Le couple (2;1) est-il solution du système suivant ?
{3x−y=5x+2y=4
Pour qu'un couple soit solution d'un système, il doit vérifier simultanément toutes les équations.
Remarque
Ici : 3(2)−1=5 et 2+2(1)=4. Les deux égalités sont vérifiées en même temps.
Définition · 2
Système linéaire 2x2 et matrices associées
(S):{ax+by=αcx+dy=β
a,b,c,d,α,β∈Ravec(a;b)=(0;0)et(c;d)=(0;0)
Les réels a,b,c,d sont les coefficients des inconnues x et y. Les réels α et β sont les termes constants du second membre.
Vocabulaire
Matrice du système — (acbd)
Matrice complète — (acbdαβ)
Définition · 3
Règle de Cramer pour un système 2x2
On associe au système son déterminant principal :
Δ=acbd=ad−bc
Si Δ=0, le système admet un unique couple solution (x;y) donné par :
x=ΔΔxety=ΔΔy
Δx=αβbd=αd−βbetΔy=acαβ=aβ−cα
Exemple travaillé · 4
Résous dans R2 par la méthode des déterminants le système suivant : (S):{2x−3y=−133x+y=−3
1
Calcul du déterminant principal Δ :
Δ=23−31=2×1−(−3)×3=2+9=11
2
Comme Δ=11=0, le système admet un unique couple solution.
3
Calcul du déterminant auxiliaire Δx en remplaçant la colonne de x par le second membre :
Δx=−13−3−31=(−13)×1−(−3)×(−3)=−13−9=−22
4
Calcul du déterminant auxiliaire Δy en remplaçant la colonne de y par le second membre :
Δy=23−13−3=2×(−3)−(−13)×3=−6+39=33
5
Calcul des valeurs de x et y :
x=ΔΔx=11−22=−2ety=ΔΔy=1133=3
6
Conclusion sur l'ensemble des solutions :
SR2={(−2;3)}
Piège classique · 5
On considère un système linéaire 2×2 dont le déterminant principal est nul : Δ=0. Que peut-on en déduire pour l'ensemble des solutions ?
Attention
Conclure que Δ=0 entraîne nécessairement que le système n'admet aucune solution (SR2=∅).
À la place : Si Δ=0, il existe deux cas possibles : aucune solution (si Δx=0 ou Δy=0) ou une infinité de solutions (si Δx=0 et Δy=0).
Vérification · 6
Soit le système (S):{2x−4y=2−x+2y=−1. Combien de solutions ce système admet-il dans R2 ?
Remarque
Δ=2(2)−(−4)(−1)=4−4=0 et Δx=2(2)−(−4)(−1)=0. Les équations sont proportionnelles (la 2nde équation vaut −21 fois la 1ère), donc le système admet une infinité de solutions.
La méthode consiste à transformer la matrice complète en une matrice triangulaire supérieure (des zéros sous la diagonale principale) à l'aide d'opérations élémentaires sur les lignes :
Vocabulaire
Échange de deux lignes — Li↔Lj
Multiplication par un scalaire non nul — Li←λLi(λ=0)
Combinaison linéaire — Li←Li+λLj(j=i)
Une fois le système triangulaire obtenu, on calcule les inconnues de bas en haut par remontée successive.
Exemple travaillé · 9
Résous dans R3, par la méthode du pivot de Gauss, le système suivant : (S):⎩⎨⎧x+y+z=62x−y+z=3x+2y−z=2
1
Écriture de la matrice complète du système :
1211−1211−1632
2
Élimination des termes en x sous le premier pivot (a11=1) avec L2←L2−2L1 et L3←L3−L1 :
1001−311−1−26−9−4
3
Échange des lignes L2↔L3 pour obtenir un pivot égal à 1 en deuxième ligne :
10011−31−2−16−4−9
4
Élimination du terme en y sous le deuxième pivot avec L3←L3+3L2 :
1001101−2−76−4−21
5
Résolution par remontée : - De L3 : −7z=−21⟺z=3 - De L2 : y−2(3)=−4⟺y=2 - De L1 : x+2+3=6⟺x=1
6
Conclusion :
SR3={(1;2;3)}
Piège classique · 10
On effectue l'opération L2←L2−2L1 sur la ligne L2=(2−113) avec L1=(1116). Quel est le terme constant (dernière colonne) de la nouvelle ligne L2 ?
Attention
Appliquer l'opération élémentaire uniquement aux coefficients des inconnues et recopier le terme constant 3 sans le modifier.
À la place : L'opération élémentaire s'applique à tous les éléments de la ligne sans exception : le terme constant devient 3−2(6)=3−12=−9.
Vérification · 11
On considère le système échelonné associé à la matrice complète suivante : 100230−112374 Détermine la valeur de z puis celle de y.
Remarque
De la 3ème ligne : 2z=4⟺z=2. En reportant dans la 2ème ligne : 3y+2=7⟺3y=5⟺y=35.
Définition · 12
Ligne nulle et incompatibilité dans le pivot de Gauss
Lors de l'échelonnement d'un système linéaire par le pivot de Gauss, la dernière ligne de la matrice complète détermine la nature de l'ensemble des solutions :
0x+0y+0z=k
Vocabulaire
Cas impossible (k=0) — 0=k⟹S=∅
Cas indéterminé (k=0) — 0=0⟹infiniteˊ de solutions (parameˋtre libre)
Exemple travaillé · 13
Résous dans R3 par la méthode du pivot de Gauss le système suivant : (S):⎩⎨⎧x−y+2z=13x+2y+3z=12x+3y+z=0
1
Écriture de la matrice complète associée :
132−123231110
2
Élimination de x avec L2←L2−3L1 et L3←L3−2L1 :
100−1552−3−31−2−2
3
Élimination sous le deuxième pivot avec L3←L3−L2 :
100−1502−301−20
4
La dernière équation est 0x+0y+0z=0 (toujours vérifiée). On choisit z comme paramètre libre dans R.
5
Expression de y puis de x en fonction de z : - De L2 : 5y−3z=−2⟺y=53z−2 - De L1 : x=1+y−2z=1+(53z−2)−2z=53−7z
6
Conclusion :
SR3={(53−7z;53z−2;z)∣z∈R}
Piège classique · 14
Après échelonnement complet d'un système 3×3, la troisième équation devient 0x+0y+0z=0. Que peut-on en déduire pour l'ensemble des solutions ?
Attention
Conclure que le système est impossible (SR3=∅) sous prétexte qu'une ligne entière s'est annulée.
À la place : L'égalité 0=0 est toujours vraie : elle n'introduit aucune contradiction, mais indique une équation redondante. Le système admet une infinité de solutions dépendant d'un paramètre libre.
Piège classique · 15
Dans la résolution d'un système avec paramètre réel α, la dernière ligne échelonnée donne l'équation (α−10)z=0. Que vaut z si α=7 ?
Attention
Penser que la présence de 0 au second membre rend le système indéterminé ou impossible pour toutes les valeurs de α.
À la place : Pour α=7, le coefficient pivot vaut 7−10=−3=0. L'équation devient −3z=0, ce qui impose l'unique valeur z=0.
Vérification · 16
Après échelonnement d'un système dans R3, la dernière ligne donne l'équation 0x+0y+0z=−3. Quel est l'ensemble des solutions de ce système ?
Remarque
L'égalité 0=−3 est fausse pour tout triplet (x;y;z). Le système est donc impossible : SR3=∅.
Définition · 17
Système surdéterminé de trois équations à deux inconnues
(S):⎩⎨⎧a1x+b1y=c1a2x+b2y=c2a3x+b3y=c3
Pour résoudre un tel système dans R2, on extrait d'abord un sous-système formé par deux équations pour déterminer un unique couple candidat (x0;y0).
a3x0+b3y0=c3
Le couple (x0;y0) est solution du système global (S) si et seulement s'il vérifie la troisième équation. Si l'égalité n'est pas satisfaite, le système est incompatible et n'admet aucune solution : SR2=∅.
Exemple travaillé · 18
Résous dans R2 le système suivant : (S):⎩⎨⎧x−y=5(1)2x+y=1(2)x+3y=−7(3)
1
On résout le sous-système formé par les équations (1) et (2) par addition membre à membre :
2
(x−y)+(2x+y)=5+1⟺3x=6⟺x=2
3
De l'équation (1), on tire y=x−5=2−5=−3. Le couple candidat est (2;−3).
4
On teste le couple (2;−3) dans la troisième équation (3) :
5
x+3y=2+3(−3)=2−9=−7
6
L'égalité étant vérifiée, le système (S) est compatible et admet pour unique solution :
7
SR2={(2;−3)}
Piège classique · 19
Soit le système (S):⎩⎨⎧2x+y=53x−2y=45x+3y=11. Le sous-système formé par les deux premières équations admet pour unique solution le couple (2;1). Quel est l'ensemble des solutions de (S) dans R2 ?
Attention
Déclarer directement SR2={(2;1)} sans vérifier si ce couple satisfait la troisième équation.
À la place : Une solution doit vérifier les trois équations simultanément. En testant dans la 3ème ligne : 5(2)+3(1)=13=11. La condition échoue, donc le système n'admet aucune solution : SR2=∅.
Piège classique · 20
Pour quelle valeur du réel m le système ⎩⎨⎧2x−y=3x+2y=43x+my=1 admet-il au moins une solution dans R2 ?
Attention
Tenter un échelonnement de Gauss global avec le paramètre m au lieu d'exploiter le sous-système numérique indépendant.
À la place : Les deux premières équations donnent pour unique solution (2;1). Pour que la 3ème équation soit vérifiée, il faut et suffit que 3(2)+m(1)=1⟺6+m=1⟺m=−5.
Vérification · 21
On considère le système (S):⎩⎨⎧x+2y=52x−3y=−4−3x+8y=2. Le couple (1;2) est l'unique solution des deux premières équations. Le système (S) est-il compatible ?
Remarque
On teste (1;2) dans la 3ème équation : −3(1)+8(2)=−3+16=13=2. L'égalité n'étant pas vérifiée, le système (S) n'admet aucune solution : SR2=∅.
Définition · 22
Systèmes non linéaires réductibles par changement de variable
Certains systèmes non linéaires formés de blocs algébriques récurrents (fractions, racines carrées) se ramènent à un système linéaire en posant des inconnues auxiliaires.
X=f(x)etY=g(y)
x∈Dfety∈Dg
On résout d'abord le système linéaire en (X;Y), puis on détermine obligatoirement les inconnues d'origine (x;y) en vérifiant les conditions d'existence.
Exemple travaillé · 23
Résous dans R2 le système suivant : (S):{x+13−y−22=1x+11+y−24=5
1
Conditions d'existence : x=−1 et y=2.
2
On pose X=x+11 et Y=y−21. Le système devient linéaire :
{3X−2Y=1(1)X+4Y=5(2)
3
De l'équation (2), on tire X=5−4Y. En remplaçant dans (1) : 3(5−4Y)−2Y=1⟺15−14Y=1⟺Y=1.
4
On en déduit X=5−4(1)=1.
5
Retour aux inconnues d'origine : - x+11=1⟺x+1=1⟺x=0 - y−21=1⟺y−2=1⟺y=3
6
Les valeurs x=0 et y=3 respectent le domaine de validité. Conclusion :
SR2={(0;3)}
Piège classique · 24
En résolvant un système avec le changement de variable u=x et v=y, un élève trouve (u;v)=(1;2). Quel est l'ensemble des solutions (x;y) du système initial ?
Attention
Déclarer SR2={(1;2)} en confondant les variables auxiliaires avec les variables d'origine.
À la place : Il faut impérativement effectuer le retour aux inconnues d'origine : x=u2=12=1 et y=v2=22=4, d'où SR2={(1;4)}.
Piège classique · 25
Soit le système {5x−4y=45(x+y)2=324. Combien de systèmes linéaires 2×2 doit-on résoudre pour obtenir toutes les solutions ?
Attention
Écrire uniquement x+y=324=18 et oublier la racine carrée négative −324=−18.
À la place : L'égalité (x+y)2=324 équivaut à x+y=18 OU x+y=−18. Il faut obligatoirement résoudre les deux systèmes linéaires disjoints pour ne perdre aucune solution.
Vérification · 26
Pour x>0 et y>0, on pose X=x1 et Y=y1 dans un système. Après résolution, on obtient X=2 et Y=5. Que vaut le couple solution (x;y) ?
Remarque
On effectue le retour aux variables d'origine par inversion : x=X1=21 et y=Y1=51. Le couple solution est donc (21;51).