Que vaut f(3) ? Vers quelle valeur tend f(x) lorsque x se rapproche infiniment de 3 ?
Pour x=3, on a f(3)=2(3)+1=7.
Lorsque x s'approche de 3, les valeurs de 2x+1 s'approchent également de 7 : la limite coïncide exactement avec l'image. Le tracé de la courbe ne présente aucune rupture en ce point.
Définition · 2
Continuité en un point
Soit f une fonction définie sur un intervalle ouvert I et a un réel de I.
x→alimf(x)=f(a)
On dit que la fonction f est continue en a si et seulement si sa limite en a existe, est finie, et coïncide avec f(a).
Exemple travaillé · 3
Déterminer la limite de la fonction f(x)=x2−2x+3 en a=1.
1
On étudie d'abord le signe du trinôme sous le radical : P(x)=x2−2x+3.
2
Δ=(−2)2−4(1)(3)=4−12=−8<0
3
Le discriminant étant strictement négatif et le coefficient de x2 positif (1>0), on a x2−2x+3>0 pour tout réel x. La fonction f est donc définie et continue sur R.
4
Puisque f est continue en a=1, la limite se calcule par substitution directe :
5
x→1limx2−2x+3=f(1)=12−2(1)+3=2
Définition · 4
Théorème de coïncidence
Soit f une fonction définie sur un intervalle ouvert I, sauf peut-être en un réel a de I, et soit g une fonction définie sur I.
∀x∈I∖{a},f(x)=g(x)etg continue en a
x→alimf(x)=g(a)
Exemple travaillé · 5
Calculer la limite de la fonction f en a=2, avec f(x)=x−2x2−5x+6.
1
L'évaluation directe en x=2 donne 2−222−5(2)+6=00, qui est une forme indéterminée.
2
Le réel 2 est racine du numérateur. On factorise le trinôme : x2−5x+6=(x−2)(x−3).
3
Pour tout x=2, on simplifie par le facteur commun (x−2) :
4
f(x)=x−2(x−2)(x−3)=x−3
5
La fonction g:x↦x−3 est continue sur R. Par le théorème de coïncidence :
6
x→2limf(x)=g(2)=2−3=−1
Piège classique · 6
Soit la fonction f définie sur R∖{1} par f(x)=x−1x2−1.
Peut-on affirmer que f admet une limite en 1 ?
Attention
Affirmer que la limite n'existe pas sous prétexte que 1 n'appartient pas au domaine de définition de f.
À la place : La limite en un point étudie le comportement de f(x) quand x est voisin de 1 (avec x != 1). Ici, pour x != 1, f(x) = x + 1, donc la limite en 1 existe et vaut 2.
Vérification · 7
Déterminer la limite de la fonction f(x)=x−1x2+5x en a=−2.
Remarque
En a=−2, le dénominateur vaut −2−1=−3=0. La fonction rationnelle est continue en −2, donc on remplace directement : limx→−2f(x)=−2−1(−2)2+5(−2)=−34−10=−3−6=2.
Point de départ · 8
Soit la fonction f définie sur R∗ par f(x)=x∣x∣.
Que vaut f(x) lorsque x>0 ? Et lorsque x<0 ? Que peut-on dire du comportement de f(x) au voisinage de 0 ?
Pour tout x>0, on a ∣x∣=x, donc f(x)=xx=1.
Pour tout x<0, on a ∣x∣=−x, donc f(x)=x−x=−1.
Quand x s'approche de 0 par la droite, f(x) reste égal à 1. Quand x s'approche de 0 par la gauche, f(x) reste égal à −1. La fonction adopte deux comportements distincts selon le côté d'approche.
Définition · 9
Limites latérales et limite globale
Soit f une fonction définie sur un intervalle ouvert I, sauf peut-être en un réel a de I.
x→a+limf(x)=Letx→a−limf(x)=L′
La notation x→a+ désigne la limite à droite (x>a) et x→a− la limite à gauche (x<a).
Condition d'existence de la limite globale
x→alimf(x)=L⟺x→a+limf(x)=x→a−limf(x)=L
Exemple travaillé · 10
Soit la fonction f définie sur R par : f(x)={2x+1x2+2si x≥1si x<1
Déterminer la limite de f à gauche et à droite en 1, puis conclure sur l'existence de limx→1f(x).
1
On calcule la limite à droite (x>1) en utilisant la branche correspondante :
2
x→1+limf(x)=x→1+lim(2x+1)=2(1)+1=3
3
On calcule la limite à gauche (x<1) sur la seconde branche :
4
x→1−limf(x)=x→1−lim(x2+2)=12+2=3
5
Puisque les deux limites latérales existent, sont finies et égales à 3, la limite globale existe :
6
x→1limf(x)=3
Exemple travaillé · 11
Étudier la limite en a=3 de la fonction f définie sur R∖{3} par f(x)=(x−3)2x2−9.
1
On simplifie d'abord le dénominateur à l'aide de l'identité X2=∣X∣ :
2
f(x)=∣x−3∣(x−3)(x+3)
3
Pour x>3, on a x−3>0, donc ∣x−3∣=x−3. L'expression devient f(x)=x+3 :
4
x→3+limf(x)=x→3+lim(x+3)=6
5
Pour x<3, on a x−3<0, donc ∣x−3∣=−(x−3). L'expression devient f(x)=−(x+3) :
6
x→3−limf(x)=x→3−lim−(x+3)=−6
7
Comme limx→3+f(x)=6=−6=limx→3−f(x), la fonction f n'admet pas de limite en 3.
Piège classique · 12
Que vaut l'expression (x−2)2 lorsque x<2 ?
Attention
Écrire (x−2)2=x−2 sans tenir compte du signe négatif de (x−2).
À la place : On a toujours (x−2)2=∣x−2∣. Puisque x<2, on a x−2<0, d'où ∣x−2∣=−(x−2)=2−x.
Vérification · 13
Soit la fonction g définie sur R par : g(x)={x3−2x+2si x≥2si x<2
La fonction g admet-elle une limite en 2 ?
Remarque
À droite : limx→2+(x3−2)=23−2=6. À gauche : limx→2−x+2=4=2. Puisque 6=2, les limites latérales diffèrent : g n'admet pas de limite en 2.
Point de départ · 14
On considère la fonction f définie sur R∖{2} par f(x)=x−2x2−4.
Sa courbe représentative est une droite présentant un point manquant (« trou ») en x=2. Quelle valeur faudrait-il attribuer en x=2 pour combler ce trou et obtenir une courbe continue ?
Pour tout x=2, on a f(x)=x+2. Lorsque x se rapproche de 2, f(x) tend vers 4.
En définissant une nouvelle fonction qui prend la valeur 4 en x=2, on « répare » la discontinuité apparente.
Définition · 15
Prolongement par continuité
Soit f une fonction définie sur un intervalle ouvert I, sauf en un réel a de I.
limx→af(x)=L(L∈R)
La fonction g définie sur I par :
g(x)={f(x)Lsi x=asi x=a
est continue en a. La fonction g est appelée le prolongement par continuité de f en a.
Exemple travaillé · 16
Soit la fonction f définie sur R∖{1} par f(x)=x−1x2−6x+5.
Montrer que f est prolongeable par continuité en 1 et expliciter ce prolongement.
1
On évalue la limite en 1. Le numérateur et le dénominateur s'annulent en 1, ce qui donne la forme indéterminée 00.
2
Le réel 1 est racine évidente du numérateur. On factorise le trinôme : x2−6x+5=(x−1)(x−5).
3
Pour tout x=1, on simplifie par (x−1) :
4
f(x)=x−1(x−1)(x−5)=x−5
5
On calcule la limite de l'expression simplifiée :
6
x→1limf(x)=x→1lim(x−5)=1−5=−4
7
La limite étant finie (L=−4), f est prolongeable par continuité en 1. Son prolongement est la fonction g définie sur R par :
8
g(x)={f(x)−4si x=1si x=1
Exemple travaillé · 17
Soit la fonction f définie sur [−2;+∞[∖{−1} par f(x)=x+1x+2−1.
Déterminer si f admet un prolongement par continuité en −1.
1
L'évaluation directe en −1 donne −1+11−1=00 (forme indéterminée).
2
On multiplie le numérateur et le dénominateur par l'expression conjuguée (x+2+1) :
Pour tout x=−1, on simplifie par le facteur (x+1) sans développer le dénominateur :
5
f(x)=(x+1)(x+2+1)x+1=x+2+11
6
On passe à la limite par substitution directe :
7
x→−1limf(x)=−1+2+11=1+11=21
8
La limite est un réel fini (L=21). La fonction f est donc prolongeable par continuité en −1 en posant g(−1)=21.
Piège classique · 18
Soit la fonction f définie sur R∖{2} par f(x)=∣x−2∣x2−4.
Peut-on prolonger f par continuité en 2 ?
Attention
Affirmer que le prolongement est possible dès que l'expression se simplifie en valeur finie d'un côté.
À la place : Pour x>2, f(x)=x+2→4. Pour x<2, f(x)=−(x+2)→−4. Les limites latérales étant différentes (4=−4), f n'admet pas de limite globale finie en 2 et ne peut pas être prolongée par continuité.
Vérification · 19
Soit la fonction f(x)=x−2x+7−3 définie sur [−7;+∞[∖{2}.
Quelle valeur doit-on attribuer en x=2 pour obtenir le prolongement par continuité de f ?
Remarque
On multiplie par la quantité conjuguée x+7+3 : f(x)=(x−2)(x+7+3)(x+7)−9=x+7+31 La limite en 2 vaut limx→22+7+31=9+31=61. Il faut donc poser g(2)=61.
Point de départ · 20
Soit la fonction f définie par : f(x)={ax+1x2−1si x≥2si x<2
Comment choisir le réel a pour que les deux morceaux de la courbe se rejoignent sans coupure en x=2 ?
Quand x s'approche de 2 par la gauche (x<2), f(x)=x2−1 s'approche de 22−1=3.
En x=2, la formule donne f(2)=2a+1.
Pour raccorder les deux tracés au point d'abscisse 2, on doit avoir 2a+1=3, soit a=1.
Définition · 21
Continuité au point de raccordement
Soit f une fonction définie par morceaux sur un intervalle contenant a.
f est continue en a⟺x→a+limf(x)=x→a−limf(x)=f(a)
La continuité en un point de séparation exige que la limite à droite, la limite à gauche et l'image au point a soient toutes égales.
Exemple travaillé · 22
On considère la fonction f définie sur R par : f(x)={x−1x2−3x+2ax−3si x>1si x≤1
Déterminer la valeur du réel a pour que f soit continue en 1.
1
On calcule d'abord la limite à droite en 1 (x>1) en factorisant le numérateur :
2
x2−3x+2=(x−1)(x−2)
3
Pour tout x>1, on simplifie par (x−1) :
4
x→1+limf(x)=x→1+lim(x−2)=1−2=−1
5
On évalue la valeur de f(1) et la limite à gauche à l'aide de la seconde branche :
6
f(1)=x→1−limf(x)=a(1)−3=a−3
7
La fonction f est continue en 1 si et seulement si f(1)=limx→1+f(x) :
8
a−3=−1⟺a=2
Exemple travaillé · 23
Étudier la continuité sur son domaine de définition de la fonction f définie par : f(x)=⎩⎨⎧x−1x+12x−1x+1si x≤0si 0<x<3si x≥3
1
Continuité sur les intervalles ouverts : - Sur ]−∞;0[, x↦x−1x+1 est une fraction rationnelle dont le dénominateur ne s'annule pas sur cet intervalle (1∈/]−∞;0[), donc f y est continue. - Sur ]0;3[, x↦2x−1 est une fonction polynôme, donc f y est continue. - Sur ]3;+∞[, x↦x+1 est continue.
2
Continuité au point de raccordement x=0 : f(0)=0−10+1=−1etx→0−limf(x)=−1 x→0+limf(x)=x→0+lim(2x−1)=−1 Puisque limx→0+f(x)=limx→0−f(x)=f(0)=−1, la fonction f est continue en 0.
3
Continuité au point de raccordement x=3 : f(3)=3+1=2etx→3+limf(x)=2 x→3−limf(x)=x→3−lim(2x−1)=2(3)−1=5 Comme limx→3−f(x)=5=2=f(3), f n'est pas continue en 3.
4
Conclusion : la fonction f est continue sur R∖{3}.
Piège classique · 24
On considère la fonction f définie sur R par : f(x)=⎩⎨⎧3x+1−x−3αsi x>1si x<1si x=1
Existe-t-il une valeur du réel α telle que f soit continue en 1 ?
Attention
Poser α=4 ou α=−4 en égalant à l'une des limites latérales sans vérifier leur égalité mutuelle.
À la place :limx→1+f(x)=4 et limx→1−f(x)=−4. Puisque les limites latérales sont différentes (4=−4), f n'admet pas de limite globale en 1. Aucune valeur ponctuelle attribuée à α ne peut rendre f continue en 1.
Vérification · 25
Soit la fonction h définie sur R par : h(x)={x2+mxx−2x3−8si x≥2si x<2
Pour quelle valeur de m la fonction h est-elle continue en 2 ?
Remarque
À gauche : limx→2−x−2x3−8=limx→2−(x2+2x+4)=4+4+4=12. À droite et en 2 : h(2)=22+2m=4+2m. On résout 4+2m=12⟺2m=8⟺m=4.
Point de départ · 26
Soit E la fonction partie entière.
Que vaut E(1,9) ? Que vaut E(2,1) ? Que peut-on observer lorsque x s'approche de 2 par la gauche et par la droite ?
On a E(1,9)=1 car 1≤1,9<2, et E(2,1)=2 car 2≤2,1<3.
Lorsque x est strictement inférieur à 2 mais très proche de 2, E(x) reste égal à 1. Dès que x atteint ou dépasse 2, E(x) passe à 2. La fonction partie entière subit un saut en chaque entier.
Définition · 27
Limites latérales de la partie entière aux entiers
Soit n un entier relatif (n∈Z).
∀x∈[n;n+1[,E(x)=net∀x∈[n−1;n[,E(x)=n−1
x→n+limE(x)=n=E(n)etx→n−limE(x)=n−1
La fonction partie entière est continue à droite en tout entier n, mais discontinue à gauche en tout entier n.
Exemple travaillé · 28
Étudier la continuité en 0 de la fonction f définie sur R par f(x)=x⋅E(x).
1
On étudie la limite à droite en 0 (x>0). Pour tout x∈[0;1[, on a E(x)=0, donc f(x)=x×0=0 :
2
x→0+limf(x)=0=f(0)
3
On étudie la limite à gauche en 0 (x<0). Pour tout x∈[−1;0[, on a E(x)=−1, donc f(x)=x×(−1)=−x :
4
x→0−limf(x)=x→0−lim(−x)=0
5
Puisque limx→0+f(x)=limx→0−f(x)=f(0)=0, la fonction f est continue en 0.
Exemple travaillé · 29
Étudier la continuité en x=1 de la fonction g définie sur [−1;2] par g(x)=(x−1)E(x).
1
Pour tout x∈[1;2[, on a E(x)=1, d'où g(x)=(x−1)×1=x−1 :
2
x→1+limg(x)=1−1=0=g(1)
3
Pour tout x∈[0;1[, on a E(x)=0, d'où g(x)=(x−1)×0=0 :
4
x→1−limg(x)=0
5
Comme limx→1+g(x)=limx→1−g(x)=g(1)=0, le facteur (x−1) compense le saut de la partie entière. La fonction g est continue en 1.
Piège classique · 30
Soit x un réel tendant vers 3 par valeurs inférieures (x→3−). Que vaut limx→3−E(x) ?
Attention
Remplacer directement x par 3 dans E(x) et répondre E(3)=3.
À la place : Quand x→3−, x reste strictement inférieur à 3 (x∈[2;3[). Sur cet intervalle, E(x)=2, donc limx→3−E(x)=2.
Vérification · 31
Déterminer la limite à droite en −1 de la fonction h(x)=x+1x2+E(x).
Remarque
Pour x→−1+ (x∈]−1;0[), on a E(x)=−1. L'expression s'écrit h(x)=x+1x2−1=x+1(x−1)(x+1)=x−1. Ainsi, limx→−1+h(x)=−1−1=−2.