Pour démontrer qu'une propriété Pn est vraie pour tout entier naturel n≥n0, quelles sont les deux étapes indispensables du raisonnement par récurrence ?
Remarque
L'initialisation vérifie que Pn0 est vraie au premier rang. L'hérédité suppose Pn vraie pour un entier n≥n0 fixé et démontre que Pn+1 est alors vraie.
Rappel · 2
Rappel — Sens de variation d'une suite
Soit (un)n∈I une suite réelle définie sur I=[n0;+∞[.
Quelle condition caractérise une suite décroissante sur I ?
Remarque
Une suite est croissante si un+1≥un pour tout n∈I, décroissante si un+1≤un pour tout n∈I, et constante si un+1=un pour tout n∈I.
Définition · 3
Méthodes d'étude de la monotonie
Méthode 1 (signe de la différence) : on étudie le signe de un+1−un pour tout n∈I.
un+1−un≥0⟺(un) est croissante;un+1−un≤0⟺(un) est deˊcroissante
Méthode 2 (comparaison du quotient à 1) : applicable lorsque tous les termes sont strictement positifs.
∀n∈I,un>0
unun+1≥1⟺(un) est croissante;unun+1≤1⟺(un) est deˊcroissante
Méthode 3 (fonction associée) : si un=f(n) où f est monotone sur [0;+∞[, alors (un) a le même sens de variation que f.
Exemple travaillé · 4
Soit la suite (un) définie pour tout entier naturel n par un=n!10n. Montrer que pour tout n≥10, on a 0<unun+1≤1110, puis en déduire le sens de variation de (un) à partir du rang 10.
1
Pour tout n∈N, 10n>0 et n!>0, ce qui garantit un>0.
2
On exprime le quotient de deux termes consécutifs en décomposant (n+1)!=(n+1)×n! :
3
unun+1=(n+1)!10n+1×10nn!=n+110
4
Pour tout n≥10, on a n+1≥11, d'où par passage à l'inverse :
5
0<unun+1≤1110<1
6
Puisque un>0 et unun+1<1 pour tout n≥10, la suite (un) est strictement décroissante à partir du rang 10.
Exemple travaillé · 5
Soit la suite (un)n∈N∗ définie par un=n+11+n+21+⋯+2n1. Montrer que la suite (un) est strictement croissante.
1
Au rang n+1, la somme commence à (n+1)+1=n+2 et s'arrête à 2(n+1)=2n+2 :
2
un+1=n+21+⋯+2n1+2n+11+2n+21
3
Dans la différence un+1−un, les termes communs de n+21 à 2n1 s'annulent :
4
un+1−un=2n+11+2n+21−n+11
5
On réduit les deux derniers termes au même dénominateur 2n+2=2(n+1) :
6
un+1−un=2n+11−2n+21=(2n+1)(2n+2)1
7
Pour tout n∈N∗, cette différence est strictement positive : la suite (un) est strictement croissante.
Piège classique · 6
Soit (un) une suite à termes strictement positifs telle que, pour tout n∈N, unun+1=43. Que peut-on conclure sur la monotonie de (un) ?
Attention
Affirmer que (un) est croissante parce que unun+1=43>0, en confondant la règle du quotient avec celle de la différence.
À la place : Pour une suite strictement positive, le quotient unun+1 se compare à 1 et non à 0. Comme 43<1 et un>0, on a un+1<un : la suite est strictement décroissante.
Définition · 7
Suites majorées, minorées et bornées
Soit (un)n∈I une suite réelle définie sur I=[n0;+∞[.
(un) est majoreˊe sur I⟺∃M∈R,∀n∈I,un≤M
(un) est minoreˊe sur I⟺∃m∈R,∀n∈I,un≥m
Une suite à la fois majorée et minorée sur I est dite bornée.
(un) est borneˊe sur I⟺∃A∈R+,∀n∈I,∣un∣≤A
Exemple travaillé · 8
Soit la suite (un) définie pour tout n∈N par un=n+12n+1. Montrer que un=2−n+11, puis en déduire que pour tout n∈N, 1≤un<2.
1
On fait apparaître le dénominateur n+1 au numérateur pour isoler la partie constante :
2
un=n+12(n+1)−1=2−n+11
3
Pour tout n∈N, on a n+1≥1, ce qui donne par passage à l'inverse :
4
0<n+11≤1
5
En multipliant par −1 puis en ajoutant 2 à chaque membre, on obtient :
6
1≤2−n+11<2
7
La suite (un) est minorée par 1 et majorée par 2 : elle est bornée sur N.
Vérification · 9
Soit la suite (vn) définie pour tout n∈N par vn=n+13n+1=3−n+12. Quelle affirmation décrit exactement (vn) sur N ?
Remarque
La fonction associée f(x)=3−x+12 a pour dérivée f′(x)=(x+1)22>0 sur [0;+∞[, donc (vn) est strictement croissante. De plus, 0<n+12≤2 entraîne 1≤vn<3.
Rappel · 10
Rappel — Suite arithmétique
Soit (un)n≥n0 une suite arithmétique de raison r, définie par un+1=un+r.
Compléter l'expression du terme général un en fonction de up et la formule de la somme S=up+up+1+⋯+un comportant N=n−p+1 termes.
Remarque
Pour tous entiers n et p, un=up+(n−p)r (en particulier un=u0+nr). La somme de N termes consécutifs vaut S=N2up+un. De plus, trois réels a,b,c sont en progression arithmétique si et seulement si 2b=a+c.
Rappel · 11
Rappel — Suite géométrique
Soit (vn)n≥n0 une suite géométrique de raison q=1, définie par vn+1=q×vn.
Compléter l'expression du terme général vn en fonction de vp et la formule de la somme S=vp+vp+1+⋯+vn comportant N=n−p+1 termes.
Remarque
Pour tous entiers n et p, vn=vp×qn−p (en particulier vn=v0×qn). Pour q=1, la somme de N termes consécutifs vaut S=vp1−q1−qN (et S=Nvp si q=1). Enfin, a,b,c sont en progression géométrique si et seulement si b2=ac.
Rappel · 12
Rappel — Symbole ∑ et nombre de termes
L'écriture ∑k=pnuk désigne la somme de tous les termes uk lorsque l'entier k parcourt tous les entiers de p jusqu'à n (avec n≥p).
Nombre de termes de k=p∑nuk=n−p+1
Quelle est la valeur exacte de la somme C=∑k=105001 ?
Remarque
On additionne le nombre 1 autant de fois qu'il y a d'entiers de 10 à 500 inclus, soit 500−10+1=491 termes. Ainsi C=491×1=491.
Piège classique · 13
Soit la suite (Un) définie pour n∈N∗ par Un=∑k=02n+1n2+kn=n2n+n2+1n+⋯+n2+2n+1n. Combien de termes cette somme comporte-t-elle ?
Attention
Répondre 2n+1 en lisant uniquement la borne supérieure de la somme sans tenir compte du départ à k=0.
À la place : L'indice k démarre à 0 et s'arrête à 2n+1. Le nombre de termes est donc (2n+1)−0+1=2n+2.
Exemple travaillé · 14
Vérifier que pour tout entier k≥1, k(k+1)1=k1−k+11. En déduire une expression simplifiée de la somme wn=∑k=1nk(k+1)1 pour tout n≥1.
1
En réduisant au même dénominateur pour tout k≥1 :
2
k1−k+11=k(k+1)(k+1)−k=k(k+1)1
3
On remplace chaque terme de la somme wn par cette différence :
4
wn=(1−21)+(21−31)+⋯+(n1−n+11)
5
Par télescopage, tous les termes intermédiaires deux à deux opposés s'annulent, ne laissant que le premier et le dernier :
6
wn=1−n+11
Exemple travaillé · 15
Vérifier que pour tout entier k≥2, 1−k21=kk−1×kk+1. En déduire une expression simplifiée du produit Un=(1−221)(1−321)…(1−n21) pour n≥2.
1
Pour tout k≥2, on factorise le numérateur grâce à l'identité remarquable k2−1=(k−1)(k+1) :
2
1−k21=k2k2−1=kk−1×kk+1
3
On sépare le produit Un en regroupant les premiers facteurs kk−1 d'une part et les seconds facteurs kk+1 d'autre part :
4
Un=(21×32×43×⋯×nn−1)×(23×34×45×⋯×nn+1)
5
Dans chaque parenthèse, les numérateurs et dénominateurs se simplifient en cascade :
6
Un=n1×2n+1=2nn+1
Vérification · 16
On considère la somme géométrique Sn=∑k=0n(31)k et la somme télescopique Tn=∑k=1n(k−k−1) pour n≥1. Compléter leurs expressions réduites.
Remarque
La somme Sn comporte n−0+1=n+1 termes, d'où Sn=1×1−1/31−(1/3)n+1=23(1−3n+11). Dans Tn=(1−0)+(2−1)+⋯+(n−n−1), tous les radicaux s'annulent sauf n et 0=0, d'où Tn=n.
Point de départ · 17
Trois comportements quand n devient très grand
Observons les termes des suites un=2+2n1 et vn=(−1)n lorsque l'indice n grandit. Laquelle se rapproche d'une valeur fixe unique ?
Les termes de un s'accumulent autour de la droite y=2, tandis que ceux de vn alternent indéfiniment entre 1 et −1 sans jamais se stabiliser.
Définition · 18
Convergence et divergence d'une suite
Une suite (un) converge vers un réel fini L si tout intervalle ouvert centré en L, aussi petit soit-il, contient tous les termes de la suite à partir d'un certain rang N.
n→+∞limun=L⟺∀r>0,∃N∈N,∀n>N,∣un−L∣<r
Lorsqu'une suite admet une limite, cette limite est unique et ne dépend pas des premiers termes de la suite.
Une suite est dite divergente lorsqu'elle admet une limite infinie (+∞ ou −∞) ou lorsqu'elle n'admet aucune limite.
Définition · 19
Théorème — Suite convergente et suite bornée
Toute suite convergente est borneˊe.
En effet, à partir d'un certain rang N0, tous les termes appartiennent à l'intervalle borné ]L−1;L+1[, et les termes précédents u0,u1,…,uN0−1 sont en nombre fini.
Remarque
La réciproque est fausse : une suite bornée n'est pas nécessairement convergente. Par contraposée, toute suite non bornée est divergente.
Piège classique · 20
Parmi les trois affirmations suivantes concernant une suite réelle (un), laquelle est toujours vraie ?
Attention
Croire que toute suite bornée converge, que la convergence de (un2) entraîne celle de (un), ou qu'une suite non majorée tend obligatoirement vers +∞.
À la place : La suite un=(−1)n est bornée entre −1 et 1 et vérifie un2=1→1, mais elle diverge par oscillation. De même, un=n(−1)n n'est pas majorée mais ne tend pas vers +∞ car ses termes impairs tendent vers −∞. En revanche, si (un) tend vers +∞, elle dépasse tout réel M et ne peut donc pas être majorée.
Définition · 21
Limite de qn et formes indéterminées
Le comportement en +∞ de la suite géométrique (qn)n∈N dépend de la position de la raison q par rapport à −1 et 1 :
⎩⎨⎧q>1⟹limn→+∞qn=+∞−1<q<1⟹limn→+∞qn=0q=1⟹limn→+∞qn=1q≤−1⟹(qn) n’a pas de limite
Les règles opératoires sur les limites (somme, produit, quotient) s'appliquent directement sauf dans quatre cas appelés formes indéterminées :
(+∞)+(−∞);0×(±∞);±∞±∞;00
Remarque
Face à une forme indéterminée en +∞, on factorise le numérateur et le dénominateur par le terme qui croît le plus vite (la puissance de plus haut degré nk ou l'exponentielle ∣q∣n dominante).
Exemple travaillé · 22
Calculer la limite de la suite rationnelle un=n2+13n2−1 (n≥1) et celle de la suite vn=4(−2)n+5(−2)n−3−2(38)n (n≥0).
1
Pour un, le numérateur et le dénominateur tendent vers +∞. On factorise chacun par le monôme dominant n2 :
2
un=n2(1+n21)n2(3−n21)=1+n213−n21
3
Comme limn→+∞n21=0, on obtient par quotient limn→+∞un=1+03−0=3.
4
Pour le quotient dans vn, on factorise le numérateur et le dénominateur par le terme géométrique dominant (−2)n :
5
4(−2)n+5(−2)n−3=4+5(−21)n1−3(−21)n
6
Puisque −1<−21<1, on a limn→+∞(−21)n=0, donc cette fraction tend vers 41.
7
Enfin, 38>1 entraîne limn→+∞(38)n=+∞, d'où par différence limn→+∞vn=−∞.
Exemple travaillé · 23
Soit a un nombre réel et (un) la suite définie pour tout entier n≥1 par un=(cos(πa))2n. Déterminer la limite de (un) selon que a est un entier ou non.
1
On réécrit un sous la forme d'une suite géométrique de raison q=cos2(πa) :
2
un=(cos2(πa))n
3
Cas 1 : si a∈Z, alors πa est un multiple entier de π, donc cos(πa)=±1 et q=cos2(πa)=1.
4
La suite est alors constante égale à 1n=1, d'où limn→+∞un=1.
5
Cas 2 : si a∈/Z, alors −1<cos(πa)<1, ce qui implique 0≤cos2(πa)<1.
6
Comme la raison appartient à [0;1[, on conclut que limn→+∞un=0.
Vérification · 24
Soient les suites définies pour n≥1 par un=(−52)n et wn=1−n31−(−31)n. Quelles sont leurs limites respectives en +∞ ?
Remarque
Comme 4<5, on a 0<52<1, donc la raison q=−52 vérifie −1<q<1, ce qui donne limn→+∞un=0. Pour wn, on a limn→+∞(−31)n=0 car −31<1 : le numérateur tend vers 1 et le dénominateur 1−n3 tend vers −∞, donc limn→+∞wn=0.
Point de départ · 25
Quand (−1)n bloque le calcul direct
On cherche la limite de an=2n+(−1)n+1n+(−1)n. Le terme (−1)n n'a pas de limite, mais que devient son écriture si l'on sépare les rangs pairs (2n) et les rangs impairs (2n+1) ?
Remarque
Pour les rangs pairs, (−1)2n=1 est constant ; pour les rangs impairs, (−1)2n+1=−1 est constant aussi. Séparer l'étude selon la parité de l'indice supprime l'oscillation.
Définition · 26
Théorème — Sous-suites des rangs pairs et impairs
Soit (un) une suite réelle et a∈R∪{−∞,+∞}.
n→+∞limun=a⟺n→+∞limu2n=aetn→+∞limu2n+1=a
Remarque
Si (u2n) et (u2n+1) convergent vers deux limites distinctes, alors la suite (un) n'admet pas de limite et diverge.
Exemple travaillé · 27
Étudier la convergence de la suite an=2n+(−1)n+1n+(−1)n (n≥0) et celle de la suite un=(−1)n à l'aide des sous-suites d'indices pairs et impairs.
1
Pour (an), on exprime le terme de rang pair en remplaçant n par 2n, avec (−1)2n=1 et (−1)2n+1=−1 :
2
a2n=4n−12n+1=4−n12+n1⟹n→+∞lima2n=42=21
3
On exprime le terme de rang impair en remplaçant n par 2n+1, avec (−1)2n+1=−1 et (−1)2n+2=1 :
Puisque limn→+∞a2n=limn→+∞a2n+1=21, la suite (an) converge vers 21.
6
Pour un=(−1)n, on a u2n=1→1 et u2n+1=−1→−1 : les deux limites sont distinctes (1=−1), donc (un) diverge.
Définition · 28
Théorème — Limite d'une suite composée f(un)
Soit f une fonction définie sur un intervalle I et (un) une suite d'éléments de I.
(n→+∞limun=letx→llimf(x)=L)⟹n→+∞limf(un)=L
Ce théorème est valable que l et L soient finis ou infinis. En particulier, si l∈I et si f est continue en l :
n→+∞limun=l⟹n→+∞limf(un)=f(l)
Exemple travaillé · 29
Calculer la limite de vn=cos(nπ) et celle de un=nsin(2nπ) pour n≥1.
1
Pour vn, la suite interne vérifie limn→+∞nπ=0.
2
La fonction x↦cos(x) étant continue en 0, le théorème de composition donne limn→+∞vn=cos(0)=1.
3
Pour un, qui présente une forme indéterminée +∞×0, on pose Xn=2nπ afin de faire apparaître le quotient XsinX :
4
un=2π×2nπsin(2nπ)=2π×Xnsin(Xn)
5
Comme limn→+∞Xn=0 et limX→0XsinX=1, on obtient par composition :
6
n→+∞limun=2π×1=2π
Vérification · 30
On considère les suites définies pour n≥1 par un=2n+(−1)ncos(nπ) et wn=(0,25)n1−cos((0,25)n). Quelles sont leurs limites en +∞ ?
Remarque
Comme cos(nπ)=(−1)n, on a u2n=4n+11→0 et u2n+1=4n+1−1→0, d'où limn→+∞un=0. Pour wn, en posant Xn=(0,25)n→0, la limite usuelle limX→0X1−cosX=0 donne limn→+∞wn=0.
Définition · 31
Passage à la limite dans les inégalités et théorème des gendarmes
Conservation de l'ordre large : si deux suites convergent et vérifient un≤vn à partir d'un certain rang N0, leurs limites conservent cet ordre.
Théorème des gendarmes : si une suite (un) est encadrée à partir d'un certain rang par deux suites qui convergent vers la même limite réelle L, alors (un) converge aussi vers L.
Théorèmes de comparaison pour les limites infinies
Une suite minorée à partir d'un certain rang N0 par une suite qui tend vers +∞ diverge elle aussi vers +∞.
(∀n≥N0,un≥vnetn→+∞limvn=+∞)⟹n→+∞limun=+∞
Une suite majorée à partir d'un certain rang N0 par une suite qui tend vers −∞ diverge elle aussi vers −∞.
(∀n≥N0,un≤vnetn→+∞limvn=−∞)⟹n→+∞limun=−∞
Remarque
Pour prouver une limite infinie, une seule inégalité suffit (minoration pour +∞, majoration pour −∞). Le théorème des gendarmes ne s'applique qu'aux limites finies.
Exemple travaillé · 33
Déterminer la limite de la suite un=n2sin(n) (n≥1) et celle de la suite vn=n+cos(n) (n∈N).
1
Pour un, on encadre le numérateur oscillant sur N∗ : −1≤sin(n)≤1.
2
En divisant chaque membre par n2>0, l'ordre est conservé :
3
−n21≤n2sin(n)≤n21
4
Comme limn→+∞(−n21)=limn→+∞n21=0, le théorème des gendarmes donne limn→+∞un=0.
5
Pour vn=n+cos(n), on conserve uniquement la minoration cos(n)≥−1 :
6
∀n∈N,vn≥n−1
7
Puisque limn→+∞(n−1)=+∞, le théorème de comparaison entraîne limn→+∞vn=+∞.
Piège classique · 34
On considère la suite définie pour n≥1 par vn=∑k=1nn2+kn=n2+1n+n2+2n+⋯+n2+nn. Un élève écrit : « Pour chaque k, limn→+∞n2+kn=0, donc par somme limn→+∞vn=0 ». Pourquoi ce raisonnement est-il faux ?
Attention
Passer à la limite terme à terme dans une somme dont le nombre de termes grandit avec n, et conclure que 0+0+⋯+0=0.
À la place : La propriété de la limite d'une somme ne s'applique qu'à un nombre fixe de termes. Ici, la somme additionne n termes : bien que chacun tende vers 0, leur accumulation compensée par leur nombre n fait converger vn vers 1.
Exemple travaillé · 35
Déterminer la limite de vn=∑k=1nn2+kn et celle de Un=∑k=0nn3+kn pour n≥1.
1
Pour vn, tout entier k tel que 1≤k≤n vérifie n2+1≤n2+k≤n2+n.
2
Par passage à l'inverse puis multiplication par n>0, on encadre chaque terme de la somme :
3
n2+nn≤n2+kn≤n2+1n
4
En sommant ces inégalités pour k allant de 1 à n (soit n termes), les bornes indépendantes de k sont multipliées par n :
5
n2+nn2≤vn≤n2+1n2
6
Comme limn→+∞n2+nn2=limn→+∞n2+1n2=1, le théorème des gendarmes donne limn→+∞vn=1.
7
Pour Un, l'entier k varie de 0 à n, ce qui représente n−0+1=n+1 termes vérifiant n3+nn≤n3+kn≤n3n.
8
En sommant sur les n+1 termes, on obtient :
9
n2+1n+1≤Un≤n2n+1
10
Les deux bornes rationnelles tendent vers 0 en +∞, donc limn→+∞Un=0 par le théorème des gendarmes.
Exemple travaillé · 36
1) Soit Un=n!an avec a>0. Montrer qu'il existe un entier n0 tel que pour tout n≥n0, UnUn+1≤21, en déduire 0≤Un≤Un0(21)n−n0 puis calculer limn→+∞Un. 2) En utilisant l'inégalité du binôme 2n=(1+1)n>Cn2=2n(n−1) pour n≥2, déterminer la limite de wn=2nn+1.
1
1) Pour tout n∈N, on simplifie le quotient des termes consécutifs :
2
UnUn+1=(n+1)!an+1×ann!=n+1a
3
On a n+1a≤21⟺n≥2a−1 : en fixant un entier naturel n0≥2a−1, on obtient 0<Un+1≤21Un pour tout n≥n0.
4
Par récurrence à partir du rang n0, on en déduit l'encadrement :
5
∀n≥n0,0≤Un≤Un0(21)n−n0
6
Comme limn→+∞(21)n−n0=0, le théorème des gendarmes donne limn→+∞n!an=0.
7
2) Pour tout n≥2, l'inégalité 2n>2n(n−1)>0 donne par passage à l'inverse et multiplication par n+1>0 :
8
0<2nn+1<n2−n2(n+1)
9
Comme limn→+∞n2−n2n+2=limn→+∞n2=0, le théorème des gendarmes donne limn→+∞wn=0.
Vérification · 37
Soit la suite (un) définie pour n≥1 par un=∑k=1nn2+k1. Quel encadrement de un obtient-on pour tout n≥1, et quelle est sa limite ?
Remarque
Pour tout k∈{1,…,n}, on a n2+1≤n2+k≤n2+n, d'où n2+n1≤n2+k1≤n2+11. En sommant ces n inégalités, on obtient n2+nn≤un≤n2+1n. En factorisant n2 sous chaque radical, les deux bornes s'écrivent 1+1/n1 et 1+1/n21, qui tendent toutes deux vers 1 : d'après le théorème des gendarmes, limn→+∞un=1.
Point de départ · 38
Monter sans jamais dépasser un plafond
Une suite (un) est croissante (chaque terme est supérieur ou égal au précédent), mais une barrière fixe M=2 l'empêche de monter indéfiniment : pour tout n∈N, un≤2. Que fait nécessairement la suite (un) lorsque n tend vers +∞ ?
Ne pouvant ni redescendre (elle est croissante) ni franchir le plafond M=2, la suite est contrainte de s'accumuler vers une limite finie L≤2, même lorsqu'on ne connaît pas la valeur exacte de L.
Définition · 39
Théorème de la convergence monotone
Toute suite croissante et majorée par un réel M converge vers une limite finie L, et cette limite vérifie un≤L≤M pour tout n.
((un) croissante et ∀n∈N,un≤M)⟹(un) converge vers un reˊel L≤M
Toute suite décroissante et minorée par un réel m converge vers une limite finie L, et cette limite vérifie m≤L≤un pour tout n.
((un) deˊcroissante et ∀n∈N,un≥m)⟹(un) converge vers un reˊel L≥m
Une suite monotone qui n'est pas bornée diverge vers l'infini :
{(un) croissante et non majoreˊe⟹limn→+∞un=+∞(un) deˊcroissante et non minoreˊe⟹limn→+∞un=−∞
Piège classique · 40
Soit (un) une suite croissante telle que, pour tout n∈N, un≤2 (par exemple un=1−n+11). Que garantit le théorème de la convergence monotone sur sa limite L ?
Attention
Affirmer que la suite converge nécessairement vers le majorant L=2.
À la place : Un majorant M n'est qu'un plafond : le théorème garantit que (un) converge vers un réel L tel que L≤2, et non L=2. Ainsi, la suite un=1−n+11 est bien croissante et majorée par 2, mais sa limite vaut L=1<2.
Exemple travaillé · 41
On considère la suite (Un)n∈N∗ définie par Un=∑k=1nk21. 1) Montrer que (Un) est strictement croissante. 2) Montrer que pour tout entier k≥2, k21≤k−11−k1, puis en déduire que Un≤2−n1<2. 3) Conclure sur la convergence de (Un) et encadrer sa limite L.
1
1) Pour tout n≥1, on calcule la différence entre deux sommes consécutives :
2
Un+1−Un=(n+1)21>0
3
La suite (Un) est donc strictement croissante.
4
2) Pour tout entier k≥2, on a k2>k(k−1)>0, d'où par passage à l'inverse :
5
k21≤k(k−1)1=k−11−k1
6
En isolant le premier terme U1=1 et en sommant cette inégalité de k=2 à n, on obtient par télescopage :
3) La suite (Un) est croissante et majorée par 2 : d'après le théorème de la convergence monotone, elle converge vers un réel L.
9
Comme 1=U1≤Un<2 pour tout n≥1, le passage à la limite donne 1≤L≤2.
Exemple travaillé · 42
1) Soit Un=∑k=1n2−k! (n≥1). Sachant que k!≥k pour tout k≥1, montrer que Un≤1−(21)n et en déduire que (Un) converge. 2) Soit la série harmonique un=∑k=1nk1 (n≥1). Montrer que pour tout n≥1, u2n−un≥21, en déduire par l'absurde que (un) n'est pas majorée, puis donner sa limite.
1
1) Pour tout n≥1, Un+1−Un=2−(n+1)!>0, donc (Un) est strictement croissante.
2
Pour tout k≥1, l'inégalité k!≥k entraîne −k!≤−k, d'où 2−k!≤2−k=(21)k.
3
En sommant de k=1 à n, on majore Un par une somme géométrique de raison 21 :
4
Un≤k=1∑n(21)k=211−211−(21)n=1−(21)n<1
5
Croissante et majorée par 1, la suite (Un) est convergente.
6
2) Pour un=∑k=1nk1, la différence u2n−un comporte exactement n termes dont le plus petit est 2n1 :
7
u2n−un=n+11+n+21+⋯+2n1≥n×2n1=21
8
Si (un) était majorée, étant croissante (un+1−un=n+11>0), elle convergerait vers un réel L, donc u2n−un tendrait vers L−L=0, ce qui contredit u2n−un≥21.
9
La suite (un) est donc croissante et non majorée : elle diverge vers +∞.
Vérification · 43
Soit (Un) une suite vérifiant U0=1 et, pour tout n∈N, 0<Un≤(21)n. On pose Sn=∑k=0nUk. Quelle conclusion peut-on tirer pour la suite (Sn) ?
Remarque
On a Sn+1−Sn=Un+1>0, donc (Sn) est strictement croissante. De plus, Sn≤∑k=0n(21)k=2(1−(21)n+1)<2. Croissante et majorée par 2, (Sn) converge vers un réel l, et comme 1=S0≤Sn<2, on a l∈[1;2].
Rappel · 44
Rappel — Intervalle stable, bijection et accroissements finis
Soit f une fonction continue et dérivable sur un intervalle I.
I est stable par f⟺∀x∈I,f(x)∈I
Si f est continue et strictement monotone sur I, elle réalise une bijection de I sur l'intervalle image f(I). De plus, s'il existe un réel k>0 tel que ∣f′(x)∣≤k sur I, l'inégalité des accroissements finis donne pour tous x,y∈I :
∣f(x)−f(y)∣≤k∣x−y∣
Si f est strictement croissante sur [1;5] avec f(1)=2 et f(5)=4, pourquoi l'intervalle [1;5] est-il stable par f ?
Remarque
Par croissance de f sur [1;5], tout réel x∈[1;5] vérifie f(1)≤f(x)≤f(5), soit 2≤f(x)≤4. Comme [2;4]⊂[1;5], on a bien f(x)∈[1;5].
Définition · 45
Suites récurrentes un+1=f(un) et théorème du point fixe
Soit f une fonction définie sur un intervalle stable I (f(I)⊂I) et (un) la suite définie par u0∈I et un+1=f(un).
{∀x∈I,f(x)≥x⟹(un) est croissante∀x∈I,f(x)≤x⟹(un) est deˊcroissante
Par ailleurs, si f est croissante sur I, alors la suite (un) est monotone sur N (croissante si u1≥u0, décroissante si u1≤u0, par récurrence).
Théorème du point fixe : si la suite (un) converge vers un réel l∈I et si la fonction f est continue en l, alors l est solution de l'équation :
f(l)=l
Piège classique · 46
Soit la suite définie par u0=34 et un+1=21un2+21un. Un élève résout l'équation 21l2+21l=l, trouve l=0 ou l=1, et conclut que limn→+∞un=1. Pourquoi ce raisonnement est-il erroné ?
Attention
Résoudre l'équation f(l)=l sans avoir prouvé au préalable que la suite (un) converge vers un réel fini, ou retenir une solution exclue par l'intervalle d'évolution et le sens de variation de la suite.
À la place : Le théorème du point fixe exige que (un) soit déjà démontrée convergente. Ici, comme u0=34>1, on montre par récurrence que un≥34 et que (un) est strictement croissante (un+1−un=21un(un−1)>0). Si (un) convergeait vers un réel l, on aurait l≥34, ce qui est incompatible avec les seules solutions 0 et 1 de f(l)=l : la suite est donc croissante et non majorée, et diverge vers +∞.
Exemple travaillé · 47
Soit la suite (un) définie par u0=0 et, pour tout n∈N, un+1=4+3un. 1) Montrer par récurrence que pour tout n∈N, 0≤un<4. 2) Montrer que (un) est strictement croissante. 3) En déduire que (un) converge et déterminer sa limite.
1
1) Initialisation : pour n=0, u0=0, donc 0≤u0<4 est vérifiée.
2
Hérédité : supposons 0≤un<4 pour un entier n∈N. Alors 4≤4+3un<16, et par stricte croissance de la fonction racine carrée sur [0;+∞[ :
3
2≤4+3un<4⟹0≤un+1<4
4
Par récurrence, 0≤un<4 pour tout n∈N.
5
2) Pour tout n∈N, on exprime un+1−un à l'aide de la quantité conjuguée :
Comme 0≤un<4, on a 4−un>0 et un+1>0, d'où un+1−un>0 : la suite (un) est strictement croissante.
8
3) Croissante et majorée par 4, la suite (un) converge vers un réel l vérifiant 0≤l≤4.
9
La fonction f:x↦4+3x étant continue sur [0;4], la limite l est solution de f(l)=l :
10
4+3l=l⟺l2−3l−4=0(avec l≥0)⟺l=4 ou l=−1
11
Comme l≥0, la valeur −1 est exclue et limn→+∞un=4.
Exemple travaillé · 48
Soit la suite (Un) définie par U0=0 et Un+1=21cos(Un) pour tout n∈N. On sait que pour tout n∈N, Un∈[0;2π] et que l'équation 21cos(x)=x admet une unique solution α∈[0;2π]. 1) En utilisant la décroissance de f:x↦21cos(x) sur [0;2π], montrer que si Un+1>Un, alors Un+2<Un+1, et conclure sur la monotonie de (Un). 2) Sachant que ∣cos(x)−cos(y)∣≤∣x−y∣ sur [0;2π], montrer que ∣Un+1−α∣≤21∣Un−α∣, en déduire ∣Un−α∣≤(21)n∣U0−α∣ et déterminer la limite de (Un).
1
1) La fonction f étant strictement décroissante sur [0;2π], elle renverse le sens des inégalités : si Un+1>Un, alors f(Un+1)<f(Un), soit Un+2<Un+1 (puis Un+3>Un+2). Comme U1=21>U0, la suite (Un) alterne autour de α et n'est pas monotone.
2
2) Puisque α est solution de 21cos(x)=x, on a α=21cos(α). Pour tout n∈N :
En appliquant l'inégalité ∣cos(x)−cos(y)∣≤∣x−y∣ pour x=Un et y=α dans [0;2π], on obtient :
5
∀n∈N,∣Un+1−α∣≤21∣Un−α∣
6
Par récurrence immédiate sur n∈N, cette inégalité donne :
7
∀n∈N,∣Un−α∣≤(21)n∣U0−α∣
8
Comme −1<21<1, on a limn→+∞(21)n=0, d'où limn→+∞∣Un−α∣=0 et limn→+∞Un=α.
Exemple travaillé · 49
Pour tout entier n≥1, on considère la fonction polynomiale Pn(x)=xn+xn−1+⋯+x−1 définie sur [0;+∞[. 1) Démontrer que l'équation Pn(x)=0 admet une unique solution un∈[0;+∞[, avec un>0. 2) Exprimer Pn+1(un) en fonction de un, en déduire le signe de Pn+1(un), puis montrer que la suite (un) est strictement décroissante et convergente. 3) Pour x=1, vérifier que Pn(x)=1−x2x−1−xn+1, montrer que un>21 pour tout n≥2, puis déterminer limn→+∞un.
1
1) Sur [0;+∞[, Pn est continue et strictement croissante comme somme de fonctions puissances strictement croissantes, avec Pn(0)=−1<0 et limx→+∞Pn(x)=+∞ : d'après le théorème de la bijection, l'équation Pn(x)=0 admet une unique solution un>0.
2
2) Pour tout x≥0, on a Pn+1(x)=xn+1+Pn(x). En évaluant en x=un, sachant que Pn(un)=0 et un>0 :
3
Pn+1(un)=unn+1+0=unn+1>0=Pn+1(un+1)
4
Comme la fonction Pn+1 est strictement croissante sur [0;+∞[, l'inégalité Pn+1(un+1)<Pn+1(un) entraîne un+1<un : la suite (un) est strictement décroissante, et étant minorée par 0, elle converge vers un réel L.
5
3) Pour x=1, la formule de la somme géométrique donne Pn(x)=x1−x1−xn−1=1−x2x−1−xn+1.
6
En évaluant en x=21, on trouve Pn(21)=−2(21)n+1<0=Pn(un), d'où un>21 par croissance de Pn.
7
Pour tout n≥2, on a 21<un≤u2<u1=1, donc 0<unn+1≤u2n+1 avec u2∈]0;1[, ce qui donne limn→+∞unn+1=0.
8
Or Pn(un)=0⟺2un−1=unn+1 : par passage à la limite, 2L−1=0, d'où L=21.
Vérification · 50
Soit la suite (Un) définie par U0=21 et Un+1=f(Un) avec f(x)=1+x22x continue sur R+. On démontre que pour tout n∈N, 21≤Un<1 et que (Un) est croissante. Quelles sont les solutions de f(l)=l sur R et quelle est la limite de (Un) ?
Remarque
La suite (Un) est croissante et majorée par 1, donc elle converge vers un réel l vérifiant 21≤l≤1. Par continuité de f, l est solution de 1+l22l=l⟺l(1−l2)=0, dont les solutions réelles sont −1, 0 et 1. La condition l≥21 élimine −1 et 0, d'où limn→+∞Un=1.
Point de départ · 51
Deux suites qui prennent leur limite en étau
Observons les suites un=2−n1 et vn=2+n1 pour n≥1. Comment évoluent leurs sens de variation et l'écart vn−un lorsque n grandit ?
La suite (un) monte, la suite (vn) descend, et leur écart vn−un=n2 tend vers 0 : elles se resserrent autour d'une unique valeur commune L=2.
Définition · 52
Définition et théorème des suites adjacentes
Deux suites réelles (un) et (vn) sont dites adjacentes lorsque trois conditions sont réunies :
⎩⎨⎧(un) est croissante(vn) est deˊcroissantelimn→+∞(vn−un)=0
Théorème : si (un) et (vn) sont deux suites adjacentes avec (un) croissante et (vn) décroissante, alors elles convergent vers une même limite réelle L et vérifient pour tout entier n :
u0≤u1≤⋯≤un≤un+1≤L≤vn+1≤vn≤⋯≤v1≤v0
Piège classique · 53
On considère les suites définies sur N par Un=3+n+11 et Vn=3+n2+11. On constate que limn→+∞(Un−Vn)=0. Ces deux suites sont-elles adjacentes ?
Attention
Conclure que (Un) et (Vn) sont adjacentes au seul motif qu'elles convergent vers la même limite 3 et que limn→+∞(Un−Vn)=0.
À la place : Pour être adjacentes, les deux suites doivent avoir des sens de variation opposés (l'une croissante, l'autre décroissante). Or ici, (Un) et (Vn) sont toutes les deux strictement décroissantes : elles convergent vers la même limite 3, mais ne sont pas adjacentes.
Exemple travaillé · 54
Pour tout n∈N∗, on définit Un=∑k=0nk!1, Vn=Un+n!1 et Wn=Un+n⋅n!1. 1) Montrer que (Un) est strictement croissante et que (Vn) est décroissante sur N∗. 2) Montrer que (Wn) est strictement décroissante sur N∗. 3) En utilisant n!≥n, démontrer que (Un) et (Vn) (ainsi que (Un) et (Wn)) sont adjacentes.
1
1) Pour tout n≥1, Un+1−Un=(n+1)!1>0, donc (Un) est strictement croissante.
2
Pour (Vn), on exprime Vn+1−Vn en remplaçant n!1 par (n+1)!n+1 :
La suite (Wn) est donc strictement décroissante sur N∗.
8
3) Comme n!≥n>0, on a 0<Wn−Un=n⋅n!1≤Vn−Un=n!1≤n1.
9
Puisque limn→+∞n1=0, le théorème des gendarmes donne limn→+∞(Vn−Un)=limn→+∞(Wn−Un)=0 : les suites (Un) et (Vn) sont adjacentes, tout comme (Un) et (Wn).
Exemple travaillé · 55
Soient (un) et (vn) deux suites définies pour n∈N∗ par u1=12, v1=1, un+1=3un+2vn et vn+1=4un+3vn. 1) On pose wn=vn−un. Montrer que (wn) est géométrique, exprimer wn en fonction de n et donner sa limite. 2) Étudier la monotonie de (un) et (vn), puis en déduire qu'elles convergent vers une même limite L. 3) Montrer que la suite tn=3un+8vn est constante, et en déduire la valeur de L.
1
1) Pour tout n≥1, on exprime wn+1=vn+1−un+1 au même dénominateur 12 :
La suite (tn) est constante égale à t1=3(12)+8(1)=44. En passant à la limite dans 3un+8vn=44, on obtient 3L+8L=44, soit 11L=44 et L=4.
Exemple travaillé · 56
Soient les suites (Un) et (Vn) définies par U0=1, V0=2 et, pour tout n∈N, Un+1=Un+Vn2UnVn et Vn+1=2Un+Vn (on admet que Un>0 et Vn>0 pour tout n). 1) Vérifier que Vn+1−Un+1=2(Un+Vn)(Vn−Un)2 et en déduire que 0<Un<Vn pour tout n∈N. 2) Étudier la monotonie de (Un) et (Vn), puis montrer qu'elles convergent vers une même limite l. 3) Montrer que la suite produit (UnVn) est constante et en déduire la valeur exacte de l.
1
1) Pour tout n∈N, on réduit Vn+1−Un+1 au même dénominateur 2(Un+Vn) :
La suite (Un) est croissante et majorée par V0=2, donc elle converge vers un réel l ; (Vn) est décroissante et minorée par U0=1, donc elle converge vers un réel l′.
7
En passant à la limite dans Vn+1=2Un+Vn, on obtient l′=2l+l′, d'où l=l′ (les deux suites sont adjacentes).
8
3) Pour tout n∈N, on calcule le produit au rang n+1 :
9
Un+1Vn+1=Un+Vn2UnVn×2Un+Vn=UnVn
10
La suite produit est constante et vaut U0V0=1×2=2. Par passage à la limite, l×l=2, et comme Un>0 impose l≥1>0, on conclut que l=2.
Vérification · 57
On considère les suites (un) et (vn) définies sur N par u0=1, v0=2, un+1=43un+vn et vn+1=4un+3vn. On pose wn=un−vn et an=un+vn. Sachant que (un) et (vn) sont adjacentes et que (an) est constante, déterminer la raison q de la suite géométrique (wn) et la limite commune l des suites (un) et (vn).
Remarque
On a wn+1=un+1−vn+1=42un−2vn=21(un−vn)=21wn, donc la raison est q=21. De plus, an+1=un+1+vn+1=un+vn=a0=3. En passant à la limite, l+l=3, soit 2l=3 et l=23.