La fonction ln est continue et strictement croissante. Précise ses ensembles de référence et sa valeur en 1 :
Remarque
Puisque ln est continue et strictement croissante de ]0;+∞[ sur R, elle réalise une bijection de ]0;+∞[ sur R. Elle admet donc une bijection réciproque définie sur R et à valeurs dans ]0;+∞[.
Point de départ · 2
Une nouvelle écriture pour une bijection réciproque
Pour tout réel y, l'équation ln(x)=y admet une unique solution dans ]0;+∞[. Cette solution dépend de y : c'est l'image de y par la bijection réciproque de ln.
x=exp(y)⟺y=ln(x)
On adopte la notation puissance ey, où le nombre e est l'unique réel vérifiant ln(e)=1 (e≈2,718). Écrire ey, c'est désigner l'antécédent de y par le logarithme népérien.
Définition · 3
Définition de la fonction exponentielle
∀a∈R,∀b∈]0;+∞[,b=ea⟺a=ln(b)
Conséquences immédiates de la réciprocité pour tout réel x et tout réel t>0 :
ln(ex)=xeteln(t)=t
Propriétés fondamentales issues de la fonction logarithme :
e0=1,e1=eet∀x∈R,ex>0
Remarque
La fonction exponentielle est continue et strictement croissante sur R. Elle réalise une bijection de R sur ]0;+∞[.
Exemple travaillé · 4
Simplifie les nombres réels suivants à l'aide des relations de réciprocité : A=eln(5),B=ln(e−3),C=e2ln(3)
1
Pour A, on applique directement l'égalité eln(t)=t valable pour tout t>0 :
2
A=eln(5)=5
3
Pour B, on applique l'égalité ln(ex)=x valable pour tout réel x :
4
B=ln(e−3)=−3
5
Pour C, on utilise d'abord la propriété algébrique 2ln(3)=ln(32)=ln(9) avant d'appliquer la réciprocité :
6
C=eln(32)=eln(9)=9
Exemple travaillé · 5
Résous dans R l'équation suivante : e2x−1=3
1
On vérifie la condition d'existence : 3>0. L'équation admet donc une unique solution réelle.
2
On applique la bijection réciproque ln aux deux membres de l'égalité :
3
2x−1=ln(3)
4
On isole l'inconnue x :
5
2x=1+ln(3)⟺x=21+ln(3)
6
L'ensemble des solutions de l'équation dans R est :
7
SR={21+ln(3)}
Piège classique · 6
Résous dans R l'équation : e3x+1=−2
Attention
Appliquer machinalement le logarithme népérien aux deux membres pour écrire 3x+1=ln(−2).
À la place : Pour tout réel X, eX>0. Un nombre strictement positif ne peut jamais être égal à −2. Le logarithme d'un nombre négatif n'existe pas : l'équation ne possède aucune solution réelle.
Vérification · 7
Pour quelle condition sur le réel k l'équation ex−2=k admet-elle une solution dans R ?
Remarque
La fonction exponentielle prend ses valeurs dans ]0;+∞[. L'égalité ex−2=k n'est possible que si k appartient à cet ensemble image, c'est-à-dire k>0.
Point de départ · 8
De l'addition au produit
La fonction logarithme népérien transforme un produit en somme : pour tous réels A>0 et B>0, ln(A×B)=ln(A)+ln(B).
Par réciprocité, quelle est la propriété correspondante pour l'exponentielle d'une somme ex+y ?
Remarque
En posant A=ex et B=ey, on a ln(ex×ey)=ln(ex)+ln(ey)=x+y. En prenant l'exponentielle des deux membres : ex+y=ex×ey. L'exponentielle transforme une somme en produit.
Définition · 9
Propriétés algébriques fondamentales
Pour tous réels a et b, et pour tout entier relatif n :
ea+b=ea×eb
e−a=ea1etea−b=ebea
(ea)n=ena
Remarque
Ces identités étendent les propriétés usuelles des puissances à tout exposant réel.
Exemple travaillé · 10
Écris l'expression suivante sous la forme d'une seule puissance de e pour tout réel x : A(x)=e2x+1(e3x−1)2×e4−x
1
On simplifie la puissance au numérateur à l'aide de la formule (ea)n=ena :
2
(e3x−1)2=e2(3x−1)=e6x−2
3
On regroupe les termes du numérateur en appliquant la formule du produit ea×eb=ea+b :
4
e6x−2×e4−x=e(6x−2)+(4−x)=e5x+2
5
On applique la règle du quotient eveu=eu−v :
6
A(x)=e2x+1e5x+2=e(5x+2)−(2x+1)=e3x+1
Exemple travaillé · 11
1. Factorise l'expression f(x)=e2x−3ex+2 par ex pour tout x∈R. 2. Démontre l'égalité suivante pour tout réel x : ex+e−xex−e−x=e2x+1e2x−1
1
Pour factoriser par ex, on divise chaque terme par ex en utilisant e2x=ex×ex et 1=ex×e−x :
2
f(x)=ex(ex−3+2e−x)
3
Pour la seconde égalité, on multiplie le numérateur et le dénominateur par ex afin d'éliminer les exposants négatifs :
4
ex+e−xex−e−x=ex(ex+e−x)ex(ex−e−x)
5
On développe à l'aide de l'égalité ex×e−x=e0=1 :
6
ex(ex+e−x)ex(ex−e−x)=e2x+1e2x−1
Piège classique · 12
Simplifie pour tout réel x l'expression : E(x)=ex+2ex
Attention
Additionner les exposants lors d'une addition et écrire ex+2ex=3e2x ou e3x.
À la place : L'addition concerne uniquement les coefficients : ex+2ex=(1+2)ex=3ex. La somme des exposants n'intervient que pour une multiplication : ex×e2x=e3x.
Vérification · 13
Complète les coefficients pour réduire l'expression pour tout réel x : e2−xe4x×(e−x)3=e…x−…
Remarque
Au numérateur : e4x×e−3x=e4x−3x=ex. En divisant par le dénominateur : e2−xex=ex−(2−x)=ex−2+x=e2x−2.
Point de départ · 14
Se ramener à un polynôme connu
Dans l'équation e2x−3ex+2=0, quelle substitution permet de se ramener directement à une équation du second degré ?
Remarque
Puisque e2x=(ex)2, en posant la variable auxiliaire X=ex, l'équation devient X2−3X+2=0. La résolution d'une équation exponentielle se ramène ainsi à celle d'un trinôme du second degré.
Définition · 15
Changement de variable polynomial et filtre de positivité
Pour résoudre une équation ou une inéquation formée de puissances de ex, on introduit une inconnue auxiliaire :
X=ex
Comme l'exponentielle est strictement positive sur R, la variable X doit impérativement vérifier la condition de validité :
X>0
Remarque
Toute racine X≤0 obtenue lors de la résolution algébrique intermédiaire est exclue. Si X0>0, l'équation ex=X0 admet pour unique solution x=ln(X0).
Exemple travaillé · 16
Résous dans R l'équation suivante : 2e2x−3ex−2=0
1
On pose l'inconnue auxiliaire X=ex sous la condition X>0.
2
Comme e2x=(ex)2=X2, l'équation devient :
3
2X2−3X−2=0
4
On calcule le discriminant du trinôme : Δ=(−3)2−4(2)(−2)=9+16=25=52.
5
On détermine les racines en X :
6
X1=43−5=−21etX2=43+5=2
7
On applique le filtre de positivité X>0 : la racine X1=−21 est rejetée car elle est strictement négative.
8
On résout l'équation avec la seule racine admissible X2=2 :
9
ex=2⟺x=ln(2)
10
L'ensemble des solutions de l'équation dans R est :
11
SR={ln(2)}
Exemple travaillé · 17
Résous dans R l'inéquation suivante : e2x−3ex+2≤0
1
On pose X=ex avec la contrainte X>0.
2
L'inéquation devient :
3
X2−3X+2≤0
4
Les racines du trinôme X2−3X+2 sont X1=1 et X2=2. Le trinôme est négatif ou nul entre ses racines :
5
1≤X≤2
6
Les deux bornes étant strictement positives, la condition X>0 est respectée. On remplace X par ex :
7
1≤ex≤2
8
Par stricte croissance de la fonction logarithme népérien sur ]0;+∞[ :
9
ln(1)≤x≤ln(2)⟺0≤x≤ln(2)
10
L'ensemble des solutions dans R est :
11
SR=[0;ln(2)]
Piège classique · 18
On résout l'équation e2x+ex−6=0. En posant X=ex, l'équation devient X2+X−6=0, dont les racines sont X=2 et X=−3.
Quel est l'ensemble des solutions de l'équation initiale dans R ?
Attention
Conserver la racine X=−3 et écrire x=ln(−3) ou x=−ln(3).
À la place : L'exponentielle ne prend que des valeurs strictement positives : ex=−3 n'a aucune solution réelle. Seule la racine X=2 est conservée, ce qui donne pour unique solution x=ln(2).
Vérification · 19
Combien de solutions réelles l'équation e2x+4ex+3=0 possède-t-elle ?
Remarque
En posant X=ex>0, l'équation devient X2+4X+3=0. Ses racines sont X1=−1 et X2=−3. Comme ces deux racines sont strictement négatives, aucune n'appartient à ]0;+∞[. L'équation n'a donc aucune solution réelle : SR=∅.
Point de départ · 20
La fonction égale à sa propre dérivée
On sait que ln′(t)=t1 pour tout t>0. Par réciprocité, quelle est la dérivée de f(x)=ex ?
En dérivant par rapport à x les deux membres de l'identité fondamentale ln(ex)=x, que vaut la dérivée (ex)′ ?
Remarque
En appliquant la dérivée d'une composée (ln(u))′=uu′ avec u(x)=ex, la relation devient ex(ex)′=1, ce qui donne directement (ex)′=ex. L'exponentielle est sa propre dérivée.
Définition · 21
Dérivation de l'exponentielle et composées
La fonction exponentielle est dérivable sur R et égale à sa propre dérivée :
∀x∈R,(ex)′=ex
Comme pour tout réel x, ex>0, sa dérivée est strictement positive sur R :
∀x∈R,(ex)′>0
u est une fonction deˊrivable sur un intervalle I
∀x∈I,(eu(x))′=u′(x)eu(x)
Remarque
Pour déterminer le signe d'une dérivée contenant un facteur eu(x), on factorise systématiquement par ce terme : son signe dépend uniquement de l'autre facteur car eu(x)>0 sur tout I.
Exemple travaillé · 22
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=(1−x)ex. Calcule f′(x) et étudie son signe sur R.
1
La fonction f est dérivable sur R comme produit de fonctions dérivables : on pose u(x)=1−x⟹u′(x)=−1 et v(x)=ex⟹v′(x)=ex.
2
On applique la formule de dérivation d'un produit (uv)′=u′v+uv′ :
3
f′(x)=−1⋅ex+(1−x)ex
4
On factorise immédiatement par ex :
5
f′(x)=(−1+1−x)ex=−xex
6
Puisque ex>0 pour tout réel x, f′(x) a le même signe que −x : strictement positif sur ]−∞;0[, nul en 0, et strictement négatif sur ]0;+∞[.
Exemple travaillé · 23
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=∣x−1∣ex. Étudie la dérivabilité de f en x0=1 et interprète géométriquement le résultat.
1
On explicite f sans valeur absolue au voisinage de 1 : f(1)=0. Pour x>1, on a x−1>0, donc f(x)=(x−1)ex.
La fonction est dérivable à gauche avec fg′(1)=−e. Comme fd′(1)=fg′(1), f n'est pas dérivable en 1 : sa courbe représentative admet au point (1;0) un point anguleux muni de deux demi-tangentes de pentes e et −e.
Piège classique · 24
Quelle est la dérivée de la fonction g définie sur R par g(x)=e−3x+2 ?
Attention
Oublier la dérivée intérieure de l'exposant ou son signe négatif et écrire g′(x)=e−3x+2 ou g′(x)=3e−3x+2.
À la place : On applique (eu)′=u′eu avec u(x)=−3x+2. Comme u′(x)=−3, on obtient g′(x)=−3e−3x+2.
Vérification · 25
Soit la fonction h définie sur R par h(x)=e−x2+4. Sur quel intervalle h est-elle strictement croissante ?
Remarque
On dérive la composée : h′(x)=(−x2+4)′e−x2+4=−2xe−x2+4. Comme e−x2+4>0 sur R, h′(x)≥0⟺−2x≥0⟺x≤0. La fonction h est donc strictement croissante sur ]−∞;0].
Point de départ · 26
Croissance de l'exponentielle face aux puissances
Quand x devient très grand, x10 et ex tendent tous deux vers +∞.
Lequel de ces deux termes l'emporte dans le quotient x10ex lorsque x→+∞ ?
Remarque
Par croissances comparées, la fonction exponentielle l'emporte sur toute puissance de x au voisinage de +∞. Ainsi, limx→+∞x10ex=+∞.
Définition · 27
Limites usuelles et croissances comparées
Limites fondamentales aux bornes de R :
x→−∞limex=0etx→+∞limex=+∞
Taux de variation en 0 (nombre dérivé de l'exponentielle en 0) :
x→0limxex−1=1
Théorème des croissances comparées : pour tout entier naturel non nul n :
x→+∞limxnex=+∞etx→−∞limxnex=0
Remarque
En +∞, l'exponentielle est prépondérante devant toute puissance de x. En −∞, l'exponentielle écrase toute puissance de x vers 0.
Exemple travaillé · 28
Détermine la limite suivante : x→+∞lim(ex−5x)
1
En +∞, limx→+∞ex=+∞ et limx→+∞(−5x)=−∞. Il s'agit d'une forme indéterminée du type « +∞−∞ ».
2
On factorise par le terme polynomial x pour faire apparaître la croissance comparée de référence :
3
ex−5x=x(xex−5)
4
D'après le théorème des croissances comparées, limx→+∞xex=+∞, donc :
5
x→+∞lim(xex−5)=+∞
6
Par produit de deux limites infinies avec limx→+∞x=+∞, on conclut :
7
x→+∞lim(ex−5x)=+∞
Exemple travaillé · 29
Détermine la limite suivante : x→−∞lim(x+3)ex
1
Lorsque x→−∞, on a limx→−∞(x+3)=−∞ et limx→−∞ex=0. Il s'agit d'une forme indéterminée du type « −∞×0 ».
2
Pour lever l'indétermination en −∞, on développe le produit afin de faire apparaître la forme usuelle xex :
3
(x+3)ex=xex+3ex
4
Par croissance comparée, limx→−∞xex=0, et par limite fondamentale, limx→−∞3ex=0.
5
Par somme de deux limites nulles, on conclut :
6
x→−∞lim(x+3)ex=0
Piège classique · 30
Détermine la limite suivante : x→−∞lim(3−2x2)ex
Attention
Appliquer la règle du monôme de plus haut degré en disant que l'expression équivaut à −2x2 et tend vers −∞, ou penser que l'exponentielle tend vers l'infini en −∞.
À la place : La règle du terme de plus haut degré ne s'applique qu'aux polynômes seuls. En −∞, ex→0. On développe : (3−2x2)ex=3ex−2x2ex. Par croissances comparées, limx→−∞ex=0 et limx→−∞x2ex=0. La limite vaut 0.
Vérification · 31
Calcule la limite suivante : x→+∞limxex−2x
Remarque
On sépare la fraction : xex−2x=xex−2. Par croissance comparée, limx→+∞xex=+∞. On en déduit limx→+∞(xex−2)=+∞.
Point de départ · 32
Donner un sens à une puissance réelle
On sait calculer 23=8 ou 2−1=21. Mais que signifie rigoureusement 2x lorsque x est un réel quelconque comme 2 ou π ?
Quelle définition permet d'étendre la puissance à tout exposant réel pour a>0 ?
Remarque
Pour tout réel x et tout réel a>0, on utilise la réciprocité entre exponentielle et logarithme : a=elna, ce qui conduit à poser ax=(elna)x=exlna.
Définition · 33
Fonction exponentielle de base a
a∈R+∗
∀x∈R,ax=exlna
La fonction x↦ax est définie et dérivable sur R :
∀x∈R,(ax)′=(lna)ax
Comportement et variations selon la valeur de la base a :
Si a>1:lna>0,x↦ax est strictement croissante, avec x→−∞limax=0 et x→+∞limax=+∞
Si 0<a<1:lna<0,x↦ax est strictement deˊcroissante, avec x→−∞limax=+∞ et x→+∞limax=0
Remarque
Si a=1, pour tout réel x, 1x=exln1=e0=1 (fonction constante).
Exemple travaillé · 34
Soit la fonction f définie sur R par f(x)=(21)x. Calcule sa dérivée f′(x) et détermine son sens de variation.
1
On réécrit la fonction sous forme exponentielle népérienne avec a=21 :
2
f(x)=exln(1/2)=e−xln2
3
On applique la formule de dérivation (ax)′=(lna)ax :
4
f′(x)=ln(21)(21)x=−(ln2)(21)x
5
Comme ln2>0 et (21)x>0 pour tout réel x, on a f′(x)<0 sur R.
6
La fonction f est donc strictement décroissante sur R.
Exemple travaillé · 35
Résous dans R l'équation suivante : 2x=3x−1
1
Les deux membres sont strictement positifs pour tout réel x. On applique le logarithme népérien aux deux membres :
2
ln(2x)=ln(3x−1)
3
On abaisse les exposants grâce à la propriété ln(uv)=vlnu :
4
xln2=(x−1)ln3
5
On développe et on regroupe les termes contenant l'inconnue x :
6
xln2=xln3−ln3⟺x(ln3−ln2)=ln3
7
Comme ln3−ln2=ln(3/2)=0, on isole x :
8
x=ln3−ln2ln3=ln(3/2)ln3
9
L'ensemble des solutions dans R est :
10
SR={ln(3/2)ln3}
Piège classique · 36
Quelle est la dérivée de la fonction f définie sur R par f(x)=3x ?
Attention
Dériver 3x comme une fonction puissance xn en écrivant f′(x)=x3x−1.
À la place : La variable x est à l'exposant et la base 3 est constante. On écrit 3x=exln3, dont la dérivée est (xln3)′exln3=(ln3)3x.
Vérification · 37
Résous dans R l'équation : 2x=21
Remarque
On réécrit le second membre sous forme d'une puissance de 2 : 21=2−1. L'équation s'écrit 2x=2−1. Par stricte monotonie de la fonction x↦2x, on a x=−1. L'ensemble des solutions est SR={−1}.
Point de départ · 38
Reconnaître la dérivée d'une exponentielle composée
On cherche une primitive sur R de la fonction f(x)=2xex2.
Quelle forme différentielle usuelle reconnaît-on immédiatement ?
Remarque
Comme (x2)′=2x, l'expression est exactement de la forme u′(x)eu(x) avec u(x)=x2. Une primitive immédiate est donc x↦ex2.
Définition · 39
Primitives associées à l'exponentielle
u est une fonction deˊrivable sur un intervalle I
Les primitives sur I de x↦u′(x)eu(x) sont les fonctions x↦eu(x)+C(C∈R)
Cas particulier linéaire : pour tous réels a=0 et b :
∫eax+bdx=a1eax+b+C(C∈R)
Formes rationnelles en exponentielle : si u(x)>0 sur I, les primitives de u(x)u′(x) sont données par :
∫u(x)u′(x)dx=ln(u(x))+C(C∈R)
Remarque
Pour une fraction du type ex+kex avec k>0, le numérateur est exactement la dérivée du dénominateur : une primitive est ln(ex+k).
Exemple travaillé · 40
Calcule les intégrales suivantes : I1=∫01xex2dxetI2=∫01te−2tdt
1
Pour I1, on fait apparaître la forme u′(x)eu(x) avec u(x)=x2 en ajustant le coefficient multiplicatif :
2
xex2=21(2xex2)=21u′(x)eu(x)
3
Une primitive sur [0;1] est x↦21ex2. On évalue aux bornes :
4
I1=[21ex2]01=21e1−21e0=2e−1
5
Pour I2, l'intégrande est le produit d'un polynôme et d'une exponentielle : on applique une intégration par parties en posant u(t)=t⟹u′(t)=1 et v′(t)=e−2t⟹v(t)=−21e−2t :
Pour déterminer une primitive sur R de f(x)=1+e−x1, quelle est la méthode la plus directe ?
Attention
Tenter une intégration par parties sur la fraction ou essayer d'intégrer le numérateur et le dénominateur séparément.
À la place : On multiplie le numérateur et le dénominateur par ex : 1+e−x1=ex(1+e−x)ex=ex+1ex. L'expression est alors exactement de la forme u(x)u′(x) avec u(x)=ex+1>0, dont une primitive est ln(ex+1).
Vérification · 43
Calcule l'aire A de la région du plan délimitée par la courbe de la fonction f(x)=e−x, l'axe des abscisses et les droites d'équations x=0 et x=1.
Remarque
Puisque e−x>0 sur [0;1], l'aire vaut en unités d'aire : A=∫01e−xdx=[−e−x]01=−e−1−(−e0)=1−e−1.