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Etude de fonctions — cours

4ème année (Bac) · section Informatique · mathématiques, programme officiel tunisien.

Le cours

Rappel · 1

Soit ff une fonction vérifiant lim⁡x→3+f(x)=−∞\lim_{x \to 3^+} f(x) = -\infty. Que peut-on en déduire pour sa courbe représentative Cf\mathcal{C}_f ?

Remarque

Quand xx tend vers une valeur finie aa et que f(x)f(x) tend vers l'infini, la droite x=ax = a est une asymptote verticale. À l'inverse, si x→±∞x \to \pm\infty et f(x)→bf(x) \to b, la droite y=by = b est une asymptote horizontale.

Point de départ · 2

On considère la fonction ff définie sur ]0;+∞[]0 ; +\infty[ par f(x)=2x+1+1xf(x) = 2x + 1 + \frac{1}{x}. Lorsque xx devient de plus en plus grand, de quelle droite la courbe de ff se rapproche-t-elle indéfiniment ?

Remarque

Le terme 1x\frac{1}{x} devient négligeable devant 2x+12x + 1 : la différence f(x)−(2x+1)=1xf(x) - (2x + 1) = \frac{1}{x} tend vers 00 en +∞+\infty.

Définition · 3

Définition et décomposition directe

lim⁡x→+∞[f(x)−(ax+b)]=0(a≠0)\lim_{x \to +\infty} [f(x) - (ax + b)] = 0 \quad (a \neq 0)

La droite Δ:y=ax+b\Delta : y = ax + b est une asymptote oblique à la courbe Cf\mathcal{C}_f au voisinage de +∞+\infty (respectivement de −∞-\infty). En pratique, si f(x)f(x) se décompose sous la forme f(x)=ax+b+g(x)f(x) = ax + b + g(x) avec lim⁡x→±∞g(x)=0\lim_{x \to \pm\infty} g(x) = 0, alors Δ\Delta est asymptote oblique. Le signe de g(x)=f(x)−(ax+b)g(x) = f(x) - (ax + b) donne la position relative de Cf\mathcal{C}_f par rapport à Δ\Delta.

Exemple travaillé · 4

Soit la fonction ff définie sur ]−1;+∞[]-1 ; +\infty[ par f(x)=2x2+x−3x+1f(x) = \frac{2x^2 + x - 3}{x + 1}.
1. Vérifier que pour tout x>−1x > -1, f(x)=2x−1−2x+1f(x) = 2x - 1 - \frac{2}{x + 1}.
2. Montrer que la droite Δ:y=2x−1\Delta : y = 2x - 1 est asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty, puis étudier leur position relative.

1

On met l'expression décomposée au même dénominateur :

2x−1−2x+1=(2x−1)(x+1)−2x+1=2x2+x−1−2x+1=2x2+x−3x+12x - 1 - \frac{2}{x + 1} = \frac{(2x - 1)(x + 1) - 2}{x + 1} = \frac{2x^2 + x - 1 - 2}{x + 1} = \frac{2x^2 + x - 3}{x + 1}
2

On forme la différence entre f(x)f(x) et l'équation de la droite Δ\Delta :

f(x)−(2x−1)=−2x+1f(x) - (2x - 1) = -\frac{2}{x + 1}
3

On évalue la limite de cette différence en +∞+\infty :

lim⁡x→+∞(−2x+1)=0\lim_{x \to +\infty} \left(-\frac{2}{x + 1}\right) = 0
4

La droite Δ:y=2x−1\Delta : y = 2x - 1 est donc une asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f au voisinage de +∞+\infty.

5

Pour la position relative, pour tout x∈]−1;+∞[x \in ]-1 ; +\infty[, on a x+1>0x + 1 > 0, donc :

f(x)−(2x−1)=−2x+1<0f(x) - (2x - 1) = -\frac{2}{x + 1} < 0
6

La courbe Cf\mathcal{C}_f est située strictement au-dessous de l'asymptote Δ\Delta sur ]−1;+∞[]-1 ; +\infty[.

Exemple travaillé · 5

Soit ff la fonction définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x−1x2+1f(x) = x - \frac{1}{\sqrt{x^2 + 1}}.
Montrer que la droite Δ:y=x\Delta : y = x est une asymptote oblique commune à Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty et en −∞-\infty, puis préciser la position relative de Cf\mathcal{C}_f par rapport à Δ\Delta.

1

La fonction se présente directement sous la forme f(x)=x+g(x)f(x) = x + g(x) avec :

g(x)=−1x2+1g(x) = -\frac{1}{\sqrt{x^2 + 1}}
2

On étudie la différence f(x)−xf(x) - x en +∞+\infty et en −∞-\infty. Comme lim⁡x→±∞(x2+1)=+∞\lim_{x \to \pm\infty} (x^2 + 1) = +\infty, on a :

lim⁡x→+∞[f(x)−x]=lim⁡x→+∞(−1x2+1)=0\lim_{x \to +\infty} [f(x) - x] = \lim_{x \to +\infty} \left(-\frac{1}{\sqrt{x^2 + 1}}\right) = 0
3

De même en −∞-\infty :

lim⁡x→−∞[f(x)−x]=lim⁡x→−∞(−1x2+1)=0\lim_{x \to -\infty} [f(x) - x] = \lim_{x \to -\infty} \left(-\frac{1}{\sqrt{x^2 + 1}}\right) = 0
4

La droite Δ:y=x\Delta : y = x est donc une asymptote oblique commune à Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty et en −∞-\infty.

5

Pour tout x∈Rx \in \mathbb{R}, x2+1>0\sqrt{x^2 + 1} > 0, d'où :

f(x)−x=−1x2+1<0f(x) - x = -\frac{1}{\sqrt{x^2 + 1}} < 0
6

La courbe Cf\mathcal{C}_f est strictement située au-dessous de son asymptote Δ\Delta sur tout R\mathbb{R}.

Piège classique · 6

Pour trouver l'asymptote oblique en +∞+\infty de la fonction définie par f(x)=3x−5+4x2+2f(x) = 3x - 5 + \frac{4}{x^2 + 2}, quelle démarche est la plus directe ?

Attention

Calculer systématiquement le rapport f(x)x\frac{f(x)}{x} pour déterminer la pente a=3a = 3, puis la limite de f(x)−3xf(x) - 3x pour trouver l'ordonnée à l'origine b=−5b = -5.

À la place : Observer que la fonction est déjà écrite sous la forme ax+b+g(x)ax + b + g(x). Former directement f(x)−(3x−5)=4x2+2f(x) - (3x - 5) = \frac{4}{x^2 + 2} dont la limite est immédiatement 00.

Vérification · 7

Soit la fonction ff définie sur ]2;+∞[]2 ; +\infty[ par f(x)=−x+4+3x−2f(x) = -x + 4 + \frac{3}{x - 2}.
Que peut-on affirmer au voisinage de +∞+\infty pour la courbe Cf\mathcal{C}_f et la droite Δ:y=−x+4\Delta : y = -x + 4 ?

Remarque

Comme lim⁡x→+∞3x−2=0\lim_{x \to +\infty} \frac{3}{x - 2} = 0, la droite d'équation y=−x+4y = -x + 4 est bien asymptote oblique. De plus, pour tout x>2x > 2, f(x)−(−x+4)=3x−2>0f(x) - (-x + 4) = \frac{3}{x - 2} > 0, donc la courbe Cf\mathcal{C}_f est située strictement au-dessus de Δ\Delta.

Point de départ · 8

Soit ff une fonction vérifiant lim⁡x→+∞f(x)=+∞\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty et lim⁡x→+∞f(x)x=1\lim_{x \to +\infty} \frac{f(x)}{x} = 1. Peut-on affirmer directement que la droite d'équation y=xy = x est asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f ?

Remarque

Non : obtenir f(x)x→1\frac{f(x)}{x} \to 1 indique seulement la direction suivie par la courbe. Pour qu'une droite soit asymptote, il faut vérifier que l'écart vertical f(x)−xf(x) - x se rapproche d'un réel fixe bb, et ne part pas lui-même vers l'infini.

Définition · 9

Plan d'étude des branches infinies en l'infini

Lorsque lim⁡x→±∞f(x)=±∞\lim_{x \to \pm\infty} f(x) = \pm\infty, on étudie le comportement du quotient f(x)x\frac{f(x)}{x} :

lim⁡x→±∞f(x)x=0  ⟹  Cf admet une branche parabolique de direction (Ox)\lim_{x \to \pm\infty} \frac{f(x)}{x} = 0 \implies \mathcal{C}_f \text{ admet une branche parabolique de direction } (Ox)

lim⁡x→±∞f(x)x=±∞  ⟹  Cf admet une branche parabolique de direction (Oy)\lim_{x \to \pm\infty} \frac{f(x)}{x} = \pm\infty \implies \mathcal{C}_f \text{ admet une branche parabolique de direction } (Oy)

Si lim⁡x→±∞f(x)x=a∈R∗\lim_{x \to \pm\infty} \frac{f(x)}{x} = a \in \mathbb{R}^*, on calcule lim⁡x→±∞[f(x)−ax]\lim_{x \to \pm\infty} [f(x) - ax] :

lim⁡x→±∞[f(x)−ax]=b∈R  ⟹  la droite y=ax+b est asymptote oblique\lim_{x \to \pm\infty} [f(x) - ax] = b \in \mathbb{R} \implies \text{la droite } y = ax + b \text{ est asymptote oblique}

lim⁡x→±∞[f(x)−ax]=±∞  ⟹  Cf admet une branche parabolique de direction y=ax\lim_{x \to \pm\infty} [f(x) - ax] = \pm\infty \implies \mathcal{C}_f \text{ admet une branche parabolique de direction } y = ax

Exemple travaillé · 10

Déterminer la nature de la branche infinie en +∞+\infty de la courbe de la fonction ff définie sur [1;+∞[[1 ; +\infty[ par f(x)=xx−1f(x) = x\sqrt{x - 1}.

1

On détermine la limite de ff en +∞+\infty :

lim⁡x→+∞x=+∞etlim⁡x→+∞x−1=+∞  ⟹  lim⁡x→+∞f(x)=+∞\lim_{x \to +\infty} x = +\infty \quad \text{et} \quad \lim_{x \to +\infty} \sqrt{x - 1} = +\infty \implies \lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty
2

Pour tout x>1x > 1, on calcule le rapport f(x)x\frac{f(x)}{x} :

f(x)x=xx−1x=x−1\frac{f(x)}{x} = \frac{x\sqrt{x - 1}}{x} = \sqrt{x - 1}
3

On évalue la limite de ce rapport en +∞+\infty :

lim⁡x→+∞f(x)x=lim⁡x→+∞x−1=+∞\lim_{x \to +\infty} \frac{f(x)}{x} = \lim_{x \to +\infty} \sqrt{x - 1} = +\infty
4

La courbe Cf\mathcal{C}_f admet au voisinage de +∞+\infty une branche parabolique de direction l'axe des ordonnées (O,j⃗)(O, \vec{j}).

Exemple travaillé · 11

Déterminer la nature de la branche infinie au voisinage de +∞+\infty pour la fonction ff définie sur [−1;+∞[[-1 ; +\infty[ par f(x)=x+1+x+1f(x) = x + 1 + \sqrt{x + 1}.

1

On calcule d'abord la limite en +∞+\infty :

lim⁡x→+∞(x+1)=+∞etlim⁡x→+∞x+1=+∞  ⟹  lim⁡x→+∞f(x)=+∞\lim_{x \to +\infty} (x + 1) = +\infty \quad \text{et} \quad \lim_{x \to +\infty} \sqrt{x + 1} = +\infty \implies \lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty
2

Pour x>0x > 0, on forme le rapport f(x)x\frac{f(x)}{x} :

f(x)x=1+1x+x+1x=1+1x+1x+1x2\frac{f(x)}{x} = 1 + \frac{1}{x} + \frac{\sqrt{x + 1}}{x} = 1 + \frac{1}{x} + \sqrt{\frac{1}{x} + \frac{1}{x^2}}
3

On en déduit la limite de f(x)x\frac{f(x)}{x} en +∞+\infty :

lim⁡x→+∞f(x)x=1+0+0=1\lim_{x \to +\infty} \frac{f(x)}{x} = 1 + 0 + 0 = 1
4

La limite valant a=1≠0a = 1 \neq 0, on étudie la différence f(x)−1⋅xf(x) - 1 \cdot x :

f(x)−x=1+x+1f(x) - x = 1 + \sqrt{x + 1}
5

On calcule la limite de cette différence :

lim⁡x→+∞[f(x)−x]=lim⁡x→+∞(1+x+1)=+∞\lim_{x \to +\infty} [f(x) - x] = \lim_{x \to +\infty} (1 + \sqrt{x + 1}) = +\infty
6

La limite étant infinie, la courbe Cf\mathcal{C}_f n'admet pas d'asymptote oblique : elle admet au voisinage de +∞+\infty une branche parabolique de direction la droite d'équation y=xy = x.

Piège classique · 12

Une fonction ff vérifie lim⁡x→+∞f(x)=+∞\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty et lim⁡x→+∞f(x)x=2\lim_{x \to +\infty} \frac{f(x)}{x} = 2. Que peut-on affirmer avec certitude à cette étape ?

Attention

Conclure immédiatement que la droite d'équation y=2xy = 2x est asymptote oblique à la courbe.

À la place : Le rapport donne seulement la direction asymptotique. Si lim⁡[f(x)−2x]=±∞\lim [f(x) - 2x] = \pm\infty, la courbe s'éloigne indéfiniment de la droite : c'est alors une branche parabolique de direction y=2xy = 2x.

Vérification · 13

Soit la fonction gg définie sur [0;+∞[[0 ; +\infty[ par g(x)=3x−xg(x) = 3x - \sqrt{x}. On donne lim⁡x→+∞g(x)x=3\lim_{x \to +\infty} \frac{g(x)}{x} = 3. Quelle est la nature de la branche infinie de Cg\mathcal{C}_g au voisinage de +∞+\infty ?

Remarque

On forme la différence : g(x)−3x=−xg(x) - 3x = -\sqrt{x}. Comme lim⁡x→+∞(−x)=−∞\lim_{x \to +\infty} (-\sqrt{x}) = -\infty, la distance verticale entre la courbe et la droite d'équation y=3xy = 3x devient infiniment grande : Cg\mathcal{C}_g admet donc une branche parabolique de direction la droite d'équation y=3xy = 3x.

Point de départ · 14

Pour tout nombre réel strictement négatif x<0x < 0, que vaut l'expression x2\sqrt{x^2} ?

Remarque

Une racine carrée est toujours positive ou nulle : on a x2=∣x∣\sqrt{x^2} = |x|. Lorsque x<0x < 0, la valeur absolue donne ∣x∣=−x|x| = -x. Par exemple, pour x=−5x = -5 : (−5)2=25=5=−(−5)\sqrt{(-5)^2} = \sqrt{25} = 5 = -(-5).

Définition · 15

Sortie du radical et levée d'indétermination en l'infini

Pour factoriser le terme de plus haut degré sous une racine carrée au voisinage de l'infini, on applique :

x2=∣x∣={xsi x>0−xsi x<0\sqrt{x^2} = |x| = \begin{cases} x & \text{si } x > 0 \\ -x & \text{si } x < 0 \end{cases}

Face à une forme indéterminée « ∞−∞\infty - \infty » sur une somme comportant un radical :

Si les termes d’ordre dominant s’annulent  ⟹  recourir aˋ l’expression conjugueˊe\text{Si les termes d'ordre dominant s'annulent} \implies \text{recourir à l'expression conjuguée}
Si les termes d’ordre dominant ne s’annulent pas  ⟹  la factorisation par ∣x∣ suffit\text{Si les termes d'ordre dominant ne s'annulent pas} \implies \text{la factorisation par } |x| \text{ suffit}

Exemple travaillé · 16

Déterminer l'asymptote oblique au voisinage de −∞-\infty à la courbe de la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x2+x+1f(x) = \sqrt{x^2 + x + 1}.

1

Pour x<0x < 0, on factorise x2x^2 sous la racine en appliquant x2=−x\sqrt{x^2} = -x :

f(x)=x2(1+1x+1x2)=−x1+1x+1x2f(x) = \sqrt{x^2\left(1 + \frac{1}{x} + \frac{1}{x^2}\right)} = -x\sqrt{1 + \frac{1}{x} + \frac{1}{x^2}}
2

On évalue la limite du rapport f(x)x\frac{f(x)}{x} en −∞-\infty :

lim⁡x→−∞f(x)x=lim⁡x→−∞(−1+1x+1x2)=−1\lim_{x \to -\infty} \frac{f(x)}{x} = \lim_{x \to -\infty} \left(-\sqrt{1 + \frac{1}{x} + \frac{1}{x^2}}\right) = -1
3

La pente a=−1a = -1 étant finie non nulle, on étudie la différence f(x)−(−1)x=f(x)+xf(x) - (-1)x = f(x) + x. Les termes d'ordre dominant se compensant (forme « ∞−∞\infty - \infty »), on multiplie par l'expression conjuguée :

f(x)+x=(x2+x+1+x)(x2+x+1−x)x2+x+1−x=x+1x2+x+1−xf(x) + x = \frac{(\sqrt{x^2 + x + 1} + x)(\sqrt{x^2 + x + 1} - x)}{\sqrt{x^2 + x + 1} - x} = \frac{x + 1}{\sqrt{x^2 + x + 1} - x}
4

Pour x<0x < 0, on met xx en facteur au numérateur et au dénominateur avec x2=−x\sqrt{x^2} = -x :

f(x)+x=x(1+1x)−x1+1x+1x2−x=1+1x−1+1x+1x2−1f(x) + x = \frac{x\left(1 + \frac{1}{x}\right)}{-x\sqrt{1 + \frac{1}{x} + \frac{1}{x^2}} - x} = \frac{1 + \frac{1}{x}}{-\sqrt{1 + \frac{1}{x} + \frac{1}{x^2}} - 1}
5

On en déduit la limite de la différence en −∞-\infty :

lim⁡x→−∞[f(x)+x]=1+0−1−1=−12\lim_{x \to -\infty} [f(x) + x] = \frac{1 + 0}{-1 - 1} = -\frac{1}{2}
6

La droite d'équation y=−x−12y = -x - \frac{1}{2} est une asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f au voisinage de −∞-\infty.

Exemple travaillé · 17

Déterminer la nature de la branche infinie au voisinage de −∞-\infty de la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x+x2+1f(x) = x + \sqrt{x^2 + 1}.

1

Quand x→−∞x \to -\infty, x→−∞x \to -\infty et x2+1→+∞\sqrt{x^2 + 1} \to +\infty : c'est une forme indéterminée « −∞+∞-\infty + \infty » où les coefficients dominants se compensent (11 et 1\sqrt{1}).

2

On transforme directement l'expression par la quantité conjuguée pour tout x∈Rx \in \mathbb{R} :

f(x)=(x+x2+1)(x−x2+1)x−x2+1=x2−(x2+1)x−x2+1=−1x−x2+1f(x) = \frac{(x + \sqrt{x^2 + 1})(x - \sqrt{x^2 + 1})}{x - \sqrt{x^2 + 1}} = \frac{x^2 - (x^2 + 1)}{x - \sqrt{x^2 + 1}} = \frac{-1}{x - \sqrt{x^2 + 1}}
3

On évalue la limite du dénominateur quand x→−∞x \to -\infty :

lim⁡x→−∞x=−∞etlim⁡x→−∞(−x2+1)=−∞  ⟹  lim⁡x→−∞(x−x2+1)=−∞\lim_{x \to -\infty} x = -\infty \quad \text{et} \quad \lim_{x \to -\infty} (-\sqrt{x^2 + 1}) = -\infty \implies \lim_{x \to -\infty} (x - \sqrt{x^2 + 1}) = -\infty
4

On en déduit la limite du quotient :

lim⁡x→−∞f(x)=lim⁡x→−∞−1x−x2+1=0\lim_{x \to -\infty} f(x) = \lim_{x \to -\infty} \frac{-1}{x - \sqrt{x^2 + 1}} = 0
5

La droite d'équation y=0y = 0 (l'axe des abscisses) est une asymptote horizontale à la courbe Cf\mathcal{C}_f au voisinage de −∞-\infty.

Piège classique · 18

Pour déterminer la limite en −∞-\infty de f(x)=4x2+1+2xf(x) = \sqrt{4x^2 + 1} + 2x, un élève factorise sous la racine et écrit :
4x2+1=x4+1x2\sqrt{4x^2 + 1} = x\sqrt{4 + \frac{1}{x^2}}
puis conclut que f(x)=x(4+1x2+2)f(x) = x\left(\sqrt{4 + \frac{1}{x^2}} + 2\right). Pourquoi cette étape est-elle fausse ?

Attention

Écrire x2=x\sqrt{x^2} = x au voisinage de −∞-\infty au lieu de ∣x∣=−x|x| = -x.

À la place : Pour x<0x < 0, 4x2+1=−x4+1x2\sqrt{4x^2 + 1} = -x\sqrt{4 + \frac{1}{x^2}}. De plus, comme les termes dominants s'annulent (−2x+2x=0-2x + 2x = 0), la factorisation produit une indétermination secondaire 0×∞0 \times \infty : il faut recourir à l'expression conjuguée.

Vérification · 19

Soit la fonction gg définie sur ]−∞;0]]-\infty ; 0] par g(x)=x2−3xg(x) = \sqrt{x^2 - 3x}. Quelle est la valeur de lim⁡x→−∞g(x)x\lim_{x \to -\infty} \frac{g(x)}{x} ?

Remarque

Pour tout x<0x < 0, on extrait le terme dominant : x2−3x=x2(1−3x)=−x1−3x\sqrt{x^2 - 3x} = \sqrt{x^2\left(1 - \frac{3}{x}\right)} = -x\sqrt{1 - \frac{3}{x}}. En divisant par xx, on obtient g(x)x=−1−3x\frac{g(x)}{x} = -\sqrt{1 - \frac{3}{x}}, dont la limite en −∞-\infty est −1-1.

Point de départ · 20

On sait que la fonction racine carrée f(x)=xf(x) = \sqrt{x} est définie en 00, avec f(0)=0f(0) = 0. La formule usuelle de dérivation donne (x)′=12x(\sqrt{x})' = \frac{1}{2\sqrt{x}}, ce qui produit une division par zéro en x=0x = 0.
Que se passe-t-il géométriquement pour la courbe au point (0,0)(0,0) ?

Remarque

Le point (0,0)(0,0) appartient à la courbe : ce n'est donc pas une asymptote verticale (qui correspond à x→ax \to a avec f(x)→±∞f(x) \to \pm\infty). La courbe démarre verticalement : elle admet une demi-tangente verticale.

Définition · 21

Dérivabilité unilatérale et demi-tangente verticale

Soit ff une fonction définie sur un intervalle ayant x0x_0 pour borne. Si les règles habituelles de dérivation ne s'appliquent pas en x0x_0, on étudie la limite du taux d'accroissement à droite (ou à gauche) :

lim⁡x→x0+f(x)−f(x0)x−x0=±∞\lim_{x \to x_0^+} \frac{f(x) - f(x_0)}{x - x_0} = \pm\infty

La fonction ff n'est pas dérivable à droite en x0x_0. La courbe Cf\mathcal{C}_f admet au point M0(x0,f(x0))M_0(x_0, f(x_0)) une demi-tangente verticale.

Exemple travaillé · 22

Soit la fonction ff définie sur [1;+∞[[1 ; +\infty[ par f(x)=x2−1f(x) = \sqrt{x^2 - 1}.
Étudier la dérivabilité de ff à droite en 11 et interpréter géométriquement le résultat.

1

On évalue l'image en 11 :

f(1)=12−1=0f(1) = \sqrt{1^2 - 1} = 0
2

Pour tout x>1x > 1, on exprime le taux d'accroissement en 11 :

f(x)−f(1)x−1=x2−1x−1=(x−1)(x+1)x−1\frac{f(x) - f(1)}{x - 1} = \frac{\sqrt{x^2 - 1}}{x - 1} = \frac{\sqrt{(x - 1)(x + 1)}}{x - 1}
3

Comme x>1x > 1, on a x−1=(x−1)2x - 1 = \sqrt{(x - 1)^2}. On simplifie le radical :

x−1x+1x−1x−1=x+1x−1=x+1x−1\frac{\sqrt{x - 1}\sqrt{x + 1}}{\sqrt{x - 1}\sqrt{x - 1}} = \frac{\sqrt{x + 1}}{\sqrt{x - 1}} = \sqrt{\frac{x + 1}{x - 1}}
4

On étudie la limite quand x→1+x \to 1^+ :

lim⁡x→1+(x+1)=2etlim⁡x→1+(x−1)=0+  ⟹  lim⁡x→1+x+1x−1=+∞\lim_{x \to 1^+} (x + 1) = 2 \quad \text{et} \quad \lim_{x \to 1^+} (x - 1) = 0^+ \implies \lim_{x \to 1^+} \sqrt{\frac{x + 1}{x - 1}} = +\infty
5

La fonction ff n'est pas dérivable à droite en 11. La courbe Cf\mathcal{C}_f admet au point (1,0)(1, 0) une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.

Exemple travaillé · 23

Soit la fonction ff définie sur [−2;2][-2 ; 2] par f(x)=4−x2f(x) = \sqrt{4 - x^2}.
Étudier la dérivabilité de ff à gauche en 22 et interpréter géométriquement le résultat.

1

On évalue l'image en 22 :

f(2)=4−4=0f(2) = \sqrt{4 - 4} = 0
2

Pour x∈[−2;2[x \in [-2 ; 2[, on forme le taux d'accroissement en 22 :

f(x)−f(2)x−2=(2−x)(2+x)x−2\frac{f(x) - f(2)}{x - 2} = \frac{\sqrt{(2 - x)(2 + x)}}{x - 2}
3

Comme x<2x < 2, x−2x - 2 est strictement négatif : on écrit x−2=−(2−x)=−(2−x)2x - 2 = -(2 - x) = -\sqrt{(2 - x)^2} :

2−x2+x−2−x2−x=−2+x2−x\frac{\sqrt{2 - x}\sqrt{2 + x}}{-\sqrt{2 - x}\sqrt{2 - x}} = -\sqrt{\frac{2 + x}{2 - x}}
4

On calcule la limite quand x→2−x \to 2^- :

lim⁡x→2−(2+x)=4etlim⁡x→2−(2−x)=0+  ⟹  lim⁡x→2−(−2+x2−x)=−∞\lim_{x \to 2^-} (2 + x) = 4 \quad \text{et} \quad \lim_{x \to 2^-} (2 - x) = 0^+ \implies \lim_{x \to 2^-} \left(-\sqrt{\frac{2 + x}{2 - x}}\right) = -\infty
5

La fonction ff n'est pas dérivable à gauche en 22. La courbe Cf\mathcal{C}_f admet au point (2,0)(2, 0) une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.

Piège classique · 24

Pour étudier le comportement de f(x)=x−3f(x) = \sqrt{x - 3} en x=3x = 3, un élève dérive directement :
f′(x)=12x−3f'(x) = \frac{1}{2\sqrt{x - 3}}
Constatant que le dénominateur s'annule en 33, il affirme que « la droite d'équation x=3x = 3 est une asymptote verticale à la courbe ».
Que faut-il en penser ?

Attention

Déduire une asymptote verticale du fait que la formule de la dérivée présente une division par zéro en un point du domaine.

À la place : Le point (3,0)(3, 0) appartient à la courbe car f(3)=0f(3) = 0 existe. Le taux de variation tend vers +∞+\infty, ce qui caractérise une demi-tangente verticale, pas une asymptote (qui exigerait lim⁡f(x)=±∞\lim f(x) = \pm\infty).

Vérification · 25

Soit gg une fonction définie sur [0;+∞[[0 ; +\infty[ vérifiant g(0)=2g(0) = 2 et lim⁡x→0+g(x)−2x=+∞\lim_{x \to 0^+} \frac{g(x) - 2}{x} = +\infty.
Quelle est la propriété géométrique de la courbe Cg\mathcal{C}_g au point A(0,2)A(0, 2) ?

Remarque

Le point A(0,2)A(0, 2) appartient à la courbe Cg\mathcal{C}_g. Comme la limite du taux d'accroissement en 00 à droite est infinie, Cg\mathcal{C}_g admet au point AA une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.

Point de départ · 26

Si une droite verticale d'équation x=ax = a est un axe de symétrie pour une courbe, alors pour tout écart hh, les points d'abscisses a+ha + h et a−ha - h ont la même ordonnée : f(a−h)=f(a+h)f(a - h) = f(a + h). En posant la variable x=a+hx = a + h (ce qui donne h=x−ah = x - a), quelle expression prend l'abscisse symétrique a−ha - h ?

Remarque

En remplaçant hh par x−ax - a, on a a−h=a−(x−a)=2a−xa - h = a - (x - a) = 2a - x. L'égalité géométrique f(a−h)=f(a+h)f(a - h) = f(a + h) devient ainsi la relation algébrique fondamentale : f(2a−x)=f(x)f(2a - x) = f(x).

Définition · 27

Éléments de symétrie d'une courbe

Soit ff une fonction définie sur un ensemble DfD_f et Cf\mathcal{C}_f sa courbe représentative dans un repère orthogonal.

La droite x=a est un axe de symeˊtrie  ⟺  ∀x∈Df, (2a−x)∈Dfetf(2a−x)=f(x)\text{La droite } x = a \text{ est un axe de symétrie} \iff \forall x \in D_f, \ (2a - x) \in D_f \quad \text{et} \quad f(2a - x) = f(x)

Le point I(a,b) est un centre de symeˊtrie  ⟺  ∀x∈Df, (2a−x)∈Dfetf(2a−x)+f(x)=2b\text{Le point } I(a, b) \text{ est un centre de symétrie} \iff \forall x \in D_f, \ (2a - x) \in D_f \quad \text{et} \quad f(2a - x) + f(x) = 2b

La condition (2a−x)∈Df(2a - x) \in D_f est impérative : elle garantit que le domaine d'étude est lui-même symétrique par rapport à aa.

Exemple travaillé · 28

Soit la fonction ff définie par f(x)=x2−4x+3f(x) = \sqrt{x^2 - 4x + 3}.
1. Déterminer l'ensemble de définition DfD_f de ff.
2. Montrer que la droite d'équation x=2x = 2 est un axe de symétrie pour la courbe Cf\mathcal{C}_f.

1

Le radicande doit être positif ou nul : x2−4x+3=(x−1)(x−3)≥0x^2 - 4x + 3 = (x - 1)(x - 3) \ge 0. Les racines sont 11 et 33 :

Df=]−∞;1]∪[3;+∞[D_f = ]-\infty ; 1] \cup [3 ; +\infty[
2

On vérifie la stabilité du domaine pour a=2a = 2. Pour tout x∈Dfx \in D_f, on a x≤1x \le 1 ou x≥3x \ge 3. Si x≤1x \le 1, alors −x≥−1-x \ge -1, d'où 4−x≥34 - x \ge 3, ce qui signifie que (4−x)∈[3;+∞[(4 - x) \in [3 ; +\infty[. De même, si x≥3x \ge 3, alors 4−x≤14 - x \le 1, donc (4−x)∈]−∞;1](4 - x) \in ]-\infty ; 1]. Ainsi :

∀x∈Df,(4−x)∈Df\forall x \in D_f, \quad (4 - x) \in D_f
3

On calcule ensuite f(4−x)f(4 - x) pour tout x∈Dfx \in D_f :

f(4−x)=(4−x)2−4(4−x)+3=16−8x+x2−16+4x+3f(4 - x) = \sqrt{(4 - x)^2 - 4(4 - x) + 3} = \sqrt{16 - 8x + x^2 - 16 + 4x + 3}
4

On simplifie l'expression sous la racine :

f(4−x)=x2−4x+3=f(x)f(4 - x) = \sqrt{x^2 - 4x + 3} = f(x)
5

Les deux conditions étant vérifiées, la droite d'équation x=2x = 2 est un axe de symétrie pour la courbe Cf\mathcal{C}_f.

Exemple travaillé · 29

Soit la fonction ff définie sur R∖{−1}\mathbb{R} \setminus \{-1\} par f(x)=x2+3x+1f(x) = \frac{x^2 + 3}{x + 1}.
Montrer que le point A(−1,−2)A(-1, -2) est un centre de symétrie pour sa courbe représentative Cf\mathcal{C}_f.

1

L'ensemble de définition est Df=R∖{−1}D_f = \mathbb{R} \setminus \{-1\}. Avec a=−1a = -1, la condition d'appartenance s'écrit :

x∈Df  ⟺  x≠−1  ⟺  −x≠1  ⟺  −2−x≠−1  ⟹  (−2−x)∈Dfx \in D_f \iff x \neq -1 \iff -x \neq 1 \iff -2 - x \neq -1 \implies (-2 - x) \in D_f
2

On exprime f(−2−x)f(-2 - x) :

f(−2−x)=(−2−x)2+3(−2−x)+1=x2+4x+7−x−1=−x2+4x+7x+1f(-2 - x) = \frac{(-2 - x)^2 + 3}{(-2 - x) + 1} = \frac{x^2 + 4x + 7}{-x - 1} = -\frac{x^2 + 4x + 7}{x + 1}
3

On calcule la somme f(−2−x)+f(x)f(-2 - x) + f(x) sur le même dénominateur :

f(−2−x)+f(x)=−(x2+4x+7)+(x2+3)x+1=−4x−4x+1f(-2 - x) + f(x) = \frac{-(x^2 + 4x + 7) + (x^2 + 3)}{x + 1} = \frac{-4x - 4}{x + 1}
4

On factorise le numérateur :

−4(x+1)x+1=−4\frac{-4(x + 1)}{x + 1} = -4
5

Comme −4=2×(−2)=2b-4 = 2 \times (-2) = 2b, l'égalité f(2a−x)+f(x)=2bf(2a - x) + f(x) = 2b est établie pour tout x∈Dfx \in D_f. Le point A(−1,−2)A(-1, -2) est donc un centre de symétrie de Cf\mathcal{C}_f.

Piège classique · 30

Pour prouver que la droite x=1x = 1 est un axe de symétrie d'une fonction ff, un élève calcule directement f(2−x)f(2 - x) et constate que f(2−x)=f(x)f(2 - x) = f(x) sur les réels où la formule a du sens. Peut-il conclure immédiatement que x=1x = 1 est axe de symétrie ?

Attention

Conclure à la symétrie uniquement sur la base de l'égalité f(2a−x)=f(x)f(2a - x) = f(x), sans examiner le domaine de définition.

À la place : Il faut d'abord justifier que pour tout x∈Dfx \in D_f, le symétrique (2a−x)(2a - x) appartient aussi à DfD_f. Si une valeur interdite n'admet pas son symétrique également interdit, la courbe n'est pas symétrique.

Vérification · 31

Soit la fonction gg définie sur R∖{1}\mathbb{R} \setminus \{1\} par g(x)=3+2x−1g(x) = 3 + \frac{2}{x - 1}.
Quelle égalité permet de prouver que le point Ω(1,3)\Omega(1, 3) est centre de symétrie de la courbe Cg\mathcal{C}_g ?

Remarque

Ici a=1a = 1 et b=3b = 3, donc 2a−x=2−x2a - x = 2 - x et 2b=62b = 6. La relation à vérifier est bien g(2−x)+g(x)=6g(2 - x) + g(x) = 6. En effet : g(2−x)+g(x)=(3+21−x)+(3+2x−1)=6+21−x−21−x=6g(2 - x) + g(x) = \left(3 + \frac{2}{1 - x}\right) + \left(3 + \frac{2}{x - 1}\right) = 6 + \frac{2}{1 - x} - \frac{2}{1 - x} = 6.

Point de départ · 32

On observe la courbe d'une fonction qui change de courbure en un point : d'un côté la courbe est située au-dessus de sa tangente, et de l'autre côté elle passe au-dessous. Que fait géométriquement la tangente à la courbe en ce point particulier ?

Remarque

En ce point de basculement de concavité, la tangente ne reste pas d'un seul côté : elle traverse la courbe. C'est la signature géométrique d'un point d'inflexion.

Définition · 33

Point d'inflexion et concavité

Un point I(x0,f(x0))I(x_0, f(x_0)) est un point d'inflexion de la courbe Cf\mathcal{C}_f si la courbe traverse sa tangente en ce point.

f′′(x0)=0et f′′ change de signe en x0  ⟺  I(x0,f(x0)) est un point d’inflexionf''(x_0) = 0 \quad \text{et } f'' \text{ change de signe en } x_0 \iff I(x_0, f(x_0)) \text{ est un point d'inflexion}

Caractérisation équivalente : la différence f(x)−yTf(x) - y_T (où yT=f′(x0)(x−x0)+f(x0)y_T = f'(x_0)(x - x_0) + f(x_0) est l'équation de la tangente) s'annule et change de signe en x0x_0.

Exemple travaillé · 34

Soit la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x3−3x2+2f(x) = x^3 - 3x^2 + 2.
Déterminer les coordonnées du point d'inflexion de la courbe Cf\mathcal{C}_f.

1

La fonction ff est deux fois dérivable sur R\mathbb{R}. On calcule la dérivée première :

f′(x)=3x2−6xf'(x) = 3x^2 - 6x
2

On calcule la dérivée seconde :

f′′(x)=6x−6=6(x−1)f''(x) = 6x - 6 = 6(x - 1)
3

On étudie le signe de f′′(x)f''(x) :

f′′(x)=0  ⟺  x=1f''(x) = 0 \iff x = 1
4

Pour x<1x < 1, f′′(x)<0f''(x) < 0 et pour x>1x > 1, f′′(x)>0f''(x) > 0. La dérivée seconde s'annule en 11 en changeant de signe : la courbe admet un point d'inflexion en x=1x = 1.

5

On calcule l'ordonnée de ce point :

f(1)=13−3(1)2+2=0f(1) = 1^3 - 3(1)^2 + 2 = 0
6

Le point d'inflexion de Cf\mathcal{C}_f est I(1,0)I(1, 0).

Exemple travaillé · 35

Soit la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x3+2x−1f(x) = x^3 + 2x - 1 et TT la tangente à sa courbe au point d'abscisse 00.
1. Écrire une équation de TT.
2. Étudier la position relative de Cf\mathcal{C}_f par rapport à TT et en déduire que A(0,−1)A(0, -1) est un point d'inflexion.

1

On calcule f(0)=−1f(0) = -1. La dérivée est f′(x)=3x2+2f'(x) = 3x^2 + 2, d'où f′(0)=2f'(0) = 2.

2

L'équation de la tangente TT au point d'abscisse 00 est :

y=f′(0)(x−0)+f(0)=2x−1y = f'(0)(x - 0) + f(0) = 2x - 1
3

On étudie le signe de la différence f(x)−yTf(x) - y_T :

f(x)−(2x−1)=(x3+2x−1)−(2x−1)=x3f(x) - (2x - 1) = (x^3 + 2x - 1) - (2x - 1) = x^3
4

Pour x<0x < 0, x3<0x^3 < 0, donc Cf\mathcal{C}_f est strictement au-dessous de TT. Pour x>0x > 0, x3>0x^3 > 0, donc Cf\mathcal{C}_f est strictement au-dessus de TT.

5

La différence s'annule en 00 en changeant de signe : la tangente TT traverse la courbe au point A(0,−1)A(0, -1). Ce point est donc un point d'inflexion.

Piège classique · 36

Soit la fonction gg définie sur R\mathbb{R} par g(x)=x4g(x) = x^4. On constate que g′′(0)=0g''(0) = 0. Le point O(0,0)O(0, 0) est-il un point d'inflexion de la courbe de gg ?

Attention

Conclure que tout point où f′′f'' s'annule est un point d'inflexion.

À la place : Pour qu'il y ait point d'inflexion, la dérivée seconde doit obligatoirement changer de signe. Pour g(x)=x4g(x) = x^4, on a g′′(x)=12x2≥0g''(x) = 12x^2 \ge 0 pour tout xx : g′′g'' ne change pas de signe, la courbe reste au-dessus de sa tangente et n'admet aucun point d'inflexion.

Vérification · 37

On donne le signe de la dérivée seconde f′′f'' d'une fonction ff :
- Sur ]−∞;−2[]-\infty ; -2[, f′′(x)>0f''(x) > 0.
- En −2-2, f′′(−2)=0f''(-2) = 0.
- Sur ]−2;3[]-2 ; 3[, f′′(x)<0f''(x) < 0.
- En 33, f′′(3)=0f''(3) = 0.
- Sur ]3;+∞[]3 ; +\infty[, f′′(x)<0f''(x) < 0.
Combien de points d'inflexion la courbe Cf\mathcal{C}_f admet-elle ?

Remarque

En x=−2x = -2, f′′f'' s'annule en passant de positive à négative : il y a un changement de signe, donc un point d'inflexion. En x=3x = 3, f′′f'' s'annule mais reste négative avant et après : il n'y a pas d'inflexion. La courbe admet donc un unique point d'inflexion.

Point de départ · 38

On dispose de la courbe représentative Cf\mathcal{C}_f d'une fonction ff. Si un point M(x,y)M(x, y) appartient à Cf\mathcal{C}_f avec une ordonnée strictement négative (y<0y < 0), quel point de même abscisse appartiendra à la courbe de la fonction g(x)=∣f(x)∣g(x) = |f(x)| ?

Remarque

Comme g(x)=∣f(x)∣=−f(x)=−y>0g(x) = |f(x)| = -f(x) = -y > 0, le point correspondant sur la courbe de gg est M′(x,−y)M'(x, -y). Les ordonnées négatives sont transformées en leurs opposées positives : cela correspond géométriquement à une symétrie axiale orthogonale par rapport à l'axe des abscisses (Ox)(Ox).

Définition · 39

Courbes de ∣f∣|f| et de x↦f(∣x∣)x \mapsto f(|x|)

Soit ff une fonction et Cf\mathcal{C}_f sa courbe représentative dans un repère orthogonal (O,i⃗,j⃗)(O, \vec{i}, \vec{j}).

C∣f∣ : on conserve la portion de Cf situeˊe dans y≥0, et on remplace la portion situeˊe dans y<0 par sa symeˊtrique par rapport aˋ (Ox).\mathcal{C}_{|f|} \text{ : on conserve la portion de } \mathcal{C}_f \text{ située dans } y \ge 0, \text{ et on remplace la portion située dans } y < 0 \text{ par sa symétrique par rapport à } (Ox).

Cf(∣⋅∣) : la fonction x↦f(∣x∣) est paire. Sa courbe coı¨ncide avec Cf pour x≥0, et se compleˋte sur x<0 par symeˊtrie par rapport aˋ (Oy).\mathcal{C}_{f(|\cdot|)} \text{ : la fonction } x \mapsto f(|x|) \text{ est paire. Sa courbe coïncide avec } \mathcal{C}_f \text{ pour } x \ge 0, \text{ et se complète sur } x < 0 \text{ par symétrie par rapport à } (Oy).

Exemple travaillé · 40

Soit ff la fonction définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x2−1f(x) = x^2 - 1 et Cf\mathcal{C}_f sa parabole représentative. Expliquer comment déduire la courbe Cg\mathcal{C}_g de la fonction g(x)=∣x2−1∣g(x) = |x^2 - 1| à partir de Cf\mathcal{C}_f.

1

On étudie le signe du trinôme f(x)=x2−1=(x−1)(x+1)f(x) = x^2 - 1 = (x - 1)(x + 1) :

x2−1≥0  ⟺  x∈]−∞;−1]∪[1;+∞[x^2 - 1 \ge 0 \iff x \in ]-\infty ; -1] \cup [1 ; +\infty[
2

Sur ]−∞;−1]∪[1;+∞[]-\infty ; -1] \cup [1 ; +\infty[, f(x)≥0f(x) \ge 0, donc g(x)=f(x)g(x) = f(x). La courbe Cg\mathcal{C}_g coïncide avec Cf\mathcal{C}_f.

3

Sur ]−1;1[]-1 ; 1[, f(x)<0f(x) < 0, donc g(x)=−(x2−1)=1−x2g(x) = -(x^2 - 1) = 1 - x^2.

4

Sur ]−1;1[]-1 ; 1[, la courbe Cg\mathcal{C}_g s'obtient donc en traçant la symétrique de la portion de Cf\mathcal{C}_f par rapport à l'axe des abscisses (Ox)(Ox).

5

La courbe complète Cg\mathcal{C}_g est entièrement contenue dans le demi-plan y≥0y \ge 0 et admet deux points anguleux en (−1,0)(-1, 0) et (1,0)(1, 0).

Exemple travaillé · 41

Soit ff la fonction définie sur [0;+∞[[0 ; +\infty[ par f(x)=x2−4x+3f(x) = x^2 - 4x + 3. On pose pour tout x∈Rx \in \mathbb{R} : h(x)=x2−4∣x∣+3h(x) = x^2 - 4|x| + 3. Montrer que hh est paire et expliquer comment construire sa courbe Ch\mathcal{C}_h à partir de celle de ff.

1

Le domaine R\mathbb{R} est symétrique par rapport à 00. Pour tout x∈Rx \in \mathbb{R} :

h(−x)=(−x)2−4∣−x∣+3=x2−4∣x∣+3=h(x)h(-x) = (-x)^2 - 4|-x| + 3 = x^2 - 4|x| + 3 = h(x)
2

La fonction hh est donc une fonction paire : sa courbe Ch\mathcal{C}_h admet l'axe des ordonnées (Oy)(Oy) comme axe de symétrie.

3

Pour tout x≥0x \ge 0, on a ∣x∣=x|x| = x, d'où :

h(x)=x2−4x+3=f(x)h(x) = x^2 - 4x + 3 = f(x)
4

Sur [0;+∞[[0 ; +\infty[, la courbe Ch\mathcal{C}_h coïncide avec la courbe Cf\mathcal{C}_f.

5

On trace Ch\mathcal{C}_h sur [0;+∞[[0 ; +\infty[ en reprenant Cf\mathcal{C}_f, puis on complète la courbe sur ]−∞;0]]-\infty ; 0] par symétrie orthogonale par rapport à l'axe des ordonnées (Oy)(Oy).

Piège classique · 42

Quelle transformation géométrique permet de tracer la courbe de g(x)=f(∣x∣)g(x) = f(|x|) à partir de la portion de Cf\mathcal{C}_f située sur [0;+∞[[0 ; +\infty[ ?

Attention

Confondre ∣f(x)∣|f(x)| (valeur absolue sur l'ordonnée) avec f(∣x∣)f(|x|) (valeur absolue sur la variable) et appliquer une symétrie par rapport à l'axe des abscisses (Ox)(Ox).

À la place : Dans f(∣x∣)f(|x|), la valeur absolue est interne à la variable : la fonction obtenue est paire (g(−x)=g(x)g(-x) = g(x)). La symétrie s'effectue donc par rapport à l'axe des ordonnées (Oy)(Oy), jamais par rapport à (Ox)(Ox).

Vérification · 43

On donne la courbe Cf\mathcal{C}_f d'une fonction ff définie sur [−3;3][-3 ; 3]. Pour construire la courbe de la fonction k(x)=−∣f(x)∣k(x) = -|f(x)|, dans quel demi-plan la courbe Ck\mathcal{C}_k se situera-t-elle entièrement ?

Remarque

Pour tout réel xx, ∣f(x)∣≥0|f(x)| \ge 0, donc k(x)=−∣f(x)∣≤0k(x) = -|f(x)| \le 0. Toutes les ordonnées des points de Ck\mathcal{C}_k sont négatives ou nulles : la courbe Ck\mathcal{C}_k est donc située entièrement dans le demi-plan inférieur y≤0y \le 0.

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