB,AC)π2[2π](\vec{AB}, \vec{AC}) \equiv \frac{\pi}{2} [2\pi], ce qui donne par inversion du sens de l'angle :

5
(AC,AB)π2[2π](\vec{AC}, \vec{AB}) \equiv -\frac{\pi}{2} [2\pi]
6

Puisque AB=ACAB = AC et (AC,AB)π2[2π](\vec{AC}, \vec{AB}) \equiv -\frac{\pi}{2} [2\pi], on en déduit que E=BE = B.

Piège classique · 10

Soit [AB][AB] un segment non réduit à un point. Quelles sont toutes les rotations rr qui laissent le segment [AB][AB] globalement invariant, c'est-à-dire telles que r([AB])=[AB]r([AB]) = [AB] ?

Attention

Conclure que seule l'identité du plan convient, en supposant que chaque point du segment doit rester immobile.

À la place : L'invariance globale autorise aussi l'échange des extrémités (r(A)=Br(A)=B et r(B)=Ar(B)=A). L'angle de la rotation vaut alors (AB,BA)π[2π](\vec{AB}, \vec{BA}) \equiv \pi [2\pi], ce qui donne la symétrie centrale de centre le milieu de [AB][AB].

Vérification · 11

Soit II le milieu d'un segment [CD][CD]. On considère la rotation r=R(I,π)r = R_{(I, \pi)}. Quelle est l'image de la droite (CD)(CD) par rr ?

Remarque

La rotation d'angle π\pi est la symétrie centrale SIS_I. Puisque le centre II appartient à la droite (CD)(CD), le symétrique de tout point de (CD)(CD) reste sur (CD)(CD). La droite (CD)(CD) est donc globalement invariante : r((CD))=(CD)r((CD)) = (CD).

Définition · 12

Propriétés de conservation d'une rotation

Toute rotation conserve les distances : c'est une isométrie du plan.

MN=MNMN = M'N'

Soit RR une rotation. Pour tous points A,B,C,DA, B, C, D d'images respectives A,B,C,DA', B', C', D' par RR :

(AB,CD)(AB,CD)[2π](\vec{A'B'}, \vec{C'D'}) \equiv (\vec{AB}, \vec{CD}) [2\pi]
I=AB    R(I)=ABI = A * B \implies R(I) = A' * B'

Remarque

Une rotation conserve également l'alignement, le parallélisme, l'orthogonalité, le barycentre et le produit scalaire.

Exemple travaillé · 13

Soit ABCABC un triangle équilatéral direct de centre II. On place M[AB]M \in [AB], N[BC]N \in [BC] et P[CA]P \in [CA] tels que AM=BN=CPAM = BN = CP. Montre que le triangle MNPMNP est équilatéral.

1

On considère la rotation R=R(I,2π3)R = R_{(I, \frac{2\pi}{3})}. Dans le triangle équilatéral direct ABCABC, RR transforme AA en BB, BB en CC et CC en AA.

2

L'image du segment [AB][AB] par RR est le segment [BC][BC]. Comme RR conserve les distances, l'image du point M[AB]M \in [AB] est le point de [BC][BC] situé à la distance AMAM du point BB.

3

Puisque BN=AMBN = AM, on en déduit que R(M)=NR(M) = N. Par un raisonnement identique, R(N)=PR(N) = P et R(P)=MR(P) = M.

4

La rotation RR transforme MM en NN et NN en PP, donc MN=NP=PMMN = NP = PM et (IM,IN)2π3[2π](\vec{IM}, \vec{IN}) \equiv \frac{2\pi}{3} [2\pi]. Le triangle MNPMNP est donc équilatéral de centre II.

Exemple travaillé · 14

Soit ABCDABCD un carré direct de centre OO tel que (AB,AD)π2[2π](\vec{AB}, \vec{AD}) \equiv \frac{\pi}{2} [2\pi]. Soit II le milieu de [AD][AD] et JJ le milieu de [CD][CD]. Montre que (AJ)(BI)(AJ) \perp (BI) et AJ=BIAJ = BI.

1

On considère la rotation r=R(O,π2)r = R_{(O, \frac{\pi}{2})}. Dans le carré direct ABCDABCD, r(A)=Br(A) = B, r(D)=Ar(D) = A et r(C)=Dr(C) = D.

2

Le point JJ est le milieu de [CD][CD]. Comme toute rotation conserve les milieux, r(J)r(J) est le milieu du segment image [DA][DA], c'est-à-dire II.

3

Puisque r(A)=Br(A) = B et r(J)=Ir(J) = I, l'image du segment [AJ][AJ] par rr est le segment [BI][BI].

4

Une rotation conserve les distances et fait tourner toute droite de son angle : on a donc AJ=BIAJ = BI et (AJ,BI)π2[2π](\vec{AJ}, \vec{BI}) \equiv \frac{\pi}{2} [2\pi], ce qui prouve que (AJ)(BI)(AJ) \perp (BI).

Piège classique · 15

Soit ABCABC un triangle équilatéral direct tel que (AB,AC)π3[2π](\vec{AB}, \vec{AC}) \equiv \frac{\pi}{3} [2\pi]. Quel est l'angle de la rotation rr qui transforme le vecteur AB\vec{AB} en BC\vec{BC} ?

Attention

Prendre directement l'angle intérieur π3\frac{\pi}{3} au sommet BB comme angle de la rotation.

À la place : L'angle de la rotation est l'angle orienté entre les vecteurs : (AB,BC)(AB,BA)+(BA,BC)ππ32π3[2π](\vec{AB}, \vec{BC}) \equiv (\vec{AB}, \vec{BA}) + (\vec{BA}, \vec{BC}) \equiv \pi - \frac{\pi}{3} \equiv \frac{2\pi}{3} [2\pi].

Vérification · 16

Soit rr une rotation d'angle π2\frac{\pi}{2} qui transforme un parallélogramme ABCDABCD en un quadrilatère ABCDA'B'C'D'. Quelle est la nature de ABCDA'B'C'D' ?

Remarque

Une rotation est une isométrie : elle conserve les longueurs, les angles géométriques et le parallélisme. L'image d'un parallélogramme par une rotation est donc toujours un parallélogramme isométrique.

Définition · 17

Images de figures usuelles par une rotation

Soit r=R(O,θ)r = R_{(O, \theta)} une rotation du plan orienté.

r(D)=D    (D,D)θ[π]r(\mathcal{D}) = \mathcal{D}' \implies (\mathcal{D}, \mathcal{D}') \equiv \theta [\pi]

L'image d'un segment [AB][AB] est le segment [AB][A'B'] de même longueur, avec A=r(A)A'=r(A) et B=r(B)B'=r(B).

r(C(I,R))=C(r(I),R)r(\mathcal{C}(I, R)) = \mathcal{C}'(r(I), R)

Remarque

Une rotation conserve le contact : si une droite Δ\Delta est tangente à un cercle C\mathcal{C} en AA, alors r(Δ)r(\Delta) est tangente à r(C)r(\mathcal{C}) en r(A)r(A).

Exemple travaillé · 18

Soit ABCDABCD un carré direct de centre OO tel que (AB,AD)π2[2π](\vec{AB}, \vec{AD}) \equiv \frac{\pi}{2} [2\pi]. Soit r=R(A,π2)r = R_{(A, \frac{\pi}{2})}. Détermine l'image de la droite (BC)(BC) par rr.

1

On cherche l'image d'un point connu de la droite (BC)(BC). Dans le carré direct ABCDABCD, AB=ADAB = AD et (AB,AD)π2[2π](\vec{AB}, \vec{AD}) \equiv \frac{\pi}{2} [2\pi], donc :

2
r(B)=Dr(B) = D
3

L'angle de la rotation est π2\frac{\pi}{2}, donc l'image de la droite (BC)(BC) est la droite perpendiculaire à (BC)(BC) passant par le point image r(B)=Dr(B) = D.

4

Dans le carré ABCDABCD, la droite (CD)(CD) passe par DD et est perpendiculaire à (BC)(BC).

5
r((BC))=(CD)r((BC)) = (CD)

Exemple travaillé · 19

Soit C\mathcal{C} un cercle de centre II passant par AA, et Δ\Delta la tangente à C\mathcal{C} en AA. Soit R=R(O,θ)R = R_{(O, \theta)}. Montre que R(Δ)R(\Delta) est la tangente à R(C)R(\mathcal{C}) en A=R(A)A' = R(A).

1

La droite Δ\Delta est tangente au cercle C\mathcal{C} en AA, ce qui signifie que Δ(IA)\Delta \perp (IA) et AΔA \in \Delta.

2

Par la rotation RR, le cercle C(I,IA)\mathcal{C}(I, IA) a pour image le cercle C(I,IA)\mathcal{C}'(I', I'A') avec I=R(I)I' = R(I) et A=R(A)A' = R(A).

3

L'image de la droite (IA)(IA) est la droite (IA)(I'A'), et l'image de la droite Δ\Delta est une droite Δ\Delta' passant par AA'.

4

Comme toute rotation conserve l'orthogonalité, (IA)Δ(IA) \perp \Delta implique (IA)Δ(I'A') \perp \Delta'.

5

La droite Δ\Delta' passe par le point AA' du cercle C\mathcal{C}' et est perpendiculaire au rayon [IA][I'A'] : c'est donc la tangente à C\mathcal{C}' en AA'.

Piège classique · 20

Une rotation rr transforme une droite D\mathcal{D} en une droite D\mathcal{D}' perpendiculaire à D\mathcal{D}. Que peut-on affirmer sur l'angle θ\theta de la rotation rr ?

Attention

Affirmer que l'angle de la rotation vaut obligatoirement +π2+\frac{\pi}{2} modulo 2π2\pi.

À la place : L'orthogonalité entre deux droites signifie (D,D)π2[π](\mathcal{D}, \mathcal{D}') \equiv \frac{\pi}{2} [\pi]. L'angle de la rotation peut donc être congru à +π2[2π]+\frac{\pi}{2} [2\pi] ou à π2[2π]-\frac{\pi}{2} [2\pi].

Vérification · 21

Soient D1\mathcal{D}_1 et D2\mathcal{D}_2 deux droites sécantes en un unique point AA. Soit rr une rotation. Que peut-on dire des droites images D1=r(D1)\mathcal{D}'_1 = r(\mathcal{D}_1) et D2=r(D2)\mathcal{D}'_2 = r(\mathcal{D}_2) ?

Remarque

Une rotation est une bijection qui conserve les intersections : si D1D2={A}\mathcal{D}_1 \cap \mathcal{D}_2 = \{A\}, alors r(D1)r(D2)={r(A)}r(\mathcal{D}_1) \cap r(\mathcal{D}_2) = \{r(A)\}. Les droites images sont donc sécantes en A=r(A)A' = r(A).

Définition · 22

Théorème fondamental d'existence et d'unicité

Soient AA, BB, CC et DD quatre points du plan orienté tels que ABA \neq B.

AB=CDetABCDAB = CD \quad \text{et} \quad \vec{AB} \neq \vec{CD}

Il existe une unique rotation rr telle que r(A)=Cr(A) = C et r(B)=Dr(B) = D.

θ(AB,CD)[2π]\theta \equiv (\vec{AB}, \vec{CD}) [2\pi]
Ωmed[AC]med[BD]\Omega \in \text{med}[AC] \cap \text{med}[BD]

Remarque

Si AB=CD\vec{AB} = \vec{CD}, il existe une unique translation transformant (A,B)(A, B) en (C,D)(C, D).

Exemple travaillé · 23

Soit ABCABC un triangle équilatéral direct et DD le symétrique de BB par rapport à CC. Montre qu'il existe une unique rotation RR telle que R(A)=CR(A) = C et R(B)=DR(B) = D, puis détermine son angle et construis son centre.

1

On vérifie les conditions d'existence : ABCABC est équilatéral donc AB=BCAB = BC. Par symétrie, CC est le milieu de [BD][BD], donc BC=CDBC = CD. On en déduit que AB=CDAB = CD.

2

Les vecteurs AB\vec{AB} et CD=BC\vec{CD} = \vec{BC} ne sont pas colinéaires. Comme AB=CDAB = CD et ABCD\vec{AB} \neq \vec{CD}, il existe une unique rotation RR envoyant AA sur CC et BB sur DD.

3
θ(AB,CD)(AB,BC)[2π]\theta \equiv (\vec{AB}, \vec{CD}) \equiv (\vec{AB}, \vec{BC}) [2\pi]
4

Par la relation de Chasles :

5
(AB,BC)(AB,BA)+(BA,BC)ππ32π3[2π](\vec{AB}, \vec{BC}) \equiv (\vec{AB}, \vec{BA}) + (\vec{BA}, \vec{BC}) \equiv \pi - \frac{\pi}{3} \equiv \frac{2\pi}{3} [2\pi]
6

Le centre Ω\Omega vérifie ΩA=ΩC\Omega A = \Omega C et ΩB=ΩD\Omega B = \Omega D. Ω\Omega est donc l'intersection de la médiatrice de [AC][AC] et de la perpendiculaire à (BC)(BC) en CC.

Exemple travaillé · 24

Dans un repère orthonormé direct (O,i,j)(O, \vec{i}, \vec{j}), on donne A(2,0)A(2, 0), B(4,1)B(4, 1), C(1,2)C(1, 2) et D(0,4)D(0, 4). Montre qu'il existe une unique rotation RR transformant AA en CC et BB en DD, puis détermine son angle.

1

On calcule les coordonnées des vecteurs : AB(2,1)\vec{AB}(2, 1) et CD(1,2)\vec{CD}(-1, 2).

2

On compare les longueurs :

3
AB=22+12=5etCD=(1)2+22=5AB = \sqrt{2^2 + 1^2} = \sqrt{5} \quad \text{et} \quad CD = \sqrt{(-1)^2 + 2^2} = \sqrt{5}
4

Puisque AB=CDAB = CD et ABCD\vec{AB} \neq \vec{CD}, il existe une unique rotation RR transformant AA en CC et BB en DD.

5

L'angle θ\theta de RR vérifie :

6
cosθ=ABCDAB×CD=2(1)+1(2)5=0\cos\theta = \frac{\vec{AB} \cdot \vec{CD}}{AB \times CD} = \frac{2(-1) + 1(2)}{5} = 0
7
sinθ=det(AB,CD)AB×CD=2(2)1(1)5=1\sin\theta = \frac{\det(\vec{AB}, \vec{CD})}{AB \times CD} = \frac{2(2) - 1(-1)}{5} = 1
8

On en déduit que θπ2[2π]\theta \equiv \frac{\pi}{2} [2\pi].

Piège classique · 25

Soit ABCDABCD un parallélogramme non aplati. Existe-t-il une rotation qui transforme AA en BB et DD en CC ?

Attention

Affirmer qu'une rotation existe au motif que les distances ADAD et BCBC sont égales.

À la place : Dans un parallélogramme, on a l'égalité vectorielle AD=BC\vec{AD} = \vec{BC}. Comme les vecteurs directeurs sont égaux, (AD,BC)0[2π](\vec{AD}, \vec{BC}) \equiv 0 [2\pi] : l'application est une translation de vecteur AB\vec{AB}, pas une rotation.

Vérification · 26

Soient A,B,C,DA, B, C, D quatre points tels que AB=CD=3AB = CD = 3 et (AB,CD)π4[2π](\vec{AB}, \vec{CD}) \equiv \frac{\pi}{4} [2\pi]. Combien existe-t-il de rotations transformant AA en CC et BB en DD ?

Remarque

L'égalité des longueurs AB=CDAB = CD et le fait que l'angle orienté soit non nul modulo 2π2\pi garantissent l'existence et l'unicité de la rotation.

Définition · 27

Composée de deux rotations

Soient R(O,θ)R_{(O, \theta)} et R(O,θ)R'_{(O, \theta')} deux rotations de même centre OO.

R(O,θ)R(O,θ)=R(O,θ+θ)R'_{(O, \theta')} \circ R_{(O, \theta)} = R_{(O, \theta + \theta')}

θ+θ0[2π]    RR=IdP\theta + \theta' \equiv 0 [2\pi] \implies R' \circ R = \text{Id}_{\mathcal{P}}

Soient r1=R(I,α)r_1 = R_{(I, \alpha)} et r2=R(J,β)r_2 = R_{(J, \beta)} deux rotations de centres distincts IJI \neq J :

α+β0[2π]    r2r1 est une translation\alpha + \beta \equiv 0 [2\pi] \implies r_2 \circ r_1 \text{ est une translation}
α+β≢0[2π]    r2r1 est une rotation d’angle α+β\alpha + \beta \not\equiv 0 [2\pi] \implies r_2 \circ r_1 \text{ est une rotation d'angle } \alpha + \beta

Remarque

Le centre de la rotation r2r1r_2 \circ r_1 se situe à l'intersection des médiatrices des segments [AA][AA'] et [BB][BB'] reliant deux points à leurs images.

Exemple travaillé · 28

Soit OO un point du plan. On considère les rotations R1=R(O,π3)R_1 = R_{(O, \frac{\pi}{3})} et R2=R(O,π2)R_2 = R_{(O, \frac{\pi}{2})}. Caractérise la transformation f=R2R1f = R_2 \circ R_1.

1

Les deux rotations R1R_1 et R2R_2 ont le même centre OO.

2

D'après la propriété de composition des rotations de même centre, f=R2R1f = R_2 \circ R_1 est une rotation de même centre OO.

3

On calcule la somme de leurs angles orientés :

4
θ=π3+π2=2π6+3π6=5π6\theta = \frac{\pi}{3} + \frac{\pi}{2} = \frac{2\pi}{6} + \frac{3\pi}{6} = \frac{5\pi}{6}
5

La transformation ff est la rotation de centre OO et d'angle 5π6\frac{5\pi}{6}.

Exemple travaillé · 29

Soient BOABOA et ACOACO' deux triangles isocèles rectangles directs respectivement en OO et OO'. Soit r=R(O,π2)r = R_{(O, \frac{\pi}{2})} et r=R(O,π2)r' = R_{(O', \frac{\pi}{2})}. Détermine l'image de BB par rrr' \circ r, puis caractérise rrr' \circ r.

1

On applique successivement les deux rotations au point BB :

2
(rr)(B)=r(r(B))(r' \circ r)(B) = r'(r(B))
3

Dans le triangle isocèle rectangle direct BOABOA en OO, on a r(B)=Ar(B) = A.

4

Dans le triangle isocèle rectangle direct ACOACO' en OO', on a r(A)=Cr'(A) = C. On en déduit (rr)(B)=C(r' \circ r)(B) = C.

5

La somme des angles des deux rotations est π2+π2=π\frac{\pi}{2} + \frac{\pi}{2} = \pi. La transformation rrr' \circ r est donc une rotation d'angle π\pi, c'est-à-dire une symétrie centrale.

6

Puisque (rr)(B)=C(r' \circ r)(B) = C, le centre de cette symétrie centrale est le milieu du segment [BC][BC].

Vérification · 30

Soit r1r_1 une rotation d'angle π4\frac{\pi}{4} et r2r_2 une rotation d'angle π4-\frac{\pi}{4}, de centres distincts IJI \neq J. Quelle est la nature de r2r1r_2 \circ r_1 ?

Remarque

La somme des angles est π4+(π4)=00[2π]\frac{\pi}{4} + \left(-\frac{\pi}{4}\right) = 0 \equiv 0 [2\pi]. Pour deux centres distincts, lorsque la somme des angles est nulle modulo 2π2\pi, la transformation résultante est une translation.

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