Soit f une fonction numérique d'une variable réelle x.
Df={x∈R∣f(x) existe}
x∈Df⟺les opeˊrations deˊfinissant f(x) sont possibles dans R
Pour déterminer Df, deux contraintes usuelles s'appliquent : tout dénominateur doit être non nul, et toute expression sous une racine carrée doit être positive ou nulle.
Définition · 2
Égalité de deux fonctions et restriction
f=g⟺(Df=Dget∀x∈Df,f(x)=g(x))
Deux fonctions sont égales lorsqu'elles partagent exactement le même ensemble de définition et attribuent la même image à chaque réel.
Soit D′ une partie non vide de Df. La fonction h définie sur D′ par h(x)=f(x) pour tout x∈D′ est appelée la restriction de f à D′, notée f∣D′.
Exemple travaillé · 3
Comparer deux fonctions et identifier une restriction
On considère les fonctions f(x)=x−1x2−1 et g(x)=x+1. 1. Déterminer Df et Dg. 2. Comparer f et g sur R, puis comparer leurs restrictions à l'intervalle ]1;+∞[.
1
Pour f, le quotient existe si et seulement si x−1=0, d'où Df=R∖{1}. Pour la fonction polynôme g, Dg=R.
2
Pour tout x∈R∖{1}, on factorise le numérateur :
f(x)=x−1(x−1)(x+1)=x+1=g(x)
3
Comme Df=Dg, les fonctions ne sont pas égales sur R : f=g.
4
Sur I=]1;+∞[, 1∈/I, donc I⊂Df et I⊂Dg. Pour tout x∈I, f(x)=g(x). Les restrictions sont donc égales :
f∣]1;+∞[=g∣]1;+∞[
Piège classique · 4
Le piège de la simplification sans contrôle du domaine
On pose f(x)=x−1x2+x−2 et g(x)=x+2. Peut-on affirmer que f=g sur R ?
Attention
Déclarer que f=g sur R sous prétexte que x−1(x−1)(x+2)=x+2.
À la place : La simplification n'est valide que pour x=1. Le domaine de f est Df=R∖{1} alors que Dg=R. Comme Df=Dg, on a f=g sur R, mais f=g∣R∖{1}.
Vérification · 5
Vérification du groupe
On donne les fonctions u(x)=x2 et v(x)=x. Quelle affirmation est exacte concernant u et v ?
Remarque
Pour tout réel x, x2=∣x∣. Les deux fonctions ont bien pour domaine R, mais pour x<0, u(x)=−x=x. Ainsi u=v sur R, mais leurs restrictions coïncident sur [0;+∞[.
Point de départ · 6
Pour la fonction carré f(x)=x2, on a f(−x)=(−x)2=x2=f(x) pour tout réel x. Quelle propriété géométrique possède sa courbe représentative dans un repère orthogonal ?
Remarque
Deux nombres opposés x et −x ont la même image : les points M(x,y) et M′(−x,y) sont symétriques par rapport à l'axe des ordonnées (Oy).
Définition · 7
Parité d'une fonction
Soit f une fonction définie sur un ensemble D.
1. Fonction paire :
∀x∈D,−x∈Detf(−x)=f(x)
Dans un repère orthogonal, la courbe (Cf) est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées (Oy).
2. Fonction impaire :
∀x∈D,−x∈Detf(−x)=−f(x)
Dans un repère orthogonal, la courbe (Cf) est symétrique par rapport à l'origine O du repère.
Exemple travaillé · 8
Déterminer l'ensemble de définition et étudier la parité de la fonction f définie sur R par f(x)=x2+1x.
1
Pour tout réel x, x2+1≥1>0, donc le dénominateur ne s'annule jamais. Ainsi, Df=R.
2
Le domaine R est symétrique par rapport à 0 : pour tout x∈R, −x∈R.
3
On évalue f(−x) pour tout réel x :
f(−x)=(−x)2+1−x=x2+1−x=−x2+1x=−f(x)
4
Puisque f(−x)=−f(x) pour tout x∈R, la fonction f est impaire.
Piège classique · 9
Soit la fonction g(x)=x−1. Peut-on affirmer que g est paire ou impaire en calculant g(−x) ?
Attention
Calculer g(−x)=−x−1 sans vérifier au préalable si le domaine est centré en 0.
À la place : Le domaine de g est Dg=[1;+∞[. On a 2∈Dg mais −2∈/Dg. Le domaine n'est pas symétrique par rapport à 0 : g n'est ni paire ni impaire, sans aucun calcul sur g(−x).
Vérification · 10
On considère la fonction h(x)=∣x∣−2x2. Quelle est la parité de h ?
Remarque
Dh=R∖{−2;2} est symétrique par rapport à 0. De plus, pour tout x∈Dh, h(−x)=∣−x∣−2(−x)2=∣x∣−2x2=h(x), donc h est paire.
Définition · 11
Sens de variation et taux de variation
Soit f une fonction définie sur un intervalle I. Pour tous réels x1,x2∈I distincts, on définit le taux de variation par :
T=x1−x2f(x1)−f(x2)
f strictement croissante sur I⟺∀x1=x2∈I,T>0
f strictement deˊcroissante sur I⟺∀x1=x2∈I,T<0
Exemple travaillé · 12
Étudier le sens de variation de la fonction f(x)=x−1x+1 sur l'intervalle ]1;+∞[ à l'aide du taux de variation.
1
Soient x1 et x2 deux réels distincts de ]1;+∞[. On exprime le taux de variation :
Pour x1>1 et x2>1, on a x1−1>0 et x2−1>0, donc (x1−1)(x2−1)>0. Le numérateur étant −2<0, on obtient T<0.
5
Puisque T<0 pour tous réels distincts de ]1;+∞[, la fonction f est strictement décroissante sur ]1;+∞[.
Définition · 13
Opérations sur les fonctions monotones
Soient f et g deux fonctions définies sur un intervalle I et α∈R.
f et g croissantes sur I⟹f+g croissante sur I
α>0⟹αf a le meˆme sens de variation que f
α<0⟹αf a le sens de variation contraire de f
Si une fonction u est strictement monotone et garde un signe strictement constant sur I, alors u1 varie en sens contraire de u sur I.
Piège classique · 14
La fonction f(x)=x−1x+1 est strictement décroissante sur ]−∞;1[ et strictement décroissante sur ]1;+∞[. Peut-on affirmer que f est décroissante sur ]−∞;1[∪]1;+∞[ ?
Attention
Déclarer que f est décroissante sur la réunion ]−∞;1[∪]1;+∞[ car son taux de variation est négatif sur chaque intervalle séparé.
À la place : La monotonie se définit uniquement sur un intervalle. Sur la réunion, en choisissant x1=0 et x2=2, on a 0<2 mais f(0)=−1<f(2)=3, ce qui contredit la décroissance globale.
Vérification · 15
Soit la fonction h(x)=x2−x2 définie sur ]0;1]. Quel est son sens de variation sur cet intervalle ?
Remarque
Sur ]0;1], x↦x2 est strictement croissante. La fonction x↦x1 est strictement décroissante, donc son produit par −2<0, à savoir x↦−x2, est strictement croissante. La fonction h est donc strictement croissante sur ]0;1] comme somme de deux fonctions strictement croissantes.
Point de départ · 16
Pour la fonction f(x)=x2+1x2 définie sur R, les valeurs prises par f(x) peuvent-elles dépasser 1 ?
Remarque
Pour tout réel x, x2<x2+1, donc le quotient vérifie f(x)<1. Les images par f sont plafonnées : on dit que la fonction est majorée par 1.
Définition · 17
Fonctions majorées, minorées, bornées et extremums
Soit f une fonction définie sur un ensemble D.
f est majoreˊe sur D⟺∃M∈R,∀x∈D,f(x)≤M
f est minoreˊe sur D⟺∃m∈R,∀x∈D,f(x)≥m
f est borneˊe sur D⟺f est aˋ la fois majoreˊe et minoreˊe sur D
Si un majorant M est atteint en un point x0∈D (f(x0)=M), alors M est le maximum global de f sur D. De même, si un minorant m est atteint en x0∈D (f(x0)=m), alors m est le minimum global de f sur D.
Exemple travaillé · 18
Soit la fonction f définie sur R par f(x)=x2+12x. Montrer que f est minorée par −1 et majorée par 1, puis en déduire que f est bornée sur R.
1
Pour prouver la majoration par 1, on étudie le signe de la différence f(x)−1 pour tout x∈R :
Pour tout réel x, (x−1)2≥0 et x2+1>0, d'où −x2+1(x−1)2≤0. Ainsi, f(x)−1≤0, c'est-à-dire f(x)≤1.
3
Pour prouver la minoration par −1, on étudie le signe de f(x)−(−1)=f(x)+1 :
f(x)+1=x2+12x+1=x2+12x+x2+1=x2+1(x+1)2≥0
4
On en déduit que f(x)≥−1 pour tout réel x.
5
Puisque pour tout x∈R, −1≤f(x)≤1, la fonction f est bornée sur R.
Piège classique · 19
Pour démontrer que la fonction f(x)=1+x+x2x2 est majorée par 34 sur R, quelle démarche est rigoureuse ?
Attention
Encadrer séparément le numérateur x2 et le dénominateur 1+x+x2 comme des variables indépendantes.
À la place : La variable x est commune au numérateur et au dénominateur : leurs valeurs évoluent simultanément. Il faut étudier le signe global de la différence f(x)−34=−3(1+x+x2)(x+2)2≤0.
Vérification · 20
On a démontré que pour tout réel x, f(x)≤3. Peut-on immédiatement affirmer que 3 est le maximum de f sur R ?
Remarque
L'inégalité f(x)≤3 prouve seulement que 3 est un majorant. Pour être le maximum de f, il faut obligatoirement qu'il existe un réel x0∈R tel que f(x0)=3.
Point de départ · 21
La parabole d'équation y=x2 a pour sommet l'origine O(0,0). Pour quelle valeur de x l'expression (x−2)2 s'annule-t-elle, et vers où la parabole y=(x−2)2 s'est-elle déplacée ?
Remarque
L'expression (x−2)2 s'annule pour x=2. Le sommet a donc pour coordonnées (2,0) : bien que la formule porte un signe « - », la courbe a glissé vers la droite (abscisses positives).
Définition · 22
Translations de courbes et éléments de symétrie
Le plan est rapporté à un repère orthogonal (O,i,j). Soit f une fonction et (Cf) sa courbe représentative.
La courbe de g(x)=f(x+a)+b est l’image de (Cf) par la translation de vecteur u=−ai+bj
Éléments de symétrie d'une courbe (Cf) :
Axe Δ:x=a⟺(∀x∈Df,(2a−x)∈Dfetf(2a−x)=f(x))
Centre I(a,b)⟺(∀x∈Df,(2a−x)∈Dfetf(2a−x)+f(x)=2b)
Exemple travaillé · 23
Soit f(x)=x2 et g(x)=x2−6x+7. 1. Mettre g(x) sous forme canonique. 2. En déduire la translation permettant d'obtenir la courbe (Cg) à partir de (Cf).
1
On écrit g(x) sous forme canonique :
g(x)=(x−3)2−9+7=(x−3)2−2
2
On exprime g(x) en fonction de f :
g(x)=f(x−3)−2
3
Avec a=−3 et b=−2, la courbe (Cg) est l'image de (Cf) par la translation de vecteur :
u=−(−3)i+(−2)j=3i−2j
4
Le sommet S(0,0) de la parabole (Cf) est transformé en le sommet S′(3,−2) de (Cg).
Piège classique · 24
Par quelle translation passe-t-on de la courbe de f à celle de la fonction g(x)=f(x+4) ?
Attention
Associer le terme « +4 » à un déplacement de 4 unités vers la droite (vecteur +4i).
À la place : Pour obtenir une même image f(X), l'antécédent x doit vérifier x+4=X, d'où x=X−4. L'abscisse diminue de 4, la translation s'effectue donc vers la gauche selon le vecteur u=−4i.
Vérification · 25
On considère la parabole (P):y=x2. La courbe (P′) d'équation y=(x+2)2−5 est l'image de (P) par la translation de vecteur :
Remarque
Pour g(x)=f(x+2)−5, on a a=2 et b=−5. Le vecteur de translation est u=−ai+bj=−2i−5j.