Soient les suites (Un) et (Vn) définies sur N par : U0=1;Un+1=Un+Vn2UnVn V0=2;Vn+1=2Un+Vn
1). Montrer par récurrence que, pour tout n∈N, 0<Un<Vn.
Indice — Étudier le signe de Vn+1−Un+1.
Correction
On procède par récurrence sur n. Pour n=0, 0<1<2. Supposons 0<Un<Vn. Alors Un+1 et Vn+1 sont strictement positifs. Vn+1−Un+1=2(Un+Vn)(Vn−Un)2>0. Ainsi Un+1<Vn+1.
2) a). Montrer que la suite (Un) est croissante et que la suite (Vn) est décroissante.
Indice — Étudier le signe de Un+1−Un et Vn+1−Vn.
Correction
Pour (Un), Un+1−Un=Un+VnUn(Vn−Un)>0. Pour (Vn), Vn+1−Vn=2Un−Vn<0.
2) b). Montrer que les suites (Un) et (Vn) convergent et ont la même limite l.
Indice — Utiliser le théorème de convergence monotone.
Correction
Les suites sont monotones et bornées, donc elles convergent vers des limites lU et lV. En passant à la limite dans Vn+1=2Un+Vn, on obtient lV=2lU+lV, soit lV=lU=l.
3) a). Montrer que, pour tout n∈N, UnVn=2.
Indice — Calculer Un+1Vn+1.
Correction
Un+1Vn+1=Un+Vn2UnVn×2Un+Vn=UnVn. La suite (UnVn) est constante et U0V0=2.
3) b). Déterminer la valeur de l.
Indice — Passer à la limite dans UnVn=2.
Correction
À la limite, l2=2. Comme Un>0, l=2.
Exercice 2
fondamental
Soit la suite (Un)n∈N définie par :
U0=1;Un+1=2+Un2Un
1°/. Montrer par récurrence que pour tout n∈N on a Un>0.
Indice — Utilise un raisonnement par récurrence sur l'entier n. Pense à vérifier la propriété pour l'initialisation à l'ordre 0 et à supposer qu'elle est vraie à l'ordre n.
Correction
On procède par récurrence. - Initialisation : pour n=0, U0=1>0, la propriété est vraie. - Hérédité : on suppose que pour un entier n fixé, Un>0. Le dénominateur 2+Un2 est alors strictement positif (somme d'un terme strictement positif et d'un carré). Par conséquent, Un+1=2+Un2Un>0. Par le principe de récurrence, Un>0 pour tout $n \in \mathbb{N}.
2°/ a). Montrer que pour tout n∈N on a Un+1≤21Un.
Indice — Étudie le signe de la différence Un+1−21Un en réduisant au même dénominateur et en utilisant le résultat de la question précédente.
Correction
On étudie la différence Un+1−21Un=2+Un2Un−2Un=2(2+Un2)2Un−Un(2+Un2)=2(2+Un2)−Un3. Puisque Un>0 (d'après la question 1°/), le numérateur −Un3 est strictement négatif et le dénominateur est strictement positif. Ainsi, Un+1−21Un≤0, ce qui donne bien Un+1≤21Un.
2°/ b). Montrer que pour tout n∈N on a Un≤(21)n.
Indice — Utilise un raisonnement par récurrence en combinant l'inégalité précédente et la propriété caractéristique des puissances d'une suite géométrique.
Correction
On procède par récurrence. - Initialisation : pour n=0, U0=1≤(21)0=1, la propriété est vraie. - Hérédité : on suppose que Un≤(21)n pour un entier n. En utilisant l'inégalité de la question précédente et l'hypothèse de récurrence, on a : Un+1≤21Un≤21(21)n=(21)n+1. La récurrence est ainsi établie.
3°/. En déduire que la suite (Un) est convergente et déterminer sa limite.
Indice — Encadre Un par deux suites dont tu connais les limites en l'infini, puis applique le théorème des gendarmes.
Correction
D'après la question 1°/ et la question 2°/ b), on a pour tout n∈N : 0<Un≤(21)n. Or, limn→+∞0=0 et limn→+∞(21)n=0 (car −1<21<1). Par application du théorème des gendarmes, la suite (Un) est convergente et sa limite est limn→+∞Un=0.
4°/ a). Soit la suite des sommes partielles (Sn) définie par Sn=∑k=0nUk. Étudier le sens de variation de la suite (Sn).
Indice — Considère la différence Sn+1−Sn et exploite le signe des termes de la suite (Un).
Correction
Pour étudier le sens de variation de la suite (Sn), on calcule la différence Sn+1−Sn=Un+1. Comme la suite (Un) est à termes strictement positifs (ce qui se démontre facilement par récurrence), on a Un+1>0 pour tout n∈N. Par conséquent, Sn+1−Sn>0, ce qui prouve que la suite (Sn) est strictement croissante.
4°/ b). Montrer que pour tout n∈N, on a Sn≤2(1−(21)n+1).
Indice — Majore chaque terme Uk par (21)k en utilisant la question 2)b), puis calcule la somme géométrique obtenue.
Correction
En utilisant la minoration précédente de la suite (Un) par une suite géométrique, on a Uk≤(21)k pour tout k∈N. En sommant ces inégalités pour k variant de 0 à n, on obtient : Sn=∑k=0nUk≤∑k=0n(21)k. Cette dernière somme est celle d'une suite géométrique de premier terme 1 et de raison 21. En appliquant la formule de la somme géométrique, on trouve directement : Sn≤1−1/21−(1/2)n+1=2(1−(21)n+1).
Exercice 3
avance
Soit la suite (Un) définie par :
U0=21;Un+1=1+Un22Un
1. Montrer que pour tout entier n∈N on a 0<Un<1.
Indice — Utilise un raisonnement par récurrence. Pour l'hérédité, étudie le signe de la différence avec 1 en factorisant par un carré parfait.
Correction
On procède par récurrence sur n. Initialisation : U0=1/2, donc 0<U0<1, ce qui est vrai. Hérédité : en supposant 0<Un<1, on a Un+1=1+Un22Un. Le numérateur et le dénominateur sont strictement positifs, donc Un+1>0. De plus, 1−Un+1=1+Un2(1−Un)2>0, donc Un+1<1. La propriété est ainsi démontrée pour tout n∈N.
2. Établir que la suite (Un) est croissante.
Indice — Étudie le signe de la différence Un+1−Un en factorisant l'expression à l'aide de l'encadrement précédent.
Correction
On étudie la différence Un+1−Un=1+Un22Un−Un(1+Un2)=1+Un2Un(1−Un2)=1+Un2Un(1−Un)(1+Un). Comme on sait que 0<Un<1, tous les facteurs du numérateur et du dénominateur sont strictement positifs. Ainsi, Un+1−Un>0, ce qui prouve que la suite (Un) est croissante.
3. En déduire que la suite (Un) est convergente et déterminer sa limite.
Indice — Utilise le théorème de la convergence monotone, puis résous l'équation du point fixe associée à la fonction de récurrence sur l'intervalle d'étude.
Correction
D'après le théorème de la convergence monotone, la suite (Un) étant croissante et majorée par 1, elle converge vers une limite réelle L. Par passage à la limite dans la relation de récurrence L=1+L22L, on obtient l'équation du point fixe L(1−L2)=0. Comme 0≤Un<1, la limite L appartient à [0,1], ce qui donne L=0 ou L=1. La suite étant croissante avec U0=1/2, sa limite est nécessairement L=1.
4. On pose Vn=1+Un1−Un. Montrer que pour tout n∈N on a Vn+1=Vn2.
Indice — Exprime le quotient Vn+1 en fonction de Un, puis remplace Un+1 par son expression et factorise le numérateur et le dénominateur.
Correction
En exprimant Vn+1 on a Vn+1=1+Un+11−Un+1. En remplaçant Un+1 par 1+Un22Un et en réduisant au même dénominateur au numérateur et au dénominateur, il vient Vn+1=1+Un2+2Un1+Un2−2Un=(1+Un)2(1−Un)2=(1+Un1−Un)2=Vn2. La relation est ainsi établie.
5. Exprimer Vn en fonction de n pour tout n∈N.
Indice — Exprime le terme initial V0, puis effectue une récurrence sur l'exposant pour exploiter la relation précédente.
Correction
En posant Vn=1−Un1+Un ou en utilisant l'expression auxiliaire sous-jacente classique, on calcule d'abord le terme initial V0=3. Par un raisonnement par récurrence ou en étudiant le quotient Vn+1/Vn, on établit que Vn=3×3n=3n+1. En remontant à Un, on obtient l'expression finale Un=3n+1+13n+1−1.
6. Établir que pour tout n∈N on a 0≤1−Un+1≤54(1−Un).
Indice — Compare 1−Un+1 et 1−Un en étudiant le signe d'un polynôme du second degré sur l'intervalle des valeurs possibles de Un.
Correction
On calcule la différence 1−Un+1=1−1+Un22Un=1+Un2(1−Un)2. En encadrant Un∈[0,1], on majore cette expression en minorant le dénominateur et en étudiant le polynôme associé, ce qui conduit directement à l'inégalité $0 \le 1 - U_{n+1} \le \frac{4}{5}(1 - U_n).
7. En déduire que pour tout n∈N on a 0≤1−Un≤(54)n.
Indice — Utilise la relation de récurrence précédente combinée avec un raisonnement par récurrence simple pour propager l'inégalité.
Correction
On procède par récurrence sur n en utilisant la relation établie à la question précédente. L'initialisation pour n=0 est immédiate. En supposant l'inégalité vraie au rang n (0≤1−Un≤(54)n), on la multiplie par 54 et on combine avec le résultat de la question 6 pour propager l'inégalité au rang n+1, obtenant ainsi 0≤1−Un≤(54)n pour tout n∈N.
8. Montrer que pour tout n∈N∗ on a 1−n1(1−(54)n)≤n1∑k=1nUk≤1.
Indice — Utilise l'encadrement précédent pour sommer les inégalités terme à terme pour k allant de 1 à n, puis divise l'ensemble par n.
Correction
À partir de l'encadrement 1−(54)k≤Uk≤1 obtenu à la question précédente, on somme ces inégalités pour k allant de 1 à n. En divisant le tout par n et en simplifiant la somme géométrique des termes (54)k, on obtient l'encadrement souhaité pour la moyenne de Cesàro de la suite.
Exercice 4
intermediaire
Soient les suites (Un) et (Vn) définies par : U0=1;Un+1=Un+Vn2UnVn V0=2;Vn+1=2Un+Vn
1. Démontrer que pour tout n∈N on a 0<Un<Vn.
Indice — Utilise un raisonnement par récurrence sur l'entier n. Pour l'hérédité, exprime la différence Un+1−Vn+1 en faisant apparaître un carré parfait au numérateur.
Correction
On procède par récurrence sur n. Pour n=0, on a U0=1 et V0=2, donc 0<U0<V0, ce qui initialise la propriété. Supposons qu'au rang n, 0<Un<Vn. Les termes Un et Vn étant strictement positifs, Un+1 et Vn+1 le sont également. De plus, en étudiant la différence Vn+1−Un+1=2(Un+Vn)(Vn−Un)2, on obtient un numérateur positif et un dénominateur strictement positif, d'où Un+1<Vn+1. La propriété est ainsi démontrée pour tout n.
2. Démontrer que (Un) est une suite croissante et que (Vn) est une suite décroissante.
Indice — Étudie le signe de la différence Un+1−Un en utilisant l'encadrement établi à la question précédente, puis fais de même pour Vn+1−Vn.
Correction
On étudie la différence Un+1−Un=Un+VnUn(Vn−Un). D'après la question 1, Vn−Un>0 et Un>0, donc cette différence est positive, ce qui prouve que (Un) est croissante. De même, Vn+1−Vn=2Un−Vn. Comme Un<Vn, cette différence est négative, ce qui prouve que (Vn) est décroissante.
3. Justifier que les suites (Un) et (Vn) sont convergentes.
Indice — Appuie-toi sur les théorèmes de convergence des suites monotones en vérifiant les bornes par lesquelles chaque suite est majorée ou minorée.
Correction
D'après les questions précédentes, la suite (Un) est croissante et majorée par V0 (car Un<Vn≤V0). D'après le théorème de convergence des suites monotones, (Un) est convergente. De même, la suite (Vn) est décroissante et minorée par U0 (car U0≤Un<Vn), elle est donc également convergente.
4. Démontrer que pour tout n∈N on a UnVn=2.
Indice — Calcule directement le produit Un+1Vn+1 en remplaçant par les expressions de récurrence et simplifie les facteurs communs.
Correction
On calcule directement le produit à l'ordre n+1 : Un+1Vn+1=(Un+Vn2UnVn)×(2Un+Vn). En simplifiant les termes communs, on obtient Un+1Vn+1=UnVn. La suite (UnVn) est donc constante. Par conséquent, pour tout n, UnVn=U0V0=1×2=2.
5. Établir que les deux suites ont la même limite l.
Indice — Exprime la relation entre les limites en passant à la limite dans l'expression de Vn+1 et utilise le produit constant.
Correction
En utilisant la continuité des fonctions et le fait que les suites (Un) et (Vn) sont adjacentes, on passe à la limite dans la relation de récurrence de Vn+1. On obtient l=2l+l′, où l et l′ sont les limites respectives des suites. En exploitant la constance du produit UnVn=U0V0=2 établie précédemment, on en déduit par unicité de la limite que les deux suites convergent vers la même limite l.
6. En déduire la valeur exacte de la limite commune l.
Indice — Passe à la limite dans la relation produit en utilisant la limite commune l et la positivité des termes.
Correction
On sait que le produit UnVn=2 pour tout entier n (propriété géométrique arithmétique invariante). En passant à la limite dans cette relation avec la limite commune l, on obtient l×l=2, soit l2=2. Comme tous les termes des suites (Un) et (Vn) sont strictement positifs, la limite l est nécessairement positive, ce qui donne l=2.
Exercice 5
intermediaire
Soient les suites (Un) et (Vn) définies sur N par :
U0=1etUn+1=Un+Vn2UnVn
V0=2etVn+1=2Un+Vn
1. Démontrer que pour tout n∈N on a 0<Un<Vn.
Indice — Utilise un raisonnement par récurrence sur l'entier n. Pour l'hérédité, exprime la différence Un+1−Vn+1 à l'aide d'un carré parfait au numérateur.
Correction
On procède par récurrence sur n. Pour n=0, U0=1 et V0=2, on a bien 0<U0<V0. Supposons la propriété vraie au rang n. En calculant la différence, on obtient Un+1−Vn+1=−2(Un+Vn)(Un−Vn)2, qui est négative puisque Un<Vn et que les termes sont strictement positifs. Ainsi Un+1<Vn+1. De plus, Un+1>0 car le numérateur et le dénominateur sont strictement positifs. La propriété est donc héréditaire et vraie pour tout n.
2. Démontrer que la suite (Un) est croissante et que la suite (Vn) est décroissante.
Indice — Étudie le signe de la différence Un+1−Un pour la première suite, et celui de Vn+1−Vn pour la seconde.
Correction
Pour la suite (Un), on calcule Un+1−Un=Un+VnUn(Vn−Un). Comme Un>0 et Un<Vn, cette différence est positive, donc (Un) est croissante. Pour la suite (Vn), on a Vn+1−Vn=2Un−Vn, qui est négative d'après la question 1, donc (Vn) est décroissante.
3. En déduire que les suites (Un) et (Vn) sont convergentes.
Indice — Observe les bornes de chaque suite obtenues à la première question pour justifier la convergence.
Correction
D'après les questions 1 et 2, la suite (Un) est croissante et majorée par V0 (car Un<Vn≤V0), elle est donc convergente. De même, la suite (Vn) est décroissante et minorée par U0 (car Vn>Un≥U0), elle est donc également convergente.
4. Montrer que (Un) et (Vn) convergent vers la même limite l.
Indice — Passe à la limite dans la relation de récurrence de la suite (Vn) en posant l=limn→+∞Un et l′=limn→+∞Vn.
Correction
En posant limUn=l et limVn=l′, et en passant à la limite dans la relation de la suite (Vn) : l′=2l+l′, ce qui donne l=l′. Les deux suites convergent donc vers la même limite.
5. Montrer que pour tout n∈N on a UnVn=2.
Indice — Calcule le produit Un+1Vn+1 en fonction de UnVn et utilise la valeur initiale U0V0.
Correction
On calcule le produit des deux termes au rang n+1 : Un+1Vn+1=(Un+Vn2UnVn)×(2Un+Vn)=UnVn. Le produit est donc constant. Comme U0=1 et V0=2, on a U0V0=2, ce qui permet de conclure que pour tout n∈N, UnVn=2.
6. En déduire la valeur exacte de la limite commune l.
Indice — Utilise la relation établie à la question précédente en passant à la limite n→+∞, et tiens compte du signe des termes de la suite (Un).
Correction
Puisque les suites convergent vers une limite commune l, en passant à la limite dans la relation UnVn=2, on obtient l2=2. Comme les termes U0 et V0 sont strictement positifs, une récurrence immédiate montre que tous les termes des suites le sont également, donc l≥0. On en déduit la valeur exacte : l=2.
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