Si Δ>0, l'équation admet deux racines réelles distinctes x′ et x′′. Si Δ=0, elle admet une racine double x0. Si Δ<0, elle n'admet aucune solution réelle.
Exemple travaillé · 4
Résoudre dans R l'équation : x2+3x−5=0.
1
On identifie les coefficients : a=1, b=3 et c=−5.
2
Δ=b2−4ac=32−4(1)(−5)=9+20=29
3
Comme Δ>0, l'équation admet deux solutions réelles distinctes :
4
x′=2−3−29etx′′=2−3+29
5
SR={2−3−29;2−3+29}
Définition · 5
Le discriminant réduit
a=0et b=2b′(b′=2b)
Δ′=b′2−ac(Δ=4Δ′)
Lorsque le coefficient b est pair, le discriminant réduit simplifie les calculs : • Si Δ′>0 : deux racines distinctes x′=a−b′−Δ′ et x′′=a−b′+Δ′. • Si Δ′=0 : une racine double x0=−ab′. • Si Δ′<0 : aucune racine réelle (SR=∅).
Vérification · 6
Pour l'équation 4x2+2x+5=0, que vaut le discriminant Δ et quel est l'ensemble des solutions réelles ?
Remarque
On calcule Δ=22−4(4)(5)=4−80=−76. Comme Δ<0, l'équation ne possède aucune solution réelle, donc SR=∅.
Point de départ · 7
Sans calculer le discriminant Δ, que vaut l'expression 3(1)2−5(1)+2 ? Que remarques-tu pour l'équation 3x2−5x+2=0 ?
Remarque
3(1)2−5(1)+2=3−5+2=0. Le réel 1 est donc une solution évidente, obtenue immédiatement car la somme des coefficients 3+(−5)+2 est nulle.
Définition · 8
Racines évidentes et factorisation
ax2+bx+c=0(a=0)
Si a+b+c=0, alors x′=1 et x′′=acSi a−b+c=0, alors x′=−1 et x′′=−ac
Lorsqu'un trinôme ax2+bx+c admet deux racines x′ et x′′, sa forme factorisée est :
ax2+bx+c=a(x−x′)(x−x′′)
Exemple travaillé · 9
Déterminer les racines puis factoriser le trinôme : A(x)=2x2+x−3.
1
On calcule la somme des coefficients : a+b+c=2+1+(−3)=0.
2
Puisque a+b+c=0, la première racine est x′=1 et la seconde est :
3
x′′=ac=−23
4
On applique la factorisation a(x−x′)(x−x′′) avec a=2 :
5
A(x)=2(x−1)(x+23)=(x−1)(2x+3)
Piège classique · 10
Le trinôme B(x)=3x2−5x+2 admet pour racines 1 et 32. Quelle est sa forme factorisée correcte ?
Attention
Écrire (x−1)(x−32) en omettant le coefficient dominant a=3.
À la place : La formule de factorisation est a(x−x′)(x−x′′). On doit conserver le facteur 3, ce qui donne 3(x−1)(x−32)=(x−1)(3x−2).
Vérification · 11
Pour le trinôme C(x)=−3x2+x+4, on a a−b+c=−3−1+4=0. Remplis les informations correspondantes.
Remarque
Comme a−b+c=0, la racine évidente est −1 et la seconde est −ac=−−34=34. Le coefficient principal est a=−3.
Définition · 12
Somme et produit des racines
ax2+bx+c=0(a=0)avec Δ≥0
S=x′+x′′=−abetP=x′x′′=ac
Deux nombres réels ont pour somme S et pour produit P si et seulement si ils sont les solutions de l'équation :
X2−SX+P=0(avec S2−4P≥0)
Exemple travaillé · 13
Déterminer deux nombres réels dont la somme vaut 14 et le produit vaut 40.
1
Ces deux réels sont solutions de l'équation X2−SX+P=0 avec S=14 et P=40 :
2
X2−14X+40=0
3
On calcule le discriminant :
4
Δ=(−14)2−4(1)(40)=196−160=36=62
5
Comme Δ>0, l'équation admet deux solutions distinctes :
6
X1=214−6=4etX2=214+6=10
7
Les deux réels cherchés sont donc 4 et 10.
Piège classique · 14
Soient x′ et x′′ les racines de x2−5x+3=0. Quelle est la méthode la plus directe pour calculer x′2+x′′2 ?
Attention
Calculer explicitement x′=25−13 et x′′=25+13 avec Δ puis développer leurs carrés.
À la place : Utiliser l'identité x′2+x′′2=(x′+x′′)2−2x′x′′=S2−2P. Avec S=5 et P=3, on obtient directement 52−2(3)=19.
Exemple travaillé · 15
Soit l'équation 2x2+5x−4=0, d'inconnue x, admettant deux racines réelles x′ et x′′. Sans calculer ces racines, déterminer la valeur de E=x′1+x′′1.
1
On identifie la somme S et le produit P des racines à partir des coefficients :
2
S=x′+x′′=−25etP=x′x′′=2−4=−2
3
On réduit l'expression E au même dénominateur pour faire apparaître S et P :
4
E=x′x′′x′′+x′=PS
5
On remplace par les valeurs obtenues :
6
E=−2−25=45
Vérification · 16
Soit l'équation 3x2−7x−2=0. Sans calculer le discriminant ni les racines, que peut-on déduire sur les signes des racines x′ et x′′ ?
Remarque
Le produit des racines est P=ac=3−2<0. Comme le produit est strictement négatif, l'équation admet obligatoirement deux racines réelles de signes contraires.
Définition · 17
Signe du trinôme du second degré
f(x)=ax2+bx+c(a=0)
Le signe de f(x) dépend du signe de son discriminant Δ=b2−4ac :
∙Si Δ>0 (deux racines x′<x′′) :f(x) est du signe de aaˋ l’exteˊrieur des racines, et du signe de −aaˋ l’inteˊrieur.∙Si Δ=0 (racine double x0) :f(x) est du signe de a pour tout x=x0, et s’annule en x0.∙Si Δ<0 :f(x) garde un signe constant pour tout x∈R, qui est celui de a.
Exemple travaillé · 18
Résoudre dans R l'inéquation : 2x2−5x+2≤0.
1
On cherche les racines du trinôme associé 2x2−5x+2=0 :
2
Δ=(−5)2−4(2)(2)=25−16=9=32
3
x′=45−3=21etx′′=45+3=2
4
Le coefficient dominant est a=2>0. Le trinôme est donc négatif ou nul (signe opposé à a) entre ses racines, bornes incluses.
5
SR=[21;2]
Piège classique · 19
On souhaite résoudre dans R l'inéquation x2+x+3>0. Le discriminant vaut Δ=12−4(1)(3)=−11<0. Quel est l'ensemble des solutions SR ?
Attention
Conclure SR=∅ dès que Δ<0 en confondant l'absence de racines avec l'absence de solutions pour l'inégalité.
À la place : Comme Δ<0, le trinôme ne s'annule jamais et conserve partout le signe de son coefficient dominant a=1>0. Il est donc strictement positif pour tout réel x, ce qui donne SR=R.
Vérification · 20
Quel est l'ensemble des solutions dans R de l'inéquation −2x2+5x−2>0, sachant que les racines du trinôme sont 21 et 2 ?
Remarque
Le coefficient dominant est a=−2<0. Le trinôme est strictement positif (signe contraire de a) strictement à l'intérieur de l'intervalle des racines. L'inégalité étant stricte (>0), on exclut les bornes : SR=]21;2[.
Piège classique · 21
Pour résoudre dans R l'inéquation 2x−11−3x≤3, quelle est la première démarche rigoureuse ?
Attention
Multiplier les deux membres par (2x−1) pour obtenir 1−3x≤3(2x−1).
À la place : Le signe de (2x−1) dépend de x : s'il est négatif, l'inégalité changerait de sens. On doit transposer le 3 à gauche pour obtenir 2x−11−3x−3≤0, réduire au même dénominateur, puis étudier le signe du quotient.
Définition · 22
Résolution d'une inéquation rationnelle
Pour résoudre une inéquation comportant des quotients de polynômes :
B(x)A(x)≥0(ou ≤0)
1. Poser la condition d'existence : B(x)=0 pour déterminer les valeurs interdites. 2. Transposer tous les termes dans un seul membre pour comparer le quotient à 0. 3. Réduire au même dénominateur et factoriser numérateur et dénominateur. 4. Dresser un tableau de signes et exclure les valeurs interdites (notées par une double barre ‖).
Exemple travaillé · 23
Résoudre dans R l'inéquation : x−12x+1≥1.
1
Valeur interdite : x−1=0⟺x=1. L'inéquation est définie sur D=R∖{1}.
2
On transpose 1 à gauche et on réduit au même dénominateur :
3
x−12x+1−1≥0⟺x−12x+1−(x−1)≥0⟺x−1x+2≥0
4
Le numérateur s'annule en x=−2 et le dénominateur s'annule en x=1.
5
Pour x<−2 : numérateur négatif et dénominateur négatif, quotient positif. Pour −2≤x<1 : numérateur positif et dénominateur négatif, quotient négatif. Pour x>1 : numérateur positif et dénominateur positif, quotient positif.
6
SR=]−∞;−2]∪]1;+∞[
Piège classique · 24
Pour résoudre dans R l'inéquation (x2+5x)2≥4(x+2)2, quelle est la stratégie la plus efficace ?
Attention
Développer les deux carrés pour former un polynôme de degré 4 difficile à factoriser.
À la place : On transpose le terme de droite pour exploiter la structure A2−B2≥0 avec A=x2+5x et B=2(x+2), ce qui donne immédiatement (A−B)(A+B)≥0 sans passer par un degré 4 étalé.
Exemple travaillé · 25
Résoudre dans R l'inéquation : (x2+5x)2≥4(x+2)2.
1
On transpose le membre de droite en remarquant que 4(x+2)2=[2(x+2)]2 :
On détermine les racines de chaque facteur du second degré : • Pour x2+3x−4 : la somme des coefficients est nulle, d'où les racines 1 et −4. • Pour x2+7x+4 : Δ=49−16=33>0, d'où les racines x1=2−7−33≈−6,37 et x2=2−7+33≈−0,63.
6
L'ordre des quatre racines sur l'axe réel est : 2−7−33<−4<2−7+33<1. Le produit de ces deux trinômes (dont les coefficients dominants sont a=1>0) est positif ou nul à l'extérieur et entre les paires de racines :
7
SR=]−∞;2−7−33]∪[−4;2−7+33]∪[1;+∞[
Vérification · 26
Soit l'inéquation x2+5x+6x2+3x≥0. Quelles sont les valeurs interdites du dénominateur à exclure de l'ensemble d'étude ?
Remarque
Le dénominateur x2+5x+6=(x+2)(x+3) s'annule pour x=−2 et x=−3. Ces deux réels sont des valeurs interdites, même si (x+3) se simplifie ensuite avec le numérateur.
Définition · 27
Équation bicarrée et changement de variable
ax4+bx2+c=0(a=0)
X=x2(avec X≥0)⟹aX2+bX+c=0
En posant X=x2, on transforme l'équation de degré 4 en une équation du second degré en X. Chaque racine positive X≥0 donne deux solutions réelles pour x : x=X ou x=−X. Toute valeur X<0 ne donne aucune solution réelle.
Piège classique · 28
En résolvant l'équation en X=x2 pour x4−x2−2=0, on obtient X1=−1 et X2=2. Quel est l'ensemble des solutions réelles SR ?
Attention
Garder X1=−1 et tenter d'extraire sa racine carrée, ou s'arrêter aux solutions en X sans revenir à x.
À la place : Comme X=x2≥0, la valeur X1=−1 est impossible dans R. Seule X2=2 donne des réels : x2=2⟺x=−2 ou x=2.
Exemple travaillé · 29
Résoudre dans R l'équation bicarrée : 3x4−7x2+2=0.
1
On pose le changement de variable X=x2 avec la condition X≥0 :
2
3X2−7X+2=0
3
Δ=(−7)2−4(3)(2)=49−24=25=52
4
X1=67−5=31etX2=67+5=2
5
Les deux valeurs de X sont strictement positives, on en extrait les antécédents x=±X :
6
x2=31⟺x=−33oux=33
7
x2=2⟺x=−2oux=2
8
SR={−2;−33;33;2}
Exemple travaillé · 30
Résoudre dans R l'équation : (x2+x)2+2(x2+x)−8=0.
1
On repère le bloc commun et on pose la variable de substitution X=x2+x :
2
X2+2X−8=0
3
Δ=22−4(1)(−8)=4+32=36=62
4
X1=2−2−6=−4etX2=2−2+6=2
5
On revient à l'inconnue initiale x pour chacune des valeurs de X :
6
• Pour X=2 : x2+x=2⟺x2+x−2=0. La somme des coefficients est nulle (1+1−2=0), d'où les racines x=1 et x=−2.
7
• Pour X=−4 : x2+x=−4⟺x2+x+4=0. Le discriminant vaut Δ=12−4(1)(4)=−15<0, il n'y a aucune solution réelle.
8
SR={−2;1}
Vérification · 31
Soit l'équation bicarrée x4−3x2+2=0. On pose X=x2. Indique les racines de l'équation en X et le nombre total de solutions réelles x.
Remarque
L'équation devient X2−3X+2=0, dont les racines sont X1=1 et X2=2 (car a+b+c=0). Comme ces deux racines sont strictement positives, elles donnent x=±1 et x=±2, soit 4 solutions réelles au total.
Point de départ · 32
Pourquoi l'équation x=−3 n'admet-elle aucune solution réelle, bien que (−3)2=9 ?
Remarque
Par définition, pour tout réel positif x, x≥0. Une racine carrée ne peut jamais être égale à un nombre strictement négatif. Élever au carré sans précaution donne x=9, or 9=3=−3 : c'est une fausse solution.
Définition · 33
Équation irrationnelle A(x)=B(x)
A(x) et B(x) deux expressions reˊelles
A(x)=B(x)⟺⎩⎨⎧B(x)≥0A(x)=[B(x)]2
L'égalité A(x)=[B(x)]2 garantit automatiquement que A(x)≥0 dès lors que B(x)≥0. La condition essentielle à imposer avant d'élever au carré est donc la positivité du second membre : B(x)≥0.
Piège classique · 34
On résout dans R l'équation x2+4=2−3x. En élevant au carré, on trouve les valeurs x=0 et x=23. Quel est l'ensemble des solutions réelles SR ?
Attention
Accepter x=23 sans vérifier le signe du second membre 2−3x.
À la place : Pour x=23, le membre de droite vaut 2−3(23)=−25<0. Comme une racine carrée est toujours positive, 23 est une solution parasite. Seul x=0 convient car 2−3(0)=2≥0, d'où SR={0}.
Exemple travaillé · 35
Résoudre dans R l'équation : x+1=2x−1.
1
On pose la condition de positivité sur le second membre :
2
2x−1≥0⟺x≥21
3
Sous cette condition (x∈[21;+∞[), on élève au carré :
4
x+1=(2x−1)2⟺x+1=4x2−4x+1
5
4x2−5x=0⟺x(4x−5)=0
6
Les solutions de cette équation sont x=0 et x=45.
7
On filtre les solutions avec la condition x≥21 : • 0<21 : la valeur 0 est rejetée. • 45≥21 : la valeur 45 est retenue.
8
SR={45}
Vérification · 36
Résoudre dans R l'équation : 1−x=2x+4.
Remarque
Domaine d'existence : 1−x≥0⟺x≤1 et 2x+4≥0⟺x≥−2, soit D=[−2;1]. En élevant au carré : 1−x=2x+4⟺−3x=3⟺x=−1. Comme −1∈[−2;1], on conclut SR={−1}.
Définition · 37
Modélisation et contraintes géométriques
Pour résoudre un problème géométrique à l'aide d'une équation ou inéquation :
x∈[xmin;xmax](domaine geˊomeˊtrique strict)
1. Définir l'inconnue x et préciser son intervalle de validité géométrique (longueurs strictement positives, points contraints par les segments de la figure). 2. Exprimer les grandeurs géométriques utiles (longueurs, aires, périmètres) en fonction de x. 3. Poser l'équation ou inéquation traduisant l'énoncé et la résoudre dans R. 4. Filtrer les solutions algébriques obtenues pour ne conserver que celles qui appartiennent au domaine géométrique.
Exemple travaillé · 38
Soit ABC un triangle rectangle en A tel que AB=10 cm et AC=4 cm. Soient D∈[AB] et E∈[AC] tels que BD=2AE. On pose x=AE. Déterminer x pour que l'aire du triangle DAE soit égale à 49 cm2.
1
Le point E appartient au segment [AC] de longueur 4 cm, donc x est soumis à la contrainte géométrique 0≤x≤4.
2
On exprime la distance AD en fonction de x sachant que BD=2x :
3
AD=AB−BD=10−2x
4
Le triangle DAE étant rectangle en A, son aire s'écrit :
5
A(x)=2AD×AE=2(10−2x)x=x(5−x)=5x−x2
6
On pose l'égalité avec l'aire cible :
7
5x−x2=49⟺x2−5x+49=0
8
Δ=(−5)2−4(1)(49)=25−9=16=42
9
x′=25−4=21etx′′=25+4=29
10
On filtre avec la contrainte x∈[0;4] : la valeur 29=4,5 dépasse la longueur de [AC] et est donc rejetée. L'unique solution admissible est x=21 cm.
Piège classique · 39
Sur une plaque métallique carrée de côté a (a>8 cm), on découpe un petit carré de 4 cm de côté à chacun des 4 coins. L'aire restante vaut 336 cm2, ce qui donne l'équation a2−64=336⟺a2=400. Quelle est la longueur a du côté de la plaque ?
Attention
Donner les deux solutions algébriques de l'équation : a=20 cm et a=−20 cm.
À la place : Une grandeur géométrique (longueur) est strictement positive, et l'énoncé impose a>8. On rejette la solution négative −20 pour ne conserver que la mesure réelle admissible : a=20 cm.
Vérification · 40
Un rectangle a pour périmètre 20 cm et pour longueur x cm. Son aire vaut 16 cm2, ce qui conduit à l'équation x(10−x)=16⟺x2−10x+16=0. Les racines sont 2 et 8. Sachant que par convention la longueur x désigne la plus grande dimension du rectangle, quelle est la valeur de x ?
Remarque
Le demi-périmètre vaut 10. Si x=2, la largeur vaudrait 10−2=8, ce qui inverserait les dimensions. On choisit donc la longueur x=8 cm (la largeur étant alors de 2 cm).