La limite est finie, donc f est dérivable en −1 et f′(−1)=−43.
Exemple travaillé · 5
Calculer la limite suivante en reconnaissant le calcul d'un nombre dérivé : limx→1x−1x+3−2.
1
L'évaluation directe en x=1 donne la forme indéterminée « 00 ».
2
On pose la fonction auxiliaire g(x)=x+3 et le point x0=1.
3
On vérifie la valeur de la fonction en 1 :
g(1)=1+3=2
4
Le quotient s'identifie alors au taux d'accroissement de g en 1 :
x−1x+3−2=x−1g(x)−g(1)
5
La fonction g est dérivable en 1 avec g′(x)=2x+31, d'où :
x→1limx−1x+3−2=g′(1)=21+31=41
Vérification · 6
Déterminer la valeur de la limite suivante : limx→0x(x+1)2006−1.
Remarque
En posant g(x)=(x+1)2006 et x0=0, on a g(0)=1. L'expression est le taux d'accroissement de g en 0, donc la limite vaut g′(0)=2006(0+1)2005=2006.
Point de départ · 7
Soit A(x0,f(x0)) un point fixe sur la courbe Cf. Pour tout point mobile M(x,f(x)) distinct de A, la droite (AM) est une sécante de coefficient directeur :
m(AM)=x−x0f(x)−f(x0)
Lorsque M se rapproche indéfiniment de A le long de la courbe (x→x0), la sécante (AM) pivote et tend vers une position limite : la droite tangente à la courbe en A.
Définition · 8
Équation cartésienne de la tangente
Soit f une fonction dérivable en un réel x0. La tangente à la courbe Cf au point A(x0,f(x0)) est la droite passant par A et de coefficient directeur f′(x0).
y=f′(x0)(x−x0)+f(x0)
Remarque
Cas particulier : si f′(x0)=0, la tangente est horizontale (parallèle à l'axe des abscisses) et a pour équation y=f(x0).
Exemple travaillé · 9
Soit f(x)=2x3−4x+3. Déterminer une équation cartésienne de la tangente T à la courbe de f au point d'abscisse 1.
1
On calcule l'ordonnée du point de contact en évaluant f(1) :
f(1)=2(1)3−4(1)+3=1
2
On détermine la fonction dérivée puis le coefficient directeur f′(1) :
f′(x)=6x2−4⟹f′(1)=6(1)2−4=2
3
On applique la formule de la tangente avec x0=1 :
y=f′(1)(x−1)+f(1)
4
On substitue les valeurs et on simplifie :
y=2(x−1)+1=2x−1
Exemple travaillé · 10
Soit f(x)=x−3x+1 définie sur R∖{3}. Déterminer les abscisses des points où la tangente à Cf est parallèle à la droite D:y=−4x.
1
Deux droites parallèles ont le même coefficient directeur. La droite D a pour pente −4, on cherche donc x0 tel que :
f′(x0)=−4
2
On calcule la dérivée de la fonction homographique sur R∖{3} :
f′(x)=(x−3)21(x−3)−(x+1)(1)=(x−3)2−4
3
On pose l'égalité et on simplifie :
−(x0−3)24=−4⟺(x0−3)2=1
4
On résout l'équation quadratique :
x0−3=1 ou x0−3=−1⟹x0=4 ou x0=2
Piège classique · 11
On cherche la tangente à la courbe de f(x)=x1 passant par le point A(−4,2). Quelle démarche faut-il adopter ?
Attention
Calculer directement f′(−4) et écrire y=f′(−4)(x+4)+2, en pensant que A est le point de tangence sur la courbe.
À la place : On vérifie d'abord l'appartenance : f(−4)=−41=2, donc A∈/Cf. Le point de contact M0(x0,f(x0)) est inconnu : on pose yA=f′(x0)(xA−x0)+f(x0) pour trouver x0.
Vérification · 12
La tangente à la courbe Cf au point d'abscisse x0=3 a pour équation y=2x−5. Que valent f(3) et f′(3) ?
Remarque
Le coefficient directeur de la droite donne directement f′(3)=2. Le point (3,f(3)) étant sur la tangente, on a f(3)=2(3)−5=1.
Point de départ · 13
Au voisinage immédiat d'un point de contact A(x0,f(x0)), la courbe représentative Cf et sa droite tangente sont pratiquement confondues.
Pour estimer une valeur complexe f(x0+h) lorsque h est très petit, on remplace le calcul sur la courbe par un calcul sur la droite tangente, beaucoup plus simple.
Définition · 14
Approximation affine locale
Si une fonction f est dérivable en un point x0, alors pour tout réel h proche de 0, on a l'égalité :
f(x0+h)=f(x0)+f′(x0)h+hζ(h)avech→0limζ(h)=0
En négligeant le terme résiduel hζ(h), l'expression f(x0)+f′(x0)h constitue l'approximation affine de f(x0+h) au voisinage de 0 :
f(x0+h)≈f(x0)+f′(x0)h
Remarque
En posant x=x0+h, pour x proche de x0, cette formule s'écrit aussi : f(x)≈f(x0)+f′(x0)(x−x0).
Exemple travaillé · 15
Donner une valeur approchée de 4,008 sans calculatrice à l'aide d'une approximation affine locale.
1
On pose la fonction de référence f(x)=x et le point d'ancrage x0=4.
2
On identifie la petite variation h telle que x0+h=4,008 :
h=4,008−4=0,008
3
On calcule l'image exacte en x0=4 et le nombre dérivé :
f(4)=4=2etf′(4)=241=41=0,25
4
On applique la formule de l'approximation affine f(4+h)≈f(4)+f′(4)h :
4,008≈2+0,25×0,008=2+0,002=2,002
Piège classique · 16
Soit f une fonction telle que f(2)=5 et f′(2)=2. Pour estimer f(1,99999), quelle est la valeur correcte de la variation h ?
Attention
Poser h=0,00001 positif en ignorant que 1,99999<2, ce qui conduit à une surestimation.
À la place : Puisque 1,99999=2−0,00001, on a h=−0,00001. L'approximation donne f(1,99999)≈5+2(−0,00001)=4,99998.
Vérification · 17
À l'aide de l'approximation affine (1+x)2≈1+2x pour x proche de 0, estimer la valeur de 1,0012.
Remarque
Pour x=0,001, la formule donne directement : (1+0,001)2≈1+2(0,001)=1+0,002=1,002.
Point de départ · 18
Considérons la fonction f(x)=∣x∣ au voisinage de 0.
À droite de 0 (x>0), la courbe est la demi-droite d'équation y=x de coefficient directeur 1. À gauche de 0 (x<0), elle suit la droite y=−x de coefficient directeur −1.
Au point O, la courbe présente une rupture de pente : les inclinaisons à gauche et à droite ne coïncident pas. Il n'existe pas de droite tangente unique.
Définition · 19
Dérivées à droite et à gauche
Soit f une fonction définie sur un intervalle contenant x0.
Ces deux limites unilateˊrales doivent eˆtre des reˊels finis
Théorème : f est dérivable en x0 si et seulement si f est dérivable à droite et à gauche en x0 avec égalité des nombres dérivés :
fd′(x0)=fg′(x0)=f′(x0)
Définition · 20
Demi-tangentes et point anguleux
Si f est dérivable à droite (resp. à gauche) en x0, la courbe Cf admet une demi-tangente d'origine A(x0,f(x0)) :
δ:y=fd′(x0)(x−x0)+f(x0)(x≥x0)
δ′:y=fg′(x0)(x−x0)+f(x0)(x≤x0)
Si fd′(x0)=fg′(x0), les deux demi-tangentes ont des pentes différentes : le point A est appelé un point anguleux de la courbe.
Exemple travaillé · 21
Étudier la dérivabilité de f(x)=∣x2−4∣ au point x0=2.
1
On calcule l'image : f(2)=∣22−4∣=0.
2
À droite de 2 (x>2), on a x2−4>0, donc f(x)=x2−4 :
fd′(2)=x→2+limx−2x2−4−0=x→2+lim(x+2)=4
3
À gauche de 2 (x<2 proche de 2), on a x2−4<0, donc f(x)=−(x2−4) :
fg′(2)=x→2−limx−2−(x2−4)−0=x→2−lim−(x+2)=−4
4
Comme fd′(2)=4=−4=fg′(2), la fonction f n'est pas dérivable en 2. La courbe admet un point anguleux au point (2,0).
Piège classique · 22
Soit la fonction définie par f(x)=x2+1 si x≤1 et f(x)=2x+5 si x>1. La fonction f est-elle dérivable en 1 ?
Attention
Dériver chaque branche pour obtenir 2x→2 et 2→2, puis affirmer que f est dérivable car les dérivées formelles coïncident.
À la place : Il faut d'abord vérifier la continuité : f(1)=2 alors que limx→1+f(x)=7=2. La fonction est discontinue en 1, donc elle ne peut pas être dérivable en ce point.
Vérification · 23
Une fonction f continue en 3 vérifie fd′(3)=2 et fg′(3)=−1. Que peut-on affirmer sur Cf au point d'abscisse 3 ?
Remarque
Puisque fd′(3)=fg′(3), la fonction f n'est pas dérivable en 3 et sa courbe présente un point anguleux avec deux demi-tangentes de pentes respectives 2 et −1.
Point de départ · 24
Considérons la fonction f(x)=x au voisinage de 0. Pour x>0, le taux d'accroissement à l'origine s'écrit :
x−0f(x)−f(0)=xx=x1
Lorsque x tend vers 0+, ce quotient tend vers +∞ : la pente de la sécante devient infiniment raide.
Remarque
La fonction n'est pas dérivable en 0, mais la courbe admet une demi-tangente verticale d'équation x=0.
Définition · 25
Tangentes et demi-tangentes verticales
Si le taux d'accroissement admet une limite infinie en un point x0, la fonction n'est pas dérivable en x0, mais la courbe admet une tangente verticale d'équation cartésienne :
x=x0
Règles d'orientation des demi-tangentes verticales :
Aˋ droite (x→x0+):{+∞−∞⟹dirigeˊe vers le haut⟹dirigeˊe vers le bas
Aˋ gauche (x→x0−):{+∞−∞⟹dirigeˊe vers le bas⟹dirigeˊe vers le haut
Piège classique · 26
Soit une fonction f définie sur ]−∞;1]. On suppose que limx→1−x−1f(x)−f(1)=−∞. Quelle est l'orientation géométrique de la demi-tangente en x0=1 ?
Attention
Associer directement le signe « - » de −∞ à une flèche dirigée vers le bas.
À la place : Pour x<1, l'accroissement x−1 est négatif. Comme le quotient tend vers −∞, la différence f(x)−f(1) est positive : la courbe arrive au-dessus du point (1,f(1)). La demi-tangente à gauche est donc dirigée vers le haut.
Exemple travaillé · 27
Soit f(x)=1−2x définie sur ]−∞;21]. Étudier la dérivabilité de f à gauche en 21 et interpréter graphiquement le résultat.
1
On évalue l'image à la borne :
f(21)=1−2(21)=0
2
Pour x<21, on exprime le taux d'accroissement en remarquant que x−21=−21(1−2x) :
x−1/2f(x)−f(1/2)=−21(1−2x)1−2x=−1−2x2
3
On étudie la limite à gauche quand x tend vers (21)− :
x→(1/2)−lim−1−2x2=−∞
4
La limite est infinie : f n'est pas dérivable à gauche en 21. La courbe Cf admet au point (21,0) une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.
Vérification · 28
Si limx→2+x−2f(x)−f(2)=+∞, quelle est l'interprétation géométrique au point d'abscisse 2 ?
Remarque
À droite (x>2), le dénominateur x−2 est positif. Le signe de la limite donne directement la direction : une limite +∞ correspond à une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.
Définition · 29
Lien entre dérivabilité et continuité
Théorème fondamental :
f deˊrivable en x0⟹f continue en x0
Démonstration : pour tout x=x0, on a f(x)−f(x0)=(x−x0)×x−x0f(x)−f(x0). Par passage à la limite :
Attention : la réciproque est fausse. Une fonction continue en un point n'y est pas nécessairement dérivable (exemple de x↦∣x∣ en 0, qui est continue mais présente un point anguleux).
Définition · 30
Dérivabilité sur un intervalle et inclusion des domaines
Définitions sur les intervalles :
Sur ]a;b[:f est deˊrivable en tout point de ]a;b[
Sur [a;b]:f est deˊrivable sur ]a;b[,aˋ droite en a et aˋ gauche en b
Hiérarchie fondamentale des domaines pour toute fonction f :
Dd⊆Dc⊆Df
Remarque
Dd désigne le domaine de dérivabilité, Dc le domaine de continuité et Df le domaine de définition. Les inclusions peuvent être strictes.
Piège classique · 31
Soit la fonction f(x)=2x−1, définie sur [21;+∞[. Quel est son domaine de dérivabilité Dd ?
Attention
Conserver l'intervalle fermé [21;+∞[ en confondant domaine de définition et domaine de dérivabilité.
À la place : En x=21, le radicande s'annule et le taux d'accroissement tend vers +∞ (demi-tangente verticale). La fonction n'est donc pas dérivable en 21, d'où Dd=]21;+∞[.
Exemple travaillé · 32
Déterminer le domaine de dérivabilité Dd de la fonction f(x)=x2−x−2.
1
On pose u(x)=x2−x−2. Les racines du trinôme sont −1 et 2. Le domaine de définition est :
Df=]−∞;−1]∪[2;+∞[
2
La fonction polynôme u est dérivable sur R et strictement positive sur les intervalles ouverts :
u(x)>0⟺x∈]−∞;−1[∪]2;+∞[
3
Par théorème de dérivation des fonctions composées, f=u est dérivable sur ces intervalles ouverts avec :
f′(x)=2u(x)u′(x)=2x2−x−22x−1
4
Aux bornes x=−1 et x=2, le dénominateur de la dérivée s'annule : le taux d'accroissement admet une limite infinie (tangentes verticales).
Dd=]−∞;−1[∪]2;+∞[=Df∖{−1;2}
Vérification · 33
Quel est le domaine de dérivabilité Dd de la fonction g(x)=∣x2−1∣ ?
Remarque
L'expression x2−1 s'annule en −1 et 1. En ces deux points, les limites à gauche et à droite du taux d'accroissement sont finies mais opposées (gd′=gg′), formant des points anguleux. La fonction g est donc dérivable sur R∖{−1;1}=]−∞;−1[∪]−1;1[∪]1;+∞[.