Complète les deux conditions fondamentales d'existence pour une fonction réelle.
Remarque
Pour un quotient B(x)A(x), on doit avoir B(x)=0. Pour une racine carrée A(x), on doit avoir A(x)≥0.
Point de départ · 2
On considère la fonction g définie par g(x)=x. Pourquoi peut-on affirmer immédiatement que g ne peut être ni paire ni impaire, sans aucun calcul sur g(−x) ?
Remarque
Le domaine de g est Dg=[0+∞[. Si x=4∈Dg, son opposé −4∈/Dg. L'expression g(−4) n'a aucun sens mathématique.
Définition · 3
Parité d'une fonction et interprétation géométrique
Soit f une fonction définie sur un ensemble Df.
Pour tout x∈Df,−x∈Df(Df est symeˊtrique par rapport aˋ0)
f(−x)=f(x)⟺f est paire (la courbe Cf est symeˊtrique par rapport aˋ l’axe (Oy))
f(−x)=−f(x)⟺f est impaire (la courbe Cf admet l’origine O pour centre de symeˊtrie)
Piège classique · 4
Soit la fonction h définie sur Dh=[−14] par h(x)=x2. L'affirmation « h(−x)=(−x)2=x2=h(x), donc h est paire » est-elle correcte ?
Attention
Conclure que la fonction est paire en se basant uniquement sur la formule algébrique h(−x)=h(x).
À la place : Le domaine Dh=[−14] n'est pas symétrique par rapport à 0 (par exemple 3∈Dh mais −3∈/Dh). La fonction h n'est pas paire.
Exemple travaillé · 5
Soient f et g deux fonctions impaires définies sur un même ensemble D symétrique par rapport à 0. Déterminer la parité de la fonction somme f+g et de la fonction produit f×g.
1
Puisque f et g sont impaires, on a pour tout x∈D : f(−x)=−f(x) et g(−x)=−g(x).
Par la règle des signes, (−1)×(−1)=1. Le produit de deux fonctions impaires est donc une fonction paire.
Exemple travaillé · 6
Déterminer l'ensemble de définition de la fonction f:x↦∣x∣+4x3−x et étudier sa parité.
1
On cherche les valeurs où le dénominateur s'annule : ∣x∣+4=0⟺∣x∣=−4, ce qui est impossible car ∣x∣≥0 pour tout x∈R.
2
Le dénominateur ne s'annule jamais. Donc Df=R, ensemble parfaitement symétrique par rapport à 0 : pour tout x∈R, −x∈R.
3
f(−x)=∣−x∣+4(−x)3−(−x)=∣x∣+4−x3+x
4
f(−x)=∣x∣+4−(x3−x)=−(∣x∣+4x3−x)=−f(x)
5
La relation f(−x)=−f(x) est vérifiée pour tout x∈R. La fonction f est donc impaire.
Vérification · 7
Soit la fonction h définie par h(x)=∣x∣−1x. Quel est son domaine de définition Dh et quelle est sa parité ?
Remarque
∣x∣−1=0⟺∣x∣=1⟺x∈{−11}. Donc Dh=R∖{−11}, qui est symétrique en 0. De plus, h(−x)=∣−x∣−1−x=−∣x∣−1x=−h(x), donc h est impaire.
Point de départ · 8
Pour prouver que pour tout réel x, on a x2+12x≤1, quelle démarche algébrique directe est la plus rigoureuse ?
Remarque
Encadrer séparément 2x et x2+1 sur R est impossible car la variable n'est pas bornée. Étudier le signe de la différence 1−f(x) permet de réduire au même dénominateur et de faire apparaître le carré parfait (x−1)2≥0.
Définition · 9
Fonctions majorées, minorées et bornées
Soit f une fonction définie sur un ensemble D.
f est majoreˊe sur D⟺il existe un reˊel M tel que pour tout x∈D,f(x)≤M
f est minoreˊe sur D⟺il existe un reˊel m tel que pour tout x∈D,f(x)≥m
f est borneˊe sur D⟺f est aˋ la fois majoreˊe et minoreˊe sur D(m≤f(x)≤M)
Exemple travaillé · 10
Démontrer que la fonction f:x↦x2+12x est bornée sur R.
1
Pour tout x∈R, x2≥0⟹x2+1≥1>0. Le dénominateur est strictement positif sur R.
2
Étudions la majoration par 1 en évaluant la différence 1−f(x) :
3
1−x2+12x=x2+1x2+1−2x=x2+1(x−1)2
4
Puisque (x−1)2≥0 et x2+1>0, on a 1−f(x)≥0, soit f(x)≤1 pour tout réel x.
5
Étudions la minoration par −1 en évaluant la différence f(x)−(−1) :
6
x2+12x+1=x2+12x+x2+1=x2+1(x+1)2
7
Puisque (x+1)2≥0, on a f(x)+1≥0, soit f(x)≥−1 pour tout réel x.
8
Pour tout x∈R, −1≤f(x)≤1. La fonction f est donc bornée sur R.
Exemple travaillé · 11
Soit la fonction f définie sur [0+∞[ par f(x)=x+1−x. Démontrer que f est bornée sur [0+∞[.
1
Multiplions et divisons l'expression par la quantité conjuguée x+1+x pour tout x≥0 :
Pour tout x≥0, on a x+1≥1⟹x+1≥1. Comme x≥0, on obtient :
4
x+1+x≥1+0=1
5
Par passage à l'inverse de quantités strictement positives :
6
0<x+1+x1≤1
7
Ainsi, pour tout x∈[0+∞[, 0<f(x)≤1. La fonction f est donc bornée sur [0+∞[.
Piège classique · 12
Pour démontrer que la fonction f(x)=1+x+x2x2 est majorée par 34 sur R, quelle démarche est correcte ?
Attention
Essayer d'encadrer séparément le numérateur et le dénominateur sur R.
À la place : Sur R, x n'est pas borné. L'encadrement terme à terme est impossible. La seule méthode générale consiste à étudier le signe de la différence f(x)−34=3(1+x+x2)−(x+2)2≤0.
Définition · 13
Extremums d'une fonction : Maximum et Minimum
Soit f une fonction définie sur un ensemble D.
M est le maximum de f sur D⟺il existe x0∈D tel que f(x0)=M et pour tout x∈D,f(x)≤M
m est le minimum de f sur D⟺il existe x0∈D tel que f(x0)=m et pour tout x∈D,f(x)≥m
Remarque
Un extremum est une valeur atteinte : M ne peut être un maximum que s'il possède au moins un antécédent x0 dans D.
Piège classique · 14
On considère la fonction f définie sur l'intervalle ouvert ]0+∞[ par f(x)=x2+11. On sait que pour tout x>0, 0<f(x)<1. Peut-on affirmer que 1 est le maximum de f sur ]0+∞[ ?
Attention
Confondre un majorant avec un maximum sans vérifier si la valeur est atteinte.
À la place : Le réel 1 est un majorant strict de f sur ]0+∞[, mais l'équation f(x)=1⟺x=0 n'a aucune solution dans ]0+∞[. La valeur 1 n'étant jamais atteinte sur ce domaine, f n'admet pas de maximum sur ]0+∞[.
Exemple travaillé · 15
Démontrer que la fonction f définie sur R par f(x)=2x2+10x−5 admet un minimum en x0=−25.
Étudions le signe de la différence f(x)−f(−25) pour tout x∈R :
4
f(x)−(−235)=2x2+10x−5+235=2x2+10x+225
5
Factorisons par 2 pour faire apparaître une identité remarquable :
6
2(x2+5x+425)=2(x+25)2
7
Pour tout réel x, (x+25)2≥0, donc 2(x+25)2≥0. Ainsi, f(x)≥−235.
8
Puisque f(x)≥f(−25) pour tout x∈R, −235 est le minimum de f sur R, atteint en x0=−25.
Vérification · 16
Soit la fonction h définie sur R par h(x)=−(x−3)2+4. Que peut-on affirmer sur h ?
Remarque
Pour tout x∈R, (x−3)2≥0⟹−(x−3)2≤0⟹h(x)≤4. De plus, h(3)=4. La valeur 4 est donc le maximum absolu de h sur R. En revanche, h n'est pas minorée, elle n'est donc pas bornée sur R.
Rappel · 17
Définition du sens de variation
Soit f une fonction définie sur un intervalle I.
a≤b⟹f(a)≤f(b)⟺f est croissante sur I
a≤b⟹f(a)≥f(b)⟺f est deˊcroissante sur I
Remarque
Une fonction conserve l'ordre quand elle est croissante et inverse l'ordre quand elle est décroissante.
Définition · 18
Opérations sur les variations : Somme et Multiplication par un réel
Soient f et g deux fonctions définies sur un intervalle I, et λ∈R∗.
f et g croissantes sur I⟹f+g est croissante sur I
f et g deˊcroissantes sur I⟹f+g est deˊcroissante sur I
λ>0⟹λf a le meˆme sens de variation que f
λ<0⟹λf a un sens de variation contraire aˋ celui de f
Remarque
Si f et g ont des sens de variation contraires, on ne peut déduire aucune règle générale pour leur somme sans étude spécifique.
Définition · 19
Variations de la racine carrée f et de l'inverse u1
f est une fonction positive sur I
f a le meˆme sens de variation que f sur I
u garde un signe constant et ne s’annule pas sur I
u1 a le sens de variation contraire de u sur I
Exemple travaillé · 20
Étudier le sens de variation de la fonction f définie sur ]0+∞[ par f(x)=−2x+1+x3.
1
On décompose f sous la forme f=u+v avec u(x)=−2x+1 et v(x)=x3.
2
La fonction affine u a pour coefficient directeur −2<0, elle est donc strictement décroissante sur ]0+∞[.
3
La fonction usuelle x↦x1 est strictement décroissante sur ]0+∞[. En multipliant par la constante 3>0, la fonction v est strictement décroissante sur ]0+∞[.
4
Comme somme de deux fonctions strictement décroissantes sur ]0+∞[, f est strictement décroissante sur ]0+∞[.
Exemple travaillé · 21
Étudier le sens de variation de la fonction f définie sur ]−∞2] par f(x)=−x2+4x+5.
1
Posons u(x)=−x2+4x+5. C'est un trinôme du second degré avec a=−1<0.
2
L'abscisse du sommet de la parabole est α=−2ab=−2(−1)4=2.
3
Puisque a<0, la parabole est orientée vers le bas : la fonction u est strictement croissante sur ]−∞2].
4
Sur l'intervalle où u(x)≥0, la fonction racine carrée u conserve le sens de variation de u.
5
La fonction f=u est donc strictement croissante sur ]−∞2].
Piège classique · 22
La fonction u(x)=x est strictement croissante sur R. Peut-on affirmer que la fonction inverse g(x)=x1 est strictement décroissante sur l'ensemble R∗=]−∞0[∪]0+∞[ ?
Attention
Affirmer que u1 est décroissante sur une réunion d'intervalles où u change de signe.
À la place : Le théorème des variations de u1 exige que u garde un signe strictement constant. La fonction x↦x1 est strictement décroissante sur ]−∞0[ et sur ]0+∞[ séparément, mais pas sur leur réunion (par exemple −1<1 mais −11=−1<1=11).
Exemple travaillé · 23
Étudier le sens de variation de la fonction f définie sur [0+∞[ par f(x)=(x2+3)x.
1
On pose u(x)=x2+3 et v(x)=x sur [0+∞[.
2
La fonction carrée étant strictement croissante sur [0+∞[, la fonction u:x↦x2+3 est strictement croissante sur [0+∞[.
3
La fonction usuelle v:x↦x est strictement croissante sur [0+∞[.
4
Vérifions les signes : pour tout x≥0, u(x)=x2+3≥3>0 et v(x)=x≥0.
5
Puisque u et v sont deux fonctions strictement croissantes et positives sur [0+∞[, leur produit f=u×v est strictement croissant sur [0+∞[.
Vérification · 24
Soit la fonction h définie sur [1+∞[ par h(x)=−3x+2−x−1. Quel est le sens de variation de h sur [1+∞[ ?
Remarque
La fonction affine x↦−3x+2 est strictement décroissante sur [1+∞[. La fonction x↦x−1 est croissante et positive, donc x↦x−1 est strictement croissante, ce qui donne x↦−x−1 strictement décroissante. Comme somme de deux fonctions strictement décroissantes, h est strictement décroissante sur [1+∞[.
Point de départ · 25
On considère la parabole de référence d'équation y=x2, dont le sommet est en (00). Où se situe le sommet de la parabole d'équation y=(x−2)2 ?
Remarque
Pour que (x−2)2=0, il faut x=2. Le minimum 0 est donc atteint en x=2 : le sommet est en (20). La parabole s'est déplacée de 2 unités vers la droite.
Définition · 26
Translations de courbes
Soit f une fonction et Cf sa courbe représentative dans un repère orthogonal (O,i,j).
g(x)=f(x−a)⟺Cg=tai(Cf)
g(x)=f(x)+b⟺Cg=tbj(Cf)
g(x)=f(x−a)+b⟺Cg=tai+bj(Cf)
Piège classique · 27
Soit f(x)=x2. Par quelle transformation géométrique obtient-on la courbe de g(x)=(x+3)2 à partir de Cf ?
Attention
Penser que (x+3) correspond à un décalage vers la droite de vecteur 3i en suivant le signe « + ».
À la place : On écrit g(x)=f(x−(−3)). La courbe Cg est l'image de Cf par la translation de vecteur −3i, soit un glissement de 3 unités vers la gauche.
Définition · 28
Courbes avec valeur absolue : ∣f(x)∣ et f(∣x∣)
Soit f une fonction définie sur Df et Cf sa courbe représentative.
g(x)=∣f(x)∣⟹{Cg=CfCg=S(Ox)(Cf)sur les intervalles ouˋf(x)≥0sur les intervalles ouˋf(x)<0
h(x)=f(∣x∣)⟹h est paire : {Ch=CfCh=S(Oy)(Ch∩R+)sur Df∩R+sur Df∩R−
Piège classique · 29
Pour tracer la courbe de h(x)=f(∣x∣) à partir de la courbe de f, quelle méthode applique-t-on ?
Attention
Confondre f(∣x∣) avec ∣f(x)∣ en rabattant les ordonnées négatives vers le haut par rapport à l'axe (Ox).
À la place : Dans f(∣x∣), la valeur absolue est à l'intérieur de la variable : h est paire. On conserve la partie droite (x≥0) et on la reproduit à gauche (x<0) par symétrie par rapport à l'axe des ordonnées (Oy).
Exemple travaillé · 30
Soit la fonction f:x↦−23x2. Décrire les étapes de construction de la courbe de g:x↦−23(x−2)2, puis de celle de h:x↦−23(∣x∣−2)2.
1
On reconnaît g(x)=f(x−2). La courbe Cg est l'image de la parabole Cf par la translation de vecteur 2i. Son sommet est le point S(20).
2
Pour tout x≥0, ∣x∣=x, donc h(x)=−23(x−2)2=g(x). La courbe Ch coïncide donc avec Cg sur [0+∞[.
3
Pour tout x∈R, h(−x)=−23(∣−x∣−2)2=−23(∣x∣−2)2=h(x). La fonction h est paire.
4
On complète Ch sur ]−∞0] en traçant le symétrique de la branche positive par rapport à l'axe des ordonnées (Oy).
Vérification · 31
Soit la fonction inverse f:x↦x1. Par quelles transformations géométriques successives obtient-on la courbe de k:x↦−x+11+4 à partir de Cf ?
Remarque
L'expression x+1=x−(−1) correspond à une translation horizontale de vecteur −i. Le signe « - » devant le quotient applique une symétrie orthogonale par rapport à l'axe des abscisses (Ox). L'ajout de +4 applique enfin une translation verticale de vecteur 4j.
Point de départ · 32
Par définition, la partie entière d'un réel x, notée E(x), est le plus grand entier relatif inférieur ou égal à x. Que vaut E(−1,2) ?
Remarque
L'entier immédiatement inférieur ou égal à −1,2 est −2, car −2≤−1,2<−1. L'entier −1 est strictement supérieur à −1,2.
Définition · 33
Fonction Partie Entière
Pour tout réel x, il existe un unique entier relatif n∈Z tel que :
n≤x<n+1
E(x)=n
∀x∈R,E(x)≤x<E(x)+1
Piège classique · 34
Que vaut la partie entière du réel négatif −3,7 ?
Attention
Penser que E(−3,7)=−3 par simple troncature de la partie décimale.
À la place : Pour un nombre négatif non entier, on prend l'entier situé à gauche sur l'axe réel. Puisque −4≤−3,7<−3, on a E(−3,7)=−4.
Définition · 35
Fonction affine par intervalles
f est affine par intervalles⟺sa restriction aˋ chaque intervalle est de la forme x↦ax+b
Remarque
La courbe représentative d'une fonction affine par intervalles est constituée d'une réunion de segments de droites ou de demi-droites.
Exemple travaillé · 36
Soit la fonction f définie sur [−22] par f(x)=1−xE(x). Exprimer f(x) sans le symbole E(x) et montrer qu'elle est affine par intervalles.
1
On découpe l'intervalle d'étude selon les entiers consécutifs :
2
Si x∈[−2−1[, alors E(x)=−2, donc f(x)=1−x(−2)=1+2x.
3
Si x∈[−10[, alors E(x)=−1, donc f(x)=1−x(−1)=1+x.
4
Si x∈[01[, alors E(x)=0, donc f(x)=1−x(0)=1.
5
Si x∈[12[, alors E(x)=1, donc f(x)=1−x(1)=1−x.
6
Si x=2, alors E(2)=2, donc f(2)=1−2(2)=−3.
7
Sur chaque sous-intervalle, f(x) est un polynôme de degré inférieur ou égal à 1 : f est une fonction affine par intervalles.
Exemple travaillé · 37
On considère la fonction f définie sur [−12] par f(x)=E(x)−2E(2x). Donner l'expression simplifiée de f(x) sur chaque sous-intervalle.
1
Les sauts ont lieu aux entiers pour E(x) et aux entiers pairs pour E(2x). Subdivisons l'intervalle [−12] :
2
Si x∈[−10[ : on a E(x)=−1. De plus −21≤2x<0⟹E(2x)=−1. Donc f(x)=−1−2(−1)=1.
3
Si x∈[01[ : on a E(x)=0 et 0≤2x<21⟹E(2x)=0. Donc f(x)=0−2(0)=0.
4
Si x∈[12[ : on a E(x)=1 et 21≤2x<1⟹E(2x)=0. Donc f(x)=1−2(0)=1.
5
Si x=2 : on a E(2)=2 et E(1)=1. Donc f(2)=2−2(1)=0.
Exemple travaillé · 38
Soit la fonction f définie sur R par f(x)=∣1−x∣−∣2x+4∣+x. Écrire f(x) sans le symbole de la valeur absolue.
1
On étudie le signe des expressions intérieures : 1−x=0⟺x=1 et 2x+4=0⟺x=−2.
2
Si x∈]−∞−2] : ∣1−x∣=1−x et ∣2x+4∣=−(2x+4)=−2x−4. On obtient : f(x)=(1−x)−(−2x−4)+x=2x+5.
3
Si x∈[−21] : ∣1−x∣=1−x et ∣2x+4∣=2x+4. On obtient : f(x)=(1−x)−(2x+4)+x=−2x−3.
4
Si x∈[1+∞[ : ∣1−x∣=−(1−x)=x−1 et ∣2x+4∣=2x+4. On obtient : f(x)=(x−1)−(2x+4)+x=−5.
Vérification · 39
Soit la fonction g définie sur [−2−1[ par g(x)=x+E(x). Quelle est l'expression simplifiée de g(x) sur cet intervalle ?
Remarque
Pour tout x∈[−2−1[, on a −2≤x<−1, donc E(x)=−2. L'expression devient immédiatement g(x)=x−2.
Point de départ · 40
Pour résoudre l'équation x+4=x−2−4, peut-on élever directement les deux membres au carré sans aucune condition préalable sur les signes ?
Remarque
Une racine carrée est toujours positive ou nulle. Pour que l'égalité x+4=x−2−4 soit possible, le membre de droite doit impérativement être positif ou nul : x−2−4≥0, ce qui impose x−2<0, soit x<2.
Définition · 41
Résolution d'équations irrationnelles du type A(x)=B(x)
Soient A et B deux fonctions réelles.
A(x)=B(x)⟺{A(x)=[B(x)]2B(x)≥0
Remarque
La condition A(x)≥0 est automatiquement satisfaite dès que A(x)=[B(x)]2, mais la condition B(x)≥0 est obligatoire pour préserver l'équivalence.
Piège classique · 42
En élevant au carré l'équation x+4=x−2−4, on obtient après simplification l'équation polynomiale x(x2−12)=0, dont les racines sont 0, 23 et −23. La valeur 23 est-elle une solution de l'équation de départ ?
Attention
Considérer que toutes les solutions de l'équation élevée au carré sont valables pour l'équation avec racine carrée.
À la place : Pour x=23≈3,46, le dénominateur x−2=23−2>0, donc x−2−4<0. Or x+4≥0. Une quantité positive ne peut pas valoir un nombre strictement négatif : 23 est une solution parasite introduite par le carré.
Exemple travaillé · 43
Déterminer les coordonnées des points d'intersection des courbes Cf et Cg définies par f(x)=x+4 et g(x)=x−2−4.
1
On cherche les points M(xy) vérifiant le système y=f(x) et y=g(x) avec x≥−4 et x=2.
2
L'égalité x+4=x−2−4 impose x−2−4≥0, soit x−2<0⟺x<2. L'intervalle de recherche est donc [−42[.
3
x+4=(x−2)216⟺(x+4)(x2−4x+4)=16⟺x3−12x=0
4
On factorise : x(x2−12)=0, ce qui donne les candidats x=0, x=−23 et x=23.
5
On filtre avec [−42[ : 0∈[−42[ et −23≈−3,46∈[−42[, tandis que 23>2 est rejeté.
6
On calcule les ordonnées : pour x=0, y=4=2. Pour x=−23, y=4−23=(3−1)2=3−1.
7
Les points d'intersection sont A(02) et B(−233−1).
Définition · 44
Résolution d'équations fonctionnelles liant f(x) et f(−x)
Lorsqu'une relation fonctionnelle fait intervenir simultanément f(x) et f(−x) pour tout réel x :
On substitue x par −x dans toute l’eˊgaliteˊ pour former un systeˋme de deux eˊquations aˋ deux inconnues f(x) et f(−x).
Remarque
On résout ensuite le système linéaire obtenu pour isoler l'expression explicite de f(x).
Exemple travaillé · 45
Déterminer l'expression de la fonction f:R→R sachant que pour tout x∈R : 3f(x)+f(−x)=4x3+2x
1
L'égalité de départ est (E1) : 3f(x)+f(−x)=4x3+2x.
2
Remplaçons x par −x dans toute l'équation pour obtenir (E2) :
3
3f(−x)+f(−(−x))=4(−x)3+2(−x)⟹3f(−x)+f(x)=−4x3−2x
4
De (E1), on exprime f(−x)=4x3+2x−3f(x) et on substitue dans (E2) :
5
3(4x3+2x−3f(x))+f(x)=−4x3−2x
6
12x3+6x−9f(x)+f(x)=−4x3−2x⟹−8f(x)=−16x3−8x
7
En divisant par −8, on obtient pour tout x∈R : f(x)=2x3+x.
Vérification · 46
Soit f une fonction définie sur R vérifiant pour tout réel x : f(x)+xf(−x)=x2. Que vaut f(x) pour tout réel x ?
Remarque
En remplaçant x par −x, on obtient f(−x)−xf(x)=x2, d'où f(−x)=x2+xf(x). En remplaçant dans la première équation : f(x)+x(x2+xf(x))=x2⟺f(x)(1+x2)=x2−x3⟺f(x)=1+x2x2(1−x).