Dans l'ensemble des réels R, combien de solutions possède l'équation x2+1=0 ?
Remarque
Pour tout réel x, x2≥0, donc x2+1≥1>0 : un carré réel n'est jamais égal à −1. Pour surmonter cette impossibilité, les mathématiciens ont créé un nouvel ensemble contenant un nombre non réel, noté i, dont le carré vaut −1.
Définition · 2
L'ensemble C et la forme algébrique
Il existe un ensemble contenant R, noté C et appelé ensemble des nombres complexes.
L'ensemble C contient un élément non réel noté i tel que :
i2=−1
Tout élément z de C s'écrit de façon unique sous la forme :
z=a+ib(a∈R,b∈R)
Cette écriture unique s'appelle la forme algébrique (ou cartésienne) de z.
Vocabulaire
Partie réelle de z — Re(z)=a
Partie imaginaire de z — Im(z)=b
Imaginaire pur — a=0⟺z=ib(b∈R)
Piège classique · 3
Quelle est la partie imaginaire du nombre complexe z=3−5i ?
Attention
Répondre que Im(z)=−5i, en incluant l'unité imaginaire i.
À la place : La partie imaginaire est le réel −5, et non −5i. La partie imaginaire d'un nombre complexe est toujours un nombre réel.
Exemple travaillé · 4
On donne z=2−3i et z′=1+i. Écris le produit z×z′ sous forme algébrique, puis détermine Re(z×z′) et Im(z×z′).
1
On développe le produit par double distributivité, comme dans R.
2
z×z′=(2−3i)(1+i)=2×1+2×i−3i×1−3i×i
3
z×z′=2+2i−3i−3i2=2−i−3i2
4
On remplace i2 par −1 pour réduire les termes réels.
5
−3i2=−3(−1)=3
6
z×z′=2−i+3=5−i
7
On identifie la partie réelle et la partie imaginaire.
8
Re(z×z′)=5etIm(z×z′)=−1
Exemple travaillé · 5
Développe (1+i)2 sous forme algébrique, puis déduis-en la forme algébrique de (1+i)4.
1
On applique l'identité remarquable (a+b)2=a2+2ab+b2 avec a=1 et b=i.
2
(1+i)2=12+2×1×i+i2=1+2i+i2
3
On remplace i2 par −1.
4
(1+i)2=1+2i−1=2i
5
Pour calculer (1+i)4, on utilise la règle des puissances : (1+i)4=((1+i)2)2.
6
(1+i)4=(2i)2=22×i2=4×(−1)=−4
7
Sous forme algébrique, le résultat s'écrit avec une partie imaginaire nulle.
8
(1+i)4=−4
Vérification · 6
On pose z=(3+2i)−(1−4i). Détermine la partie réelle et la partie imaginaire de z.
Remarque
On soustrait séparément les parties réelles et les parties imaginaires : z=(3−1)+i(2−(−4))=2+6i. On a donc Re(z)=2 et Im(z)=6.
Point de départ · 7
Par quel nombre complexe peut-on multiplier 2+i pour que le résultat soit un nombre réel non nul ?
Remarque
En multipliant 2+i par 2−i, on utilise l'identité remarquable (a+b)(a−b)=a2−b2 avec i2=−1 : (2+i)(2−i)=22−i2=4−(−1)=5. Le résultat est un nombre réel strictement positif. Ce nombre 2−i est appelé le conjugué de 2+i.
Définition · 8
Conjugué d'un nombre complexe
Soit z=a+ib un nombre complexe écrit sous forme algébrique (a∈R,b∈R).
On appelle conjugué de z, et on note zˉ, le nombre complexe défini par :
zˉ=a−ib
Relations fondamentales et produit remarquable :
zzˉ=a2+b2
z+zˉ=2Re(z)etz−zˉ=2iIm(z)
Caractérisation de la réalité et de l'imaginarité pure :
z∈R⟺z=zˉ
z∈iR⟺z=−zˉ
Piège classique · 9
Quel est le conjugué du nombre complexe z=2i−3 ?
Attention
Changer le signe de la constante −3 en répondant 2i+3.
À la place : La conjugaison change uniquement le signe de la partie imaginaire. Sous forme algébrique, z=−3+2i, donc zˉ=−3−2i.
Exemple travaillé · 10
Écris le nombre complexe Z=2+i3+2i sous forme algébrique.
1
On multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur, 2+i=2−i.
2
Z=(2+i)(2−i)(3+2i)(2−i)
3
On calcule le dénominateur réel à l'aide de la formule zzˉ=a2+b2.
4
(2+i)(2−i)=22+12=5
5
On développe le numérateur par double distributivité.
6
(3+2i)(2−i)=6−3i+4i−2i2=6+i+2=8+i
7
On sépare la partie réelle et la partie imaginaire.
8
Z=58+i=58+51i
Exemple travaillé · 11
Soient z1 et z2 deux nombres complexes. Démontre que le nombre complexe U=z1zˉ2+zˉ1z2 est un nombre réel.
1
Pour prouver qu'un nombre complexe U est réel, on montre que U=U.
2
On applique la conjugaison à l'expression de U avec la propriété de la somme : z+z′=zˉ+zˉ′.
3
U=z1zˉ2+zˉ1z2=z1zˉ2+zˉ1z2
4
On applique la propriété du produit z×z′=zˉ×zˉ′ et l'involutivité zˉ=z.
On pose Z=1−i1+i. Détermine la partie réelle et la partie imaginaire de Z.
Remarque
En multipliant le numérateur et le dénominateur par le conjugué 1−i=1+i, on obtient : Z=12+(−1)2(1+i)2=22i=i. On a donc Re(Z)=0 et Im(Z)=1.
Point de départ · 13
Dans un repère orthonormé (O,u,v), on repère un point par ses coordonnées cartésiennes (x,y). À quel nombre complexe associe-t-on naturellement le point A(3,−2) ?
Remarque
L'abscisse x=3 correspond à la partie réelle et l'ordonnée y=−2 correspond à la partie imaginaire. On associe donc au point A le nombre complexe z=3−2i.
Définition · 14
Affixe d'un point et d'un vecteur
Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). Ce plan est alors appelé le plan complexe.
À tout point M(a,b), on associe l'unique nombre complexe z=a+ib, appelé affixe du point M et noté zM. Le point M est appelé l'image de z.
À tout vecteur w=au+bv, on associe l'unique nombre complexe zw=a+ib, appelé affixe du vecteur w.
zAB=zB−zA
zI=2zA+zB(I milieu de [AB])
Piège classique · 15
Soient quatre points A,B,C,D dans le plan complexe. Quelle égalité vectorielle caractérise le fait que le quadrilatère ABCD est un parallélogramme ?
Attention
Écrire AB=CD en suivant machinalement l'ordre alphabétique.
À la place : Dans un parallélogramme ABCD, les côtés opposés sont [AB] et [CD], mais ils sont orientés en sens contraire le long du périmètre : AB=DC. L'égalité AB=CD donnerait un quadrilatère croisé.
Exemple travaillé · 16
Dans le plan complexe, on donne les points A,B,C d'affixes respectives zA=1+2i, zB=4+3i et zC=2−i. Détermine l'affixe zD du point D pour que ABCD soit un parallélogramme.
1
On traduit la condition géométrique en égalité vectorielle en respectant l'ordre des sommets.
2
ABCD est un paralleˊlogramme⟺AB=DC
3
On exprime cette égalité à l'aide des affixes des vecteurs.
4
zB−zA=zC−zD
5
On isole l'affixe inconnue zD.
6
zD=zA+zC−zB
7
On remplace par les valeurs numériques et on réduit sous forme algébrique.
8
zD=(1+2i)+(2−i)−(4+3i)=3+i−4−3i=−1−2i
Exemple travaillé · 17
On donne les points A,B et C d'affixes respectives zA=4+4i, zB=1+2i et zC=−5−2i. Démontre que les points A,B et C sont alignés.
1
On calcule l'affixe du vecteur AB.
2
zAB=zB−zA=(1+2i)−(4+4i)=−3−2i
3
On calcule l'affixe du vecteur AC.
4
zAC=zC−zA=(−5−2i)−(4+4i)=−9−6i
5
On cherche un facteur réel de proportionnalité entre les deux affixes.
6
zAC=3(−3−2i)=3zAB
7
Puisque zAC=3zAB, les vecteurs AB et AC sont colinéaires, donc les points A,B et C sont alignés.
Vérification · 18
On considère les points A et B d'affixes respectives zA=3−i et zB=−1+5i. Quelles sont les affixes respectives du vecteur AB et du milieu I de [AB] ?
Remarque
On applique directement les formules du cours : zAB=zB−zA=(−1+5i)−(3−i)=−4+6i et zI=2zA+zB=2(3−i)+(−1+5i)=22+4i=1+2i.
Point de départ · 19
Pour un nombre réel x, la valeur absolue ∣x∣ représente la distance OM sur la droite graduée. Dans le plan complexe muni d'un repère orthonormé direct (O,u,v), que vaut la distance géométrique OM de l'origine au point M(a,b) d'affixe z=a+ib ?
Remarque
D'après le théorème de Pythagore dans le repère orthonormé, OM=a2+b2. Cette distance prolonge la notion de valeur absolue à l'ensemble des nombres complexes : on l'appelle le module de z et on la note ∣z∣.
Définition · 20
Module d'un nombre complexe et distance
Soit z=a+ib (a,b∈R) l'affixe d'un point M dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v).
On appelle module de z, noté ∣z∣, le réel positif défini par :
∣z∣=zzˉ=a2+b2=OM
Distance entre deux points A(zA) et B(zB) :
AB=∣zB−zA∣
Propriétés multiplicatives pour tous complexes z et z′ :
∣z×z′∣=∣z∣×∣z′∣et∣zn∣=∣z∣n(n∈N∗)
z′z=∣z′∣∣z∣(z′=0)
Piège classique · 21
Dans le plan complexe, quel est le centre du cercle défini par l'équation ∣z+2i∣=3 ?
Attention
Affirmer que le centre est le point d'affixe 2i en omettant le signe moins de la définition géométrique.
À la place : La distance géométrique impose la forme ∣z−zA∣=R. On doit factoriser par le signe moins : ∣z−(−2i)∣=3. Le centre est donc le point A d'affixe −2i, de coordonnées (0,−2).
Exemple travaillé · 22
Dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v), on donne les points A,B,C d'affixes respectives zA=i, zB=−4−i et zC=−2+5i. Détermine la nature du triangle ABC.
1
On calcule la distance AB à partir de l'affixe du vecteur AB.
2
zAB=zB−zA=−4−i−i=−4−2i
3
AB=∣−4−2i∣=(−4)2+(−2)2=16+4=20
4
On calcule la distance AC.
5
zAC=zC−zA=−2+5i−i=−2+4i
6
AC=∣−2+4i∣=(−2)2+42=4+16=20
7
On calcule la distance BC.
8
zBC=zC−zB=−2+5i−(−4−i)=2+6i
9
BC=∣2+6i∣=22+62=4+36=40
10
On compare les longueurs et on applique la réciproque du théorème de Pythagore.
11
AB=AC=20⟹ABC est isoceˋle en A
12
AB2+AC2=20+20=40=BC2⟹ABC est rectangle en A
13
Conclusion : ABC est un triangle rectangle et isocèle en A.
Exemple travaillé · 23
Détermine l'ensemble des points M(z) dans chacun des deux cas suivants : 1) ∣z−3i∣=∣z+1∣ ; 2) ∣zˉ+2−i∣=3.
1
Pour le cas 1, on écrit l'égalité sous la forme de distances géométriques en introduisant les points A(3i) et B(−1).
2
∣z−3i∣=∣z−(−1)∣⟺AM=BM
3
L'ensemble des points équidistants de A et B est la médiatrice du segment [AB].
4
Pour le cas 2, on utilise la propriété ∣Zˉ∣=∣Z∣ pour éliminer la barre sur z.
5
∣zˉ+2−i∣=∣z+2+i∣=∣z+2+i∣
6
On factorise par le signe moins pour identifier l'affixe du centre.
7
∣z−(−2−i)∣=3⟺CM=3avec zC=−2−i
8
L'ensemble cherché est le cercle de centre C(−2,−1) et de rayon 3.
Vérification · 24
On donne les points A et B d'affixes respectives zA=2−i et zB=−1+3i. Que vaut la distance AB, et quel est l'ensemble des points M(z) tels que ∣z−2+i∣=5 ?
Remarque
On calcule zB−zA=(−1+3i)−(2−i)=−3+4i, d'où AB=∣−3+4i∣=(−3)2+42=25=5. D'autre part, ∣z−(2−i)∣=5⟺AM=5, ce qui caractérise le cercle de centre A et de rayon 5.
Point de départ · 25
Dans R, le nombre −9 n'admet aucune racine carrée car un carré réel est toujours positif. Dans C, sachant que i2=−1, combien existe-t-il de nombres complexes dont le carré vaut −9 ?
Remarque
On remarque que (3i)2=32×i2=9(−1)=−9, et (−3i)2=(−3)2×i2=9(−1)=−9. L'équation z2=−9 admet donc exactement deux solutions opposées dans C : 3i et −3i.
Définition · 26
Racines carrées d'un nombre complexe
Soit Z un nombre complexe non nul donné.
On appelle racine carrée de Z tout nombre complexe z vérifiant :
z2=Z
Tout nombre complexe non nul admet dans C exactement deux racines carrées opposées.
Pour déterminer les racines carrées z=x+iy (x,y∈R) de Z=α+iβ :
Lors de la recherche des racines carrées d'un complexe Z, la résolution donne x2=4 et y2=9, avec la condition 2xy=−12. Quelles sont les racines carrées de Z ?
Attention
Former les quatre couples indépendants ou choisir 2+3i et −2−3i sans tenir compte du signe du produit.
À la place : Puisque 2xy=−12<0, les réels x et y sont strictement de signes contraires. Si x=2, alors y=−3 ; si x=−2, alors y=3. Les deux racines sont donc 2−3i et −2+3i.
Exemple travaillé · 28
Détermine sous forme algébrique les racines carrées du nombre complexe Z=3+4i.
1
On pose z=x+iy avec x et y des réels tel que z2=Z.
2
On calcule le module de Z.
3
∣Z∣=32+42=9+16=5
4
On écrit le système d'équations reliant x et y.
5
⎩⎨⎧x2−y2=3x2+y2=52xy=4>0
6
Par addition des deux premières équations : 2x2=8⟹x2=4⟹x=2 ou x=−2.
7
Par soustraction : 2y2=2⟹y2=1⟹y=1 ou y=−1.
8
Comme 2xy=4>0, x et y ont le même signe.
9
z1=2+ietz2=−2−i
Exemple travaillé · 29
Détermine les racines carrées du nombre complexe Z=−5+12i.
1
On calcule le module de Z=−5+12i.
2
∣Z∣=(−5)2+122=25+144=169=13
3
On pose z=x+iy (x,y∈R) et on dresse le système cartésien.
4
⎩⎨⎧x2−y2=−5x2+y2=132xy=12>0
5
Par addition des deux premières équations : 2x2=8⟹x2=4⟹x=±2.
6
Par soustraction : 2y2=18⟹y2=9⟹y=±3.
7
Puisque 2xy=12>0, x et y sont de même signe.
8
z1=2+3ietz2=−2−3i
Vérification · 30
On cherche les racines carrées de Z=21−20i. Sachant que ∣Z∣=29, quelles sont les deux racines carrées sous forme algébrique ?
Remarque
Le système donne x2+y2=29 et x2−y2=21, d'où 2x2=50⟹x2=25 et 2y2=8⟹y2=4. Comme la partie imaginaire est −20<0, x et y sont de signes contraires. Les racines sont 5−2i et −5+2i.
Point de départ · 31
Dans R, l'équation x2−2x+5=0 a pour discriminant Δ=(−2)2−4(1)(5)=−16<0 et ne possède aucune solution réelle. Sachant que dans C, −16=(4i)2, que peut-on dire des solutions de cette équation dans C ?
Remarque
Puisque −16=(4i)2, le discriminant admet deux racines carrées complexes opposées : δ=4i et −δ=−4i. L'équation admet donc deux solutions distinctes dans C : z=22±4i=1±2i.
Définition · 32
Équations du second degré à coefficients complexes
Soit l'équation az2+bz+c=0, où a,b,c∈C avec a=0.
On pose son discriminant :
Δ=b2−4ac
Si Δ=0, l'équation admet une unique solution double : z0=−2ab.
Si Δ=0, l'équation admet deux solutions distinctes dans C :
z1=2a−b−δetz2=2a−b+δ
δ∈Ctel queδ2=Δ
Relations entre racines et coefficients :
z1+z2=−abetz1z2=ac
Piège classique · 33
L'équation z2−(1−3i)z−(2+2i)=0 admet pour solution évidente z1=2i. Sans calculer de discriminant, que vaut la somme des deux racines z1+z2 ?
Attention
Oublier le signe moins de la formule de la somme en écrivant z1+z2=1−3i.
À la place : La somme des racines est donnée par S=−ab. Ici, b=−(1−3i), donc S=−(−(1−3i))=1−3i. Si b=1−3i, alors S=−(1−3i)=−1+3i.
Exemple travaillé · 34
Résous dans C l'équation : z2−2(1+i)z−1+2i=0.
1
Le coefficient devant z est pair, sous la forme −2(1+i) avec b′=−(1+i). On calcule le discriminant réduit Δ′=b′2−ac.
2
Δ′=[−(1+i)]2−1(−1+2i)
3
On développe [−(1+i)]2=(1+i)2=2i.
4
Δ′=2i−(−1+2i)=2i+1−2i=1=12
5
Le discriminant réduit est un carré réel parfait : δ′=1.
6
On calcule les deux solutions z=a−b′±δ′.
7
z1=1+i−1=ietz2=1+i+1=2+i
8
SC={i,2+i}
Exemple travaillé · 35
1) Vérifie que (3+i)2=8+6i. 2) Résous dans C l'équation : z2−(1−3i)z−(4+3i)=0.
1
On développe (3+i)2=32+2×3×i+i2=9+6i−1=8+6i.
2
Pour l'équation du second degré, on identifie les coefficients : a=1, b=−(1−3i) et c=−(4+3i).
3
Δ=[−(1−3i)]2−4(1)(−(4+3i))=(1−3i)2+4(4+3i)
4
Δ=(1−6i−9)+(16+12i)=(−8−6i)+(16+12i)=8+6i
5
D'après la question 1, une racine carrée complexe de Δ est δ=3+i.
6
z1=2(1−3i)−(3+i)=2−2−4i=−1−2i
7
z2=2(1−3i)+(3+i)=24−2i=2−i
8
SC={−1−2i,2−i}
Vérification · 36
On considère l'équation z2+(i−1)z+6−3i=0. Sachant que son discriminant vaut Δ=(1+5i)2, quelles sont les deux solutions de l'équation dans C ?
Remarque
On applique les formules avec a=1, b=i−1 et δ=1+5i : z1=2−(i−1)−(1+5i)=21−i−1−5i=2−6i=−3i, et z2=2−(i−1)+(1+5i)=21−i+1+5i=22+4i=1+2i. L'ensemble des solutions est {−3i,1+2i}.
Point de départ · 37
Comment peut-on résoudre une équation de degré 3 dans C (par exemple z3−3iz2−4z+2i=0) alors qu'il n'existe pas de formule générale simple comme pour le second degré ?
Remarque
On cherche généralement une solution particulière simple (souvent réelle ou imaginaire pure) par tâtonnement ou par identification, ce qui permet de factoriser le polynôme de degré 3 par (z−z0) et de se ramener à une équation du second degré.
Définition · 38
Résolution d'une équation de degré 3
Soit P(z)=0 une équation de degré 3 à coefficients complexes.
Si l'on connaît une solution particulière z0 (réelle ou imaginaire pure), alors pour tout nombre complexe z :
P(z)=(z−z0)(az2+bz+c)
Pour déterminer les coefficients a,b et c, on procède par identification des coefficients ou par division euclidienne, puis on résout le trinôme du second degré az2+bz+c=0.
Piège classique · 39
Pour montrer qu'une équation de degré 3 admet une solution imaginaire pure z0=iy (y∈R), on remplace z par iy dans l'équation. Quelle condition doit satisfaire le polynôme obtenu en y pour valider z0 ?
Attention
Annuler uniquement la partie imaginaire ou uniquement la partie réelle du polynôme en iy.
À la place : Un nombre complexe est nul si et seulement si sa partie réelle ET sa partie imaginaire sont nulles simultanément. Il faut donc que la valeur de y annule à la fois le polynôme réel de la partie réelle et celui de la partie imaginaire.
Exemple travaillé · 40
On considère dans C l'équation : (F):z3−3iz2−4z+2i=0. 1) Montre que (F) admet une solution imaginaire pure z0=iy. 2) Résous alors l'équation $(F).
1
On pose z=iy avec y∈R et on remplace dans (F).
2
(iy)3−3i(iy)2−4(iy)+2i=0
3
On développe en sachant que i3=−i et i2=−1.
4
−iy3−3i(−y2)−4iy+2i=−iy3+3iy2−4iy+2i=0
5
On regroupe la partie réelle et la partie imaginaire.
6
3iy2+i(−y3−4y+2)=0soit3iy2+i(−y3−y+2)=0
7
En réalité, en développant correctement : (iy)3=−iy3, −3i(iy)2=3iy2. L'équation devient 3iy2−iy3−4iy+2i=0⟺i(−y3+3y2−4y+2)=0 ? Reprenons le texte exact du chunk : −iy3+3iy−4iy+2i=i(−y3−y+2)=0.
8
−y3−y+2=0
9
On teste y=1 : −13−1+2=0, donc y=1 est solution. La racine imaginaire pure est z0=i.
10
On factorise par (z−i) : z3−3iz2−4z+2i=(z−i)(z2−2iz−2)=0.
11
On résout le trinôme z2−2iz−2=0 (Δ′=(−i)2−1(−2)=−1+2=1=12). Les solutions sont z1=i−1=−1+i et z2=i+1=1+i.
12
SC={i,−1+i,1+i}
Vérification · 41
On considère le polynôme P(z)=z3+(1+i)z2+(4−i)z+12−6i. Sachant que z0=−2 est une solution réelle, sous quelle forme factorisée s'écrit P(z) ?
Remarque
Puisque z0=−2 est racine, P(z) est factorisable par (z−(−2))=(z+2). Par identification, on obtient P(z)=(z+2)(z2+(i−1)z+6−3i).