Soit f une fonction vérifiant limx→3+f(x)=−∞. Que peut-on en déduire pour sa courbe représentative Cf ?
Remarque
Quand x tend vers une valeur finie a et que f(x) tend vers l'infini, la droite x=a est une asymptote verticale. À l'inverse, si x→±∞ et f(x)→b, la droite y=b est une asymptote horizontale.
Point de départ · 2
On considère la fonction f définie sur ]0;+∞[ par f(x)=2x+1+x1. Lorsque x devient de plus en plus grand, de quelle droite la courbe de f se rapproche-t-elle indéfiniment ?
Remarque
Le terme x1 devient négligeable devant 2x+1 : la différence f(x)−(2x+1)=x1 tend vers 0 en +∞.
Définition · 3
Définition et décomposition directe
x→+∞lim[f(x)−(ax+b)]=0(a=0)
La droite Δ:y=ax+b est une asymptote oblique à la courbe Cf au voisinage de +∞ (respectivement de −∞). En pratique, si f(x) se décompose sous la forme f(x)=ax+b+g(x) avec limx→±∞g(x)=0, alors Δ est asymptote oblique. Le signe de g(x)=f(x)−(ax+b) donne la position relative de Cf par rapport à Δ.
Exemple travaillé · 4
Soit la fonction f définie sur ]−1;+∞[ par f(x)=x+12x2+x−3. 1. Vérifier que pour tout x>−1, f(x)=2x−1−x+12. 2. Montrer que la droite Δ:y=2x−1 est asymptote oblique à Cf en +∞, puis étudier leur position relative.
1
On met l'expression décomposée au même dénominateur :
On forme la différence entre f(x) et l'équation de la droite Δ :
f(x)−(2x−1)=−x+12
3
On évalue la limite de cette différence en +∞ :
x→+∞lim(−x+12)=0
4
La droite Δ:y=2x−1 est donc une asymptote oblique à Cf au voisinage de +∞.
5
Pour la position relative, pour tout x∈]−1;+∞[, on a x+1>0, donc :
f(x)−(2x−1)=−x+12<0
6
La courbe Cf est située strictement au-dessous de l'asymptote Δ sur ]−1;+∞[.
Exemple travaillé · 5
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x−x2+11. Montrer que la droite Δ:y=x est une asymptote oblique commune à Cf en +∞ et en −∞, puis préciser la position relative de Cf par rapport à Δ.
1
La fonction se présente directement sous la forme f(x)=x+g(x) avec :
g(x)=−x2+11
2
On étudie la différence f(x)−x en +∞ et en −∞. Comme limx→±∞(x2+1)=+∞, on a :
x→+∞lim[f(x)−x]=x→+∞lim(−x2+11)=0
3
De même en −∞ :
x→−∞lim[f(x)−x]=x→−∞lim(−x2+11)=0
4
La droite Δ:y=x est donc une asymptote oblique commune à Cf en +∞ et en −∞.
5
Pour tout x∈R, x2+1>0, d'où :
f(x)−x=−x2+11<0
6
La courbe Cf est strictement située au-dessous de son asymptote Δ sur tout R.
Piège classique · 6
Pour trouver l'asymptote oblique en +∞ de la fonction définie par f(x)=3x−5+x2+24, quelle démarche est la plus directe ?
Attention
Calculer systématiquement le rapport xf(x) pour déterminer la pente a=3, puis la limite de f(x)−3x pour trouver l'ordonnée à l'origine b=−5.
À la place : Observer que la fonction est déjà écrite sous la forme ax+b+g(x). Former directement f(x)−(3x−5)=x2+24 dont la limite est immédiatement 0.
Vérification · 7
Soit la fonction f définie sur ]2;+∞[ par f(x)=−x+4+x−23. Que peut-on affirmer au voisinage de +∞ pour la courbe Cf et la droite Δ:y=−x+4 ?
Remarque
Comme limx→+∞x−23=0, la droite d'équation y=−x+4 est bien asymptote oblique. De plus, pour tout x>2, f(x)−(−x+4)=x−23>0, donc la courbe Cf est située strictement au-dessus de Δ.
Point de départ · 8
Soit f une fonction vérifiant limx→+∞f(x)=+∞ et limx→+∞xf(x)=1. Peut-on affirmer directement que la droite d'équation y=x est asymptote oblique à Cf ?
Remarque
Non : obtenir xf(x)→1 indique seulement la direction suivie par la courbe. Pour qu'une droite soit asymptote, il faut vérifier que l'écart vertical f(x)−x se rapproche d'un réel fixe b, et ne part pas lui-même vers l'infini.
Définition · 9
Plan d'étude des branches infinies en l'infini
Lorsque limx→±∞f(x)=±∞, on étudie le comportement du quotient xf(x) :
x→±∞limxf(x)=0⟹Cf admet une branche parabolique de direction (Ox)
x→±∞limxf(x)=±∞⟹Cf admet une branche parabolique de direction (Oy)
Si limx→±∞xf(x)=a∈R∗, on calcule limx→±∞[f(x)−ax] :
x→±∞lim[f(x)−ax]=b∈R⟹la droite y=ax+b est asymptote oblique
x→±∞lim[f(x)−ax]=±∞⟹Cf admet une branche parabolique de direction y=ax
Exemple travaillé · 10
Déterminer la nature de la branche infinie en +∞ de la courbe de la fonction f définie sur [1;+∞[ par f(x)=xx−1.
1
On détermine la limite de f en +∞ :
x→+∞limx=+∞etx→+∞limx−1=+∞⟹x→+∞limf(x)=+∞
2
Pour tout x>1, on calcule le rapport xf(x) :
xf(x)=xxx−1=x−1
3
On évalue la limite de ce rapport en +∞ :
x→+∞limxf(x)=x→+∞limx−1=+∞
4
La courbe Cf admet au voisinage de +∞ une branche parabolique de direction l'axe des ordonnées (O,j).
Exemple travaillé · 11
Déterminer la nature de la branche infinie au voisinage de +∞ pour la fonction f définie sur [−1;+∞[ par f(x)=x+1+x+1.
1
On calcule d'abord la limite en +∞ :
x→+∞lim(x+1)=+∞etx→+∞limx+1=+∞⟹x→+∞limf(x)=+∞
2
Pour x>0, on forme le rapport xf(x) :
xf(x)=1+x1+xx+1=1+x1+x1+x21
3
On en déduit la limite de xf(x) en +∞ :
x→+∞limxf(x)=1+0+0=1
4
La limite valant a=1=0, on étudie la différence f(x)−1⋅x :
f(x)−x=1+x+1
5
On calcule la limite de cette différence :
x→+∞lim[f(x)−x]=x→+∞lim(1+x+1)=+∞
6
La limite étant infinie, la courbe Cf n'admet pas d'asymptote oblique : elle admet au voisinage de +∞ une branche parabolique de direction la droite d'équation y=x.
Piège classique · 12
Une fonction f vérifie limx→+∞f(x)=+∞ et limx→+∞xf(x)=2. Que peut-on affirmer avec certitude à cette étape ?
Attention
Conclure immédiatement que la droite d'équation y=2x est asymptote oblique à la courbe.
À la place : Le rapport donne seulement la direction asymptotique. Si lim[f(x)−2x]=±∞, la courbe s'éloigne indéfiniment de la droite : c'est alors une branche parabolique de direction y=2x.
Vérification · 13
Soit la fonction g définie sur [0;+∞[ par g(x)=3x−x. On donne limx→+∞xg(x)=3. Quelle est la nature de la branche infinie de Cg au voisinage de +∞ ?
Remarque
On forme la différence : g(x)−3x=−x. Comme limx→+∞(−x)=−∞, la distance verticale entre la courbe et la droite d'équation y=3x devient infiniment grande : Cg admet donc une branche parabolique de direction la droite d'équation y=3x.
Point de départ · 14
Pour tout nombre réel strictement négatif x<0, que vaut l'expression x2 ?
Remarque
Une racine carrée est toujours positive ou nulle : on a x2=∣x∣. Lorsque x<0, la valeur absolue donne ∣x∣=−x. Par exemple, pour x=−5 : (−5)2=25=5=−(−5).
Définition · 15
Sortie du radical et levée d'indétermination en l'infini
Pour factoriser le terme de plus haut degré sous une racine carrée au voisinage de l'infini, on applique :
x2=∣x∣={x−xsi x>0si x<0
Face à une forme indéterminée « ∞−∞ » sur une somme comportant un radical :
Si les termes d’ordre dominant s’annulent⟹recourir aˋ l’expression conjugueˊe
Si les termes d’ordre dominant ne s’annulent pas⟹la factorisation par ∣x∣ suffit
Exemple travaillé · 16
Déterminer l'asymptote oblique au voisinage de −∞ à la courbe de la fonction f définie sur R par f(x)=x2+x+1.
1
Pour x<0, on factorise x2 sous la racine en appliquant x2=−x :
f(x)=x2(1+x1+x21)=−x1+x1+x21
2
On évalue la limite du rapport xf(x) en −∞ :
x→−∞limxf(x)=x→−∞lim(−1+x1+x21)=−1
3
La pente a=−1 étant finie non nulle, on étudie la différence f(x)−(−1)x=f(x)+x. Les termes d'ordre dominant se compensant (forme « ∞−∞ »), on multiplie par l'expression conjuguée :
La droite d'équation y=0 (l'axe des abscisses) est une asymptote horizontale à la courbe Cf au voisinage de −∞.
Piège classique · 18
Pour déterminer la limite en −∞ de f(x)=4x2+1+2x, un élève factorise sous la racine et écrit : 4x2+1=x4+x21 puis conclut que f(x)=x(4+x21+2). Pourquoi cette étape est-elle fausse ?
Attention
Écrire x2=x au voisinage de −∞ au lieu de ∣x∣=−x.
À la place : Pour x<0, 4x2+1=−x4+x21. De plus, comme les termes dominants s'annulent (−2x+2x=0), la factorisation produit une indétermination secondaire 0×∞ : il faut recourir à l'expression conjuguée.
Vérification · 19
Soit la fonction g définie sur ]−∞;0] par g(x)=x2−3x. Quelle est la valeur de limx→−∞xg(x) ?
Remarque
Pour tout x<0, on extrait le terme dominant : x2−3x=x2(1−x3)=−x1−x3. En divisant par x, on obtient xg(x)=−1−x3, dont la limite en −∞ est −1.
Point de départ · 20
On sait que la fonction racine carrée f(x)=x est définie en 0, avec f(0)=0. La formule usuelle de dérivation donne (x)′=2x1, ce qui produit une division par zéro en x=0. Que se passe-t-il géométriquement pour la courbe au point (0,0) ?
Remarque
Le point (0,0) appartient à la courbe : ce n'est donc pas une asymptote verticale (qui correspond à x→a avec f(x)→±∞). La courbe démarre verticalement : elle admet une demi-tangente verticale.
Définition · 21
Dérivabilité unilatérale et demi-tangente verticale
Soit f une fonction définie sur un intervalle ayant x0 pour borne. Si les règles habituelles de dérivation ne s'appliquent pas en x0, on étudie la limite du taux d'accroissement à droite (ou à gauche) :
x→x0+limx−x0f(x)−f(x0)=±∞
La fonction f n'est pas dérivable à droite en x0. La courbe Cf admet au point M0(x0,f(x0)) une demi-tangente verticale.
Exemple travaillé · 22
Soit la fonction f définie sur [1;+∞[ par f(x)=x2−1. Étudier la dérivabilité de f à droite en 1 et interpréter géométriquement le résultat.
1
On évalue l'image en 1 :
f(1)=12−1=0
2
Pour tout x>1, on exprime le taux d'accroissement en 1 :
x−1f(x)−f(1)=x−1x2−1=x−1(x−1)(x+1)
3
Comme x>1, on a x−1=(x−1)2. On simplifie le radical :
La fonction f n'est pas dérivable à gauche en 2. La courbe Cf admet au point (2,0) une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.
Piège classique · 24
Pour étudier le comportement de f(x)=x−3 en x=3, un élève dérive directement : f′(x)=2x−31 Constatant que le dénominateur s'annule en 3, il affirme que « la droite d'équation x=3 est une asymptote verticale à la courbe ». Que faut-il en penser ?
Attention
Déduire une asymptote verticale du fait que la formule de la dérivée présente une division par zéro en un point du domaine.
À la place : Le point (3,0) appartient à la courbe car f(3)=0 existe. Le taux de variation tend vers +∞, ce qui caractérise une demi-tangente verticale, pas une asymptote (qui exigerait limf(x)=±∞).
Vérification · 25
Soit g une fonction définie sur [0;+∞[ vérifiant g(0)=2 et limx→0+xg(x)−2=+∞. Quelle est la propriété géométrique de la courbe Cg au point A(0,2) ?
Remarque
Le point A(0,2) appartient à la courbe Cg. Comme la limite du taux d'accroissement en 0 à droite est infinie, Cg admet au point A une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.
Point de départ · 26
Si une droite verticale d'équation x=a est un axe de symétrie pour une courbe, alors pour tout écart h, les points d'abscisses a+h et a−h ont la même ordonnée : f(a−h)=f(a+h). En posant la variable x=a+h (ce qui donne h=x−a), quelle expression prend l'abscisse symétrique a−h ?
Remarque
En remplaçant h par x−a, on a a−h=a−(x−a)=2a−x. L'égalité géométrique f(a−h)=f(a+h) devient ainsi la relation algébrique fondamentale : f(2a−x)=f(x).
Définition · 27
Éléments de symétrie d'une courbe
Soit f une fonction définie sur un ensemble Df et Cf sa courbe représentative dans un repère orthogonal.
La droite x=a est un axe de symeˊtrie⟺∀x∈Df,(2a−x)∈Dfetf(2a−x)=f(x)
Le point I(a,b) est un centre de symeˊtrie⟺∀x∈Df,(2a−x)∈Dfetf(2a−x)+f(x)=2b
La condition (2a−x)∈Df est impérative : elle garantit que le domaine d'étude est lui-même symétrique par rapport à a.
Exemple travaillé · 28
Soit la fonction f définie par f(x)=x2−4x+3. 1. Déterminer l'ensemble de définition Df de f. 2. Montrer que la droite d'équation x=2 est un axe de symétrie pour la courbe Cf.
1
Le radicande doit être positif ou nul : x2−4x+3=(x−1)(x−3)≥0. Les racines sont 1 et 3 :
Df=]−∞;1]∪[3;+∞[
2
On vérifie la stabilité du domaine pour a=2. Pour tout x∈Df, on a x≤1 ou x≥3. Si x≤1, alors −x≥−1, d'où 4−x≥3, ce qui signifie que (4−x)∈[3;+∞[. De même, si x≥3, alors 4−x≤1, donc (4−x)∈]−∞;1]. Ainsi :
∀x∈Df,(4−x)∈Df
3
On calcule ensuite f(4−x) pour tout x∈Df :
f(4−x)=(4−x)2−4(4−x)+3=16−8x+x2−16+4x+3
4
On simplifie l'expression sous la racine :
f(4−x)=x2−4x+3=f(x)
5
Les deux conditions étant vérifiées, la droite d'équation x=2 est un axe de symétrie pour la courbe Cf.
Exemple travaillé · 29
Soit la fonction f définie sur R∖{−1} par f(x)=x+1x2+3. Montrer que le point A(−1,−2) est un centre de symétrie pour sa courbe représentative Cf.
1
L'ensemble de définition est Df=R∖{−1}. Avec a=−1, la condition d'appartenance s'écrit :
On calcule la somme f(−2−x)+f(x) sur le même dénominateur :
f(−2−x)+f(x)=x+1−(x2+4x+7)+(x2+3)=x+1−4x−4
4
On factorise le numérateur :
x+1−4(x+1)=−4
5
Comme −4=2×(−2)=2b, l'égalité f(2a−x)+f(x)=2b est établie pour tout x∈Df. Le point A(−1,−2) est donc un centre de symétrie de Cf.
Piège classique · 30
Pour prouver que la droite x=1 est un axe de symétrie d'une fonction f, un élève calcule directement f(2−x) et constate que f(2−x)=f(x) sur les réels où la formule a du sens. Peut-il conclure immédiatement que x=1 est axe de symétrie ?
Attention
Conclure à la symétrie uniquement sur la base de l'égalité f(2a−x)=f(x), sans examiner le domaine de définition.
À la place : Il faut d'abord justifier que pour tout x∈Df, le symétrique (2a−x) appartient aussi à Df. Si une valeur interdite n'admet pas son symétrique également interdit, la courbe n'est pas symétrique.
Vérification · 31
Soit la fonction g définie sur R∖{1} par g(x)=3+x−12. Quelle égalité permet de prouver que le point Ω(1,3) est centre de symétrie de la courbe Cg ?
Remarque
Ici a=1 et b=3, donc 2a−x=2−x et 2b=6. La relation à vérifier est bien g(2−x)+g(x)=6. En effet : g(2−x)+g(x)=(3+1−x2)+(3+x−12)=6+1−x2−1−x2=6.
Point de départ · 32
On observe la courbe d'une fonction qui change de courbure en un point : d'un côté la courbe est située au-dessus de sa tangente, et de l'autre côté elle passe au-dessous. Que fait géométriquement la tangente à la courbe en ce point particulier ?
Remarque
En ce point de basculement de concavité, la tangente ne reste pas d'un seul côté : elle traverse la courbe. C'est la signature géométrique d'un point d'inflexion.
Définition · 33
Point d'inflexion et concavité
Un point I(x0,f(x0)) est un point d'inflexion de la courbe Cf si la courbe traverse sa tangente en ce point.
f′′(x0)=0et f′′ change de signe en x0⟺I(x0,f(x0)) est un point d’inflexion
Caractérisation équivalente : la différence f(x)−yT (où yT=f′(x0)(x−x0)+f(x0) est l'équation de la tangente) s'annule et change de signe en x0.
Exemple travaillé · 34
Soit la fonction f définie sur R par f(x)=x3−3x2+2. Déterminer les coordonnées du point d'inflexion de la courbe Cf.
1
La fonction f est deux fois dérivable sur R. On calcule la dérivée première :
f′(x)=3x2−6x
2
On calcule la dérivée seconde :
f′′(x)=6x−6=6(x−1)
3
On étudie le signe de f′′(x) :
f′′(x)=0⟺x=1
4
Pour x<1, f′′(x)<0 et pour x>1, f′′(x)>0. La dérivée seconde s'annule en 1 en changeant de signe : la courbe admet un point d'inflexion en x=1.
5
On calcule l'ordonnée de ce point :
f(1)=13−3(1)2+2=0
6
Le point d'inflexion de Cf est I(1,0).
Exemple travaillé · 35
Soit la fonction f définie sur R par f(x)=x3+2x−1 et T la tangente à sa courbe au point d'abscisse 0. 1. Écrire une équation de T. 2. Étudier la position relative de Cf par rapport à T et en déduire que A(0,−1) est un point d'inflexion.
1
On calcule f(0)=−1. La dérivée est f′(x)=3x2+2, d'où f′(0)=2.
2
L'équation de la tangente T au point d'abscisse 0 est :
y=f′(0)(x−0)+f(0)=2x−1
3
On étudie le signe de la différence f(x)−yT :
f(x)−(2x−1)=(x3+2x−1)−(2x−1)=x3
4
Pour x<0, x3<0, donc Cf est strictement au-dessous de T. Pour x>0, x3>0, donc Cf est strictement au-dessus de T.
5
La différence s'annule en 0 en changeant de signe : la tangente T traverse la courbe au point A(0,−1). Ce point est donc un point d'inflexion.
Piège classique · 36
Soit la fonction g définie sur R par g(x)=x4. On constate que g′′(0)=0. Le point O(0,0) est-il un point d'inflexion de la courbe de g ?
Attention
Conclure que tout point où f′′ s'annule est un point d'inflexion.
À la place : Pour qu'il y ait point d'inflexion, la dérivée seconde doit obligatoirement changer de signe. Pour g(x)=x4, on a g′′(x)=12x2≥0 pour tout x : g′′ ne change pas de signe, la courbe reste au-dessus de sa tangente et n'admet aucun point d'inflexion.
Vérification · 37
On donne le signe de la dérivée seconde f′′ d'une fonction f : - Sur ]−∞;−2[, f′′(x)>0. - En −2, f′′(−2)=0. - Sur ]−2;3[, f′′(x)<0. - En 3, f′′(3)=0. - Sur ]3;+∞[, f′′(x)<0. Combien de points d'inflexion la courbe Cf admet-elle ?
Remarque
En x=−2, f′′ s'annule en passant de positive à négative : il y a un changement de signe, donc un point d'inflexion. En x=3, f′′ s'annule mais reste négative avant et après : il n'y a pas d'inflexion. La courbe admet donc un unique point d'inflexion.
Point de départ · 38
On dispose de la courbe représentative Cf d'une fonction f. Si un point M(x,y) appartient à Cf avec une ordonnée strictement négative (y<0), quel point de même abscisse appartiendra à la courbe de la fonction g(x)=∣f(x)∣ ?
Remarque
Comme g(x)=∣f(x)∣=−f(x)=−y>0, le point correspondant sur la courbe de g est M′(x,−y). Les ordonnées négatives sont transformées en leurs opposées positives : cela correspond géométriquement à une symétrie axiale orthogonale par rapport à l'axe des abscisses (Ox).
Définition · 39
Courbes de ∣f∣ et de x↦f(∣x∣)
Soit f une fonction et Cf sa courbe représentative dans un repère orthogonal (O,i,j).
C∣f∣ : on conserve la portion de Cf situeˊe dans y≥0, et on remplace la portion situeˊe dans y<0 par sa symeˊtrique par rapport aˋ(Ox).
Cf(∣⋅∣) : la fonction x↦f(∣x∣) est paire. Sa courbe coı¨ncide avec Cf pour x≥0, et se compleˋte sur x<0 par symeˊtrie par rapport aˋ(Oy).
Exemple travaillé · 40
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x2−1 et Cf sa parabole représentative. Expliquer comment déduire la courbe Cg de la fonction g(x)=∣x2−1∣ à partir de Cf.
1
On étudie le signe du trinôme f(x)=x2−1=(x−1)(x+1) :
x2−1≥0⟺x∈]−∞;−1]∪[1;+∞[
2
Sur ]−∞;−1]∪[1;+∞[, f(x)≥0, donc g(x)=f(x). La courbe Cg coïncide avec Cf.
3
Sur ]−1;1[, f(x)<0, donc g(x)=−(x2−1)=1−x2.
4
Sur ]−1;1[, la courbe Cg s'obtient donc en traçant la symétrique de la portion de Cf par rapport à l'axe des abscisses (Ox).
5
La courbe complète Cg est entièrement contenue dans le demi-plan y≥0 et admet deux points anguleux en (−1,0) et (1,0).
Exemple travaillé · 41
Soit f la fonction définie sur [0;+∞[ par f(x)=x2−4x+3. On pose pour tout x∈R : h(x)=x2−4∣x∣+3. Montrer que h est paire et expliquer comment construire sa courbe Ch à partir de celle de f.
1
Le domaine R est symétrique par rapport à 0. Pour tout x∈R :
h(−x)=(−x)2−4∣−x∣+3=x2−4∣x∣+3=h(x)
2
La fonction h est donc une fonction paire : sa courbe Ch admet l'axe des ordonnées (Oy) comme axe de symétrie.
3
Pour tout x≥0, on a ∣x∣=x, d'où :
h(x)=x2−4x+3=f(x)
4
Sur [0;+∞[, la courbe Ch coïncide avec la courbe Cf.
5
On trace Ch sur [0;+∞[ en reprenant Cf, puis on complète la courbe sur ]−∞;0] par symétrie orthogonale par rapport à l'axe des ordonnées (Oy).
Piège classique · 42
Quelle transformation géométrique permet de tracer la courbe de g(x)=f(∣x∣) à partir de la portion de Cf située sur [0;+∞[ ?
Attention
Confondre ∣f(x)∣ (valeur absolue sur l'ordonnée) avec f(∣x∣) (valeur absolue sur la variable) et appliquer une symétrie par rapport à l'axe des abscisses (Ox).
À la place : Dans f(∣x∣), la valeur absolue est interne à la variable : la fonction obtenue est paire (g(−x)=g(x)). La symétrie s'effectue donc par rapport à l'axe des ordonnées (Oy), jamais par rapport à (Ox).
Vérification · 43
On donne la courbe Cf d'une fonction f définie sur [−3;3]. Pour construire la courbe de la fonction k(x)=−∣f(x)∣, dans quel demi-plan la courbe Ck se situera-t-elle entièrement ?
Remarque
Pour tout réel x, ∣f(x)∣≥0, donc k(x)=−∣f(x)∣≤0. Toutes les ordonnées des points de Ck sont négatives ou nulles : la courbe Ck est donc située entièrement dans le demi-plan inférieur y≤0.