Pour une fonction numérique f(x)=2x+1 définie sur R, la variable x peut valoir 1,5 ou 2. Pour une suite réelle (un) définie sur N, l'indice n peut-il valoir 1,5 ?
Remarque
Un indice n est un entier naturel (0,1,2,3…) : il indique le rang d'un terme et ne prend jamais de valeur décimale ou négative.
Définition · 2
Définition et notation d'une suite réelle
u:{k,k+1,k+2,…}→R,n↦un
Une suite réelle est une fonction dont l'ensemble de départ est une partie de N de la forme {k,k+1,…} avec k∈N.
Vocabulaire
Suite réelle — (un)n≥k ou (un)
Terme général (valeur au rang n) — un
Remarque
Il faut distinguer (un), qui désigne l'application tout entière, de un, qui est un nombre réel.
Piège classique · 3
Soit (un) la suite définie sur N par un=3n+1. Quelle est l'expression correcte de u2n en fonction de n ?
Attention
Multiplier toute l'expression par 2 et écrire u2n=2(3n+1)=6n+2.
À la place : L'indice 2n remplace la lettre n dans la formule : u2n=3(2n)+1=6n+1.
Exemple travaillé · 4
Soit la suite (un) définie par u0=3 et pour tout n∈N, un+1=2un−1. Calculer u1 et u2.
1
Pour déterminer u1, on applique la relation de récurrence au rang n=0 :
u1=2u0−1=2(3)−1=5
2
Pour déterminer u2, on utilise la valeur de u1 au rang n=1 :
u2=2u1−1=2(5)−1=9
Remarque
Pour une suite récurrente, le calcul d'un terme nécessite de connaître le terme immédiatement précédent.
Vérification · 5
Soit la suite (vn) définie par vn=n−35n−1. Détermine le plus petit entier naturel n0 à partir duquel la suite est définie, puis calcule la valeur de son premier terme vn0.
Remarque
Le dénominateur s'annule pour n=3. L'ensemble de définition discret commence donc au premier entier supérieur : n0=4. On obtient v4=4−35(4)−1=19.
Point de départ · 6
Si les trois premiers termes d'une suite vérifient u0>u1>u2, peut-on affirmer avec certitude que la suite est décroissante sur tout N ?
Remarque
Non. Par exemple, pour la suite un=n2−8n+7, on a u0=7,u1=0,u2=−5 (phase décroissante), mais u5=−8<u6=−5 (phase croissante). La monotonie doit être établie pour tout entier naturel n.
Définition · 7
Monotonie d'une suite réelle
un+1≥unpour tout n∈N⟺(un) est croissante
un+1≤unpour tout n∈N⟺(un) est deˊcroissante
Une suite est dite monotone lorsqu'elle est soit croissante, soit décroissante. Une suite qui n'est pas croissante n'est pas nécessairement décroissante : elle peut alterner et n'avoir aucune monotonie globale.
Exemple travaillé · 8
Étudier le sens de variation de la suite (un)n∈N définie par un=2n+1n.
1
On forme la différence de deux termes consécutifs un+1−un pour tout n∈N :
Pour tout n≥0, le dénominateur est strictement positif, donc un+1−un>0 : la suite (un) est strictement croissante.
Piège classique · 9
Soit la suite (un) définie sur N∗ par un=−n. On calcule le quotient unun+1=−n−(n+1)=nn+1>1. La suite (un) est-elle croissante ?
Attention
Conclure que la suite est croissante dès que unun+1≥1, sans contrôler le signe des termes.
À la place : Le critère unun+1≥1⟹un+1≥un n'est valable que si TOUS les termes sont STRICTEMENT POSITIFS. Ici, un<0, donc multiplier par un inverse le sens de l'inégalité : un+1<un (la suite décroît : −1>−2>−3).
Exemple travaillé · 10
Soit la suite (vn) définie sur N par vn=n+32. Étudier son sens de variation à l'aide de la méthode du quotient.
1
Étape 1 : Justifier la stricte positivité des termes. Pour tout n∈N, n+3>0, donc vn>0.
2
Étape 2 : Exprimer le quotient de deux termes consécutifs :
3
vnvn+1=n+32n+42=n+42×2n+3=n+4n+3
4
Étape 3 : Comparer le quotient à 1. Pour tout n∈N, n+3<n+4, d'où n+4n+3<1.
5
Conclusion : Les termes étant strictement positifs et le quotient étant strictement inférieur à 1, la suite (vn) est strictement décroissante.
Vérification · 11
Soit la suite (wn) définie sur N∗ par wn=n+(−1)n. En évaluant w1,w2 et w3, détermine la monotonie de (wn).
Remarque
On calcule : w1=1−1=0, w2=2+1=3, w3=3−1=2. On a w1<w2 mais w2>w3. La suite n'est ni croissante ni décroissante sur N∗.
Point de départ · 12
La suite (un) définie pour tout n∈N par un=−2n+5 ne dépasse jamais la valeur 5. Peut-on affirmer qu'elle est bornée ?
Remarque
Non. La suite est majorée par 5, mais ses termes prennent des valeurs négatives arbitrairement grandes (elle tend vers −∞) : elle n'est pas minorée, donc elle n'est pas bornée.
Définition · 13
Suite majorée, minorée, bornée
un≤Mpour tout n≥p⟺(un)n≥p est majoreˊe par M
un≥mpour tout n≥p⟺(un)n≥p est minoreˊe par m
m≤un≤Mpour tout n≥p⟺(un)n≥p est borneˊe
Les réels M et m sont des constantes indépendantes de n.
Exemple travaillé · 14
Montrer que la suite (un)n∈N définie par un=n+13n est bornée par 0 et 3.
1
Minoration : Pour tout n∈N, le numérateur 3n≥0 et le dénominateur n+1>0, donc :
2
un≥0
3
Majoration : On étudie le signe de la différence 3−un :
4
3−un=3−n+13n=n+13(n+1)−3n=n+13
5
Pour tout n≥0, n+13>0, d'où 3−un>0, soit un<3.
6
Conclusion : Pour tout n∈N, 0≤un<3. La suite (un) est donc bornée.
Piège classique · 15
Soit la suite (un) définie sur N par un=2n+(−1)n. Parmi ces trois affirmations, laquelle est exacte ?
Attention
Penser que la présence de (−1)n rend la suite bornée.
À la place : Le terme (−1)n≥−1, donc un≥2n−1≥−1 : la suite est bien minorée par −1. En revanche, le terme 2n tend vers +∞, donc la suite n'est pas majorée et n'est pas bornée.
Exemple travaillé · 16
Montrer que la suite (vn)n∈N définie par vn=3−2cos(4n−1) est bornée par 1 et 5.
1
Pour tout n∈N, la fonction cosinus vérifie l'encadrement fondamental :
2
−1≤cos(4n−1)≤1
3
On multiplie par −2, ce qui inverse le sens des inégalités :
4
−2≤−2cos(4n−1)≤2
5
On ajoute 3 à chaque membre de l'encadrement :
6
1≤3−2cos(4n−1)≤5
7
Pour tout n∈N, on a 1≤vn≤5 : la suite (vn) est bornée.
Vérification · 17
On considère la suite (wn) définie pour tout n≥1 par wn=n(−1)n+3. Quel est le meilleur encadrement de wn pour tout n≥1 ?
Remarque
Pour tout n≥1, −1≤(−1)n≤1. En divisant par n≥1, on a −n1≤n(−1)n≤n1. Comme n1≤1, on a −1≤n(−1)n≤1. En ajoutant 3, on obtient 2≤wn≤4.
Point de départ · 18
Observe ces deux suites de nombres : Suite A : 3,7,11,15,19 ; Suite B : 3,6,12,24,48. Dans laquelle passe-t-on d'un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre fixe ?
Remarque
Dans la suite A, la différence entre deux termes consécutifs est constante et vaut +4 : c'est le principe fondamental d'une suite arithmétique.
Définition · 19
Définition et terme général d'une suite arithmétique
un+1=un+rpour tout n∈N
Le réel constant r=un+1−un est appelé la raison de la suite.
un=u0+nrou plus geˊneˊralementun=up+(n−p)r
Remarque
Trois réels a,b,c forment dans cet ordre trois termes consécutifs d'une suite arithmétique si et seulement si a+c=2b.
Exemple travaillé · 20
Soit (un) une suite arithmétique telle que u3=11 et u7=23. Déterminer sa raison r, son premier terme u0, puis exprimer un en fonction de n.
1
On applique la relation générale entre deux termes quelconques un=up+(n−p)r avec n=7 et p=3 :
2
u7=u3+(7−3)r⟺23=11+4r
3
On isole la raison r :
4
4r=12⟺r=3
5
On calcule le premier terme u0 à partir de u3=u0+3r :
6
11=u0+3(3)⟺u0=11−9=2
7
On en déduit l'expression explicite pour tout entier n∈N : un=2+3n.
Définition · 21
Somme des termes consécutifs d'une suite arithmétique
S=up+up+1+⋯+un=2(n−p+1)(up+un)
La somme est égale au produit du nombre de termes par la demi-somme des termes extrêmes (premier et dernier terme).
Remarque
Cas particulier : pour la somme des entiers de 1 à n, on a 1+2+⋯+n=2n(n+1).
Piège classique · 22
On souhaite calculer la somme S=u5+u6+⋯+u15. Quel est le nombre exact de termes additionnés dans cette somme ?
Attention
Calculer 15−5=10 termes en effectuant une simple soustraction des indices.
À la place : Le décompte d'une suite discrète d'indices de p à n comprend toujours n−p+1 termes. Ici : 15−5+1=11 termes.
Vérification · 23
Soit la suite arithmétique (un) définie par un=2+3n. Détermine le nombre de termes N ainsi que la valeur de la somme S=u0+u1+⋯+u20.
Remarque
De n=0 à n=20, il y a 20−0+1=21 termes. Le dernier terme est u20=2+3(20)=62. La somme vaut S=221(u0+u20)=221(2+62)=21×32=672.
Point de départ · 24
Dans la suite de nombres 2,6,18,54,162, comment passe-t-on d'un terme au suivant ?
Remarque
On multiplie chaque terme par 3 : ce facteur constant multiplicatif est la raison d'une suite géométrique.
Définition · 25
Définition et terme général d'une suite géométrique
un+1=q⋅unpour tout n∈N
Le réel constant non nul q=unun+1 (si un=0) est appelé la raison de la suite géométrique.
un=u0⋅qnou plus geˊneˊralementun=up⋅qn−p
Remarque
Trois réels non nuls a,b,c forment dans cet ordre trois termes consécutifs d'une suite géométrique si et seulement si a⋅c=b2.
Exemple travaillé · 26
Soit (vn) une suite géométrique à termes strictement positifs telle que v2=18 et v5=486. Déterminer sa raison q, son premier terme v0, puis exprimer vn en fonction de n.
1
On applique la relation générale entre deux termes quelconques vn=vp⋅qn−p avec n=5 et p=2 :
2
v5=v2⋅q5−2=v2⋅q3⟺486=18⋅q3
3
On isole q3 :
4
q3=18486=27⟹q=3
5
On calcule v0 à partir de v2=v0⋅q2 :
6
18=v0⋅32⟺18=9v0⟺v0=2
7
On en déduit l'expression du terme général pour tout n∈N :
8
vn=2⋅3n
Piège classique · 27
Soit la suite géométrique (un) définie par u0=−18 et de raison q=32. Quel est le sens de variation de la suite (un) ?
Attention
Affirmer que la suite est décroissante car la raison vérifie 0<q<1.
À la place : Comme u0=−18<0, les termes sont u0=−18,u1=−12,u2=−8. Les termes négatifs se rapprochent de zéro, donc augmentent (−18<−12<−8). La suite est strictement croissante.
Vérification · 28
Trois réels strictement positifs a,b,c forment dans cet ordre trois termes consécutifs d'une suite géométrique. Sachant que a⋅b⋅c=216 et que la raison vaut q=3, détermine la valeur du terme central b puis du premier terme a.
Remarque
Comme a,b,c sont consécutifs, on a a⋅c=b2, d'où a⋅b⋅c=b3=216⟹b=6. Avec b=a⋅q=3a, on obtient a=36=2.
Définition · 29
Somme des termes consécutifs d'une suite géométrique
q=1
S=up+up+1+⋯+un=up×1−q1−qn−p+1
La somme est égale au produit du premier terme par le quotient 1−q1−qnombre de termes.
Remarque
Pour la somme des puissances successives d'un réel q=1 : 1+q+q2+⋯+qn=1−q1−qn+1.
Piège classique · 30
On souhaite calculer la somme S=1+2+4+8+⋯+1024=20+21+⋯+210. Quel exposant doit-on placer sur la raison 2 au numérateur de la formule ?
Attention
Mettre l'exposant 10 parce que le dernier terme s'écrit 210.
À la place : L'exposant au numérateur représente toujours le NOMBRE TOTAL DE TERMES additionnés. De l'exposant 0 à 10, il y a 10−0+1=11 termes. On pose donc 1×1−21−211.
Définition · 31
Limite et convergence d'une suite géométrique
Le comportement asymptotique en +∞ de la suite de référence (qn)n∈N dépend uniquement de la valeur de la raison q :
−1<q<1q>1q=1q≤−1⟹n→+∞limqn=0⟹n→+∞limqn=+∞⟹n→+∞limqn=1⟹(qn) n’admet pas de limite
Remarque
Une suite géométrique un=u0qn avec u0=0 est convergente si et seulement si −1<q≤1.
Exemple travaillé · 32
Soit la suite (un) définie pour tout n∈N∗ par un=3×(21)n. Exprimer la somme Sn=∑k=1nuk en fonction de n, puis déterminer limn→+∞Sn.
1
La suite (un) est géométrique de premier terme u1=3×21=23 et de raison q=21.
2
La somme compte n−1+1=n termes. On applique la formule de sommation géométrique :
3
Sn=u1×1−q1−qn=23×1−211−(21)n
4
Comme 1−21=23×1/21=3, on simplifie l'expression :
5
Sn=3(1−(21)n)
6
Comme −1<21<1, le théorème donne limn→+∞(21)n=0, d'où :
7
n→+∞limSn=3(1−0)=3
Vérification · 33
Soit la somme S=21−41+81−161+⋯−10241. Précise le nombre de termes de cette somme géométrique de raison q=−21, ainsi que sa valeur exacte.
Remarque
Le terme général est uk=21×(−21)k−1. Le dernier terme vérifie −10241=21×(−21)9, il y a donc 10 termes. La formule donne S=21×1−(−1/2)1−(−1/2)10=21×3/21−1/1024=31×10241023=1024341.
Point de départ · 34
Soit la suite (un) définie par u0=6 et un+1=32un+1. On calcule u1=32(6)+1=5 et u2=32(5)+1=313. Cette suite est-elle arithmétique ou géométrique ?
Remarque
On teste la différence : u1−u0=−1 et u2−u1=−32=−1 (non arithmétique). On teste le quotient : u0u1=65 et u1u2=1513=65 (non géométrique). C'est une suite mixte, dite arithmético-géométrique.
Définition · 35
Suite récurrente affine (arithmético-géométrique)
un+1=aun+b(a=0,a=1 et b=0)
L'équation du point fixe aα+b=α admet pour unique solution le réel :
α=1−ab
La suite auxiliaire (vn) définie pour tout n∈N par vn=un−α est une suite géométrique de raison a. Le terme général de (un) s'en déduit directement :
un=vn+α=(u0−α)an+α
Remarque
Si ∣a∣<1, alors limn→+∞an=0, et par conséquent limn→+∞un=α.
Exemple travaillé · 36
Soit la suite (un) définie sur N par u0=1 et un+1=21un+1. Déterminer le terme général un en fonction de n, puis calculer limn→+∞un.
1
On détermine le point fixe α vérifiant α=21α+1 :
2
α−21α=1⟺21α=1⟺α=2
3
On pose vn=un−2 pour tout n∈N et on exprime vn+1 :
(vn) est géométrique de raison q=21 et de premier terme v0=u0−2=1−2=−1.
6
On écrit vn puis un :
7
vn=−1×(21)n=−(21)n⟹un=vn+2=2−(21)n
8
Comme ∣21∣<1, on a limn→+∞(21)n=0, donc limn→+∞un=2.
Piège classique · 37
Pour la suite un=3×(32)n+3 définie pour tout n∈N, on calcule la somme Sn=∑k=0nuk=∑k=0n(3×(32)k)+∑k=0n3. Que vaut la somme du terme constant ∑k=0n3 ?
Attention
Écrire ∑k=0n3=3n en multipliant la constante par le dernier indice n.
À la place : La somme compte n−0+1=n+1 termes. On additionne la constante 3 un total de (n+1) fois : ∑k=0n3=3(n+1)=3n+3.
Exemple travaillé · 38
Soit la suite (un)n∈N définie par un=3(32)n+3. Calculer la somme Sn=∑k=0nuk en fonction de n, puis déterminer limn→+∞Sn.
1
On scinde la somme en deux parties : la somme géométrique et la somme constante :
2
Sn=k=0∑n3(32)k+k=0∑n3
3
Pour la partie géométrique (premier terme 3, raison 32, et n+1 termes) :
Pour la partie constante (somme de n+1 termes égaux à 3) :
6
k=0∑n3=3(n+1)
7
On regroupe les deux résultats :
8
Sn=9(1−(32)n+1)+3n+3
9
Calcul de la limite : comme ∣32∣<1, limn→+∞9(1−(32)n+1)=9 et limn→+∞(3n+3)=+∞, d'où limn→+∞Sn=+∞.
Vérification · 39
Soit la suite (un) définie par u0=4 et un+1=0,8un+2. Détermine la valeur du point fixe α vers lequel converge la suite (un), ainsi que le premier terme v0 de la suite auxiliaire géométrique vn=un−α.
Remarque
L'équation du point fixe est α=0,8α+2⟺0,2α=2⟺α=10. La suite auxiliaire géométrique vérifie v0=u0−α=4−10=−6. Comme ∣0,8∣<1, (un) converge bien vers 10.
Point de départ · 40
Pour prouver qu'une propriété P(n) est vraie pour tout entier naturel n, suffit-il de vérifier qu'elle fonctionne pour n=0,1,2 et 3 ?
Remarque
Non. Vérifier les premiers cas ne constitue pas une preuve générale. Pour couvrir l'infinité des entiers naturels, il faut un mécanisme de transmission d'un rang au suivant : c'est le principe du raisonnement par récurrence.
Définition · 41
Principe de raisonnement par récurrence
Pour démontrer qu'une propriété P(n) est vraie pour tout entier n≥n0, on procède en deux étapes indissociables :
Vocabulaire
1. Initialisation — P(n0) est vraie
2. Hérédité — P(n)⟹P(n+1) pour n≥n0
Si P(n0) est vraie et si (P(n)⟹P(n+1)), alors P(n) est vraie pour tout n≥n0
Exemple travaillé · 42
Soit la suite (un)n∈N définie par u0=1 et un+1=2un+3. Montrer par récurrence que pour tout n∈N, on a 0≤un<3.
1
Initialisation : Pour n=0, u0=1. Comme 0≤1<3, la propriété est vraie au rang initial n=0.
2
Hérédité : Soit n∈N. On suppose que 0≤un<3 (hypothèse de récurrence). On veut montrer que 0≤un+1<3.
3
On applique les opérations à l'encadrement en multipliant par 2 puis en ajoutant 3 :
4
0≤2un<6⟹3≤2un+3<9
5
La fonction racine carrée étant strictement croissante sur [0;+∞[ :
6
3≤2un+3<9⟹3≤un+1<3
7
Comme 3≥0, on en déduit 0≤un+1<3. L'hérédité est prouvée.
8
Conclusion : Par le principe de récurrence, pour tout entier naturel n, on a 0≤un<3.
Piège classique · 43
Soit la suite (un) définie par u0=1 et un+1=un+3un+1, avec 0≤un≤1. Pour étudier sa monotonie, quelle approche évite les calculs algébriques lourds et indéterminés ?
Attention
Calculer brutalement le signe de la différence un+1−un=un+3−un2−2un+1 et bloquer sur le signe du numérateur.
À la place : La fonction associée f(x)=x+3x+1 est strictement croissante sur [0;1]. En prouvant d'abord u1=21<u0=1, l'application de la fonction croissante f conserve l'ordre à chaque rang : un+1<un⟹f(un+1)<f(un)⟹un+2<un+1.
Vérification · 44
Soit la suite (un) définie par u0=0 et un+1=2un+1. Sachant que un≥0 pour tout n, quelle expression permet de prouver immédiatement que (un) est strictement croissante ?
Remarque
La différence vaut un+1−un=(2un+1)−un=un+1. Comme un≥0, on a un+1≥1>0, ce qui prouve la stricte croissance.