Quelle est la période fondamentale des fonctions usuelles x↦cosx et x↦sinx ?
Remarque
Pour tout réel x, on a cos(x+2π)=cosx et sin(x+2π)=sinx. Le motif de base se répète sur un intervalle de longueur 2π.
Point de départ · 2
Si on remplace x par 2x dans cos(x), la variable avance deux fois plus vite. Quelle longueur d'intervalle suffit à 2x pour parcourir un tour complet de 2π ?
Remarque
Quand x varie de 0 à π, l'argument 2x varie de 0 à 2π. La fonction cos(2x) effectue donc un cycle complet sur un intervalle de longueur π.
Définition · 3
Périodicité des fonctions circulaires composées
T=∣ω∣2π
Pour x↦cos(ωx+φ) et x↦sin(ωx+φ) avec ω=0
T=∣ω∣π
Pour x↦tan(ωx+φ) avec ω=0
Remarque
La constante φ décale la courbe horizontalement sans modifier la durée du motif. Seul le coefficient ω affectant x détermine la période.
Exemple travaillé · 4
Déterminer la période T de la fonction f définie sur R par f(x)=sin(4x+π).
1
On réécrit l'argument sous la forme affine ωx+φ pour identifier le coefficient ω.
2
f(x)=sin(41x+4π)⟹ω=41
3
On applique la formule T=∣ω∣2π.
4
T=412π=2π×4=8π
Exemple travaillé · 5
Déterminer la période T de la fonction h définie sur R par h(x)=cos(−32x+3π).
1
On identifie le coefficient ω affectant la variable x.
2
ω=−32
3
Une période est une grandeur strictement positive : on applique la valeur absolue ∣ω∣.
4
T=−322π=322π=2π×23=3π
Piège classique · 6
Quelle est la période de la fonction g(x)=tan(2x−1) ?
Attention
Calculer T=22π=π en appliquant par réflexe la formule des fonctions sinus et cosinus.
À la place : La fonction tangente a pour période de référence π. Sa formule est T=∣ω∣π, ce qui donne ici T=2π.
Vérification · 7
Calculer la période T de la fonction f(x)=sin(2πx−1).
Remarque
Ici ω=2π. Le calcul donne T=2π2π=2π×π2=4. Les facteurs π se simplifient et la période est un nombre entier.
Rappel · 8
Quelle est la dérivée de la fonction x↦cosx sur R ?
Remarque
La dérivée de sinx est cosx, mais la dérivée de cosx change de signe et vaut −sinx.
Définition · 9
Dérivation des fonctions circulaires composées
Soient ω et φ deux reˊels avec ω=0.
(sin(ωx+φ))′=ωcos(ωx+φ)
(cos(ωx+φ))′=−ωsin(ωx+φ)
Remarque
On dérive la fonction trigonométrique extérieure (le sinus devient cosinus, le cosinus devient moins sinus) et on multiplie obligatoirement par le coefficient intérieur ω.
Exemple travaillé · 10
Calculer la fonction dérivée de f définie sur R par f(x)=cos(2x−4π)+2sin(3x).
1
On dérive séparément chaque terme de la somme.
2
Pour u(x)=cos(2x−4π), le coefficient intérieur est ω=2 et la dérivée du cosinus donne −sin :
3
u′(x)=−2sin(2x−4π)
4
Pour v(x)=2sin(3x), le coefficient intérieur est ω=3 et la dérivée du sinus donne cos :
5
v′(x)=2×3cos(3x)=6cos(3x)
6
On effectue la somme des deux dérivées obtenues :
7
f′(x)=−2sin(2x−4π)+6cos(3x)
Exemple travaillé · 11
Calculer la dérivée de la fonction h définie sur R par h(x)=cos(−32x+3π).
1
On identifie la pulsation ω=−32 et la phase φ=3π.
2
La formule de dérivation pour le cosinus est (cos(ωx+φ))′=−ωsin(ωx+φ).
3
On remplace ω par −32 : le produit des deux signes négatifs donne un coefficient strictement positif :
4
h′(x)=−(−32)sin(−32x+3π)=32sin(−32x+3π)
Piège classique · 12
Quelle est la dérivée de g(x)=cos(3x+π) ?
Attention
Écrire −sin(3x+π) en oubliant d'extraire le coefficient 3, ou écrire 3sin(3x+π) en oubliant le signe moins de la dérivée du cosinus.
À la place : On doit appliquer les deux opérations : extraire le coefficient ω=3 ET appliquer le signe négatif propre au cosinus, ce qui donne −3sin(3x+π).
Vérification · 13
Quelle est la dérivée de la fonction r(x)=−3sin(−2x+4π) ?
Remarque
La dérivée de sin(−2x+4π) est −2cos(−2x+4π). En multipliant par la constante multiplicative initiale −3, on obtient (−3)×(−2)cos(−2x+4π)=6cos(−2x+4π).
Point de départ · 14
Pour relier la courbe de f(x)=sin(2x−3π) à celle de g(x)=sin(2x), on factorise par 2 dans l'argument. Quelle est la bonne factorisation ?
Remarque
En factorisant par 2, on divise chaque terme par 2 : 2x−3π=2(x−6π). Le décalage horizontal réel appliqué à la variable x est donc 6π, et non 3π.
Définition · 15
Translation horizontale et déphasage spatial
Soient ω∈R∗ et φ∈R.
sin(ωx+φ)=sin(ω(x+ωφ))
La courbe d'équation y=sin(ωx+φ) est l'image de la courbe d'équation y=sin(ωx) par la translation de vecteur −ωφi.
Exemple travaillé · 16
Montrer que la courbe (C′) de f(x)=sin(2x+32π) se déduit de la courbe (C) de g(x)=sin(2x) par une translation à préciser.
1
On factorise le coefficient ω=2 dans l'argument de f(x) :
2
2x+32π=2(x+3π)=2(x−(−3π))
3
On exprime f(x) en fonction de la fonction de référence g :
4
f(x)=g(x+3π)
5
Tout point M′(x′,y′)∈(C′) vérifie y′=g(x′+3π). En posant x=x′+3π, le point M(x,y′) appartient à (C) et MM′=−3πi.
6
La courbe (C′) est l'image de (C) par la translation de vecteur u=−3πi.
Piège classique · 17
Par quelle translation la courbe de f(x)=cos(3x−2π) se déduit-elle de la courbe de g(x)=cos(3x) ?
Attention
Lire directement la phase apparente −2π et conclure à une translation de vecteur 2πi.
À la place : Il faut impérativement factoriser la pulsation 3 : 3x−2π=3(x−6π). Le décalage sur l'axe des abscisses est 6π, donc le vecteur est 6πi.
Exemple travaillé · 18
Montrer que la courbe (S) de la fonction sinus est l'image de la courbe (C) de la fonction cosinus par la translation de vecteur 2πi.
1
Soit M(x,cosx) un point de (C). Son image par la translation de vecteur 2πi est le point M′(x′,y′) avec x′=x+2π et y′=cosx.
2
On exprime x en fonction de x′ : x=x′−2π.
3
On substitue x dans l'ordonnée y′ :
4
y′=cos(x′−2π)
5
D'après les formules des angles associés, cos(x′−2π)=cos(−(2π−x′))=sin(x′).
6
Les coordonnées de M′ vérifient y′=sin(x′), donc M′∈(S). Réciproquement, tout point de (S) est l'image d'un point de (C). La courbe (S) est l'image de (C) par la translation de vecteur 2πi.
Vérification · 19
La courbe représentative de f(x)=sin(2x−π) est l'image de la courbe de g(x)=sin(2x) par la translation de vecteur :
Remarque
En factorisant 2, on obtient 2x−π=2(x−2π). L'argument est de la forme 2(x−x0) avec x0=2π, ce qui correspond à une translation de vecteur 2πi.
Point de départ · 20
La fonction tangente est définie par tanx=cosxsinx. Pour quelles valeurs de x le dénominateur s'annule-t-il sur l'intervalle [0;2π] ?
Remarque
Le cosinus s'annule lorsque l'angle vaut 2π ou 23π. La tangente n'est donc pas définie en ces points où le dénominateur s'annule.
Définition · 21
Propriétés de la fonction tangente
Soit x∈R∖{2π+kπ;k∈Z}.
tanx=cosxsinx
La fonction tangente est impaire (tan(−x)=−tanx) et périodique de période π (tan(x+π)=tanx).
(tan)′(x)=1+tan2x=cos2x1
Puisque (tan)′(x)>0 sur chaque intervalle de son ensemble de définition, la fonction tangente est strictement croissante sur chaque intervalle ]−2π+kπ;2π+kπ[.
Exemple travaillé · 22
Étudier les limites de tanx aux bornes de l'intervalle ouvert ]−2π;2π[ et préciser les asymptotes de sa courbe.
1
On utilise l'expression fondamentale tanx=cosxsinx.
2
Lorsque x→(2π)−, on a sinx→1 et cosx→0+ car le cosinus est strictement positif à gauche de 2π :
3
x→(2π)−limtanx=+∞
4
Lorsque x→(−2π)+, on a sinx→−1 et cosx→0+ :
5
x→(−2π)+limtanx=−∞
6
La courbe représentative de la fonction tangente admet donc deux asymptotes verticales d'équations x=−2π et x=2π.
Exemple travaillé · 23
Calculer la dérivée de la fonction f définie sur ]−2π;2π[ par f(x)=x2tanx.
1
La fonction f est un produit u×v avec u(x)=x2 et v(x)=tanx.
2
Les dérivées respectives sont u′(x)=2x et v′(x)=1+tan2x.
3
On applique la règle de dérivation du produit (uv)′=u′v+uv′ :
4
f′(x)=2xtanx+x2(1+tan2x)
5
En factorisant par x, on obtient l'expression simplifiée :
6
f′(x)=x(2tanx+x+xtan2x)
Piège classique · 24
Quel est l'ensemble de définition D de la fonction g(x)=tanx1 ?
Attention
Penser que la seule contrainte est tanx=0 (soit x=kπ) en oubliant que tanx elle-même n'est pas définie en 2π+kπ.
À la place : La fonction g cumule deux contraintes : l'existence de tanx (x=2π+kπ) et la non-annulation du dénominateur (tanx=0⟺x=kπ). La réunion de ces exclusions s'écrit x=k2π avec k∈Z.
Vérification · 25
Quelle est la valeur de la dérivée de la fonction tangente au point x=4π ?
Remarque
On applique la formule (tan)′(x)=1+tan2x. Comme tan(4π)=1, on obtient (tan)′(4π)=1+12=2.
Rappel · 26
Quelle est la valeur de la limite remarquable limx→0xsinx ?
Remarque
Il s'agit d'une limite de référence fondamentale en analyse : au voisinage de 0, sinx est équivalent à x, donc leur rapport tend vers 1.
Définition · 27
Limites trigonométriques remarquables et nombre dérivé
x→0limxsinx=1
x→0limx21−cosx=21etx→0limx1−cosx=0
Pour toute fonction g deˊrivable en x0:
x→x0limx−x0g(x)−g(x0)=g′(x0)
Remarque
Lorsqu'une limite trigonométrique en x0=0 présente une indétermination 00, on peut la lever immédiatement en identifiant la dérivée g′(x0) du numérateur.
Exemple travaillé · 28
Calculer la limite : limx→04xsin(3x).
1
On fait apparaître la limite de référence limu→0usinu=1 en posant u=3x.
2
On multiplie et on divise par 3 au dénominateur pour isoler l'argument 3x :
3
4xsin(3x)=43×3xsin(3x)
4
Comme limx→03x=0, on a limx→03xsin(3x)=1.
5
x→0lim4xsin(3x)=43×1=43
Exemple travaillé · 29
En utilisant le nombre dérivé, calculer la limite : limx→3πx−3πcosx−21.
1
On reconnaît la forme générale du taux d'accroissement x−x0g(x)−g(x0) avec x0=3π.
2
On pose g(x)=cosx. On vérifie que g(3π)=cos(3π)=21.
3
La fonction g est dérivable sur R et g′(x)=−sinx.
4
Par définition du nombre dérivé en 3π, la limite cherchée est g′(3π) :
5
x→3πlimx−3πcosx−21=g′(3π)=−sin(3π)=−23
Piège classique · 30
Quelle est la valeur de la limite limx→0x1−cosx ?
Attention
Confondre avec la limite d'ordre 2 en x2 et répondre 21.
À la place : La limite avec un dénominateur en x (ordre 1) vaut 0. En effet, x1−cosx=x×x21−cosx→0×21=0. C'est x21−cosx qui tend vers 21.
Vérification · 31
Calculer la limite : limx→4πx−4πsinx−22.
Remarque
On reconnaît le taux d'accroissement de la fonction sinus en x0=4π. La limite est égale à (sin)′(4π)=cos(4π)=22.
Point de départ · 32
La fonction f(x)=cos(2x) est périodique de période π et paire. Sur quel intervalle minimal suffit-il d'étudier f pour déduire l'intégralité de sa courbe sur R ?
Remarque
La période π permet de restreindre l'étude à un intervalle d'amplitude π centré en 0, soit [−2π;2π]. La parité permet ensuite de diviser cet intervalle par deux par symétrie axiale, réduisant l'étude à [0;2π].
Définition · 33
Éléments de symétrie et réduction du domaine d'étude
Soit f une fonction deˊfinie sur Df et a,b∈R.
Δ:x=a est un axe de symeˊtrie de Cf⟺∀x∈Df,(2a−x)∈Df et f(2a−x)=f(x)
I(a;b) est un centre de symeˊtrie de Cf⟺∀x∈Df,(2a−x)∈Df et f(2a−x)+f(x)=2b
Pour une fonction périodique de période T, l'étude se restreint à un intervalle de longueur T. La présence d'un axe ou d'un centre de symétrie permet de diviser cette amplitude par deux pour n'étudier la fonction que sur un intervalle de longueur 2T.
Exemple travaillé · 34
Soit f(x)=2cos(21x+4π). Montrer que la droite d'équation x=−2π est un axe de symétrie pour la courbe de f.
1
On applique la relation f(2a−x)=f(x) avec a=−2π, ce qui revient à calculer f(−π−x) :
2
f(−π−x)=2cos(21(−π−x)+4π)=2cos(−2x−4π)
3
La fonction cosinus est paire, donc pour tout réel θ, cos(−θ)=cos(θ) :
4
2cos(−(21x+4π))=2cos(21x+4π)=f(x)
5
L'égalité f(−π−x)=f(x) est vérifiée sur R : la droite x=−2π est bien un axe de symétrie.
Exemple travaillé · 35
Étudier les variations de la fonction g(x)=sin(2x−6π) sur l'intervalle [0;π].
1
La fonction g est dérivable sur R et sa dérivée s'exprime par :
2
g′(x)=2cos(2x−6π)
3
On résout l'équation g′(x)=0 sur [0;π] :
4
2x−6π=2π+kπ⟺2x=32π+kπ⟺x=3π+k2π
5
Pour k=0, on obtient x=3π. Pour k=1, on obtient x=65π. Ce sont les deux seules racines dans [0;π].
6
g′(x)≥0 sur [0;3π] et [65π;π] ; g′(x)≤0 sur [3π;65π]. La fonction g croît de −21 à 1, décroît de 1 à −1, puis recroît vers −21.
Piège classique · 36
Pour résoudre f′(x)=0 avec f′(x)=cos(2x) sur [0;π], un élève écrit : 2x=2π+kπ⟹x=4π+kπ. Combien de solutions trouve-t-il à tort dans l'intervalle ?
Attention
Diviser 2π par 2 mais oublier de diviser le terme kπ par 2, ce qui ne donne que la solution unique x=4π sur [0;π].
À la place : Il faut impérativement diviser tous les termes par la pulsation 2 : x=4π+k2π. Pour k=0 on a x=4π et pour k=1 on a x=43π. Il y a donc 2 solutions dans l'intervalle.
Vérification · 37
Soit f une fonction définie sur R. Si f(π−x)+f(x)=0 pour tout réel x, quel élément de symétrie la courbe de f admet-elle ?
Remarque
L'égalité correspond à la forme f(2a−x)+f(x)=2b avec 2a=π (soit a=2π) et 2b=0 (soit b=0). Le point I(2π;0) est donc un centre de symétrie.