Complète l'expression du nombre dérivé : si une fonction f est dérivable en un point x0, la limite du quotient différentiel est donnée par :
Remarque
Le nombre dérivé f′(x0) est par définition la limite finie du taux d'accroissement x−x0f(x)−f(x0) lorsque x tend vers x0.
Point de départ · 2
On cherche à évaluer limx→0xx+1−1. Le remplacement direct donne la forme indéterminée 00. Que remarque-t-on si l'on pose f(x)=x+1 ?
Comme f(0)=0+1=1, le numérateur s'écrit exactement f(x)−f(0).
Le quotient xx+1−1 est donc le taux d'accroissement x−0f(x)−f(0). La limite indéterminée devient simplement la valeur de f′(0).
Définition · 3
Calcul de limites indéterminées par le nombre dérivé
Soit f une fonction définie sur un intervalle ouvert contenant a, et dérivable en a.
x→alimx−af(x)−f(a)=f′(a)
Si le dénominateur présente un facteur constant non nul k, on l'extrait du quotient :
x→alimk(x−a)f(x)−f(a)=k1f′(a)
Exemple travaillé · 4
Calculer limx→1x−13x2−2x−1 en utilisant la dérivabilité en un point.
1
On pose f(x)=3x2−2x. On calcule f(1)=3(1)2−2(1)=1.
2
L'expression sous la racine est dérivable et strictement positive au voisinage de 1, donc f est dérivable en 1.
3
f′(x)=23x2−2x6x−2=3x2−2x3x−1
4
On évalue la dérivée en x=1 :
5
f′(1)=3(1)2−2(1)3(1)−1=12=2
6
L'expression initiale étant le taux d'accroissement de f en 1, la limite vaut f′(1)=2.
Exemple travaillé · 5
Calculer limx→4ππ−4xtanx−1 à l'aide d'un nombre dérivé.
1
On factorise le dénominateur par −4 afin de faire apparaître le terme (x−4π) :
2
π−4xtanx−1=−41×x−4πtanx−1
3
On pose g(x)=tanx. La fonction g est dérivable en 4π et g(4π)=1.
4
g′(x)=1+tan2x⟹g′(4π)=1+12=2
5
On conclut par multiplication scalaire :
6
x→4πlimπ−4xtanx−1=−41×g′(4π)=−41×2=−21
Piège classique · 6
Pour calculer limx→3π3x−π2cosx−1, quelle constante multiplicative doit-on extraire devant le taux x−3πcosx−cos(3π) ?
Attention
Prendre 2 ou −1 en factorisant uniquement le numérateur, sans extraire le coefficient 3 du dénominateur.
À la place : Le numérateur s'écrit 2(cosx−21) et le dénominateur 3(x−3π). La constante multiplicative globale est 32.
Vérification · 7
En utilisant la dérivabilité en 0 de la fonction x↦x+1, quelle est la valeur de limx→0xx+1−1 ?
Remarque
En posant f(x)=x+1, on a f′(x)=2x+11. La limite est le nombre dérivé f′(0)=211=21.
Point de départ · 8
Si une fonction f transforme x en y, sa bijection réciproque f−1 fait le chemin inverse : elle transforme y en x. Que devient la pente de la tangente lorsqu'on échange les rôles des axes ?
Les courbes Cf et Cf−1 sont symétriques par rapport à la droite d'équation y=x.
Si une tangente à Cf a pour coefficient directeur m (avec m=0), la tangente symétrique à Cf−1 a pour coefficient directeur son inverse : m1.
Définition · 9
Dérivée d'une bijection réciproque
Soit f une bijection d'un intervalle I sur un intervalle J, et soit x0∈I.
f est deˊrivable en x0etf′(x0)=0
Alors la bijection réciproque f−1 est dérivable en y0=f(x0), et son nombre dérivé est donné par :
(f−1)′(y0)=f′(x0)1ouˋx0=f−1(y0)
Remarque
Si f′(x0)=0, la courbe Cf admet une tangente horizontale en x0. Par symétrie, Cf−1 admet une tangente verticale en y0, et f−1 n'y est pas dérivable.
Exemple travaillé · 10
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x3+x+1. Déterminer le nombre dérivé (f−1)′(3).
1
On cherche l'antécédent x0 de 3 par f, c'est-à-dire le réel x0 vérifiant f(x0)=3 :
2
x03+x0+1=3⟺x0=1(car 13+1+1=3)
3
On calcule la fonction dérivée de f :
4
f′(x)=3x2+1
5
On évalue f′ en l'antécédent x0=1 :
6
f′(1)=3(1)2+1=4=0
7
On applique la formule de la dérivée de la fonction réciproque :
8
(f−1)′(3)=f′(1)1=41
Exemple travaillé · 11
Soit g la fonction définie sur [0;2π] par g(x)=sinx. Calculer (g−1)′(22).
1
On détermine l'antécédent x0∈[0;2π] tel que g(x0)=22 :
2
sin(x0)=22⟹x0=4π
3
On calcule la dérivée de g :
4
g′(x)=cosx
5
On évalue la dérivée en x0=4π :
6
g′(4π)=cos(4π)=22=0
7
On en déduit la valeur du nombre dérivé de la réciproque :
8
(g−1)′(22)=g′(4π)1=221=22=2
Piège classique · 12
Soit f(x)=x3+x+1. Sachant que f(1)=3, quelle formule donne la valeur de (f−1)′(3) ?
Attention
Calculer f′(3)1 en remplaçant directement x par la valeur 3.
À la place : Le nombre 3 est une image, pas un antécédent. La formule impose d'évaluer la dérivée en l'antécédent 1 : (f−1)′(3)=f′(1)1.
Vérification · 13
Soit f(x)=x3+x+1. On donne f(−2)=−9. Quelle est la valeur de (f−1)′(−9) ?
Remarque
L'antécédent de −9 est −2. Comme f′(x)=3x2+1, on calcule f′(−2)=3(−2)2+1=13. D'où (f−1)′(−9)=f′(−2)1=131.
Point de départ · 14
Peut-on dériver la fonction f:x↦x en 0 à l'aide de la formule usuelle (x)′=2x1 ?
En remplaçant x par 0, le dénominateur 20 s'annule : la formule usuelle est inutilisable en ce point.
Pour déterminer si la courbe possède une direction tangente en 0, il faut revenir à la définition première : la limite du taux d'accroissement.
Définition · 15
Taux d'accroissement infini et demi-tangente verticale
Soit f une fonction définie sur un intervalle [x0;x0+h[ et continue à droite en x0.
x→x0+limx−x0f(x)−f(x0)=+∞(ou −∞)
La limite étant infinie, f n'est pas dérivable à droite en x0.
Géométriquement, la courbe Cf admet au point M0(x0,f(x0)) une demi-tangente verticale portée par la droite d'équation x=x0.
Remarque
La demi-tangente est dirigée vers le haut si la limite est +∞, et vers le bas si la limite est −∞.
Exemple travaillé · 16
Soit f(x)=x−1 définie sur [1;+∞[. Étudier la dérivabilité de f à droite en 1 et interpréter géométriquement le résultat.
1
On forme le quotient différentiel à droite en x0=1, avec f(1)=0 :
2
x−1f(x)−f(1)=x−1x−1
3
Pour tout x>1, on simplifie l'expression en remarquant que x−1=(x−1)2 :
4
(x−1)2x−1=x−11
5
On calcule la limite quand x tend vers 1+ :
6
x→1+limx−11=+∞
7
La limite est infinie : f n'est pas dérivable à droite en 1. La courbe Cf admet au point A(1;0) une demi-tangente verticale dirigée vers le haut, d'équation x=1.
Exemple travaillé · 17
Soit g(x)=2−x définie sur [0;+∞[. Étudier la dérivabilité de g à droite en 0 et préciser l'orientation de sa demi-tangente.
1
On calcule g(0)=2, puis on forme le taux d'accroissement pour x>0 :
2
x−0g(x)−g(0)=x2−x−2=−xx=−x1
3
On évalue la limite quand x tend vers 0+ :
4
x→0+lim(−x1)=−∞
5
La fonction g n'est pas dérivable à droite en 0. La courbe Cg admet au point (0;2) une demi-tangente verticale dirigée vers le bas.
Piège classique · 18
Une fonction f vérifie limx→2+x−2f(x)−f(2)=+∞. Que peut-on affirmer au sujet de la courbe Cf au point d'abscisse 2 ?
Attention
Penser que l'absence de dérivabilité (limite infinie) implique l'absence totale de tangente.
À la place : La fonction n'est pas dérivable, mais la courbe admet bien une demi-tangente : elle est verticale, portée par la droite x=2.
Vérification · 19
Soit h(x)=3x pour x≥0. Quelle est la valeur de limx→0+xh(x)−h(0) ?
Remarque
Pour tout x>0, x3x=(x)23x=x3. Quand x tend vers 0+, le quotient tend vers +∞. La courbe possède une demi-tangente verticale en 0.
Point de départ · 20
Si un automobiliste parcourt 120 km en 1 h, sa vitesse moyenne est de 120 km/h. Le compteur a-t-il obligatoirement indiqué exactement 120 km/h à au moins un instant ?
Oui, nécessairement. La vitesse moyenne correspond géométriquement à la pente de la sécante entre le point de départ et le point d'arrivée.
La vitesse instantanée correspond au nombre dérivé. Le théorème des accroissements finis garantit qu'il existe un instant où la pente de la tangente est égale à la pente de cette sécante.
Définition · 21
Théorème et inégalité des accroissements finis
Soit f une fonction continue sur un intervalle fermé [a;b] et dérivable sur l'intervalle ouvert ]a;b[ (avec a<b).
Il existe au moins un reˊel c∈]a;b[ tel que : f(b)−f(a)=(b−a)f′(c)
Si de plus la dérivée est encadrée par deux réels m et M, c'est-à-dire m≤f′(x)≤M pour tout x∈]a;b[, alors :
m(b−a)≤f(b)−f(a)≤M(b−a)
Remarque
Géométriquement, il existe au moins un point de la courbe d'abscisse c où la tangente est parallèle à la sécante passant par (a,f(a)) et (b,f(b)).
Exemple travaillé · 22
Soit f(x)=x2+2x définie sur [0;2]. Déterminer le réel c∈]0;2[ tel que f(2)−f(0)=(2−0)f′(c).
1
On évalue la fonction aux bornes de l'intervalle :
2
f(0)=0etf(2)=22+2(2)=8
3
On calcule le taux moyen d'accroissement sur [0;2] :
4
2−0f(2)−f(0)=28−0=4
5
On calcule la fonction dérivée de f :
6
f′(x)=2x+2
7
On résout l'équation f′(c)=4 :
8
2c+2=4⟺2c=2⟺c=1
9
On vérifie que c=1 appartient bien à l'intervalle ouvert ]0;2[. Au point d'abscisse 1, la tangente est parallèle à la droite sécante reliant les extrémités.
Exemple travaillé · 23
En utilisant l'inégalité des accroissements finis sur [0;x] avec x∈]0;4π], montrer que x≤tanx≤2x.
1
Soit f(t)=tant. La fonction f est continue sur [0;x] et dérivable sur ]0;x[, avec :
2
f′(t)=1+tan2t
3
Pour tout t∈[0;4π], on a 0≤tant≤1, d'où 0≤tan2t≤1.
4
On encadre la dérivée sur l'intervalle :
5
1≤1+tan2t≤2⟹1≤f′(t)≤2
6
On applique l'inégalité des accroissements finis à f sur [0;x] avec m=1 et M=2 :
7
1×(x−0)≤tanx−tan0≤2×(x−0)
8
Comme tan0=0, on conclut directement que x≤tanx≤2x.
Piège classique · 24
Soit g(x)=x sur [1;4], de dérivée g′(x)=2x1. Quelles sont les bornes m et M vérifiant m≤g′(x)≤M pour tout x∈[1;4] ?
Attention
Poser m=g′(1)=21 et M=g′(4)=41 en substituant les bornes dans l'ordre d'écriture sans étudier la monotonie.
À la place : La fonction dérivée g′ est strictement décroissante sur [1;4]. La borne minimale m est atteinte en 4 (m=41) et la borne maximale M en 1 (M=21).
Vérification · 25
On applique l'inégalité des accroissements finis à g(x)=x sur [100;101]. Sachant que pour tout x∈[100;101], g′(x)≤21001=0,05, quelle majoration de 101 en déduit-on ?
Remarque
La longueur de l'intervalle est 101−100=1. L'inégalité des accroissements finis donne 101−100≤0,05×1. Comme 100=10, on obtient 101≤10,05.
Point de départ · 26
Une tangente à une courbe reste-t-elle toujours située d'un seul côté de celle-ci (entièrement au-dessus ou entièrement en dessous) ?
Pour une parabole d'équation y=x2, la tangente en tout point reste strictement sous la courbe.
En revanche, pour la courbe d'équation y=x3, la tangente en l'origine est l'axe des abscisses (y=0). Pour x<0, la courbe est en dessous de sa tangente ; pour x>0, elle passe au-dessus. La tangente traverse la courbe : ce point particulier est appelé point d'inflexion.
Définition · 27
Dérivée seconde et point d'inflexion
Soit f une fonction deux fois dérivable sur un intervalle ouvert I, de dérivée seconde notée f′′=(f′)′, et soit x0∈I.
Le point M0(x0,f(x0)) est un point d’inflexion de Cf⟺f′′(x0)=0 et f′′ change de signe en x0
Remarque
Géométriquement, en un point d'inflexion, la tangente traverse la courbe représentative Cf.
Exemple travaillé · 28
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x3−3x2+5. Déterminer le point d'inflexion de la courbe Cf et donner l'équation de la tangente en ce point.
1
La fonction f est une fonction polynôme, deux fois dérivable sur R.
2
On calcule la dérivée première f′ puis la dérivée seconde f′′ :
3
f′(x)=3x2−6x⟹f′′(x)=6x−6=6(x−1)
4
On étudie l'annulation et le signe de f′′(x) : f′′(x)=0⟺x=1.
5
Pour x∈]−∞;1[, f′′(x)<0 et pour x∈]1;+∞[, f′′(x)>0.
6
La dérivée seconde s'annule en 1 en changeant de signe : le point I(1;f(1)) est un point d'inflexion de Cf.
7
On calcule son ordonnée : f(1)=13−3(1)2+5=3. Le point d'inflexion est I(1;3).
8
On calcule la pente de la tangente en 1 : f′(1)=3(1)2−6(1)=−3. L'équation de la tangente est y=−3(x−1)+3, soit :
9
y=−3x+6
Exemple travaillé · 29
Pour la fonction f(x)=x3−3x2+5 et sa tangente T:y=−3x+6 au point I(1;3), étudier la position relative de Cf et de T.
1
On étudie le signe de la différence f(x)−(−3x+6) :
2
f(x)−(−3x+6)=x3−3x2+5+3x−6=x3−3x2+3x−1
3
On factorise l'expression sous la forme d'un cube :
4
f(x)−yT=(x−1)3
5
Pour tout x<1, (x−1)3<0, donc la courbe Cf est située en dessous de T.
6
Pour tout x>1, (x−1)3>0, donc la courbe Cf est située au-dessus de T.
7
La différence change de signe en 1 : la tangente traverse bien la courbe au point d'abscisse 1.
Piège classique · 30
Soit la fonction g(x)=(x+1)4. Sa dérivée seconde est g′′(x)=12(x+1)2. Elle s'annule en x=−1. Le point d'abscisse −1 est-il un point d'inflexion pour Cg ?
Attention
Conclure qu'un point est un point d'inflexion dès que la dérivée seconde s'annule, sans vérifier son changement de signe.
À la place : Pour tout x=−1, 12(x+1)2>0 : la dérivée seconde s'annule en −1 mais reste positive de part et d'autre. Elle ne change pas de signe, donc la courbe ne traverse pas sa tangente : il n'y a pas de point d'inflexion.
Vérification · 31
Soit la fonction h(x)=x4−6x2+1 définie sur R. Combien de points d'inflexion la courbe Ch possède-t-elle ?
Remarque
On calcule h′(x)=4x3−12x puis h′′(x)=12x2−12=12(x−1)(x+1). La dérivée seconde s'annule en −1 et en 1. Ce trinôme du second degré change de signe à chaque racine simple (positif à l'extérieur, négatif à l'intérieur). Il y a donc exactement 2 points d'inflexion.
Point de départ · 32
Comment estimer rapidement la valeur de 1,0004 sans utiliser de calculatrice ?
Au voisinage de 0, la courbe de la fonction f(x)=1+x est quasiment confondue avec sa tangente au point d'abscisse 0.
L'équation de cette tangente est y=1+21x. Pour x=0,0004, l'approximation affine donne simplement 1+20,0004=1,0002.
Définition · 33
Approximation affine locale
Soit f une fonction dérivable en un point a.
Pour tout réel h proche de 0, une valeur approchée de f(a+h) est donnée par l'ordonnée sur la tangente en a :
f(a+h)≈f(a)+f′(a)h
La fonction affine x↦f(a)+f′(a)(x−a) est l'approximation affine de f au voisinage de a.
Remarque
Au voisinage de 0, pour tout entier n≥1, on a l'approximation usuelle (1+h)n≈1+nh.
Exemple travaillé · 34
Soit f(x)=3x+4. Déterminer l'approximation affine de f au voisinage de 0, puis en déduire une valeur approchée de 4,000048.
1
La fonction f est dérivable sur ]−34;+∞[, donc en particulier en 0.
2
On évalue f(0) et la dérivée f′(x) :
3
f(0)=4=2etf′(x)=23x+43
4
On évalue la dérivée en 0 :
5
f′(0)=243=43
6
Pour h voisin de 0, l'approximation affine s'écrit :
7
f(h)≈f(0)+f′(0)h=2+43h
8
Pour calculer 4,000048, on identifie le terme sous la racine à 3h+4 :
9
3h+4=4,000048⟺3h=0,000048⟺h=0,000016
10
Comme h est très proche de 0, on applique l'approximation trouvée :
11
4,000048=f(0,000016)≈2+43(0,000016)=2,000012
Exemple travaillé · 35
Déterminer une approximation affine de sin(6π+h) pour h proche de 0, puis en déduire une valeur approchée de sin(31∘).
1
Soit g(x)=sinx, dérivable sur R avec g′(x)=cosx.
2
On évalue la fonction et sa dérivée en a=6π :
3
g(6π)=21etg′(6π)=cos(6π)=23
4
L'approximation affine locale s'écrit :
5
sin(6π+h)≈21+23h
6
On décompose l'angle de 31∘ en radians à partir de la valeur remarquable 30∘=6π rad :
7
31∘=30∘+1∘=6π+180π rad
8
L'accroissement est h=180π. On applique l'approximation affine :
9
sin(31∘)≈21+23(180π)≈0,5+0,866×0,01745≈0,5151
Piège classique · 36
Pour estimer 1,00024 à l'aide de l'approximation affine de f(x)=2x+1 au voisinage de 0, quelle valeur de h doit-on choisir ?
Attention
Prendre directement h=0,00024 ou h=1,00024 sans résoudre l'équation d'identification.
À la place : L'expression sous le radical est 2h+1. Il faut résoudre 2h+1=1,00024, ce qui donne 2h=0,00024 d'où h=0,00012.
Vérification · 37
En utilisant l'approximation affine canonique (1+h)7≈1+7h au voisinage de 0, quelle est la valeur approchée de (1,0003)7 ?
Remarque
On identifie 1+h=1,0003, ce qui donne h=0,0003. L'approximation donne 1+7×0,0003=1+0,0021=1,0021.
Point de départ · 38
Si une fonction F vérifie F′(x)=2x, on pense immédiatement à F(x)=x2. Mais est-ce la seule fonction dont la dérivée est 2x ?
Si l'on dérive x2+1, x2−5 ou x2+100, la dérivée d'une constante étant nulle, on retrouve toujours (x2+c)′=2x.
L'opération inverse de la dérivation ne donne donc pas une fonction unique, mais toute une famille de fonctions décalées d'une constante.
Définition · 39
Définition et ensemble des primitives
Soit f une fonction continue sur un intervalle I.
On appelle primitive de f sur I toute fonction F deˊrivable sur I telle que F′(x)=f(x) pour tout x∈I
Si F est une primitive de f sur I, l'ensemble de toutes les primitives de f sur I est donné par :
G(x)=F(x)+c(c∈R)
Pour tout x0∈I et tout y0∈R, il existe une unique primitive vérifiant la condition initiale F(x0)=y0.
Exemple travaillé · 40
Déterminer l'unique primitive F de la fonction f(x)=1−2x3 sur R vérifiant la condition initiale F(1)=0.
1
La fonction f est polynomiale, donc continue sur R ; elle admet des primitives.
2
On détermine la forme générale des primitives à l'aide des puissances usuelles :
3
F(x)=x−2(4x4)+c=x−21x4+c(c∈R)
4
On traduit la condition initiale F(1)=0 pour déterminer la constante c :
5
1−21(1)4+c=0⟺1−21+c=0⟺21+c=0
6
On en déduit la valeur de la constante :
7
c=−21
8
L'unique primitive cherchée est donc :
9
F(x)=x−21x4−21
Exemple travaillé · 41
Déterminer l'unique primitive G de la fonction g(x)=−2sin(2x) sur R vérifiant la condition G(4π)=1.
1
La fonction g est continue sur R. Elle est de la forme −asin(ax+b) avec a=2.
2
Sachant que (cos(2x))′=−2sin(2x), la forme générale des primitives est :
3
G(x)=cos(2x)+c(c∈R)
4
On applique la condition initiale G(4π)=1 :
5
cos(2×4π)+c=1⟺cos(2π)+c=1
6
Comme cos(2π)=0, on obtient directement :
7
0+c=1⟺c=1
8
L'unique primitive est donc :
9
G(x)=cos(2x)+1
Piège classique · 42
On cherche la primitive F de f(x)=3x2 vérifiant F(2)=11. Quelle équation permet de trouver la constante d'intégration ?
Attention
Calculer 23=8 et affirmer que la condition F(2)=11 est impossible car 8=11.
À la place : Une primitive n'est jamais unique sans sa constante. La primitive générale est F(x)=x3+c. On résout 23+c=11, ce qui donne 8+c=11⟹c=3.
Vérification · 43
Soit f(x)=2x−1. Quelle est l'unique primitive F de f sur R vérifiant F(2)=5 ?
Remarque
Les primitives sont de la forme F(x)=x2−x+c. En x=2 : F(2)=22−2+c=2+c. La condition F(2)=5 donne 2+c=5⟺c=3. Ainsi, F(x)=x2−x+3.
Point de départ · 44
Comment déterminer une primitive de la fonction f(x)=2x(x2+1)3 sans développer l'expression ?
On remarque que la dérivée de x2+1 est exactement 2x.
L'expression s'écrit donc sous la forme u′(x)⋅(u(x))3. En inversant la règle de dérivation d'une puissance, une primitive est immédiatement donnée par 41(x2+1)4.
Définition · 45
Primitives de formes composées
Soit u une fonction dérivable sur un intervalle I.
u′un⟹n+11un+1+c(n∈N∗)
u2u′⟹−u1+c(u(x)=0 sur I)
uu′⟹2u+c(u(x)>0 sur I)
u′cos(u)⟹sin(u)+cetu′sin(u)⟹−cos(u)+c
Remarque
Si le facteur présent devant la parenthèse est proportionnel à u′(x), on ajuste le coefficient constant multiplicatif avant d'appliquer la formule.
Exemple travaillé · 46
Déterminer une primitive sur R de la fonction f(x)=x(x2+1)3.
1
On pose u(x)=x2+1. Sa fonction dérivée est u′(x)=2x.
2
Le facteur x ne vaut pas directement u′(x). On multiplie et on divise par 2 pour faire apparaître la dérivée exacte :
3
f(x)=21×(2x(x2+1)3)=21u′(x)(u(x))3
4
Une primitive de u′u3 est 41u4. On en déduit l'expression de la primitive F :
5
F(x)=21(41(x2+1)4)=81(x2+1)4
Exemple travaillé · 47
Déterminer une primitive sur ]0;+∞[ de la fonction g(x)=(x2+4x)2x+2.
1
On pose u(x)=x2+4x. Sa dérivée est u′(x)=2x+4=2(x+2).
2
Le numérateur vaut x+2=21u′(x). On réécrit le quotient sous la forme usuelle :
3
g(x)=21×(x2+4x)22x+4=21×(u(x))2u′(x)
4
Une primitive de u2u′ étant −u1, on intègre terme à terme :
5
G(x)=21(−x2+4x1)=−2(x2+4x)1
Piège classique · 48
On cherche une primitive sur R de h(x)=(3x−1)4. Quelle est la forme exacte ?
Attention
Oublier de diviser par la dérivée interne a=3 et écrire directement 51(3x−1)5.
À la place : Pour u(x)=3x−1, on a u′(x)=3. Il faut faire apparaître ce facteur : h(x)=31×3(3x−1)4=31u′(x)(u(x))4. La primitive est donc 31×51(3x−1)5=151(3x−1)5.
Vérification · 49
Déterminer une primitive sur R de la fonction k(x)=xcos(x2).
Remarque
On pose u(x)=x2, d'où u′(x)=2x. On ajuste le facteur : k(x)=21(2xcos(x2))=21u′(x)cos(u(x)). Comme une primitive de u′cos(u) est sin(u), on obtient K(x)=21sin(x2).
Point de départ · 50
Peut-on primitiver directement la fraction rationnelle f(x)=(2x+1)34x−1 à l'aide de la formule usuelle u3u′ ?
La dérivée de u(x)=2x+1 est la constante 2. Le numérateur contient un terme en x (4x−1) : il n'est pas proportionnel à u′(x).
La formule immédiate ne s'applique pas directement. Pour pouvoir intégrer, il faut d'abord décomposer la fraction en une somme d'éléments simples de la forme (2x+1)2a+(2x+1)3b.
Définition · 51
Primitives de fractions rationnelles par décomposition
Lorsque le numérateur d'une fraction rationnelle n'est pas proportionnel à la dérivée du dénominateur, on écrit l'expression sous forme décomposée en éléments simples :
f(x)=ax+b+(dx+e)ncouf(x)=(dx+e)n−1a+(dx+e)nb
Après identification des coefficients, on intègre chaque terme en faisant apparaître la dérivée du binôme (dx+e)′=d :
Soit f(x)=(2x+1)34x−1 définie sur ]−21;+∞[. Déterminer les réels a et b tels que f(x)=(2x+1)2a+(2x+1)3b, puis en déduire l'ensemble des primitives de f.
1
On réduit au même dénominateur l'expression décomposée :
On applique la règle de primitivation de u′un pour obtenir les primitives F :
8
F(x)=−2x+11+4(2x+1)23+c(c∈R)
Exemple travaillé · 53
Soit g(x)=2x−3+(x+2)21 définie sur ]−2;+∞[. Déterminer une primitive G de g sur cet intervalle.
1
La fonction g est la somme d'une partie affine 2x−3 et d'un élément rationnel simple (x+2)21.
2
Une primitive de la partie polynomiale 2x−3 est donnée par x2−3x.
3
Pour le terme rationnel, la dérivée de (x+2) est 1. L'expression est directement de la forme u2u′ :
4
(x+2)21=(x+2)2(x+2)′⟹Primitive : −x+21
5
En combinant les deux composantes, on obtient une primitive G :
6
G(x)=x2−3x−x+21
Piège classique · 54
Quelle est une primitive de h(x)=(2x+1)21 sur ]−21;+∞[ ?
Attention
Intégrer directement comme si le dénominateur était x2 et écrire −2x+11 en oubliant la dérivée du binôme.
À la place : La dérivée de (2x+1) est 2. Il faut compenser par 21 : h(x)=21×(2x+1)22=21u2u′. Une primitive est donc −2(2x+1)1.
Vérification · 55
Soit f(x)=1−(3x−1)23 sur ]31;+∞[. Quelle est l'unique primitive F de f vérifiant F(1)=1 ?
Remarque
Comme (3x−1)′=3, le terme −(3x−1)23 s'écrit −u2u′, dont une primitive est u1=3x−11. La forme générale des primitives est F(x)=x+3x−11+c. Pour x=1 : F(1)=1+21+c=23+c. La condition F(1)=1 donne c=−21. Ainsi, F(x)=x+3x−11−21.