Si F et G sont deux primitives d'une même fonction f sur un intervalle I, elles diffèrent d'une constante réelle C :
G(x)=F(x)+C
Pour deux réels a et b de I, que vaut la différence G(b)−G(a) exprimée avec F ?
Remarque
Les constantes s'éliminent par soustraction : (F(b)+C)−(F(a)+C)=F(b)−F(a). La variation entre deux points ne dépend donc pas de la primitive choisie.
Point de départ · 2
La notation intégrale
Pour désigner le nombre F(b)−F(a) associé à une fonction continue f, on utilise une notation dédiée :
∫abf(x)dx
Dans cette écriture, la lettre x est une variable muette. Laquelle de ces expressions représente exactement le même nombre réel ?
Remarque
Le nom de la variable d'intégration ne modifie pas la valeur : ∫abf(x)dx=∫abf(t)dt=∫abf(u)du.
Définition · 3
Définition de l'intégrale définie
f est une fonction continue sur un intervalle I, et a,b∈I
∫abf(x)dx=[F(x)]ab=F(b)−F(a)
Le symbole [F(x)]ab est un crochet de primitive. Il se lit « F(x) pris entre a et b ».
Lorsque a≤b et que f est positive sur [a;b], ce nombre réel mesure l'aire, exprimée en unités d'aire (u.a.), du domaine situé sous la courbe de f entre les droites x=a et x=b.
Exemple travaillé · 4
Calcul direct d'une intégrale polynomiale
Calculer l'intégrale I=∫−12(x2−4x+3)dx.
1
On détermine une primitive F du polynôme x2−4x+3 sur R :
2
F(x)=3x3−2x2+3x
3
On pose le crochet entre les bornes −1 et 2 :
4
I=[3x3−2x2+3x]−12
5
On évalue F en la borne supérieure 2 :
6
F(2)=323−2(22)+3(2)=38−8+6=32
7
On évalue F en la borne inférieure −1 :
8
F(−1)=3(−1)3−2(−1)2+3(−1)=−31−2−3=−316
9
On effectue la soustraction F(2)−F(−1) :
10
I=32−(−316)=318=6
Exemple travaillé · 5
Ajustement de constante pour une forme dérivée
Calculer l'intégrale J=∫02(x2+1)23xdx.
1
On pose u(x)=x2+1, de dérivée u′(x)=2x.
2
On ajuste la constante au numérateur pour faire apparaître la forme u2u′ :
3
(x2+1)23x=23⋅(x2+1)22x=23⋅u2(x)u′(x)
4
Une primitive sur [0;2] est donc :
5
F(x)=−23⋅x2+11
6
On calcule la valeur du crochet aux bornes 0 et 2 :
7
J=[−2(x2+1)3]02=−2(5)3−(−2(1)3)=−103+23=56
Piège classique · 6
Pour la fonction F(x)=x2−2x, quelle est la valeur exacte du crochet [x2−2x]−12 ?
Attention
Calculer F(−1)=−1−2=−3 en oubliant que (−1)2=1, ce qui donne 0−(−3)=3.
À la place : On a (−1)2=1, donc F(−1)=1−2(−1)=1+2=3. La formule impose F(2)−F(−1)=0−3=−3.
Vérification · 7
Calculer la valeur exacte de l'intégrale ∫13(2x−1)dx.
Remarque
Une primitive de 2x−1 sur R est F(x)=x2−x. On évalue le crochet : [x2−x]13=(32−3)−(12−1)=(9−3)−(1−1)=6−0=6.
Point de départ · 8
Aire et compensation algébrique
On considère la fonction f(x)=x sur l'intervalle [−1;1]. Sa droite délimite avec l'axe des abscisses deux triangles symétriques par rapport à l'origine.
∫−11xdx=[2x2]−11=21−21=0
L'aire géométrique totale de la surface coloriée entre x=−1 et x=1 est-elle égale à 0 ?
Remarque
Une aire géométrique est toujours strictement positive pour une surface non vide. L'intégrale brute effectue un bilan algébrique : la zone située sous l'axe (comptée négativement) a compensé la zone située au-dessus (comptée positivement).
Définition · 9
Aire géométrique d'une courbe de signe quelconque
f est continue sur [a;b] avec a≤b
A=∫ab∣f(x)∣dx
L'aire (en unités d'aire) du domaine délimité par la courbe de f, l'axe des abscisses et les droites verticales x=a et x=b est l'intégrale de la valeur absolue ∣f(x)∣.
Pour expliciter ce calcul sans valeur absolue, on étudie le signe de f(x) sur [a;b] et on découpe l'intégrale par la relation de Chasles en chaque zéro de f :
Si f≤0 sur [a;c] et f≥0 sur [c;b],A=∫ac−f(x)dx+∫cbf(x)dx
Exemple travaillé · 10
Découpage d'intégrale pour une fonction changeant de signe
Calculer l'aire A de la région du plan limitée par la courbe de f(x)=x2−2x, l'axe des abscisses et les droites d'équations x=0 et x=3.
1
On factorise f(x)=x(x−2) pour déterminer son signe sur [0;3] :
2
Sur [0;2], f(x)≤0, donc ∣f(x)∣=−(x2−2x)=2x−x2.
3
Sur [2;3], f(x)≥0, donc ∣f(x)∣=x2−2x.
4
On applique la relation de Chasles au point d'annulation x=2 :
5
A=∫02(2x−x2)dx+∫23(x2−2x)dx
6
On calcule l'aire de la portion située sous l'axe :
7
∫02(2x−x2)dx=[x2−3x3]02=4−38=34
8
On calcule l'aire de la portion située au-dessus de l'axe :
9
∫23(x2−2x)dx=[3x3−x2]23=(9−9)−(38−4)=34
10
On additionne les deux aires partielles :
11
A=34+34=38 u.a.
Exemple travaillé · 11
Aire entre deux courbes qui se croisent
Calculer l'aire A de la région délimitée par les courbes de f(x)=sinx et g(x)=cosx entre les droites x=0 et x=2π.
1
L'aire délimitée entre deux courbes est donnée par A=∫02π∣cosx−sinx∣dx.
2
On détermine le point d'intersection des deux courbes sur [0;2π] :
3
cosx=sinx⟺x=4π
4
On étudie la position relative des deux courbes :
5
Sur [0;4π], cosx≥sinx, donc ∣cosx−sinx∣=cosx−sinx.
6
Sur [4π;2π], sinx≥cosx, donc ∣cosx−sinx∣=sinx−cosx.
7
On découpe l'intégrale en 4π avec la relation de Chasles :
8
A=∫04π(cosx−sinx)dx+∫4π2π(sinx−cosx)dx
9
On calcule chaque crochet de primitive :
10
[sinx+cosx]04π=(22+22)−(0+1)=2−1
11
[−cosx−sinx]4π2π=(0−1)−(−22−22)=2−1
12
On conclut par la somme des deux intégrales :
13
A=(2−1)+(2−1)=22−2 u.a.
Piège classique · 12
On cherche l'aire délimitée par la courbe de f(x)=x3, l'axe des abscisses et les droites x=−1 et x=1. Quelle démarche donne la valeur exacte de l'aire ?
Attention
Calculer directement ∫−11x3dx=[4x4]−11=0 u.a. sans tenir compte du changement de signe en 0.
À la place : La fonction x3 est négative sur [−1;0] et positive sur [0;1]. L'aire exacte vaut ∫−10(−x3)dx+∫01x3dx=41+41=21 u.a.
Vérification · 13
Quelle est l'aire A de la région du plan limitée par la courbe de f(x)=x2−1, l'axe des abscisses et les droites x=0 et x=2 ?
Remarque
Sur [0;1], x2−1≤0, donc l'aire vaut ∫01(1−x2)dx=[x−3x3]01=32. Sur [1;2], x2−1≥0, l'aire vaut ∫12(x2−1)dx=[3x3−x]12=34. L'aire totale vaut 32+34=2 u.a. L'intégrale directe aurait donné 32, faussée par compensation.
Point de départ · 14
Dériver sans calculer de primitive
On considère la fonction définie sur R par :
F(x)=∫0xt4+1dt
Pour déterminer le sens de variation de F, doit-on d'abord calculer une formule explicite pour l'intégrale ?
Remarque
Non. La fonction t↦t4+11 ne possède pas de primitive exprimable avec les fonctions usuelles du programme. En revanche, le théorème fondamental assure que F est directement la primitive qui s'annule en 0 : sa dérivée est immédiatement F′(x)=x4+11.
Définition · 15
Dérivation d'une fonction définie par une intégrale
f est une fonction continue sur un intervalle I, et a∈I
F(x)=∫axf(t)dt⟹F′(x)=f(x)
La fonction F est l'unique primitive de f sur I qui s'annule en a.
u est une fonction deˊrivable sur J telle que u(J)⊂I
G(x)=∫au(x)f(t)dt⟹G′(x)=u′(x)⋅f(u(x))
Il s'agit de la dérivée de la fonction composée G=F∘u, ce qui fait apparaître le facteur multiplicatif u′(x) issu de la règle de dérivation en chaîne.
Exemple travaillé · 16
Variations d'une fonction intégrale à borne directe
Étudier le sens de variation de la fonction F définie sur R par F(x)=∫0xt4+1dt.
1
Pour tout t∈R, t4+1≥1>0, donc la fonction t↦t4+11 est continue sur R.
2
D'après le théorème fondamental de l'analyse, F est dérivable sur R et sa fonction dérivée est donnée par :
3
F′(x)=x4+11
4
Pour tout réel x, la racine carrée est strictement positive :
5
F′(x)>0
6
La dérivée est strictement positive sur R, donc F est strictement croissante sur R.
Exemple travaillé · 17
Dérivation avec borne supérieure composée
Soit la fonction G définie sur [0;4π] par G(x)=∫0tanx1+t2dt. Démontrer que G est dérivable sur [0;4π] et déterminer sa fonction dérivée.
1
La fonction f:t↦1+t21 est continue sur R.
2
La fonction u:x↦tanx est dérivable sur [0;4π], de dérivée u′(x)=1+tan2x, avec u([0;4π])=[0;1]⊂R.
3
Par dérivation d'une fonction composée, G est dérivable sur [0;4π] et :
4
G′(x)=u′(x)⋅f(u(x))=(1+tan2x)⋅1+(tanx)21
5
On simplifie l'expression obtenue :
6
G′(x)=(1+tan2x)⋅1+tan2x1=1
Piège classique · 18
On considère la fonction H définie sur ]0;+∞[ par H(x)=∫12xt1dt. Quelle est l'expression de sa dérivée H′(x) ?
Attention
Remplacer simplement t par 2x pour écrire H′(x)=2x1, en oubliant la dérivée de la borne u(x)=2x.
À la place : La borne supérieure est u(x)=2x, de dérivée u′(x)=2. La formule u′(x)⋅f(u(x)) impose H′(x)=2×2x1=x1.
Vérification · 19
Soit la fonction K définie sur R par K(x)=∫0x21+t2dt. Quelle est l'expression de K′(x) pour tout x∈R ?
Remarque
La borne supérieure est u(x)=x2, de dérivée u′(x)=2x. En appliquant K′(x)=u′(x)⋅f(u(x)), on obtient K′(x)=2x×1+(x2)21=1+x42x.
Point de départ · 20
Dériver un produit pour intégrer un produit
On sait que la dérivée d'un produit est (uv)′=u′v+uv′. En intégrant cette égalité sur [a;b], on obtient :
∫ab(u(t)v(t))′dt=[u(t)v(t)]ab
Si l'on cherche à isoler ∫abu(t)v′(t)dt, quelle expression exacte obtient-on ?
Remarque
En transposant, ∫abu(t)v′(t)dt=[u(t)v(t)]ab−∫abu′(t)v(t)dt. On a transféré la dérivation de v′ vers u pour obtenir une intégrale souvent plus simple à calculer.
Définition · 21
Théorème d'intégration par parties
u et v sont deux fonctions deˊrivables sur [a;b], de deˊriveˊes u′ et v′ continues sur [a;b]
∫abu(t)v′(t)dt=[u(t)v(t)]ab−∫abu′(t)v(t)dt
Cette formule permet d'échanger l'intégrale du produit uv′ contre celle du produit u′v.
Dans le cas d'un produit polynôme × trigonométrique, on pose généralement pour u(t) le polynôme (son degré baisse d'une unité par dérivation) et pour v′(t) le facteur dont on sait déterminer une primitive immédiatement.
Exemple travaillé · 22
Intégration par parties simple
Calculer l'intégrale I=∫02πxcosxdx à l'aide d'une intégration par parties.
1
On choisit les deux fonctions : u(x)=x et v′(x)=cosx.
2
On dérive u et on détermine une primitive de v′ : u′(x)=1 et v(x)=sinx. Les dérivées u′ et v′ sont continues sur [0;2π].
3
On applique la formule d'intégration par parties :
Pour calculer l'intégrale K=∫01x1−x2dx, quelle est la démarche la plus directe et adaptée ?
Attention
Poser immédiatement une intégration par parties avec u(x)=x et v′(x)=1−x2, ce qui mène à une impasse car 1−x2 n'a pas de primitive polynomiale élémentaire.
À la place : Le facteur x est, à un coefficient constant près, la dérivée du terme sous la racine : (1−x2)′=−2x. L'intégrande s'écrit −21(−2x)(1−x2)21, c'est-à-dire une forme usuelle −21w′(x)w(x) qui s'intègre directement sans intégration par parties.
Vérification · 25
On applique la formule d'intégration par parties à ∫0π(x+1)sinxdx en posant u(x)=x+1 et v′(x)=sinx, donc v(x)=−cosx. Quelle est l'égalité obtenue ?
Remarque
Une primitive de sinx est −cosx. La formule [uv]0π−∫0πu′vdx donne [(x+1)(−cosx)]0π−∫0π1⋅(−cosx)dx, ce qui s'écrit [−(x+1)cosx]0π+∫0πcosxdx. L'oubli du signe moins de la primitive du sinus est l'erreur la plus fréquente.
Point de départ · 26
De la surface au solide de révolution
Lorsqu'on fait tourner une surface plane délimitée par une courbe y=f(x) autour de l'axe des abscisses (Ox), on engendre un solide dans l'espace appelé solide de révolution.
Si l'on découpe ce solide perpendiculairement à l'axe (Ox) en tranches infinitésimales de largeur dx, quelle est la forme géométrique de chaque tranche ?
Remarque
Chaque section plane perpendiculaire à (Ox) est un disque circulaire de rayon R=f(x). L'aire de cette section est πR2=π[f(x)]2. Le volume élémentaire d'une tranche d'épaisseur dx est donc celui d'un cylindre plat : dV=π[f(x)]2dx.
Définition · 27
Volume d'un solide de révolution
f est une fonction continue sur [a;b] avec a≤b
V=π∫ab[f(x)]2dx
Ce volume est exprimé en unités de volume (notées u.v.).
Si le repère orthonormé de l'espace possède une unité graphique de longueur α cm (soit ∥i∥=α cm), l'unité de volume correspond au volume du cube d'arête α cm :
1 u.v.=α3 cm3
Exemple travaillé · 28
Calcul de volume et conversion en cm³
L'espace est rapporté à un repère orthonormé d'unité graphique 2 cm. On considère la fonction f(x)=x sur [0;4]. Calculer en cm3 le volume V du solide engendré par la rotation de la courbe de f autour de l'axe (Ox).
1
On exprime le volume en unités de volume avec la formule intégrale :
2
Vu.v.=π∫04[f(x)]2dx=π∫04(x)2dx=π∫04xdx
3
On calcule l'intégrale à l'aide d'une primitive de x :
4
Vu.v.=π[2x2]04=π(216−0)=8π u.v.
5
L'unité graphique étant α=2 cm, l'unité de volume vaut :
6
1 u.v.=(2 cm)3=8 cm3
7
On convertit le volume en cm3 par multiplication par le facteur d'échelle cubique :
8
V=8π×8=64π cm3
Piège classique · 29
Volume entre deux surfaces de révolution
Soient f et g deux fonctions positives sur [a;b] vérifiant f(x)≥g(x)≥0. Quelle formule donne le volume du solide obtenu par rotation autour de (Ox) de la région comprise entre les courbes de f et de g ?
Attention
Intégrer le carré de la différence : π∫ab(f(x)−g(x))2dx, par fausse analogie avec l'aire plane ∫∣f−g∣dx.
À la place : Le solide évidé est la soustraction géométrique de deux cylindres emboîtés : on soustrait les volumes, ce qui revient à intégrer la différence des carrés : V=π∫ab(f2(x)−g2(x))dx.
Exemple travaillé · 30
Calcul du volume compris entre deux courbes
Calculer le volume V du solide engendré par la rotation autour de (Ox) de la région délimitée par les courbes de f(x)=x et g(x)=x2 sur [0;1].
1
Pour tout x∈[0;1], x≥x2≥0, donc f(x)≥g(x)≥0.
2
Le volume de la région évidée est donné par la différence des intégrales des carrés :
On fait tourner la courbe de la fonction constante f(x)=2 sur l'intervalle [0;3] autour de l'axe (Ox). Le repère a pour unité graphique ∥i∥=2 cm. Quel est le volume du solide obtenu en cm3 ?
Remarque
En unités de volume : Vu.v.=π∫0322dx=π[4x]03=12π u.v. L'unité graphique étant α=2 cm, l'unité de volume vaut 1 u.v.=(2 cm)3=8 cm3. Le volume réel en cm3 est donc 12π×8=96π cm3.
Point de départ · 32
La hauteur d'un rectangle équivalent
Soit f une fonction continue et positive sur [a;b]. L'aire sous la courbe est donnée par l'intégrale ∫abf(x)dx.
On cherche la hauteur constante μ d'un rectangle construit sur le segment [a;b] dont l'aire est exactement égale à l'aire sous la courbe :
(b−a)⋅μ=∫abf(x)dx
Quelle formule permet d'exprimer cette hauteur moyenne μ en fonction de l'intégrale ?
Remarque
En isolant μ, on obtient μ=b−a1∫abf(x)dx. Ce nombre réel représente le niveau moyen auquel se stabilise la courbe sur l'intervalle [a;b].
Définition · 33
Valeur moyenne et inégalité de la moyenne
f est une fonction continue sur [a;b] avec a<b
f=b−a1∫abf(x)dx
Le réel f est appelé valeur moyenne de f sur l'intervalle [a;b].
m et M sont deux reˊels veˊrifiant pour tout x∈[a;b],m≤f(x)≤M
m(b−a)≤∫abf(x)dx≤M(b−a)⟺m≤f≤M
Cette propriété constitue l'inégalité de la moyenne : borner la fonction sur [a;b] fournit un encadrement direct de son intégrale sans recours à une primitive.
Exemple travaillé · 34
Calcul direct d'une valeur moyenne
Calculer la valeur moyenne f de la fonction f(x)=3x2−2x sur l'intervalle [0;2].
1
La longueur de l'intervalle d'intégration est b−a=2−0=2.
2
On pose la formule de la valeur moyenne :
3
f=21∫02(3x2−2x)dx
4
On détermine une primitive de 3x2−2x sur R :
5
F(x)=x3−x2
6
On évalue l'intégrale entre les bornes 0 et 2 :
7
∫02(3x2−2x)dx=[x3−x2]02=(23−22)−0=8−4=4
8
On divise par la longueur de l'intervalle pour obtenir la valeur moyenne :
9
f=21×4=2
Exemple travaillé · 35
Encadrement d'intégrale par l'inégalité de la moyenne
Encadrer l'intégrale I=∫091+x1dx en utilisant l'inégalité de la moyenne.
1
Pour tout x∈[0;9], la fonction racine carrée est croissante, donc 0≤x≤3.
2
On encadre le dénominateur en ajoutant 1 :
3
1≤1+x≤4
4
La fonction inverse étant strictement décroissante sur ]0;+∞[, on inverse les bornes :
5
41≤1+x1≤1
6
L'amplitude de l'intervalle d'intégration [0;9] vaut b−a=9−0=9.
7
On applique le théorème de l'inégalité de la moyenne en multipliant les bornes par 9 :
8
41(9−0)≤∫091+x1dx≤1(9−0)⟺49≤I≤9
Piège classique · 36
On considère la fonction f(x)=cosx sur [0;2π]. On sait que ∫02πcosxdx=1. Quelle est la valeur moyenne f sur cet intervalle ?
Attention
Répondre 1 en confondant l'intégrale avec la valeur moyenne.
À la place : L'intégrale mesure l'aire totale sous la courbe (1 u.a.). La valeur moyenne impose de diviser cette aire par la longueur b−a=2π, ce qui donne f=π/21×1=π2.
Vérification · 37
Soit f une fonction continue sur [1;4] telle que pour tout x∈[1;4], on a 2≤f(x)≤5. Que peut-on affirmer sur l'intégrale I=∫14f(x)dx ?
Remarque
La longueur de l'intervalle est b−a=4−1=3. Par l'inégalité de la moyenne, m(b−a)≤I≤M(b−a), d'où 2×3≤I≤5×3, soit 6≤I≤15.