Pour un point M et une droite D, comment définit-on la distance de M à D, notée d(M,D) ?
Remarque
d(M,D)=MH, où H est le projeté orthogonal de M sur D, c'est-à-dire le point de D tel que la droite (MH) est perpendiculaire à D.
Point de départ · 2
Soit un point fixe F et une droite fixe D ne contenant pas F. Si un point M reste à égale distance de F et de D, c'est-à-dire MF=d(M,D), que vaut le rapport d(M,D)MF ?
Remarque
Le rapport vaut exactement 1. Si ce rapport varie, 1 constitue la valeur frontière : en dessous de 1, M est plus proche de F que de D ; au-dessus de 1, M est plus proche de D que de F.
Définition · 3
Définition géométrique monofocale d'une conique
D est une droite,F∈/D,e>0
C={M∈P∣MHMF=e avec H=pD⊥(M)}
La droite perpendiculaire à D menée par F est appelée axe focal. C'est un axe de symétrie de la conique.
Classification selon l'excentricité
⎩⎨⎧Si e=1,Si 0<e<1,Si e>1,C est une parabole.C est une ellipse.C est une hyperbole.
Exemple travaillé · 4
Dans le plan rapporté à un repère orthonormé, on donne le point F(2,0) et la droite D:x=−1. Détermine la nature de l'ensemble (Γ) des points M vérifiant MF=2d(M,D).
1
Pour tout point M n'appartenant pas à la droite D, on divise par d(M,D) :
2
d(M,D)MF=2
3
En notant H=pD⊥(M), cette égalité s'écrit MHMF=2.
4
On reconnaît la définition monofocale d'une conique de foyer F(2,0), de directrice D:x=−1 et d'excentricité e=2.
5
Comme e=2>1, la conique (Γ) est une hyperbole.
Exemple travaillé · 5
Soit AFB un triangle rectangle en A avec B=6π. Pour tout point M, on trace la parallèle à (AF) coupant (AB) en H, et la parallèle à (FB) coupant (AB) en M′. On pose (Γ)={M∣MM′=MF}. Détermine la nature de (Γ).
1
Comme (AF)⊥(AB) et (MH)∥(AF), on a (MH)⊥(AB) : H est le projeté orthogonal de M sur (AB).
2
Par parallélisme de (MM′) et (FB), l'angle correspondant MM′H mesure B=6π.
3
sin(6π)=MM′MH⟹MM′=sin(π/6)MH=2MH
4
MM′=MF⟺2MH=MF⟺MHMF=2
5
(Γ) est la conique de foyer F, de directrice (AB) et d'excentricité e=2. Comme e>1, c'est une hyperbole.
Piège classique · 6
Un point M vérifie MHMF=sinθ1 avec θ∈]0;2π[, où H=pD⊥(M). Quelle est la nature de cette conique ?
Attention
Conclure à une ellipse en observant que sinθ<1.
À la place : Comme θ∈]0;2π[, on a 0<sinθ<1. En prenant l'inverse, e=sinθ1>1 : la conique est toujours une hyperbole.
Vérification · 7
On considère deux coniques (C1) et (C2) d'excentricités respectives e1=cos(3π) et e2=cos(π/3)1. Quelles sont leurs natures respectives ?
Remarque
On évalue : e1=21∈]0;1[, donc (C1) est une ellipse. Puis e2=1/21=2>1, donc (C2) est une hyperbole.
Point de départ · 8
Sur l'axe focal perpendiculaire à la directrice D en K et passant par F, un sommet S de la conique doit vérifier SF=e⋅SK. Si e=1 (parabole), combien existe-t-il de points sur la droite (FK) vérifiant cette égalité ?
Remarque
Comme SF=SK, le point S est équidistant de F et de K sur la droite (FK) : il n'existe qu'un unique point vérifiant cette condition, qui est le milieu du segment [FK]. En revanche, dès que e=1, il existe exactement deux points sur la droite (FK) qui réalisent ce rapport de distances.
Définition · 9
Axe focal et sommets d'une conique
K=pD⊥(F) est le projeteˊ orthogonal du foyer F sur la directrice D
La droite (FK) perpendiculaire à D est appelée axe focal de la conique. C'est un axe de symétrie orthogonale pour la courbe.
Cas de la parabole (e=1)
SF+SK=0⟺S est le milieu du segment [FK]
Cas de l'ellipse et de l'hyperbole (e=1)
S1F+eS1K=0etS2F−eS2K=0
L'axe focal rencontre la conique en exactement deux points S1 et S2, appelés sommets de l'axe focal. Ils sont les barycentres respectifs des systèmes pondérés {(F,1);(K,e)} et {(F,1);(K,−e)}.
Exemple travaillé · 10
Soit une ellipse d'excentricité e=21, de foyer F et de directrice D. On note K=pD⊥(F) et on donne KF=3. Détermine la position des sommets S1 et S2 par rapport à K.
1
Pour le premier sommet S1, on traduit la relation barycentrique avec le signe positif :
2
S1F+21S1K=0
3
On décompose S1F en insérant le point K pour exprimer le vecteur depuis l'origine K :
4
S1K+KF+21S1K=0⟺23S1K=−KF⟺KS1=32KF
5
Comme KF=3, S1 est situé sur le segment [KF] à la distance KS1=32×3=2.
6
Pour le second sommet S2, on utilise la relation avec le coefficient −e :
Le sommet S2 est situé sur la demi-droite [KF) au-delà de F, à la distance KS2=2×3=6.
Exemple travaillé · 11
Soit une hyperbole d'excentricité e=2, de foyer F et de directrice D. On note K=pD⊥(F) avec KF=6. Détermine la position des sommets S1 et S2, puis calcule la distance S1S2.
1
Pour le premier sommet S1, la relation barycentrique s'écrit :
2
S1F+2S1K=0⟺S1K+KF+2S1K=0⟺KS1=31KF
3
Le sommet S1 est situé sur le segment [KF] à la distance KS1=31×6=2.
4
Pour le second sommet S2, le coefficient est négatif :
Comme KS2=−KF, S2 est le symétrique de F par rapport à K : il est situé du côté opposé à F par rapport à la directrice D, avec KS2=6.
7
Puisque S1 et S2 sont situés de part et d'autre de K sur l'axe focal, la distance entre les sommets est S1S2=KS1+KS2=2+6=8.
Piège classique · 12
Pour une conique d'excentricité e=31 avec KF=4, où K=pD⊥(F), quelle est la position du sommet S1 vérifiant S1F+31S1K=0 ?
Attention
Calculer FS1=e⋅KF=31×4=34 en mesurant directement depuis le foyer.
À la place : L'excentricité e est le rapport S1KS1F, et non le ratio KFFS1. En insérant l'origine K, on obtient (1+e)KS1=KF, soit KS1=1+1/31KF=43KF. La distance mesurée depuis le pied K est donc KS1=43×4=3.
Vérification · 13
Soit (P) une parabole de foyer F et de directrice D. Sachant que la distance du foyer à la directrice est d(F,D)=6, que vaut la distance d(S,D) du sommet S à la directrice ?
Remarque
Pour une parabole (e=1), le sommet S est le milieu du segment [FK], où K=pD⊥(F). La distance de S à la directrice est donc SK=21KF=21×6=3.
Point de départ · 14
Soit un foyer F et une directrice D avec d(F,D)=p>0. On choisit un repère orthonormé d'origine le milieu O de [FK] (où K=pD⊥(F)) tel que F(2p,0) et D:x=−2p. Quelle relation algébrique vérifient les coordonnées d'un point M(x,y) tel que MF=d(M,D) ?
Remarque
On a MF2=(x−2p)2+y2 et MH2=(x+2p)2 pour H(−2p,y). L'égalité MF2=MH2 donne x2−px+4p2+y2=x2+px+4p2, d'où y2=2px.
Définition · 15
Équations réduites et éléments caractéristiques de la parabole
p=d(F,D)>0 est le parameˋtre de la parabole, S(0,0) est son sommet
Axe focal horizontal
⎩⎨⎧y2=2pxy2=−2pxouverte vers x≥0,F(2p,0),D:x=−2pouverte vers x≤0,F(−2p,0),D:x=2p
Axe focal vertical
⎩⎨⎧x2=2pyx2=−2pyouverte vers y≥0,F(0,2p),D:y=−2pouverte vers y≤0,F(0,−2p),D:y=2p
Tangente par dédoublement
Pour M0(x0,y0)∈(P):{y0y=p(x+x0)x0x=p(y+y0)si y2=2pxsi x2=2py
Exemple travaillé · 16
Soit (P) la courbe d'équation y2=−6x. Montrer que (P) est une parabole, puis déterminer son sommet, son paramètre géométrique p, les coordonnées de son foyer F et une équation de sa directrice D.
1
L'équation est de la forme y2=−2px. L'axe focal est l'axe des abscisses (Ox) et le sommet est l'origine O(0,0).
2
2p=6⟹p=3
3
Le paramètre géométrique est p=3. Il est strictement positif et représente la distance d(F,D).
4
Le signe « − » indique une ouverture vers les abscisses négatives (x≤0). Le foyer est donc situé en :
5
F(−2p,0)=F(−23,0)
6
La directrice D est la droite verticale symétrique de F par rapport au sommet :
7
D:x=2p=23
Exemple travaillé · 17
Dans un repère orthonormé, on considère la parabole (P) de sommet O(0,0) et de foyer F(0,2). 1. Déterminer une équation cartésienne de (P) ainsi que sa directrice D. 2. Écrire une équation cartésienne de la tangente (T) à (P) au point A(4,2).
1
Le foyer F(0,2) appartient à l'axe des ordonnées (Oy) avec une ordonnée positive : l'équation est de la forme x2=2py.
2
2p=2⟹p=4
3
L'équation réduite est x2=8y. La directrice est la droite horizontale D:y=−2.
4
On vérifie que A(4,2)∈(P) car 42=16 et 8×2=16.
5
Par la formule de dédoublement pour x2=2py, la tangente en A(x0,y0) s'écrit x0x=p(y+y0) avec p=4 :
6
4x=4(y+2)⟺x−y−2=0
Piège classique · 18
On considère la parabole d'équation y2=−4x. Quels sont son paramètre géométrique p et les coordonnées de son foyer F ?
Attention
Poser p=−4 ou p=4, et situer le foyer en (−2,0) en oubliant la division par 2.
À la place : Sous la forme y2=−2px, le coefficient devant x vaut −2p. On a donc 2p=4⟹p=2 (un paramètre est toujours strictement positif). La distance foyer-sommet vaut 2p=1, d'où F(−1,0).
Piège classique · 19
Soit (P) la parabole d'équation y2=4x et Δ la droite d'équation y=2. Que peut-on dire de l'intersection de Δ avec (P) ?
Attention
Conclure que Δ est tangente à (P) parce que le système 22=4x⟹x=1 donne un point d'intersection unique (1,2).
À la place : La droite Δ:y=2 est parallèle à l'axe focal (Ox). Le système d'intersection dégénère au premier degré en x, produisant un unique point sécant (1,2). La tangente en (1,2) est 2y=2(x+1)⟺x−y+1=0, qui est sécante à Δ. Une droite rencontrant une parabole en un unique point n'est donc pas nécessairement tangente.
Vérification · 20
Soit (P) la parabole de foyer F(0,−1) et de directrice D:y=1. Détermine son paramètre géométrique p, son sommet S et son équation cartésienne.
Remarque
La distance du foyer à la directrice est p=d(F,D)=∣1−(−1)∣=2. Le sommet S est le milieu de [FK] avec K(0,1), donc S(0,0). L'axe focal est l'axe des ordonnées (Oy) et F est situé du côté y<0, d'où l'équation x2=−2py=−4y.
Point de départ · 21
Dans le plan rapporté à un repère orthonormé, on considère l'ensemble des points M(x,y) vérifiant l'équation 9x2+4y2=1. Quelles sont les valeurs maximales que peuvent prendre ∣x∣ et ∣y∣ ?
Remarque
Comme 9x2≤1 et 4y2≤1, on a nécessairement ∣x∣≤3 et ∣y∣≤2. La courbe est donc entièrement contenue dans le rectangle défini par −3≤x≤3 et −2≤y≤2 : c'est une courbe fermée et bornée.
Définition · 22
Équations réduites et éléments caractéristiques de l'ellipse
Dans un repeˋre orthonormeˊ(O,i,j) centreˊ au centre de symeˊtrie O,a>0,b>0
a2x2+b2y2=1
Cas du grand axe horizontal (a>b)
⎩⎨⎧c=a2−b2avece=ac∈]0;1[Foyers : F(c,0) et F′(−c,0)Sommets principaux : A(a,0) et A′(−a,0)Sommets secondaires : B(0,b) et B′(0,−b)Directrices : D:x=ca2 et D′:x=−ca2
Cas du grand axe vertical (b>a)
⎩⎨⎧c=b2−a2avece=bc∈]0;1[Foyers : F(0,c) et F′(0,−c)Sommets principaux : B(0,b) et B′(0,−b)Sommets secondaires : A(a,0) et A′(−a,0)Directrices : D:y=cb2 et D′:y=−cb2
Tangente par dédoublement
En tout point M0(x0,y0)∈(E):a2x0x+b2y0y=1
Exemple travaillé · 23
Soit (E) la courbe d'équation cartésienne 4x2+9y2=36. 1. Mettre l'équation sous forme réduite et déterminer la direction de son axe focal. 2. Déterminer les sommets, les foyers, l'excentricité et les directrices de (E). 3. Écrire une équation de la tangente à (E) au sommet principal A(3,0).
1
On divise les deux membres par 36 pour faire apparaître 1 au second membre :
2
364x2+369y2=1⟺9x2+4y2=1
3
On identifie a2=9 et b2=4, d'où a=3 et b=2. Comme a>b, le grand axe est horizontal : l'axe focal est l'axe des abscisses (Ox).
4
Les sommets principaux sont A(3,0) et A′(−3,0). Les sommets secondaires sont B(0,2) et B′(0,−2).
5
On calcule la demi-distance focale c à l'aide de la relation fondamentale de l'ellipse :
6
c=a2−b2=9−4=5
7
Les foyers sont F(5,0) et F′(−5,0). L'excentricité vaut e=ac=35∈]0;1[.
8
Les directrices associées sont les droites verticales d'équations :
9
D:x=ca2=59=595etD′:x=−595
10
Par la formule de dédoublement, la tangente en A(3,0) est donnée par 93x+40⋅y=1, soit x=3.
Exemple travaillé · 24
Dans un repère orthonormé (O,i,j), une ellipse (E) de centre O a pour sommets principaux B(0,5) et B′(0,−5), et passe par le point M(512,3). 1. Déterminer l'équation réduite de (E). 2. Déterminer les coordonnées de ses foyers et les équations de ses directrices.
1
Les sommets principaux B(0,5) et B′(0,−5) appartiennent à l'axe des ordonnées (Oy) : le grand axe est vertical, donc b=5 et b>a.
2
L'équation réduite est de la forme suivante avec a>0 :
3
a2x2+25y2=1
4
Le point M(512,3) appartient à (E), ses coordonnées vérifient donc l'équation :
5
a2(12/5)2+2532=1⟺25a2144+259=1⟺25a2144=2516
6
On simplifie par 25 puis on résout en a2 :
7
16a2=144⟺a2=9⟹a=3
8
L'équation réduite de (E) est donc 9x2+25y2=1.
9
L'axe focal étant vertical (b>a), on calcule la demi-distance focale c par soustraction sous la racine :
10
c=b2−a2=25−9=16=4
11
Les foyers sont situés sur l'axe focal vertical : F(0,4) et F′(0,−4). Les directrices sont les droites horizontales d'équations D:y=cb2=425 et D′:y=−425.
Piège classique · 25
On considère l'ellipse d'équation 9x2+25y2=1. Quels sont les foyers de cette ellipse ?
Attention
Placer les foyers en F(4,0) et F′(−4,0) sur l'axe des abscisses par automatisme, ou calculer c2=25+9=34 en appliquant la formule de l'hyperbole.
À la place : Pour une ellipse, le grand axe correspond toujours au plus grand dénominateur : ici 25>9, donc l'axe focal est l'axe des ordonnées (Oy) avec b=5 et a=3. La relation fondamentale soustrait les carrés : c2=b2−a2=25−9=16, d'où c=4. Les foyers sont donc verticaux : F(0,4) et F′(0,−4).
Piège classique · 26
Une ellipse centrée en O admet pour foyers F(3,0) et F′(−3,0), et son grand axe mesure 8. Quelle est son équation réduite ?
Attention
Poser a=8 en confondant la longueur totale du grand axe avec le demi-grand axe.
À la place : La longueur du grand axe est 2a=8, d'où le demi-grand axe a=4 et a2=16. Avec c=3, on calcule b2=a2−c2=16−9=7. L'équation réduite est 16x2+7y2=1.
Vérification · 27
On considère l'ellipse d'équation cartésienne 25x2+9y2=225. Que valent son excentricité e et les équations de ses directrices ?
Remarque
En divisant par 225, l'équation devient 9x2+25y2=1. Le grand axe est vertical car 25>9, donc b=5 et a=3. La demi-distance focale est c=25−9=4. L'excentricité est e=bc=54. Les directrices sont horizontales : y=±cb2=±425.
Point de départ · 28
Dans l'équation 9x2−4y2=1, peut-on trouver des points de la courbe ayant une abscisse x strictement comprise entre −3 et 3 ?
Remarque
Si x∈]−3;3[, alors 9x2<1. L'égalité imposerait −4y2=1−9x2>0, soit y2<0, ce qui est impossible dans R. La courbe ne traverse pas la bande délimitée par x=−3 et x=3 : elle est scindée en deux branches infinies distinctes (x≥3 et x≤−3).
Définition · 29
Équations réduites et éléments caractéristiques de l'hyperbole
Dans un repeˋre orthonormeˊ(O,i,j) centreˊ au centre de symeˊtrie O,a>0,b>0
Axe focal horizontal
a2x2−b2y2=1
⎩⎨⎧c=a2+b2avece=ac>1Sommets : A(a,0) et A′(−a,0)Foyers : F(c,0) et F′(−c,0)Directrices : D:x=ca2 et D′:x=−ca2Asymptotes : y=abx et y=−abx
Axe focal vertical
−a2x2+b2y2=1
⎩⎨⎧c=a2+b2avece=bc>1Sommets : B(0,b) et B′(0,−b)Foyers : F(0,c) et F′(0,−c)Directrices : D:y=cb2 et D′:y=−cb2Asymptotes : y=abx et y=−abx
Cas particulier : hyperbole équilatère
Lorsque a=b, l'hyperbole est dite équilatère. Ses asymptotes sont perpendiculaires (y=x et y=−x) et son excentricité est constante : e=2.
Tangente par dédoublement
En tout point M0(x0,y0)∈(H):a2x0x−b2y0y=1(ou −a2x0x+b2y0y=1)
Exemple travaillé · 30
Soit (H) la conique d'équation cartésienne 9x2−16y2=144. 1. Montrer que (H) est une hyperbole et préciser son axe focal. 2. Déterminer ses sommets, ses foyers, ses directrices, ses asymptotes et son excentricité. 3. Écrire une équation de la tangente à (H) au sommet principal A(4,0).
1
On divise les deux membres par 144 pour normaliser le second membre à 1 :
2
1449x2−14416y2=1⟺16x2−9y2=1
3
Le terme précédé du signe positif est x2 : l'axe focal est l'axe des abscisses (Ox), avec a=4 et b=3. Les sommets sont A(4,0) et A′(−4,0).
4
Pour l'hyperbole, la distance focale s'obtient par l'addition des carrés des demi-axes :
5
c=a2+b2=16+9=25=5
6
Les foyers sont F(5,0) et F′(−5,0). L'excentricité vaut e=ac=45>1.
7
Les directrices sont les droites verticales D,D′:x=±ca2=±516, et les asymptotes ont pour équations y=±abx=±43x.
8
Par dédoublement, la tangente en A(4,0) s'écrit 164x−90⋅y=1, soit x=4.
Exemple travaillé · 31
Dans un repère orthonormé, on considère la courbe (H′) d'équation −x2+4y2=16. 1. Mettre l'équation sous forme réduite et déterminer la direction de son axe focal. 2. Déterminer ses sommets, ses foyers, ses directrices et ses asymptotes.
1
On divise les deux membres par 16 pour obtenir la forme réduite :
2
−16x2+4y2=1
3
Le terme quadratique positif est y2 : l'axe focal est l'axe des ordonnées (Oy), bien que son dénominateur 4 soit inférieur à 16.
4
On identifie a2=16⟹a=4 et b2=4⟹b=2. Les sommets sont situés sur l'axe vertical : B(0,2) et B′(0,−2).
5
On calcule la demi-distance focale c :
6
c=a2+b2=16+4=20=25
7
Les foyers sont verticaux : F(0,25) et F′(0,−25). L'excentricité vaut e=bc=225=5.
8
Les directrices sont les droites horizontales D,D′:y=±cb2=±254=±525, et les asymptotes sont y=±abx=±42x=±21x.
Piège classique · 32
On considère l'hyperbole d'équation 16x2−9y2=1. Quelle est la demi-distance focale c de cette conique ?
Attention
Calculer c2=a2−b2=16−9=7⟹c=7 par confusion avec la formule de l'ellipse.
À la place : Pour l'hyperbole, les foyers sont situés au-delà des sommets (c>a). La relation métrique additionne les carrés : c2=a2+b2=16+9=25, d'où c=5.
Piège classique · 33
Quelle est la direction de l'axe focal de la conique d'équation −25x2+4y2=1 ?
Attention
Choisir l'axe des abscisses (Ox) au motif que 25>4 (en calquant la règle du grand axe de l'ellipse).
À la place : Pour une hyperbole, la taille relative des dénominateurs ne détermine pas l'axe focal. C'est uniquement le signe du terme quadratique : le terme positif étant en y2, l'axe focal est l'axe des ordonnées (Oy).
Vérification · 34
On considère la conique d'équation x2−y2=4. Quelles sont son excentricité e et les équations de ses asymptotes ?
Remarque
En divisant par 4, l'équation devient 4x2−4y2=1. C'est une hyperbole équilatère avec a=b=2. Sa demi-distance focale vaut c=4+4=8=22. Son excentricité est e=ac=222=2. Ses asymptotes ont pour pentes ±ab=±1, soit les droites y=x et y=−x.
Point de départ · 35
On considère la courbe d'équation x2−4x+y2+6y=0. En complétant les carrés en x et en y, quel est le centre du cercle représenté par cette équation ?
Remarque
On écrit x2−4x=(x−2)2−4 et y2+6y=(y+3)2−9. L'équation devient (x−2)2+(y+3)2=13 : c'est un cercle de centre Ω(2,−3). Pour les coniques générales, la même méthode de complétion des carrés permet de déterminer les coordonnées du centre ou du sommet translaté.
Définition · 36
Équations quadratiques générales et formes translatées
Ax2+By2+Cx+Dy+E=0avec (A,B)=(0,0)
Classification par complétion des carrés
En complétant les carrés en x et en y, on pose X=x−x0 et Y=y−y0. La nature de la courbe dépend du signe du produit AB et de la constante résiduelle :
⎩⎨⎧Si AB>0:Si AB<0:Si AB=0:ellipse (cercle si A=B), point unique ou ensemble vide ∅.hyperbole ou reˊunion de deux droites seˊcantes.parabole, droites paralleˋles, droite unique ou ensemble vide ∅.
Formes réduites dans le repère propre
⎩⎨⎧Ellipse de centre Ω(x0,y0):Hyperbole de centre Ω(x0,y0):Parabole de sommet S(x0,y0):a2(x−x0)2+b2(y−y0)2=1±a2(x−x0)2∓b2(y−y0)2=1(y−y0)2=±2p(x−x0)ou(x−x0)2=±2p(y−y0)
Exemple travaillé · 37
Soit (H) la courbe d'équation cartésienne 9x2−4y2−36x−8y−4=0. 1. Mettre l'équation sous forme réduite et montrer que (H) est une hyperbole. 2. Déterminer dans le repère (O,i,j) son centre Ω, ses sommets et les équations de ses asymptotes.
1
On regroupe les termes en x et en y pour compléter les carrés :
2
9(x2−4x)−4(y2+2y)−4=0
3
9[(x−2)2−4]−4[(y+1)2−1]−4=0
4
9(x−2)2−36−4(y+1)2+4−4=0⟺9(x−2)2−4(y+1)2=36
5
On divise par 36 pour faire apparaître 1 au second membre :
6
4(x−2)2−9(y+1)2=1
7
C'est une hyperbole d'axe focal horizontal, de centre Ω(2,−1), avec a=2 et b=3.
8
Dans le repère translaté centré en Ω, les sommets ont pour coordonnées (±2,0). Dans le repère initial (O,i,j), on ajoute les coordonnées de Ω :
9
S1(2+2,−1)=(4,−1)etS2(2−2,−1)=(0,−1)
10
Les asymptotes passent par le centre Ω(2,−1) avec des pentes ±ab=±23 :
11
y+1=±23(x−2)⟺y=23x−4ety=−23x+2
Exemple travaillé · 38
Soit (P) la courbe d'équation y2+2y−4x+3=0. 1. Montrer que (P) est une parabole et préciser son sommet S, son paramètre p, son foyer F et sa directrice D. 2. Donner une équation de la tangente à (P) en son sommet S.
1
On complète le carré en y pour isoler la variable du premier degré :
2
(y+1)2−1−4x+3=0⟺(y+1)2=4x−2=4(x−21)
3
On pose X=x−21 et Y=y+1. L'équation s'écrit Y2=4X=2pX, avec 2p=4⟹p=2.
4
Le sommet est S(21,−1). L'axe focal est la droite horizontale y=−1, et la parabole s'ouvre vers la droite (X≥0).
5
Dans le repère (S,i,j), le foyer est situé en (2p,0)=(1,0). Dans le repère initial (O,i,j) :
6
xF=1+21=23etyF=0−1=−1⟹F(23,−1)
7
La directrice a pour équation relative X=−2p=−1, ce qui donne dans le repère initial :
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x−21=−1⟺D:x=−21
9
Au sommet S, la tangente est la droite verticale parallèle à la directrice passant par S :
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X=0⟺x=21
Piège classique · 39
Quelle est la nature de l'ensemble (C) des points M(x,y) vérifiant x2+4y2−2x+16y+17=0 ?
Attention
Conclure que (C) est une ellipse en observant uniquement que les coefficients de x2 et y2 sont tous deux strictement positifs.
À la place : En complétant les carrés : (x−1)2−1+4[(y+2)2−4]+17=0⟺(x−1)2+4(y+2)2=0. Une somme de carrés à coefficients positifs n'est nulle que si chaque terme est nul : x−1=0 et y+2=0. L'ensemble est donc réduit au singleton {Ω(1,−2)}.
Piège classique · 40
Soit (E) l'ellipse d'équation 4(x−1)2+9(y+2)2=1. Quelle est l'équation de la tangente à (E) en son sommet supérieur M0(1,1) ?
Attention
Appliquer la formule brute de dédoublement 4x0x+9y0y=1 en oubliant que le centre de l'ellipse est Ω(1,−2) et non l'origine.
À la place : Pour une conique translatée, le dédoublement conserve les décalages du centre : 4(x0−1)(x−1)+9(y0+2)(y+2)=1. Avec M0(1,1), on a x0−1=0 et y0+2=3, d'où 0+93(y+2)=1⟺y+2=3⟺y=1.
Vérification · 41
On considère la courbe (C) d'équation cartésienne x2−y2−2x−4y−4=0. Quelle est la nature exacte de (C) ?
Remarque
On complète les carrés : (x−1)2−1−[(y+2)2−4]−4=0⟺(x−1)2−(y+2)2−1=0⟺1(x−1)2−1(y+2)2=1. C'est une hyperbole équilatère de centre Ω(1,−2) et de demi-axes a=b=1.