On donne le nombre complexe z=1+i3. Complète son module et un argument principal :
Remarque
On calcule ∣z∣=12+(3)2=4=2. Comme cosθ=21 et sinθ=23, un argument est θ=3π.
Point de départ · 2
Une écriture plus compacte
Tu sais déjà écrire un nombre complexe sous forme trigonométrique : z=r(cosθ+isinθ).
Cette écriture devient lourde dès qu'il faut multiplier plusieurs termes ou calculer des puissances élevées.
On pose une nouvelle notation : eiθ=cosθ+isinθ. C'est une abréviation directe de la parenthèse trigonométrique.
Définition · 3
Définition — Forme exponentielle
eiθ=cosθ+isinθ(θ∈R)
Tout nombre complexe non nul z de module r=∣z∣ et d'argument θ s'écrit sous forme exponentielle :
z=reiθ(r>0,θ∈R)
Les opérations suivent les règles usuelles des puissances :
eiθeiθ′=ei(θ+θ′),eiθ′eiθ=ei(θ−θ′),eiθ=e−iθ
Définition · 4
Théorème — Formules d'Euler et de Moivre
Pour tout réel θ et pour tout entier relatif n∈Z :
cosθ=2eiθ+e−iθetsinθ=2ieiθ−e−iθ
La formule de Moivre s'écrit de façon immédiate :
(eiθ)n=einθ=cos(nθ)+isin(nθ)
Exemple travaillé · 5
Écris z=3−i sous forme exponentielle, puis calcule z6.
1
On calcule le module de z :
∣z∣=(3)2+(−1)2=3+1=2
2
On factorise par le module pour déterminer l'argument :
z=2(23−21i)=2(cos(−6π)+isin(−6π))
3
On en déduit la forme exponentielle de z :
z=2e−i6π
4
On applique la formule de Moivre pour élever à la puissance 6 :
z6=(2e−i6π)6=26e−i6×6π=64e−iπ=64(−1)=−64
Exemple travaillé · 6
Linéarise l'expression cos3x à l'aide des formules d'Euler.
1
On remplace cosx par son expression d'Euler :
cos3x=(2eix+e−ix)3=81(eix+e−ix)3
2
On développe avec (a+b)3=a3+3a2b+3ab2+b3 :
(eix+e−ix)3=e3ix+3eix+3e−ix+e−3ix
3
On regroupe les termes d'exposants opposés :
(eix+e−ix)3=(e3ix+e−3ix)+3(eix+e−ix)
4
On réapplique la formule d'Euler eikx+e−ikx=2cos(kx) :
cos3x=81(2cos(3x)+3(2cosx))=41cos(3x)+43cosx
Piège classique · 7
Quelle est la forme exponentielle du nombre complexe Z=−3ei4π ?
Attention
Considérer que le module est −3 ou que l'argument reste 4π.
À la place : Le module d'un nombre complexe est toujours strictement positif. On transforme le signe négatif grâce à −1=eiπ : Z=3eiπei4π=3ei(4π+π)=3ei45π.
Vérification · 8
On pose Z=e−i6π2ei3π. Quelle est la forme exponentielle de Z ?
Remarque
On applique la règle eibeia=ei(a−b) : 3π−(−6π)=62π+6π=63π=2π. Ainsi, Z=2ei2π.
Point de départ · 9
Transformer une somme en produit
Pour déterminer le module et un argument d'une somme comme 1+eiθ, le passage par la forme algébrique 1+cosθ+isinθ conduit à un module 2+2cosθ difficile à manipuler.
En factorisant par l'exponentielle de l'angle moitié ei2θ, la somme se transforme instantanément en un produit direct.
Définition · 10
Propriété — Technique de l'arc moitié
Pour tout réel θ, on factorise par ei2θ pour faire apparaître les formules d'Euler :
1+eiθ=ei2θ(e−i2θ+ei2θ)=2cos(2θ)ei2θ
1−eiθ=ei2θ(e−i2θ−ei2θ)=−2isin(2θ)ei2θ
Plus généralement, pour tous réels α et β, on factorise par ei2α+β :
eiα+eiβ=2cos(2α−β)ei2α+β
Exemple travaillé · 11
Soit θ∈]0;π[. Détermine le module et un argument du nombre complexe Z=1+eiθ.
1
On factorise par l'angle moitié ei2θ :
Z=ei2θ(e−i2θ+ei2θ)
2
On applique la formule d'Euler e−iφ+eiφ=2cosφ avec φ=2θ :
Z=2cos(2θ)ei2θ
3
On étudie le signe du coefficient réel :
θ∈]0;π[⟹2θ∈]0;2π[⟹cos(2θ)>0
4
Le facteur 2cos(2θ) étant strictement positif, il s'agit du module :
∣Z∣=2cos(2θ)etarg(Z)≡2θ(mod2π)
Exemple travaillé · 12
Soit θ∈]0;π[. Écris le quotient Z=1−eiθ1+eiθ sous forme exponentielle.
1
On factorise le numérateur et le dénominateur par ei2θ :
On vérifie le signe du réel cotan(2θ) : comme 2θ∈]0;2π[, on a cotan(2θ)>0. On remplace alors i par ei2π :
Z=cotan(2θ)ei2π
Piège classique · 13
Soit θ∈]π;2π[. On a factorisé : 1+eiθ=2cos(2θ)ei2θ. Quelle est la forme exponentielle correcte de 1+eiθ sur cet intervalle ?
Attention
Considérer que le module est 2cos(2θ) sans vérifier son signe sur l'intervalle.
À la place : Pour θ∈]π;2π[, on a 2θ∈]2π;π[, donc cos(2θ)<0. Le module doit être strictement positif : r=−2cos(2θ). On compense le signe négatif par eiπ, ce qui donne 1+eiθ=−2cos(2θ)ei(2θ+π).
Vérification · 14
Soit θ∈]0;π[. Quelle est la forme exponentielle de Z=1−eiθ ?
Remarque
On factorise par ei2θ : 1−eiθ=−2isin(2θ)ei2θ. Comme −i=e−i2π et que sin(2θ)>0 pour 2θ∈]0;2π[, on regroupe les exponentielles : Z=2sin(2θ)ei(2θ−π).
Point de départ · 15
Des racines carrées pour tout nombre complexe
Dans R, un nombre strictement négatif comme −4 n'a aucune racine carrée.
Dans C, on a (2i)2=−4 et (−2i)2=−4 : le nombre −4 possède donc deux racines carrées distinctes, 2i et −2i.
Mais comment calculer les racines carrées d'un nombre complexe quelconque non réel, par exemple Z=3−4i ?
Définition · 16
Définition et méthode algébrique des racines carrées
Soit Z un nombre complexe. On appelle racine carrée de Z tout nombre complexe z vérifiant :
z2=Z
Tout nombre complexe non nul Z=a+ib (a,b∈R) admet exactement deux racines carrées opposées dans C.
En posant z=x+iy avec x,y∈R, l'équation z2=Z équivaut au système de trois équations réelles :
⎩⎨⎧x2−y2=ax2+y2=a2+b22xy=b(eˊgaliteˊ des parties reˊelles)(eˊgaliteˊ des modules)(signe du produit xy)
Remarque
Le symbole radical x est strictement réservé aux réels positifs ou nuls. On n'écrit jamais Z lorsque Z n'est pas un réel positif.
Exemple travaillé · 17
Détermine les racines carrées du nombre complexe Z=3−4i sous forme algébrique.
1
On pose z=x+iy avec x,y∈R, tel que z2=Z.
2
On calcule le module de Z :
∣Z∣=32+(−4)2=9+16=5
3
On traduit z2=Z par le système des trois équations :
⎩⎨⎧x2−y2=3x2+y2=52xy=−4
4
On additionne et on soustrait les deux premières équations :
2x2=8⟹x2=4⟹x=±22y2=2⟹y2=1⟹y=±1
5
La condition 2xy=−4<0 impose que x et y soient de signes contraires. Les racines carrées sont donc :
z1=2−ietz2=−2+i
Exemple travaillé · 18
Détermine les racines carrées du nombre complexe Z=2i sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique.
On en déduit les deux racines carrées sous forme exponentielle :
z1=2ei4πetz2=−2ei4π=2ei45π
4
On convertit sous forme algébrique avec ei4π=22+i22 :
z1=2(22+i22)=1+ietz2=−(1+i)=−1−i
Piège classique · 19
On résout le système des racines carrées pour Z=−5−12i. On a trouvé x2=4 et y2=9. Quelles sont les deux racines carrées de Z ?
Attention
Associer x et y avec les mêmes signes en oubliant l'équation 2xy=−12.
À la place : La condition 2xy=−12<0 impose que x et y soient de signes contraires. Les deux racines sont 2−3i et −2+3i, et non 2+3i et −2−3i.
Vérification · 20
Détermine les deux racines carrées du nombre complexe Z=−7+24i.
Remarque
On calcule ∣Z∣=(−7)2+242=25. Le système donne x2−y2=−7 et x2+y2=25, d'où 2x2=18⟹x=±3 et 2y2=32⟹y=±4. Comme 2xy=24>0, x et y ont le même signe : les solutions sont 3+4i et −3−4i.
Point de départ · 21
Des solutions pour chaque équation du second degré
Dans R, l'équation x2+1=0 n'a aucune solution car le carré d'un réel ne peut jamais être strictement négatif.
Dans C, tout nombre complexe non nul possède exactement deux racines carrées opposées.
Par conséquent, le discriminant d'une équation du second degré admet toujours des racines carrées dans C, ce qui garantit que toute équation du second degré possède toujours des solutions.
Définition · 22
Théorème — Résolution de l'équation du second degré dans C
Soient a,b,c∈C avec a=0. On considère l'équation du second degré :
az2+bz+c=0
On pose Δ=b2−4ac. Soit δ une racine carrée de Δ dans C vérifiant δ2=Δ :
Si Δ=0, l'équation admet dans C deux solutions distinctes :
z1=2a−b−δetz2=2a−b+δ
Si Δ=0, l'équation admet une solution unique (dite double) z0=−2ab.
Lorsque b=2b′, on utilise le discriminant réduit Δ′=b′2−ac=δ′2 :
z1=a−b′−δ′etz2=a−b′+δ′
Remarque
Les relations entre coefficients et racines restent valables : z1+z2=−ab et z1z2=ac. En particulier, si a+b+c=0, alors z1=1 et z2=ac.
Exemple travaillé · 23
Résous dans C l'équation : z2−(1−3i)z−(4+3i)=0.
1
On identifie a=1, b=−(1−3i) et c=−(4+3i), puis on calcule le discriminant Δ :
Δ=[−(1−3i)]2−4(1)(−(4+3i))=(1−6i−9)+16+12i=8+6i
2
On cherche une racine carrée δ de Δ=8+6i. On remarque l'identité remarquable :
(3+i)2=9+6i−1=8+6i⟹δ=3+i
3
On applique les formules de résolution :
z1=2(1−3i)−(3+i)=2−2−4i=−1−2i
4
z2=2(1−3i)+(3+i)=24−2i=2−i
5
On conclut sur l'ensemble des solutions :
SC={−1−2i;2−i}
Exemple travaillé · 24
Résous dans C l'équation : iz2−(1−5i)z+6i−2=0.
1
On identifie les coefficients : a=i, b=−(1−5i), c=−2+6i. On calcule Δ :
On détermine une racine carrée de Δ=−2i. Comme (1−i)2=1−2i−1=−2i, on choisit :
δ=1−i
3
On applique la formule avec le dénominateur 2a=2i pour la première racine :
z1=2i(1−5i)−(1−i)=2i−4i=−2
4
Pour la seconde racine, on simplifie le quotient en multipliant par le conjugué −i :
z2=2i(1−5i)+(1−i)=2i2−6i=i1−3i=−i(1−3i)=−3−i
5
L'ensemble des solutions dans C est :
SC={−2;−3−i}
Piège classique · 25
On résout dans C l'équation iz2−2z−5i=0. Le discriminant réduit vaut Δ′=(−1)2−i(−5i)=1−5=−4=(2i)2, d'où δ′=2i. Un élève écrit la première solution : z1=i1−2i=1−2=−1. Quelle est son erreur ?
Attention
Simplifier iA en ignorant l'unité imaginaire au dénominateur ou en la traitant comme 1.
À la place : Pour diviser par i, on utilise l'égalité i1=−i (ou on multiplie numérateur et dénominateur par −i) : i1−2i=−i(1−2i)=−i+2i2=−2−i.
Vérification · 26
Résous dans C l'équation z2−2(1+i)z−1+2i=0 à l'aide du discriminant réduit Δ′. Quelles sont les solutions ?
Remarque
On a b′=−(1+i), d'où Δ′=[−(1+i)]2−(−1+2i)=2i+1−2i=1=12. Avec δ′=1, les solutions sont z1=(1+i)−1=i et z2=(1+i)+1=2+i.
Point de départ · 27
Résoudre au-delà du second degré
Pour une équation de degré 3 dans C, il n'existe pas de formule de discriminant direct comme pour le second degré.
La méthode consiste à déterminer d'abord une racine particulière simple : un nombre réel x0 ou un imaginaire pur z0=iy0.
Cette première racine permet d'abaisser le degré en factorisant le polynôme par (z−z0) pour se ramener à une équation du second degré.
Définition · 28
Méthode — Racine particulière et factorisation
Soit P(z)=0 une équation de degré 3 à coefficients complexes.
1. Recherche d'une racine imaginaire pure :
z=iy(y∈R)⟹P(iy)=A(y)+iB(y)=0⟺{A(y)=0B(y)=0
Le réel y cherché doit annuler simultanément la partie réelle A(y) et la partie imaginaire B(y).
2. Factorisation du polynôme :
P(z)=(z−z0)(az2+bz+c)
Les coefficients a,b,c∈C se déterminent par identification des coefficients ou par division euclidienne.
Exemple travaillé · 29
Résous dans C l'équation : z3−(3+2i)z2+3(1+i)z−4i=0, sachant qu'elle admet une solution imaginaire pure z0.
1
On pose z0=iy avec y∈R et on développe l'équation :
(iy)3−(3+2i)(iy)2+3(1+i)(iy)−4i=0
2
On calcule les puissances de i (i2=−1 et i3=−i) puis on sépare les parties réelle et imaginaire :
La première équation donne y=0 ou y=1. En testant dans la seconde : pour y=0, −4=0 ; pour y=1, −1+2+3−4=0. La solution imaginaire pure est donc :
z0=i
4
On factorise le polynôme par (z−i) sous la forme (z−i)(z2+bz+c) : par identification du terme constant, c=−i−4i=4, et pour le terme en z2, b−i=−(3+2i)⟹b=−(3+i) :
(z−i)(z2−(3+i)z+4)=0
5
On résout l'équation du second degré z2−(3+i)z+4=0 : Δ=(3+i)2−16=−8+6i=(1+3i)2. On obtient les solutions z1=1−i et z2=2+2i.
SC={i;1−i;2+2i}
Exemple travaillé · 30
Résous dans C l'équation : z3−2(3+2i)z2+2(4+7i)z−12i=0, sachant qu'elle admet une solution réelle x0.
1
On pose z=x avec x∈R. On développe et on sépare parties réelle et imaginaire :
(x3−6x2+8x)+i(−4x2+14x−12)=0
2
On résout l'équation issue de la partie imaginaire :
−4x2+14x−12=0⟺−2(2x−3)(x−2)=0⟺x=23oux=2
3
On teste ces candidats dans la partie réelle x3−6x2+8x=x(x−2)(x−4) : seul x=2 l'annule. La racine réelle est donc :
x0=2
4
On factorise par (z−2) : (z−2)(z2−2(2+2i)z+6i)=0.
5
On résout le trinôme avec le discriminant réduit Δ′=(2+2i)2−6i=8i−6i=2i=(1+i)2, ce qui donne z1=1+i et z2=3+3i :
SC={2;1+i;3+3i}
Piège classique · 31
Dans l'équation z3−(3+2i)z2+3(1+i)z−4i=0, en posant z=iy, l'annulation de la partie réelle donne 3y(y−1)=0, soit y=0 ou y=1. Peut-on affirmer que z=0 est solution de l'équation ?
Attention
Considérer qu'un candidat y est racine dès qu'il annule l'une des deux composantes (réelle ou imaginaire).
À la place : Un nombre complexe est nul si et seulement si sa partie réelle ET sa partie imaginaire sont nulles en même temps. Pour y=0, la partie imaginaire vaut −4=0. Seul y=1 annule simultanément les deux composantes, donnant l'unique racine imaginaire pure z0=i.
Vérification · 32
On considère l'équation z3−(1+6i)z2+(−13+2i)z+1+8i=0. Sachant qu'elle admet une unique racine imaginaire pure z0=iy (y∈R), quelle est sa valeur ?
Remarque
En posant z=iy, la partie réelle s'écrit y2−2y+1=(y−1)2=0, ce qui impose y=1. On vérifie dans la partie imaginaire : −(1)3+6(1)2−13(1)+8=−1+6−13+8=0. La racine imaginaire pure est donc z0=i.
Point de départ · 33
Au-delà des racines carrées
Tu sais que dans C, un nombre complexe non nul admet toujours exactement 2 racines carrées distinctes et opposées.
De la même façon, l'équation z3=1 n'admet pas que z=1 comme solution : elle possède 3 solutions distinctes dans C, dont les points images forment les sommets d'un triangle équilatéral centré en l'origine.
Plus généralement, pour tout entier n≥2, comment déterminer toutes les solutions dans C de l'équation zn=a ?
Définition · 34
Théorème — Racines n-ièmes d'un nombre complexe
Soient a=reiθ un nombre complexe non nul (r>0,θ∈R) et n∈N∗ (n≥2).
L'équation zn=a admet dans C exactement n solutions distinctes, appelées les racines n-ièmes de a :
zk=nrei(nθ+2kπ)avec k∈{0,1,…,n−1}
Cas particulier fondamental — Racines n-ièmes de l'unité (a=1) :
ωk=ein2kπ(k∈{0,1,…,n−1})avec k=0∑n−1ein2kπ=0
Interprétation géométrique : les images des n racines n-ièmes sont les sommets d'un polygone régulier à n côtés inscrit dans le cercle de centre O et de rayon nr.
Exemple travaillé · 35
Détermine sous forme exponentielle les racines cubiques du nombre complexe a=42(−1+i).
1
On écrit a sous forme exponentielle en calculant son module et son argument :
∣a∣=42×(−1)2+12=42×2=8
2
Comme −1+i=2ei43π, on obtient :
a=8ei43π
3
On applique la formule des racines n-ièmes avec n=3, r=8 et θ=43π :
La valeur z=i n'est pas solution car le dénominateur s'annulerait. L'équation équivaut à dire que le quotient z−iz+i est une racine cubique de l'unité :
2
Les racines cubiques de l'unité sont ei32kπ pour k∈{0;1;2}, soit 1, j et j2.
3
Pour k=0, le quotient vaudrait 1, ce qui donnerait :
z−iz+i=1⟺z+i=z−i⟺i=−i
4
Cette équation n'a aucune solution. On résout donc uniquement pour k∈{1;2} :
Dans la résolution de l'équation (z−iz+i)4=1, combien de solutions distinctes obtient-on dans C ?
Attention
Affirmer qu'il y a 4 solutions en incluant la racine 4-ième de l'unité ω0=1.
À la place : Pour ω0=1, on a z−iz+i=1⟺z+i=z−i⟺i=−i, ce qui est impossible. Seules les 3 autres racines 4-ièmes de l'unité (i,−1,−i) fournissent une solution. L'équation n'admet donc que 3 solutions distinctes.
Vérification · 38
On pose ω=ei52π. Que vaut la somme S=1+ω+ω2+ω3+ω4 ?
Remarque
Le nombre ω est une racine 5-ième de l'unité différente de 1. La somme des 5 premiers termes d'une suite géométrique de raison ω s'écrit S=1−ω1−ω5=1−ω1−1=0. La somme de toutes les racines n-ièmes de l'unité est toujours nulle pour tout n≥2.
Point de départ · 39
Traduire un quotient en géométrie
Quand on calcule le quotient de deux différences d'affixes zB−zAzC−zA, on effectue à la fois une comparaison de longueurs et une mesure d'angle orienté.
Sachant que ∣i∣=1 et arg(i)≡2π(mod2π), quelle est la nature géométrique du triangle ABC si zB−zAzC−zA=i ?
Remarque
Le module 1 impose AC=AB, et l'argument 2π impose (AB,AC)≡2π(mod2π) : le triangle ABC est donc rectangle et isocèle en A, de sens direct.
Définition · 40
Théorème — Interprétation géométrique d'un quotient
Soient A, B et C trois points distincts du plan complexe d'affixes respectives zA, zB et zC.
Cas particuliers fondamentaux pour la nature du triangle ABC :
• Triangle rectangle en A : zB−zAzC−zA∈iR∗
• Triangle isocèle en A : zB−zAzC−zA=1
• Triangle rectangle et isocèle en A : zB−zAzC−zA=±i
• Triangle équilatéral : zB−zAzC−zA=e±i3π
Exemple travaillé · 41
Dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct, on donne les points A(−3+2i), B(−3−i) et C(2i). Démontre que le triangle ABC est rectangle et isocèle en A.
1
On forme le quotient des différences d'affixes issues du sommet commun A :
Les côtés [AB] et [AC] ont même longueur et sont perpendiculaires : le triangle ABC est rectangle et isocèle direct en A.
Exemple travaillé · 42
Soient A(−3+2i), B(−3−i) et C(2i) tels que le triangle ABC soit rectangle et isocèle en A. Détermine l'affixe du point D tel que le quadrilatère ABDC soit un carré.
1
Pour que le quadrilatère de sommets consécutifs A, B, D, C soit un parallélogramme, les vecteurs opposés doivent être égaux :
CD=AB
2
On traduit cette égalité vectorielle à l'aide des affixes :
zD−zC=zB−zA⟺zD=zC+zB−zA
3
On remplace par les valeurs respectives :
zD=2i+(−3−i)−(−3+2i)=2i−3−i+3−2i=−i
4
Puisque ABDC est un parallélogramme possédant un angle droit en A et AB=AC, c'est un carré. L'affixe de D est zD=−i.
Piège classique · 43
Pour démontrer que le quadrilatère ABCD est un parallélogramme, quelle égalité vectorielle doit-on poser ?
Attention
Écrire AB=CD en suivant mécaniquement l'ordre alphabétique.
À la place : Dans un quadrilatère nommé ABCD, les sommets consécutifs sont parcourus dans l'ordre A→B→C→D. Les côtés opposés de même sens sont donc [AB] et [DC]. L'égalité vectorielle est AB=DC (ou AD=BC). L'égalité AB=CD correspondrait à un quadrilatère croisé où les diagonales sont confondues.
Vérification · 44
On donne les points A(2−i), B(−1−2i) et C(1−3i). On sait que OA=BC et que zAzB=−i. Quelle est la nature exacte du quadrilatère OACB ?
Remarque
L'égalité vectorielle OA=BC prouve que OACB est un parallélogramme. De plus, zA−zOzB−zO=zAzB=−i prouve que OA=OB et (OA,OB)≡−2π(mod2π). Un parallélogramme ayant deux côtés consécutifs de même longueur et perpendiculaires est un carré.
Point de départ · 45
Éviter les calculs algébriques lourds
Face à une égalité du type z+1z−2i=1 ou à une condition z+1z−2i∈iR, le réflexe instinctif est de poser z=x+iy.
Cette substitution cartésienne génère des développements de fractions complexes longs et sources fréquentes d'erreurs de signe.
En lisant ce quotient comme un rapport de longueurs BMAM ou comme un angle orienté (BM,AM), la nature géométrique de l'ensemble (médiatrice, droite ou cercle) s'identifie immédiatement sans calcul lourd.
Définition · 46
Propriété — Ensembles de points associés à un quotient
Soient A et B deux points distincts d'affixes respectives zA et zB. Pour tout point M(z) distinct de B :
z−zBz−zA=1⟺BMAM=1⟺AM=BM
L'ensemble des points M(z) vérifiant cette égalité de module est la médiatrice du segment [AB].
z−zBz−zA∈R⟺(BM,AM)≡0(modπ)
L'ensemble des points M(z) pour lesquels ce quotient est réel est la droite (AB) privée du point B.
z−zBz−zA∈iR⟺(BM,AM)≡2π(modπ)
L'ensemble des points M(z) pour lesquels ce quotient est imaginaire pur est le cercle de diamètre [AB] privé des points A et B.
Exemple travaillé · 47
On pose Z=z+3iz+i pour tout z=−3i. On note A et B les points d'affixes respectives −i et −3i. Détermine géométriquement l'ensemble E1 des points M(z) tels que ∣Z∣=1, et l'ensemble E2 des points M(z) tels que Z soit imaginaire pur.
1
On écrit le quotient sous forme de différences d'affixes :
Z=z−(−3i)z−(−i)=z−zBz−zA
2
Pour l'ensemble E1, on traduit l'égalité des modules en distances :
∣Z∣=1⟺∣z−zB∣∣z−zA∣=1⟺BMAM=1⟺AM=BM
3
L'ensemble E1 est la médiatrice du segment [AB]. Comme A(0,−1) et B(0,−3), c'est la droite horizontale d'équation y=−2.
4
Pour l'ensemble E2, on traduit l'imaginarité pure en orthogonalité vectorielle :
Z∈iR⟺z−zBz−zA∈iR⟺(BM,AM)≡2π(modπ)
5
L'ensemble E2 est le cercle de diamètre [AB] privé des points A et B. Son centre est le milieu Ω(0,−2) de [AB] et son rayon vaut R=2AB=1.
Exemple travaillé · 48
Soit Z=z+2iiz−3 défini pour tout z=−2i. Détermine l'ensemble des points M(z) pour lesquels Z est un nombre réel.
1
On factorise i au numérateur en remarquant que −3=3i2 :
iz−3=iz+3i2=i(z+3i)
2
On réécrit Z sous forme adaptée en posant A(−2i) et B(−3i) :
Z=z+2ii(z+3i)=iz−zAz−zB
3
On traduit la condition de réalité sur Z :
Z∈R⟺iz−zAz−zB∈R⟺z−zAz−zB∈iR
4
Le facteur i échange la condition : le quotient vectoriel doit être imaginaire pur. Cela impose l'orthogonalité :
AM⊥BMavec M=A
5
L'ensemble des points M est donc le cercle de diamètre [AB] privé du point A(−2i).
Piège classique · 49
Soient deux points distincts A et B. Quel est l'ensemble des points M(z) vérifiant la condition arg(z−zBz−zA)≡2π(mod2π) ?
Attention
Conclure au cercle complet de diamètre [AB] en confondant la congruence modulo 2π avec une congruence modulo π.
À la place : La condition (BM,AM)≡2π(mod2π) fixe le sens direct de l'angle droit. Les points M ne décrivent que l'un des deux demi-cercles de diamètre [AB] privé de A et B. Le cercle entier exige une congruence modulo π, soit (BM,AM)≡2π(modπ).
Vérification · 50
Soit Z=z+2iz−3 avec z=−2i. On pose A(3) et B(−2i). Quel est l'ensemble des points M(z) tels que Z soit un nombre réel ?
Remarque
On a Z∈R⟺z−zBz−zA∈R⟺(BM,AM)≡0(modπ), ce qui caractérise l'alignement des points A, B et M. Comme le dénominateur s'annule en z=−2i, le point B ne peut pas appartenir à l'ensemble : il s'agit de la droite (AB) privée du point B.