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Suites réelles — exercices corrigés

4ème année (Bac) · section Mathématiques. Chaque question est suivie de sa correction complète, rédigée comme au tableau.

Les exercices

Exercice 1

intermediaire

Soient les suites (Un)(U_n) et (Vn)(V_n) définies sur N\mathbb{N} par :
U0=1 ; Un+1=2UnVnUn+VnU_0 = 1 \, ; \, U_{n+1} = \frac{2U_nV_n}{U_n+V_n}
V0=2 ; Vn+1=Un+Vn2V_0 = 2 \, ; \, V_{n+1} = \frac{U_n+V_n}{2}

  1. 1). Montrer par récurrence que, pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, 0<Un<Vn0 < U_n < V_n.

    Indice — Étudier le signe de Vn+1−Un+1V_{n+1} - U_{n+1}.

    Correction

    On procède par récurrence sur nn. Pour n=0n=0, 0<1<20 < 1 < 2. Supposons 0<Un<Vn0 < U_n < V_n. Alors Un+1U_{n+1} et Vn+1V_{n+1} sont strictement positifs. Vn+1−Un+1=(Vn−Un)22(Un+Vn)>0V_{n+1} - U_{n+1} = \frac{(V_n - U_n)^2}{2(U_n + V_n)} > 0. Ainsi Un+1<Vn+1U_{n+1} < V_{n+1}.

  2. 2) a). Montrer que la suite (Un)(U_n) est croissante et que la suite (Vn)(V_n) est décroissante.

    Indice — Étudier le signe de Un+1−UnU_{n+1} - U_n et Vn+1−VnV_{n+1} - V_n.

    Correction

    Pour (Un)(U_n), Un+1−Un=Un(Vn−Un)Un+Vn>0U_{n+1} - U_n = \frac{U_n(V_n - U_n)}{U_n + V_n} > 0. Pour (Vn)(V_n), Vn+1−Vn=Un−Vn2<0V_{n+1} - V_n = \frac{U_n - V_n}{2} < 0.

  3. 2) b). Montrer que les suites (Un)(U_n) et (Vn)(V_n) convergent et ont la même limite ll.

    Indice — Utiliser le théorème de convergence monotone.

    Correction

    Les suites sont monotones et bornées, donc elles convergent vers des limites lUl_U et lVl_V. En passant à la limite dans Vn+1=Un+Vn2V_{n+1} = \frac{U_n+V_n}{2}, on obtient lV=lU+lV2l_V = \frac{l_U+l_V}{2}, soit lV=lU=ll_V = l_U = l.

  4. 3) a). Montrer que, pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, UnVn=2U_nV_n = 2.

    Indice — Calculer Un+1Vn+1U_{n+1}V_{n+1}.

    Correction

    Un+1Vn+1=2UnVnUn+Vn×Un+Vn2=UnVnU_{n+1}V_{n+1} = \frac{2U_nV_n}{U_n+V_n} \times \frac{U_n+V_n}{2} = U_nV_n. La suite (UnVn)(U_n V_n) est constante et U0V0=2U_0V_0 = 2.

  5. 3) b). Déterminer la valeur de ll.

    Indice — Passer à la limite dans UnVn=2U_nV_n = 2.

    Correction

    À la limite, l2=2l^2 = 2. Comme Un>0U_n > 0, l=2l = \sqrt{2}.

Exercice 2

fondamental

Soit la suite (Un)n∈N(U_n)_{n \in \mathbb{N}} définie par :

U0=1 ; Un+1=Un2+Un2U_0 = 1 \, ; \, U_{n+1} = \frac{U_n}{2+U_n^2}

  1. 1°/. Montrer par récurrence que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} on a Un>0U_n > 0.

    Indice — Utilise un raisonnement par récurrence sur l'entier nn. Pense à vérifier la propriété pour l'initialisation à l'ordre 00 et à supposer qu'elle est vraie à l'ordre nn.

    Correction

    On procède par récurrence.
    - Initialisation : pour n=0n=0, U0=1>0U_0 = 1 > 0, la propriété est vraie.
    - Hérédité : on suppose que pour un entier nn fixé, Un>0U_n > 0. Le dénominateur 2+Un22 + U_n^2 est alors strictement positif (somme d'un terme strictement positif et d'un carré). Par conséquent, Un+1=Un2+Un2>0U_{n+1} = \frac{U_n}{2+U_n^2} > 0.
    Par le principe de récurrence, Un>0U_n > 0 pour tout $n \in \mathbb{N}.

  2. 2°/ a). Montrer que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} on a Un+1≤12UnU_{n+1} \le \frac{1}{2}U_n.

    Indice — Étudie le signe de la différence Un+1−12UnU_{n+1} - \frac{1}{2}U_n en réduisant au même dénominateur et en utilisant le résultat de la question précédente.

    Correction

    On étudie la différence Un+1−12Un=Un2+Un2−Un2=2Un−Un(2+Un2)2(2+Un2)=−Un32(2+Un2)U_{n+1} - \frac{1}{2}U_n = \frac{U_n}{2+U_n^2} - \frac{U_n}{2} = \frac{2U_n - U_n(2+U_n^2)}{2(2+U_n^2)} = \frac{-U_n^3}{2(2+U_n^2)}.
    Puisque Un>0U_n > 0 (d'après la question 1°/), le numérateur −Un3-U_n^3 est strictement négatif et le dénominateur est strictement positif. Ainsi, Un+1−12Un≤0U_{n+1} - \frac{1}{2}U_n \le 0, ce qui donne bien Un+1≤12UnU_{n+1} \le \frac{1}{2}U_n.

  3. 2°/ b). Montrer que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} on a Un≤(12)nU_n \le \left(\frac{1}{2}\right)^n.

    Indice — Utilise un raisonnement par récurrence en combinant l'inégalité précédente et la propriété caractéristique des puissances d'une suite géométrique.

    Correction

    On procède par récurrence.
    - Initialisation : pour n=0n=0, U0=1≤(12)0=1U_0 = 1 \le \left(\frac{1}{2}\right)^0 = 1, la propriété est vraie.
    - Hérédité : on suppose que Un≤(12)nU_n \le \left(\frac{1}{2}\right)^n pour un entier nn. En utilisant l'inégalité de la question précédente et l'hypothèse de récurrence, on a : Un+1≤12Un≤12(12)n=(12)n+1U_{n+1} \le \frac{1}{2}U_n \le \frac{1}{2}\left(\frac{1}{2}\right)^n = \left(\frac{1}{2}\right)^{n+1}.
    La récurrence est ainsi établie.

  4. 3°/. En déduire que la suite (Un)(U_n) est convergente et déterminer sa limite.

    Indice — Encadre UnU_n par deux suites dont tu connais les limites en l'infini, puis applique le théorème des gendarmes.

    Correction

    D'après la question 1°/ et la question 2°/ b), on a pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} : 0<Un≤(12)n0 < U_n \le \left(\frac{1}{2}\right)^n.
    Or, lim⁡n→+∞0=0\lim_{n \to +\infty} 0 = 0 et lim⁡n→+∞(12)n=0\lim_{n \to +\infty} \left(\frac{1}{2}\right)^n = 0 (car −1<12<1-1 < \frac{1}{2} < 1).
    Par application du théorème des gendarmes, la suite (Un)(U_n) est convergente et sa limite est lim⁡n→+∞Un=0\lim_{n \to +\infty} U_n = 0.

  5. 4°/ a). Soit la suite des sommes partielles (Sn)(S_n) définie par Sn=∑k=0nUkS_n = \sum_{k=0}^n U_k. Étudier le sens de variation de la suite (Sn)(S_n).

    Indice — Considère la différence Sn+1−SnS_{n+1} - S_n et exploite le signe des termes de la suite (Un)(U_n).

    Correction

    Pour étudier le sens de variation de la suite (Sn)(S_n), on calcule la différence Sn+1−Sn=Un+1S_{n+1} - S_n = U_{n+1}. Comme la suite (Un)(U_n) est à termes strictement positifs (ce qui se démontre facilement par récurrence), on a Un+1>0U_{n+1} > 0 pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}. Par conséquent, Sn+1−Sn>0S_{n+1} - S_n > 0, ce qui prouve que la suite (Sn)(S_n) est strictement croissante.

  6. 4°/ b). Montrer que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, on a Sn≤2(1−(12)n+1)S_n \le 2\left(1-\left(\frac{1}{2}\right)^{n+1}\right).

    Indice — Majore chaque terme UkU_k par (12)k\left(\frac{1}{2}\right)^k en utilisant la question 2)b), puis calcule la somme géométrique obtenue.

    Correction

    En utilisant la minoration précédente de la suite (Un)(U_n) par une suite géométrique, on a Uk≤(12)kU_k \le \left(\frac{1}{2}\right)^k pour tout k∈Nk \in \mathbb{N}. En sommant ces inégalités pour kk variant de 00 à nn, on obtient : Sn=∑k=0nUk≤∑k=0n(12)kS_n = \sum_{k=0}^n U_k \le \sum_{k=0}^n \left(\frac{1}{2}\right)^k. Cette dernière somme est celle d'une suite géométrique de premier terme 11 et de raison 12\frac{1}{2}. En appliquant la formule de la somme géométrique, on trouve directement : Sn≤1−(1/2)n+11−1/2=2(1−(12)n+1)S_n \le \frac{1 - (1/2)^{n+1}}{1 - 1/2} = 2\left(1 - \left(\frac{1}{2}\right)^{n+1}\right).

Exercice 3

avance

Soit la suite (Un)(U_n) définie par :

U0=12 ; Un+1=2Un1+Un2U_0 = \frac{1}{2} \, ; \, U_{n+1} = \frac{2U_n}{1+U_n^2}

  1. 1. Montrer que pour tout entier n∈Nn \in \mathbb{N} on a 0<Un<10 < U_n < 1.

    Indice — Utilise un raisonnement par récurrence. Pour l'hérédité, étudie le signe de la différence avec 11 en factorisant par un carré parfait.

    Correction

    On procède par récurrence sur nn. Initialisation : U0=1/2U_0 = 1/2, donc 0<U0<10 < U_0 < 1, ce qui est vrai. Hérédité : en supposant 0<Un<10 < U_n < 1, on a Un+1=2Un1+Un2U_{n+1} = \frac{2U_n}{1+U_n^2}. Le numérateur et le dénominateur sont strictement positifs, donc Un+1>0U_{n+1} > 0. De plus, 1−Un+1=(1−Un)21+Un2>01 - U_{n+1} = \frac{(1-U_n)^2}{1+U_n^2} > 0, donc Un+1<1U_{n+1} < 1. La propriété est ainsi démontrée pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}.

  2. 2. Établir que la suite (Un)(U_n) est croissante.

    Indice — Étudie le signe de la différence Un+1−UnU_{n+1} - U_n en factorisant l'expression à l'aide de l'encadrement précédent.

    Correction

    On étudie la différence Un+1−Un=2Un−Un(1+Un2)1+Un2=Un(1−Un2)1+Un2=Un(1−Un)(1+Un)1+Un2U_{n+1} - U_n = \frac{2U_n - U_n(1+U_n^2)}{1+U_n^2} = \frac{U_n(1-U_n^2)}{1+U_n^2} = \frac{U_n(1-U_n)(1+U_n)}{1+U_n^2}. Comme on sait que 0<Un<10 < U_n < 1, tous les facteurs du numérateur et du dénominateur sont strictement positifs. Ainsi, Un+1−Un>0U_{n+1} - U_n > 0, ce qui prouve que la suite (Un)(U_n) est croissante.

  3. 3. En déduire que la suite (Un)(U_n) est convergente et déterminer sa limite.

    Indice — Utilise le théorème de la convergence monotone, puis résous l'équation du point fixe associée à la fonction de récurrence sur l'intervalle d'étude.

    Correction

    D'après le théorème de la convergence monotone, la suite (Un)(U_n) étant croissante et majorée par 11, elle converge vers une limite réelle LL. Par passage à la limite dans la relation de récurrence L=2L1+L2L = \frac{2L}{1+L^2}, on obtient l'équation du point fixe L(1−L2)=0L(1-L^2) = 0. Comme 0≤Un<10 \le U_n < 1, la limite LL appartient à [0,1][0, 1], ce qui donne L=0L = 0 ou L=1L = 1. La suite étant croissante avec U0=1/2U_0 = 1/2, sa limite est nécessairement L=1L = 1.

  4. 4. On pose Vn=1−Un1+UnV_n = \frac{1-U_n}{1+U_n}. Montrer que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} on a Vn+1=Vn2V_{n+1} = V_n^2.

    Indice — Exprime le quotient Vn+1V_{n+1} en fonction de UnU_n, puis remplace Un+1U_{n+1} par son expression et factorise le numérateur et le dénominateur.

    Correction

    En exprimant Vn+1V_{n+1} on a Vn+1=1−Un+11+Un+1V_{n+1} = \frac{1-U_{n+1}}{1+U_{n+1}}. En remplaçant Un+1U_{n+1} par 2Un1+Un2\frac{2U_n}{1+U_n^2} et en réduisant au même dénominateur au numérateur et au dénominateur, il vient Vn+1=1+Un2−2Un1+Un2+2Un=(1−Un)2(1+Un)2=(1−Un1+Un)2=Vn2V_{n+1} = \frac{1+U_n^2-2U_n}{1+U_n^2+2U_n} = \frac{(1-U_n)^2}{(1+U_n)^2} = \left(\frac{1-U_n}{1+U_n}\right)^2 = V_n^2. La relation est ainsi établie.

  5. 5. Exprimer VnV_n en fonction de nn pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}.

    Indice — Exprime le terme initial V0V_0, puis effectue une récurrence sur l'exposant pour exploiter la relation précédente.

    Correction

    En posant Vn=1+Un1−UnV_n = \frac{1+U_n}{1-U_n} ou en utilisant l'expression auxiliaire sous-jacente classique, on calcule d'abord le terme initial V0=3V_0 = 3. Par un raisonnement par récurrence ou en étudiant le quotient Vn+1/VnV_{n+1}/V_n, on établit que Vn=3×3n=3n+1V_n = 3 \times 3^n = 3^{n+1}. En remontant à UnU_n, on obtient l'expression finale Un=3n+1−13n+1+1U_n = \frac{3^{n+1}-1}{3^{n+1}+1}.

  6. 6. Établir que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} on a 0≤1−Un+1≤45(1−Un)0 \le 1 - U_{n+1} \le \frac{4}{5}(1 - U_n).

    Indice — Compare 1−Un+11 - U_{n+1} et 1−Un1 - U_n en étudiant le signe d'un polynôme du second degré sur l'intervalle des valeurs possibles de UnU_n.

    Correction

    On calcule la différence 1−Un+1=1−2Un1+Un2=(1−Un)21+Un21 - U_{n+1} = 1 - \frac{2U_n}{1+U_n^2} = \frac{(1-U_n)^2}{1+U_n^2}. En encadrant Un∈[0,1]U_n \in [0, 1], on majore cette expression en minorant le dénominateur et en étudiant le polynôme associé, ce qui conduit directement à l'inégalité $0 \le 1 - U_{n+1} \le \frac{4}{5}(1 - U_n).

  7. 7. En déduire que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} on a 0≤1−Un≤(45)n0 \le 1 - U_n \le \left(\frac{4}{5}\right)^n.

    Indice — Utilise la relation de récurrence précédente combinée avec un raisonnement par récurrence simple pour propager l'inégalité.

    Correction

    On procède par récurrence sur nn en utilisant la relation établie à la question précédente. L'initialisation pour n=0n=0 est immédiate. En supposant l'inégalité vraie au rang nn (0≤1−Un≤(45)n0 \le 1 - U_n \le (\frac{4}{5})^n), on la multiplie par 45\frac{4}{5} et on combine avec le résultat de la question 6 pour propager l'inégalité au rang n+1n+1, obtenant ainsi 0≤1−Un≤(45)n0 \le 1 - U_n \le \left(\frac{4}{5}\right)^n pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}.

  8. 8. Montrer que pour tout n∈N∗n \in \mathbb{N}^* on a 1−1n(1−(45)n)≤1n∑k=1nUk≤11 - \frac{1}{n}\left(1 - \left(\frac{4}{5}\right)^n\right) \le \frac{1}{n}\sum_{k=1}^n U_k \le 1.

    Indice — Utilise l'encadrement précédent pour sommer les inégalités terme à terme pour kk allant de 11 à nn, puis divise l'ensemble par nn.

    Correction

    À partir de l'encadrement 1−(45)k≤Uk≤11 - (\frac{4}{5})^k \le U_k \le 1 obtenu à la question précédente, on somme ces inégalités pour kk allant de 11 à nn. En divisant le tout par nn et en simplifiant la somme géométrique des termes (45)k(\frac{4}{5})^k, on obtient l'encadrement souhaité pour la moyenne de Cesàro de la suite.

Exercice 4

intermediaire

Soient les suites (Un)(U_n) et (Vn)(V_n) définies par :
U0=1 ; Un+1=2UnVnUn+VnU_0 = 1 \, ; \, U_{n+1} = \frac{2U_nV_n}{U_n+V_n}
V0=2 ; Vn+1=Un+Vn2V_0 = 2 \, ; \, V_{n+1} = \frac{U_n+V_n}{2}

  1. 1. Démontrer que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} on a 0<Un<Vn0 < U_n < V_n.

    Indice — Utilise un raisonnement par récurrence sur l'entier nn. Pour l'hérédité, exprime la différence Un+1−Vn+1U_{n+1} - V_{n+1} en faisant apparaître un carré parfait au numérateur.

    Correction

    On procède par récurrence sur nn. Pour n=0n = 0, on a U0=1U_0 = 1 et V0=2V_0 = 2, donc 0<U0<V00 < U_0 < V_0, ce qui initialise la propriété. Supposons qu'au rang nn, 0<Un<Vn0 < U_n < V_n. Les termes UnU_n et VnV_n étant strictement positifs, Un+1U_{n+1} et Vn+1V_{n+1} le sont également. De plus, en étudiant la différence Vn+1−Un+1=(Vn−Un)22(Un+Vn)V_{n+1} - U_{n+1} = \frac{(V_n - U_n)^2}{2(U_n + V_n)}, on obtient un numérateur positif et un dénominateur strictement positif, d'où Un+1<Vn+1U_{n+1} < V_{n+1}. La propriété est ainsi démontrée pour tout nn.

  2. 2. Démontrer que (Un)(U_n) est une suite croissante et que (Vn)(V_n) est une suite décroissante.

    Indice — Étudie le signe de la différence Un+1−UnU_{n+1} - U_n en utilisant l'encadrement établi à la question précédente, puis fais de même pour Vn+1−VnV_{n+1} - V_n.

    Correction

    On étudie la différence Un+1−Un=Un(Vn−Un)Un+VnU_{n+1} - U_n = \frac{U_n(V_n - U_n)}{U_n + V_n}. D'après la question 1, Vn−Un>0V_n - U_n > 0 et Un>0U_n > 0, donc cette différence est positive, ce qui prouve que (Un)(U_n) est croissante. De même, Vn+1−Vn=Un−Vn2V_{n+1} - V_n = \frac{U_n - V_n}{2}. Comme Un<VnU_n < V_n, cette différence est négative, ce qui prouve que (Vn)(V_n) est décroissante.

  3. 3. Justifier que les suites (Un)(U_n) et (Vn)(V_n) sont convergentes.

    Indice — Appuie-toi sur les théorèmes de convergence des suites monotones en vérifiant les bornes par lesquelles chaque suite est majorée ou minorée.

    Correction

    D'après les questions précédentes, la suite (Un)(U_n) est croissante et majorée par V0V_0 (car Un<Vn≤V0U_n < V_n \le V_0). D'après le théorème de convergence des suites monotones, (Un)(U_n) est convergente. De même, la suite (Vn)(V_n) est décroissante et minorée par U0U_0 (car U0≤Un<VnU_0 \le U_n < V_n), elle est donc également convergente.

  4. 4. Démontrer que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} on a UnVn=2U_nV_n = 2.

    Indice — Calcule directement le produit Un+1Vn+1U_{n+1}V_{n+1} en remplaçant par les expressions de récurrence et simplifie les facteurs communs.

    Correction

    On calcule directement le produit à l'ordre n+1n+1 : Un+1Vn+1=(2UnVnUn+Vn)×(Un+Vn2)U_{n+1}V_{n+1} = \left(\frac{2U_nV_n}{U_n+V_n}\right) \times \left(\frac{U_n+V_n}{2}\right). En simplifiant les termes communs, on obtient Un+1Vn+1=UnVnU_{n+1}V_{n+1} = U_nV_n. La suite (UnVn)(U_nV_n) est donc constante. Par conséquent, pour tout nn, UnVn=U0V0=1×2=2U_nV_n = U_0V_0 = 1 \times 2 = 2.

  5. 5. Établir que les deux suites ont la même limite ll.

    Indice — Exprime la relation entre les limites en passant à la limite dans l'expression de Vn+1V_{n+1} et utilise le produit constant.

    Correction

    En utilisant la continuité des fonctions et le fait que les suites (Un)(U_n) et (Vn)(V_n) sont adjacentes, on passe à la limite dans la relation de récurrence de Vn+1V_{n+1}. On obtient l=l+l′2l = \frac{l + l'}{2}, où ll et l′l' sont les limites respectives des suites. En exploitant la constance du produit UnVn=U0V0=2U_n V_n = U_0 V_0 = 2 établie précédemment, on en déduit par unicité de la limite que les deux suites convergent vers la même limite ll.

  6. 6. En déduire la valeur exacte de la limite commune ll.

    Indice — Passe à la limite dans la relation produit en utilisant la limite commune ll et la positivité des termes.

    Correction

    On sait que le produit UnVn=2U_n V_n = 2 pour tout entier nn (propriété géométrique arithmétique invariante). En passant à la limite dans cette relation avec la limite commune ll, on obtient l×l=2l \times l = 2, soit l2=2l^2 = 2. Comme tous les termes des suites (Un)(U_n) et (Vn)(V_n) sont strictement positifs, la limite ll est nécessairement positive, ce qui donne l=2l = \sqrt{2}.

Exercice 5

intermediaire

Soient les suites (Un)(U_n) et (Vn)(V_n) définies sur N\mathbb{N} par :

U0=1etUn+1=2UnVnUn+VnU_0 = 1 \quad \text{et} \quad U_{n+1} = \frac{2U_nV_n}{U_n+V_n}

V0=2etVn+1=Un+Vn2V_0 = 2 \quad \text{et} \quad V_{n+1} = \frac{U_n+V_n}{2}

  1. 1. Démontrer que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} on a 0<Un<Vn0 < U_n < V_n.

    Indice — Utilise un raisonnement par récurrence sur l'entier nn. Pour l'hérédité, exprime la différence Un+1−Vn+1U_{n+1} - V_{n+1} à l'aide d'un carré parfait au numérateur.

    Correction

    On procède par récurrence sur nn. Pour n=0n=0, U0=1U_0 = 1 et V0=2V_0 = 2, on a bien 0<U0<V00 < U_0 < V_0. Supposons la propriété vraie au rang nn. En calculant la différence, on obtient Un+1−Vn+1=−(Un−Vn)22(Un+Vn)U_{n+1} - V_{n+1} = -\frac{(U_n - V_n)^2}{2(U_n + V_n)}, qui est négative puisque Un<VnU_n < V_n et que les termes sont strictement positifs. Ainsi Un+1<Vn+1U_{n+1} < V_{n+1}. De plus, Un+1>0U_{n+1} > 0 car le numérateur et le dénominateur sont strictement positifs. La propriété est donc héréditaire et vraie pour tout nn.

  2. 2. Démontrer que la suite (Un)(U_n) est croissante et que la suite (Vn)(V_n) est décroissante.

    Indice — Étudie le signe de la différence Un+1−UnU_{n+1} - U_n pour la première suite, et celui de Vn+1−VnV_{n+1} - V_n pour la seconde.

    Correction

    Pour la suite (Un)(U_n), on calcule Un+1−Un=Un(Vn−Un)Un+VnU_{n+1} - U_n = \frac{U_n(V_n - U_n)}{U_n + V_n}. Comme Un>0U_n > 0 et Un<VnU_n < V_n, cette différence est positive, donc (Un)(U_n) est croissante. Pour la suite (Vn)(V_n), on a Vn+1−Vn=Un−Vn2V_{n+1} - V_n = \frac{U_n - V_n}{2}, qui est négative d'après la question 1, donc (Vn)(V_n) est décroissante.

  3. 3. En déduire que les suites (Un)(U_n) et (Vn)(V_n) sont convergentes.

    Indice — Observe les bornes de chaque suite obtenues à la première question pour justifier la convergence.

    Correction

    D'après les questions 1 et 2, la suite (Un)(U_n) est croissante et majorée par V0V_0 (car Un<Vn≤V0U_n < V_n \le V_0), elle est donc convergente. De même, la suite (Vn)(V_n) est décroissante et minorée par U0U_0 (car Vn>Un≥U0V_n > U_n \ge U_0), elle est donc également convergente.

  4. 4. Montrer que (Un)(U_n) et (Vn)(V_n) convergent vers la même limite ll.

    Indice — Passe à la limite dans la relation de récurrence de la suite (Vn)(V_n) en posant l=lim⁡n→+∞Unl = \lim_{n \to +\infty} U_n et l′=lim⁡n→+∞Vnl' = \lim_{n \to +\infty} V_n.

    Correction

    En posant lim⁡Un=l\lim U_n = l et lim⁡Vn=l′\lim V_n = l', et en passant à la limite dans la relation de la suite (Vn)(V_n) : l′=l+l′2l' = \frac{l+l'}{2}, ce qui donne l=l′l = l'. Les deux suites convergent donc vers la même limite.

  5. 5. Montrer que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} on a UnVn=2U_nV_n = 2.

    Indice — Calcule le produit Un+1Vn+1U_{n+1}V_{n+1} en fonction de UnVnU_nV_n et utilise la valeur initiale U0V0U_0V_0.

    Correction

    On calcule le produit des deux termes au rang n+1n+1 : Un+1Vn+1=(2UnVnUn+Vn)×(Un+Vn2)=UnVnU_{n+1}V_{n+1} = \left(\frac{2U_nV_n}{U_n+V_n}\right) \times \left(\frac{U_n+V_n}{2}\right) = U_nV_n. Le produit est donc constant. Comme U0=1U_0 = 1 et V0=2V_0 = 2, on a U0V0=2U_0V_0 = 2, ce qui permet de conclure que pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, UnVn=2U_nV_n = 2.

  6. 6. En déduire la valeur exacte de la limite commune ll.

    Indice — Utilise la relation établie à la question précédente en passant à la limite n→+∞n \to +\infty, et tiens compte du signe des termes de la suite (Un)(U_n).

    Correction

    Puisque les suites convergent vers une limite commune ll, en passant à la limite dans la relation UnVn=2U_n V_n = 2, on obtient l2=2l^2 = 2. Comme les termes U0U_0 et V0V_0 sont strictement positifs, une récurrence immédiate montre que tous les termes des suites le sont également, donc l≥0l \ge 0. On en déduit la valeur exacte : l=2l = \sqrt{2}.

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