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Suites réelles — cours

3ème année · section Mathématiques · mathématiques, programme officiel tunisien.

Le cours

Point de départ · 1

Une fonction ff peut être calculée pour n'importe quel nombre réel (comme x=0,5x = 0{,}5 ou x=2x = \sqrt{2}). Pour une suite (un)(u_n), quelles valeurs l'indice nn peut-il prendre ?

Remarque

Un indice nn sert à numéroter les termes successifs : c'est obligatoirement un entier naturel (0,1,2,0, 1, 2, \dots).

Définition · 2

Définition d'une suite réelle

u:NR,nunu : \mathbb{N} \to \mathbb{R}, \quad n \mapsto u_n

Une suite réelle est une fonction définie sur N\mathbb{N} (ou sur l'ensemble des entiers supérieurs ou égaux à un entier initial n0n_0).

L'image de l'entier nn se note unu_n au lieu de u(n)u(n).

Vocabulaire

  • Indice ou rangnn
  • Terme d'indice nnunu_n
  • Premier termeun0u_{n_0}

Définition · 3

Représentation graphique d'une suite

Dans un repère du plan, la représentation graphique d'une suite (un)(u_n) est l'ensemble des points isolés Mn(n,un)M_n(n, u_n).

Remarque

Puisque la variable nn ne prend que des valeurs entières, les points ne doivent jamais être reliés par une courbe continue.

Définition · 4

Modes de génération d'une suite

Une suite peut être définie de deux façons fondamentales :

un=f(n)ou{u0=aun+1=f(un)u_n = f(n) \quad \text{ou} \quad \begin{cases} u_0 = a \\ u_{n+1} = f(u_n) \end{cases}

• De façon explicite : chaque terme unu_n se calcule directement à partir de nn.

• Par récurrence : le premier terme est donné, et chaque terme se déduit du terme précédent.

Exemple travaillé · 5

Soit (un)(u_n) définie sur N\mathbb{N} par un=5n+2u_n = 5n + 2, et (vn)(v_n) définie par v0=2v_0 = 2 et vn+1=vn+3v_{n+1} = v_n + 3. Calculer u2u_2 et v2v_2.

1

Pour la suite explicite (un)(u_n), on remplace directement nn par 2 :

2
u2=5(2)+2=12u_2 = 5(2) + 2 = 12
3

Pour la suite récurrente (vn)(v_n), on doit calculer les termes de proche en proche en commençant par v1v_1 :

4
v1=v0+3=2+3=5v_1 = v_0 + 3 = 2 + 3 = 5
5

On calcule ensuite v2v_2 à partir de la valeur obtenue pour v1v_1 :

6
v2=v1+3=5+3=8v_2 = v_1 + 3 = 5 + 3 = 8

Piège classique · 6

Soit la suite (un)(u_n) définie sur N\mathbb{N} par un=4n+5u_n = 4n + 5. Quelle est l'expression de u2nu_{2n} en fonction de nn ?

Attention

Multiplier l'ensemble de l'expression par 2 pour écrire 2un=2(4n+5)=8n+102u_n = 2(4n + 5) = 8n + 10.

À la place : L'indice nn est remplacé par (2n)(2n). On a donc u2n=4(2n)+5=8n+5u_{2n} = 4(2n) + 5 = 8n + 5.

Exemple travaillé · 7

Soit la suite (un)(u_n) définie sur N\mathbb{N} par un=n22n+4u_n = n^2 - 2n + 4. Déterminer l'expression développée et réduite de un+1u_{n+1}.

1

On remplace chaque occurrence de la variable nn par le bloc (n+1)(n+1) :

2
un+1=(n+1)22(n+1)+4u_{n+1} = (n+1)^2 - 2(n+1) + 4
3

On développe le carré et on distribue le facteur 2-2 :

4
(n+1)2=n2+2n+1et2(n+1)=2n2(n+1)^2 = n^2 + 2n + 1 \quad \text{et} \quad -2(n+1) = -2n - 2
5

On regroupe et on réduit les termes semblables :

6
un+1=n2+2n+12n2+4=n2+3u_{n+1} = n^2 + 2n + 1 - 2n - 2 + 4 = n^2 + 3

Piège classique · 8

On considère la suite (tn)(t_n) définie par tn=n25t_n = \sqrt{n^2 - 5}. Quel est son ensemble de définition exact ?

Attention

Écrire l'ensemble sous la forme d'un intervalle de réels comme [5;+[[\sqrt{5} ; +\infty[.

À la place : Une suite n'est définie que pour des entiers naturels. La condition n25n^2 \ge 5 donne pour nNn \in \mathbb{N} le premier entier n=3n = 3. L'ensemble est donc {nNn3}\{n \in \mathbb{N} \mid n \ge 3\}.

Vérification · 9

Soit la suite (wn)(w_n) définie pour tout n1n \ge 1 par w1=4w_1 = 4 et la relation wn+1=wn2nw_{n+1} = w_n - 2n. Calcule les valeurs des termes w2w_2 et w3w_3.

Remarque

Pour n=1n = 1 : w2=w12(1)=42=2w_2 = w_1 - 2(1) = 4 - 2 = 2.
Pour n=2n = 2 : w3=w22(2)=24=2w_3 = w_2 - 2(2) = 2 - 4 = -2.

Point de départ · 10

On calcule les premiers termes d'une suite (un)(u_n) : u0=7u_0 = 7, u1=0u_1 = 0, u2=5u_2 = -5. Peut-on affirmer que la suite est décroissante sur N\mathbb{N} ?

Remarque

Une suite est décroissante seulement si chaque terme est inférieur ou égal au précédent pour tous les entiers naturels sans exception, et pas seulement sur les premières valeurs.

Définition · 11

Monotonie d'une suite réelle

un+1un(croissante)etun+1un(deˊcroissante)u_{n+1} \ge u_n \quad (\text{croissante}) \quad \text{et} \quad u_{n+1} \le u_n \quad (\text{décroissante})

Soit (un)(u_n) une suite définie pour tout entier nn0n \ge n_0 :

(un)(u_n) est croissante si pour tout nn0n \ge n_0, un+1unu_{n+1} \ge u_n.

(un)(u_n) est décroissante si pour tout nn0n \ge n_0, un+1unu_{n+1} \le u_n.

(un)(u_n) est dite monotone si elle est soit croissante, soit décroissante.

Remarque

Une suite n'est pas obligatoirement monotone : elle peut alterner ou changer de sens de variation au fil des rangs.

Définition · 12

Méthode : Signe de la différence

Pour déterminer le sens de variation d'une suite (un)(u_n), on étudie le signe de la différence un+1unu_{n+1} - u_n pour tout entier nn.

un+1un0    (un) est croissanteu_{n+1} - u_n \ge 0 \implies (u_n) \text{ est croissante}

un+1un0    (un) est deˊcroissanteu_{n+1} - u_n \le 0 \implies (u_n) \text{ est décroissante}

Exemple travaillé · 13

Étudier le sens de variation de la suite (wn)(w_n) définie pour tout nNn \in \mathbb{N} par wn=n2n+1w_n = \frac{n}{2n+1}.

1

On forme la différence de deux termes consécutifs :

2
wn+1wn=n+12(n+1)+1n2n+1=n+12n+3n2n+1w_{n+1} - w_n = \frac{n+1}{2(n+1)+1} - \frac{n}{2n+1} = \frac{n+1}{2n+3} - \frac{n}{2n+1}
3

On réduit au même dénominateur commun :

4
wn+1wn=(n+1)(2n+1)n(2n+3)(2n+3)(2n+1)w_{n+1} - w_n = \frac{(n+1)(2n+1) - n(2n+3)}{(2n+3)(2n+1)}
5

On développe et on réduit le numérateur :

6
(2n2+3n+1)(2n2+3n)=1    wn+1wn=1(2n+3)(2n+1)(2n^2 + 3n + 1) - (2n^2 + 3n) = 1 \implies w_{n+1} - w_n = \frac{1}{(2n+3)(2n+1)}
7

Pour tout n0n \ge 0, le dénominateur est strictement positif et le numérateur vaut 1>01 > 0. Donc wn+1wn>0w_{n+1} - w_n > 0 : la suite (wn)(w_n) est strictement croissante.

Piège classique · 14

Soit la suite (un)(u_n) définie sur N\mathbb{N} par un=n28n+7u_n = n^2 - 8n + 7. Les calculs donnent u0=7u_0 = 7, u1=0u_1 = 0, u2=5u_2 = -5. Peut-on en déduire que (un)(u_n) est décroissante ?

Attention

Affirmer que (un)(u_n) est décroissante sur N\mathbb{N} car les trois premiers termes diminuent.

À la place : Les premiers termes ne suffisent pas : pour n=4n = 4, u4=9u_4 = -9, puis pour n=5n = 5, u5=8u_5 = -8. Comme u4<u5u_4 < u_5, la suite recommence à croître. Elle n'est donc ni croissante ni décroissante sur N\mathbb{N}.

Définition · 15

Critère du quotient pour les suites strictement positives

un>0pour tout entier nu_n > 0 \quad \text{pour tout entier } n

un+1un1    un+1un(suite croissante)\frac{u_{n+1}}{u_n} \ge 1 \iff u_{n+1} \ge u_n \quad (\text{suite croissante})

un+1un1    un+1un(suite deˊcroissante)\frac{u_{n+1}}{u_n} \le 1 \iff u_{n+1} \le u_n \quad (\text{suite décroissante})

Remarque

Cette méthode compare le quotient à 11. Elle n'est valide que si tous les termes de la suite sont strictement positifs.

Piège classique · 16

Soit (un)(u_n) une suite de termes non nuls. L'affirmation suivante est-elle vraie ou fausse ? « Si pour tout entier naturel nn, on a un+1un1\frac{u_{n+1}}{u_n} \ge 1, alors (un)(u_n) est croissante. »

Attention

Considérer que un+1un1\frac{u_{n+1}}{u_n} \ge 1 implique toujours la croissance, même lorsque les termes sont négatifs.

À la place : C'est faux si les termes sont négatifs : multiplier l'inégalité par un<0u_n < 0 inverse le sens de l'inégalité et donne un+1unu_{n+1} \le u_n. La suite est alors décroissante.

Exemple travaillé · 17

Soit la suite (un)(u_n) définie pour tout nNn \in \mathbb{N} par un=2n+3u_n = \frac{2}{n+3}. Étudier le sens de variation de (un)(u_n) par la méthode du quotient.

1

On vérifie d'abord que tous les termes sont strictement positifs : pour tout nNn \in \mathbb{N}, n+3>0n+3 > 0, donc un>0u_n > 0.

2

On exprime le terme suivant un+1u_{n+1} :

3
un+1=2(n+1)+3=2n+4u_{n+1} = \frac{2}{(n+1)+3} = \frac{2}{n+4}
4

On calcule le quotient un+1un\frac{u_{n+1}}{u_n} :

5
un+1un=2n+4×n+32=n+3n+4\frac{u_{n+1}}{u_n} = \frac{2}{n+4} \times \frac{n+3}{2} = \frac{n+3}{n+4}
6

On compare ce quotient à 1 : pour tout nNn \in \mathbb{N}, on a n+3<n+4n+3 < n+4, donc n+3n+4<1\frac{n+3}{n+4} < 1.

7

Comme tous les termes sont strictement positifs et que un+1un<1\frac{u_{n+1}}{u_n} < 1, la suite (un)(u_n) est strictement décroissante.

Définition · 18

Méthode de la fonction associée

Soit (un)(u_n) une suite définie de façon explicite par un=f(n)u_n = f(n) pour tout entier nn0n \ge n_0, où ff est une fonction définie sur [n0;+[[n_0 ; +\infty[.

f est croissante sur [n0;+[    (un)nn0 est croissantef \text{ est croissante sur } [n_0 ; +\infty[ \implies (u_n)_{n \ge n_0} \text{ est croissante}

f est deˊcroissante sur [n0;+[    (un)nn0 est deˊcroissantef \text{ est décroissante sur } [n_0 ; +\infty[ \implies (u_n)_{n \ge n_0} \text{ est décroissante}

Remarque

Attention : la réciproque est fausse. Une suite peut être croissante sans que la fonction associée le soit sur tout l'intervalle continu.

Vérification · 19

Soit la suite (vn)(v_n) définie pour tout nNn \in \mathbb{N} par vn=2n5n+1v_n = \frac{2n - 5}{n + 1}. Quelle démarche permet de justifier que (vn)(v_n) est strictement croissante ?

Remarque

La fonction associée f(x)=2x5x+1f(x) = \frac{2x - 5}{x + 1} a pour dérivée f(x)=7(x+1)2>0f'(x) = \frac{7}{(x + 1)^2} > 0 sur [0;+[[0 ; +\infty[. La fonction ff étant strictement croissante, la suite (vn)(v_n) l'est aussi. Le critère du quotient était inutilisable ici car les premiers termes sont négatifs (v0=5v_0 = -5).

Point de départ · 20

La suite un=2nu_n = 2n grandit sans limite (0,2,4,6,0, 2, 4, 6, \dots). À l'inverse, pour la suite vn=31n+1v_n = 3 - \frac{1}{n+1}, les termes s'approchent de 3 (2;2,5;2,67;2 ; 2{,}5 ; 2{,}67 ; \dots) sans jamais le dépasser. Peut-on trouver un nombre réel fixe qui bloque tous les termes de (vn)(v_n) ?

Remarque

Oui : pour tout entier nn, vn<3v_n < 3. Le nombre 3 constitue une barrière supérieure pour la suite : on dit que 3 est un majorant.

Définition · 21

Suites majorées, minorées et bornées

unMpour tout nn0(suite majoreˊe par M)u_n \le M \quad \text{pour tout } n \ge n_0 \quad (\text{suite majorée par } M)

unmpour tout nn0(suite minoreˊe par m)u_n \ge m \quad \text{pour tout } n \ge n_0 \quad (\text{suite minorée par } m)

munMpour tout nn0(suite borneˊe)m \le u_n \le M \quad \text{pour tout } n \ge n_0 \quad (\text{suite bornée})

Une suite est dite bornée lorsqu'elle est à la fois majorée et minorée.

Définition · 22

Bornes et sens de variation

(un)nn0 croissante    unun0pour tout nn0(u_n)_{n \ge n_0} \text{ croissante} \implies u_n \ge u_{n_0} \quad \text{pour tout } n \ge n_0

(un)nn0 deˊcroissante    unun0pour tout nn0(u_n)_{n \ge n_0} \text{ décroissante} \implies u_n \le u_{n_0} \quad \text{pour tout } n \ge n_0

Toute suite croissante est minorée par son premier terme un0u_{n_0}.

Toute suite décroissante est majorée par son premier terme un0u_{n_0}.

Exemple travaillé · 23

Soit (un)(u_n) la suite définie pour tout nNn \in \mathbb{N}^* par un=10nn2+1u_n = \frac{10n}{n^2+1}. Démontrer que (un)(u_n) est bornée par 00 et 55.

1

Pour la minoration : pour tout n1n \ge 1, le numérateur 10n>010n > 0 et le dénominateur n2+1>0n^2+1 > 0. Le quotient est strictement positif, donc un>0u_n > 0.

2

Pour la majoration, on étudie le signe de la différence 5un5 - u_n :

3
5un=510nn2+1=5(n2+1)10nn2+1=5n210n+5n2+15 - u_n = 5 - \frac{10n}{n^2+1} = \frac{5(n^2+1) - 10n}{n^2+1} = \frac{5n^2 - 10n + 5}{n^2+1}
4

On factorise le numérateur par 5 en reconnaissant une identité remarquable :

5
5un=5(n22n+1)n2+1=5(n1)2n2+15 - u_n = \frac{5(n^2 - 2n + 1)}{n^2+1} = \frac{5(n-1)^2}{n^2+1}
6

Pour tout n1n \ge 1, (n1)20(n-1)^2 \ge 0 et n2+1>0n^2+1 > 0. Donc 5un05 - u_n \ge 0, ce qui équivaut à un5u_n \le 5.

7

Pour tout n1n \ge 1, on a 0<un50 < u_n \le 5. La suite (un)(u_n) est donc bornée.

Piège classique · 24

Pour la suite un=10nn2+1u_n = \frac{10n}{n^2+1} (n1n \ge 1), les termes tendent vers 0 quand nn devient très grand. Peut-on affirmer que 00 est un majorant de la suite ?

Attention

Confondre la limite d'une suite à l'infini avec un majorant universel.

À la place : La limite décrit le comportement à l'infini, pas la plus grande valeur : ici u1=5>0u_1 = 5 > 0 et tous les termes sont strictement positifs. 00 est un minorant, pas un majorant.

Exemple travaillé · 25

Soit la suite (vn)(v_n) définie pour tout nNn \in \mathbb{N} par vn=10+2cosnv_n = 10 + 2\cos n. Montrer que (vn)(v_n) est bornée.

1

Pour tout entier naturel nn, la fonction cosinus vérifie l'encadrement fondamental :

2
1cosn1-1 \le \cos n \le 1
3

On multiplie chaque membre par le réel strictement positif 22 :

4
22cosn2-2 \le 2\cos n \le 2
5

On ajoute 1010 à chaque membre :

6
10210+2cosn10+2    8vn1210 - 2 \le 10 + 2\cos n \le 10 + 2 \iff 8 \le v_n \le 12
7

Pour tout nNn \in \mathbb{N}, 8vn128 \le v_n \le 12. La suite (vn)(v_n) est minorée par 88 et majorée par 1212 : elle est donc bornée.

Piège classique · 26

L'affirmation suivante est-elle vraie ou fausse ? « Si une suite n'est pas bornée, alors elle n'est pas majorée. »

Attention

Penser qu'une suite non bornée doit obligatoirement grandir sans limite vers ++\infty.

À la place : C'est faux. Une suite peut être majorée sans être minorée : par exemple, la suite un=nu_n = -n est majorée par 00 (un0u_n \le 0), mais tend vers -\infty. Elle n'est pas bornée, bien qu'elle soit majorée.

Vérification · 27

On considère la suite (un)(u_n) définie pour tout nNn \in \mathbb{N} par un=43n+1u_n = 4 - \frac{3}{n+1}. Que peut-on affirmer sur le bornage de (un)(u_n) ?

Remarque

Pour tout n0n \ge 0, on a n+11n+1 \ge 1, donc 0<3n+130 < \frac{3}{n+1} \le 3.
En multipliant par 1-1 : 33n+1<0-3 \le -\frac{3}{n+1} < 0.
En ajoutant 4 : 1un<41 \le u_n < 4.
La suite (un)(u_n) est minorée par 1 et majorée par 4 : elle est donc bornée.

Point de départ · 28

Dans une suite arithmétique, chaque terme s'obtient en ajoutant un nombre fixe rr au terme précédent (un+1=un+ru_{n+1} = u_n + r). Si u0=2u_0 = 2 et r=5r = 5, que vaut la différence entre deux termes consécutifs quelconques un+1unu_{n+1} - u_n ?

Remarque

Par définition, la différence entre deux termes consécutifs d'une suite arithmétique est constante et égale à sa raison rr.

Définition · 29

Suites arithmétiques : définition et terme général

un+1=un+rpour tout nNu_{n+1} = u_n + r \quad \text{pour tout } n \in \mathbb{N}

Une suite (un)(u_n) est arithmétique de raison rr (rRr \in \mathbb{R}) si chaque terme s'obtient en ajoutant le réel constant rr au terme précédent.

un=u0+nretun=up+(np)ru_n = u_0 + nr \quad \text{et} \quad u_n = u_p + (n-p)r

La seconde relation permet de relier directement deux termes quelconques d'indices nn et pp sans devoir repasser par le premier terme u0u_0.

Vocabulaire

  • Raisonrr
  • Terme généralunu_n

Exemple travaillé · 30

Soit (un)(u_n) une suite arithmétique telle que u3=11u_3 = 11 et u7=23u_7 = 23. Déterminer la raison rr et le premier terme u0u_0.

1

On relie directement u7u_7 et u3u_3 par la relation générale entre deux termes quelconques :

2
u7=u3+(73)r=u3+4ru_7 = u_3 + (7 - 3)r = u_3 + 4r
3

On substitue les valeurs numériques pour isoler la raison rr :

4
23=11+4r    4r=12    r=323 = 11 + 4r \iff 4r = 12 \iff r = 3
5

On détermine ensuite le premier terme u0u_0 à partir de u3u_3 :

6
u3=u0+3r    11=u0+3(3)    u0=119=2u_3 = u_0 + 3r \iff 11 = u_0 + 3(3) \iff u_0 = 11 - 9 = 2
7

Le terme général de la suite est donc un=2+3nu_n = 2 + 3n pour tout entier naturel nn.

Définition · 31

Représentation graphique d'une suite arithmétique

y=rx+u0y = rx + u_0

La suite arithmétique (un)(u_n) est la restriction à N\mathbb{N} de la fonction affine f(x)=rx+u0f(x) = rx + u_0.

Tous les points Mn(n,un)M_n(n, u_n) de sa représentation graphique sont alignés sur la droite d'équation y=rx+u0y = rx + u_0, dont le coefficient directeur est la raison rr.

Remarque

L'alignement des points se traduit vectoriellement par Mn1Mn=MnMn+1=(1r)\vec{M_{n-1}M_n} = \vec{M_n M_{n+1}} = \begin{pmatrix} 1 \\ r \end{pmatrix}.

Définition · 32

Caractérisation de trois termes consécutifs

a+c=2ba + c = 2b

Trois réels a,ba, b et cc sont trois termes consécutifs d'une suite arithmétique si et seulement si le terme intermédiaire est la moyenne arithmétique des deux termes extrêmes :

b=a+c2b = \frac{a + c}{2}

Remarque

Dans les problèmes faisant intervenir la somme de trois termes consécutifs, utiliser a+c=2ba + c = 2b permet d'isoler directement la valeur du terme central bb.

Piège classique · 33

Trois réels aa, bb et cc sont trois termes consécutifs d'une suite arithmétique et vérifient a+b+c=15a + b + c = 15. Quelle démarche permet d'obtenir immédiatement la valeur de bb ?

Attention

Poser b=a+rb = a + r et c=a+2rc = a + 2r, ce qui introduit une inconnue supplémentaire rr et alourdit la résolution.

À la place : La relation des trois termes consécutifs donne directement a+c=2ba + c = 2b. En substituant dans la somme : (a+c)+b=2b+b=3b=15(a + c) + b = 2b + b = 3b = 15, d'où b=5b = 5 immédiatement.

Définition · 34

Somme des termes consécutifs d'une suite arithmétique

S=N2(upremier+udernier)S = \frac{N}{2}(u_{\text{premier}} + u_{\text{dernier}})

Pour toute somme de NN termes consécutifs d'une suite arithmétique débutant à l'indice pp et se terminant à l'indice nn (pnp \le n) :

S=k=pnuk=(np+1)2(up+un)S = \sum_{k=p}^n u_k = \frac{(n - p + 1)}{2}(u_p + u_n)

Cas particulier de la somme des nn premiers entiers naturels non nuls :

1+2++n=n(n+1)21 + 2 + \dots + n = \frac{n(n+1)}{2}

Piège classique · 35

Combien de termes comporte la somme S=u4+u5++u20S = u_4 + u_5 + \dots + u_{20} ?

Attention

Calculer 204=1620 - 4 = 16 en faisant la simple soustraction des indices extrêmes.

À la place : Le nombre de termes d'une somme d'indices consécutifs allant de pp à nn est np+1n - p + 1. Ici, il y a 204+1=1720 - 4 + 1 = 17 termes.

Exemple travaillé · 36

Soit (un)(u_n) la suite arithmétique définie pour tout nNn \in \mathbb{N} par un=3n1u_n = 3n - 1. Calculer la somme S=u2+u3++u15S = u_2 + u_3 + \dots + u_{15}.

1

On commence par dénombrer le nombre exact de termes additionnés :

2
N=152+1=14 termesN = 15 - 2 + 1 = 14 \text{ termes}
3

On évalue le premier terme de la somme (u2u_2) et le dernier terme (u15u_{15}) :

4
u2=3(2)1=5etu15=3(15)1=44u_2 = 3(2) - 1 = 5 \quad \text{et} \quad u_{15} = 3(15) - 1 = 44
5

On applique la formule de la somme des termes consécutifs d'une suite arithmétique :

6
S=N×u2+u152=14×5+442=14×492=7×49=343S = N \times \frac{u_2 + u_{15}}{2} = 14 \times \frac{5 + 44}{2} = 14 \times \frac{49}{2} = 7 \times 49 = 343

Vérification · 37

Soit (un)(u_n) une suite arithmétique de premier terme u0=5u_0 = 5 et de raison r=2r = -2. Calcule la valeur de la somme S=u0+u1++u10S = u_0 + u_1 + \dots + u_{10}.

Remarque

Le nombre de termes est 100+1=1110 - 0 + 1 = 11.
Le dernier terme vaut u10=5+10(2)=15u_{10} = 5 + 10(-2) = -15.
La somme vaut S=11×5+(15)2=11×(5)=55S = 11 \times \frac{5 + (-15)}{2} = 11 \times (-5) = -55.

Point de départ · 38

Dans une suite géométrique, chaque terme s'obtient en multipliant le précédent par un réel constant non nul qq (un+1=q×unu_{n+1} = q \times u_n). Si u0=3u_0 = 3 et q=2q = 2, comment évolue le quotient de deux termes consécutifs un+1un\frac{u_{n+1}}{u_n} ?

Remarque

Par définition, pour une suite géométrique à termes non nuls, le rapport entre deux termes successifs reste invariable : un+1un=q\frac{u_{n+1}}{u_n} = q pour tout entier nn.

Définition · 39

Suites géométriques : définition et terme général

un+1=q×unpour tout nNu_{n+1} = q \times u_n \quad \text{pour tout } n \in \mathbb{N}

Une suite (un)(u_n) est géométrique de raison qq (qRq \in \mathbb{R}^*) si chaque terme s'obtient en multipliant le terme précédent par le réel constant qq.

un=u0×qnetun=up×qnpu_n = u_0 \times q^n \quad \text{et} \quad u_n = u_p \times q^{n-p}

La relation un=up×qnpu_n = u_p \times q^{n-p} permet de relier directement deux termes quelconques d'indices nn et pp sans repasser par le terme initial u0u_0.

Vocabulaire

  • Raisonqq
  • Terme généralunu_n

Exemple travaillé · 40

Soit (vn)(v_n) une suite géométrique à termes strictement positifs telle que v2=18v_2 = 18 et v5=486v_5 = 486. Déterminer la raison qq et le premier terme v0v_0.

1

On utilise la relation entre deux termes quelconques pour exprimer v5v_5 en fonction de v2v_2 :

2
v5=v2×q52=v2×q3v_5 = v_2 \times q^{5-2} = v_2 \times q^3
3

On remplace par les données numériques pour isoler q3q^3 :

4
486=18×q3    q3=48618=27486 = 18 \times q^3 \iff q^3 = \frac{486}{18} = 27
5

Puisque qRq \in \mathbb{R} et 27=3327 = 3^3, on en déduit que q=3q = 3.

6

On calcule ensuite v0v_0 à partir de v2v_2 :

7
v2=v0×q2    18=v0×32=9v0    v0=2v_2 = v_0 \times q^2 \iff 18 = v_0 \times 3^2 = 9v_0 \iff v_0 = 2
8

Le terme général de la suite est donc vn=2×3nv_n = 2 \times 3^n pour tout nNn \in \mathbb{N}.

Définition · 41

Trois termes consécutifs et sens de variation

a×c=b2a \times c = b^2

Trois réels non nuls a,ba, b et cc sont trois termes consécutifs d'une suite géométrique si et seulement si le produit des termes extrêmes égale le carré du terme intermédiaire.

Variations d'une suite géométrique de raison q>0q > 0

Pour une suite géométrique de premier terme u0>0u_0 > 0 :

• Si q>1q > 1, la suite (un)(u_n) est strictement croissante.

• Si 0<q<10 < q < 1, la suite (un)(u_n) est strictement décroissante.

Remarque

Si q<0q < 0, les termes changent alternativement de signe : la suite n'est ni croissante ni décroissante.

Piège classique · 42

Soit la suite (un)(u_n) définie pour tout nNn \in \mathbb{N} par un=18×(23)nu_n = -18 \times \left(\frac{2}{3}\right)^n. Quel est le sens de variation de la suite (un)(u_n) ?

Attention

Affirmer que la suite est décroissante au motif que la raison 23\frac{2}{3} est strictement inférieure à 1.

À la place : La puissance (23)n(\frac{2}{3})^n diminue vers 0, mais le facteur initial est strictement négatif (18-18). Multiplier par un réel négatif inverse le sens des inégalités : les termes deviennent de moins en moins négatifs (18;12;8;-18 ; -12 ; -8 ; \dots). La suite est donc strictement croissante.

Définition · 43

Somme des termes consécutifs d'une suite géométrique

S=upremier×1qN1q(q1)S = u_{\text{premier}} \times \frac{1 - q^N}{1 - q} \quad (q \ne 1)

Pour toute somme de NN termes consécutifs d'une suite géométrique de raison q1q \ne 1 débutant au terme upu_p et s'achevant au terme unu_n (pnp \le n) :

S=k=pnuk=up×1qnp+11qS = \sum_{k=p}^n u_k = u_p \times \frac{1 - q^{n - p + 1}}{1 - q}

N=np+1(nombre effectif de termes)N = n - p + 1 \quad (\text{nombre effectif de termes})

Cas particulier fondamental pour tout réel a1a \ne 1 :

1+a+a2++an=1an+11a1 + a + a^2 + \dots + a^n = \frac{1 - a^{n+1}}{1 - a}

Piège classique · 44

On considère la somme S=1+27+(27)2++(27)nS = 1 + \frac{2}{7} + \left(\frac{2}{7}\right)^2 + \dots + \left(\frac{2}{7}\right)^n. Quelle est l'expression simplifiée exacte de SS ?

Attention

Écrire 1(2/7)n12/7\frac{1 - (2/7)^n}{1 - 2/7} en recopiant mécaniquement le dernier exposant visible nn.

À la place : La somme commence à (2/7)0=1(2/7)^0 = 1 et s'achève à (2/7)n(2/7)^n. Le nombre effectif de termes est donc n0+1=n+1n - 0 + 1 = n + 1. La puissance à appliquer au numérateur est n+1n+1, ce qui donne 1(2/7)n+112/7\frac{1 - (2/7)^{n+1}}{1 - 2/7}.

Exemple travaillé · 45

Calculer la valeur exacte de la somme alternée S=1214+1811024S = \frac{1}{2} - \frac{1}{4} + \frac{1}{8} - \dots - \frac{1}{1024}.

1

On identifie le premier terme et la raison de la progression géométrique :

2
u0=12etq=12u_0 = \frac{1}{2} \quad \text{et} \quad q = -\frac{1}{2}
3

On détermine l'indice kk du dernier terme en résolvant uk=11024u_k = -\frac{1}{1024} :

4
12×(12)k=11024    (12)k=1512=(12)9\frac{1}{2} \times \left(-\frac{1}{2}\right)^k = -\frac{1}{1024} \iff \left(-\frac{1}{2}\right)^k = -\frac{1}{512} = \left(-\frac{1}{2}\right)^9
5

Le dernier terme est d'indice k=9k = 9. Le nombre total de termes sommés de 00 à 99 est :

6
N=90+1=10 termesN = 9 - 0 + 1 = 10 \text{ termes}
7

On applique la formule de la somme avec q=12q = -\frac{1}{2} et N=10N = 10 :

8
S=12×1(12)101(12)=12×11102432S = \frac{1}{2} \times \frac{1 - \left(-\frac{1}{2}\right)^{10}}{1 - \left(-\frac{1}{2}\right)} = \frac{1}{2} \times \frac{1 - \frac{1}{1024}}{\frac{3}{2}}
9

On simplifie le quotient en éliminant le facteur 12\frac{1}{2} :

10
S=13×10231024=3411024S = \frac{1}{3} \times \frac{1023}{1024} = \frac{341}{1024}

Vérification · 46

Soit (vn)(v_n) une suite géométrique de premier terme v1=3v_1 = 3 et de raison q=2q = 2. Calcule la valeur de la somme S=v1+v2++v6S = v_1 + v_2 + \dots + v_6.

Remarque

Le premier terme est v1=3v_1 = 3.
Le nombre de termes additionnés de 11 à 66 est N=61+1=6N = 6 - 1 + 1 = 6.
On applique la formule : S=3×12612=3×1641=3×63=189S = 3 \times \frac{1 - 2^6}{1 - 2} = 3 \times \frac{1 - 64}{-1} = 3 \times 63 = 189.

Point de départ · 47

On vérifie qu'une propriété P(n)P(n) est vraie pour n=0n = 0, n=1n = 1, n=2n = 2 et jusqu'à n=100n = 100. Cela suffit-il pour affirmer qu'elle est vraie pour tous les entiers naturels nNn \in \mathbb{N} ?

Remarque

Tester un nombre fini de valeurs, même très grand, ne garantit jamais la validité d'une propriété sur l'infinité des entiers naturels. Il faut un principe de transmission d'un rang au suivant : c'est le raisonnement par récurrence.

Définition · 48

Principe de raisonnement par récurrence

Soit P(n)P(n) une propriété dépendant d'un entier naturel nn, et n0Nn_0 \in \mathbb{N} un entier fixé. Pour prouver que P(n)P(n) est vraie pour tout entier nn0n \ge n_0, on applique les trois étapes fondamentales :

P(n0) est vraie(Initialisation)P(n_0) \text{ est vraie} \quad (\text{Initialisation})

1. Initialisation : vérifier que la propriété est vraie pour le premier rang n0n_0.

P(n)    P(n+1)pour tout nn0(Heˊreˊditeˊ)P(n) \implies P(n+1) \quad \text{pour tout } n \ge n_0 \quad (\text{Hérédité})

2. Hérédité : on suppose que la propriété P(n)P(n) est vraie pour un entier nn0n \ge n_0 quelconque mais fixé (hypothèse de récurrence), et on démontre qu'elle reste vraie au rang suivant n+1n+1.

3. Conclusion : par le principe de raisonnement par récurrence, la propriété P(n)P(n) est vraie pour tout entier naturel nn0n \ge n_0.

Exemple travaillé · 49

Soit (un)(u_n) la suite définie par u0=1u_0 = 1 et pour tout nNn \in \mathbb{N}, un+1=2un+3u_{n+1} = \sqrt{2u_n + 3}. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel nn, on a 0un<30 \le u_n < 3.

1

Initialisation : pour n=0n = 0, u0=1u_0 = 1. Comme 01<30 \le 1 < 3, la propriété est vraie au rang initial n=0n = 0.

2

Hérédité : soit nNn \in \mathbb{N}. On suppose que 0un<30 \le u_n < 3 (hypothèse de récurrence). Montrons que 0un+1<30 \le u_{n+1} < 3.

3

On applique successivement les opérations en partant de l'hypothèse :

4
0un<3    02un<6    32un+3<90 \le u_n < 3 \implies 0 \le 2u_n < 6 \implies 3 \le 2u_n + 3 < 9
5

La fonction racine carrée étant strictement croissante sur [0;+[[0 ; +\infty[, elle conserve le sens des inégalités :

6
32un+3<9    3un+1<3\sqrt{3} \le \sqrt{2u_n + 3} < \sqrt{9} \iff \sqrt{3} \le u_{n+1} < 3
7

Comme 30\sqrt{3} \ge 0, on en déduit que 0un+1<30 \le u_{n+1} < 3. L'hérédité est établie.

8

Conclusion : par le principe de raisonnement par récurrence, pour tout nNn \in \mathbb{N}, on a 0un<30 \le u_n < 3.

Piège classique · 50

Dans l'étape d'hérédité, pour déduire 2un+3<9\sqrt{2u_n + 3} < \sqrt{9} à partir de 2un+3<92u_n + 3 < 9, quelle justification théorique est impérative ?

Attention

Prendre la racine carrée des deux membres sans préciser que la fonction racine carrée est strictement croissante.

À la place : Toute application d'une fonction à une inégalité impose de préciser son sens de variation : ici, la fonction racine carrée est strictement croissante sur [0;+[[0 ; +\infty[, ce qui garantit la conservation de l'ordre.

Exemple travaillé · 51

Soit la suite (un)(u_n) définie par u0=1u_0 = 1 et pour tout nNn \in \mathbb{N}, un+1=un+1un+3u_{n+1} = \frac{u_n + 1}{u_n + 3}, avec 0un10 \le u_n \le 1. La fonction f(x)=x+1x+3f(x) = \frac{x+1}{x+3} étant strictement croissante sur [0;1][0 ; 1], montrer par récurrence que (un)(u_n) est strictement décroissante.

1

Initialisation : on calcule u1=f(u0)=1+11+3=24=0,5u_1 = f(u_0) = \frac{1+1}{1+3} = \frac{2}{4} = 0{,}5. On constate que u1<u0u_1 < u_0 (0,5<10{,}5 < 1). L'inégalité un+1<unu_{n+1} < u_n est vraie pour n=0n = 0.

2

Hérédité : soit nNn \in \mathbb{N}. On suppose que un+1<unu_{n+1} < u_n (hypothèse de récurrence). Montrons que un+2<un+1u_{n+2} < u_{n+1}.

3

Par hypothèse, un+1<unu_{n+1} < u_n. Comme un+1u_{n+1} et unu_n appartiennent à [0;1][0 ; 1] et que ff est strictement croissante sur cet intervalle, ff conserve l'ordre strict :

4
un+1<un    f(un+1)<f(un)u_{n+1} < u_n \implies f(u_{n+1}) < f(u_n)
5

Or, par définition de la suite, f(un+1)=un+2f(u_{n+1}) = u_{n+2} et f(un)=un+1f(u_n) = u_{n+1}. On obtient donc immédiatement :

6
un+2<un+1u_{n+2} < u_{n+1}
7

L'hérédité est démontrée. Conclusion : par récurrence, pour tout nNn \in \mathbb{N}, on a un+1<unu_{n+1} < u_n. La suite (un)(u_n) est strictement décroissante.

Piège classique · 52

Pour étudier le sens de variation de la suite un+1=un+1un+3u_{n+1} = \frac{u_n + 1}{u_n + 3} (avec ff croissante sur [0;1][0 ; 1]), un élève décide d'étudier le signe de la différence algébrique un+1un=un22un+1un+3u_{n+1} - u_n = \frac{-u_n^2 - 2u_n + 1}{u_n + 3}. Pourquoi cette méthode est-elle déconseillée ici ?

Attention

Calculer la différence algébrique brute un+1un=f(un)unu_{n+1} - u_n = f(u_n) - u_n pour une suite récurrente, ce qui impose d'étudier le signe d'un trinôme en unu_n.

À la place : Lorsque la fonction génératrice ff est croissante sur l'intervalle contenant les termes, le raisonnement par récurrence propage l'ordre en une seule ligne (un<un+1    f(un)<f(un+1)u_n < u_{n+1} \implies f(u_n) < f(u_{n+1})), rendant le calcul de la différence inutilement lourd et risqué.

Vérification · 53

On considère la suite (un)(u_n) définie par u0=3u_0 = 3 et un+1=2+unu_{n+1} = \sqrt{2 + u_n} pour tout nNn \in \mathbb{N}. On veut montrer par récurrence que pour tout nNn \in \mathbb{N}, un2u_n \ge 2. Quel est le déroulement rigoureux de l'hérédité ?

Remarque

L'hérédité consiste à supposer un2u_n \ge 2, puis à ajouter 2 (2+un42 + u_n \ge 4) et à appliquer la fonction racine carrée (strictement croissante sur [0;+[[0 ; +\infty[) pour en déduire 2+un4=2\sqrt{2 + u_n} \ge \sqrt{4} = 2, c'est-à-dire un+12u_{n+1} \ge 2.

Point de départ · 54

Pour la suite un=2nu_n = 2n, les termes grandissent sans s'arrêter (2,4,6,8,2, 4, 6, 8, \dots). Pour la suite vn=(12)nv_n = \left(\frac{1}{2}\right)^n, les termes se rapprochent de quel nombre ?

Remarque

En calculant les premières puissances de 12\frac{1}{2} (1,0,5;0,25;0,125;1, 0{,}5 ; 0{,}25 ; 0{,}125 ; \dots), les termes s'approchent de plus en plus de 00.

Définition · 55

Convergence et divergence d'une suite

limn+un=l(lR)\lim_{n \to +\infty} u_n = l \quad (l \in \mathbb{R})

Une suite (un)(u_n) qui admet une limite finie ll lorsque nn tend vers ++\infty est dite **convergente**.

Dans le cas contraire, elle est dite **divergente** (si elle tend vers ++\infty ou -\infty, ou si elle n'admet aucune limite comme un=(1)nu_n = (-1)^n).

Remarque

La limite d'une suite n'est étudiée que lorsque nn tend vers ++\infty.

Définition · 56

Limites de référence des suites géométriques

Soit qq un nombre réel. Le comportement asymptotique de la puissance qnq^n dépend de la valeur de qq :

limn+qn=0si 1<q<1\lim_{n \to +\infty} q^n = 0 \quad \text{si } -1 < q < 1

limn+qn=+si q>1 (et q0>0)\lim_{n \to +\infty} q^n = +\infty \quad \text{si } q > 1 \text{ (et } q_0 > 0)

limn+qn n’existe passi q1\lim_{n \to +\infty} q^n \text{ n'existe pas} \quad \text{si } q \le -1

Exemple travaillé · 57

Étudier la limite de la suite (Un)(U_n) définie par Un=2(13)nU_n = 2 - \left(\frac{1}{3}\right)^n lorsque nn tend vers ++\infty.

1

On isole la base de la puissance, qui est q=13q = \frac{1}{3}.

2

Comme 1<13<1-1 < \frac{1}{3} < 1, le théorème des suites géométriques donne :

3
limn+(13)n=0\lim_{n \to +\infty} \left(\frac{1}{3}\right)^n = 0
4

Par application des règles sur les limites d'une différence :

5
limn+Un=20=2\lim_{n \to +\infty} U_n = 2 - 0 = 2
6

La suite (Un)(U_n) est donc convergente vers 22.

Piège classique · 58

Quelle est la limite en ++\infty de la suite (tn)(t_n) définie par tn=(2)nt_n = (-2)^n ?

Attention

Conclure que la suite tend vers ++\infty en observant la croissance des valeurs absolues 2n|-2|^n.

À la place : Pour q1q \le -1 (ici q=2q = -2), les termes alternent de signe sans se stabiliser (1,2,4,8,1, -2, 4, -8, \dots). La suite n'admet aucune limite : elle diverge par oscillation.

Vérification · 59

Soit la suite (Vn)(V_n) définie par Vn=1(1/2)n3+(1/2)nV_n = \frac{1 - (1/2)^n}{3 + (1/2)^n}. Quelle est sa limite en ++\infty ?

Remarque

Comme 1<12<1-1 < \frac{1}{2} < 1, on a limn+(1/2)n=0\lim_{n \to +\infty} (1/2)^n = 0.
Le numérateur tend vers 10=11 - 0 = 1 et le dénominateur tend vers 3+0=33 + 0 = 3.
La limite du quotient est donc 13\frac{1}{3}. La suite est convergente.

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