Sur la droite Δ munie des points O et I, si OM=−2OI, où se situe le point M ?
Le coefficient −2 est négatif : le point M se place à 2 unités de O dans le sens opposé au vecteur OI.
Définition · 2
Repère cartésien d'une droite et mesure algébrique
Soit (O,OI) un repère d'une droite Δ. L'abscisse de M est l'unique réel x tel que :
OM=xOI
Pour deux points A(xA) et B(xB) de Δ, la mesure algébrique est le réel :
AB=xB−xA
Remarque
On a AB=ABOI et BA=−AB.
Piège classique · 3
Sur une droite graduée, on donne xA=3 et xB=−2. Que vaut la distance géométrique AB ?
Attention
Écrire AB=−2−3=−5.
À la place : Une distance est toujours positive : AB=∣xB−xA∣=∣−2−3∣=∣−5∣=5. La mesure algébrique AB=−5 a un signe, mais la distance géométrique AB vaut 5.
Exemple travaillé · 4
Calcul d'abscisse et équation de distance
Soit (O,OI) un repère d'une droite Δ. 1) On donne xA=−1 et AC=4. Déterminer xC. 2) Déterminer les abscisses des points M tels que AM=3.
1
1) Par définition : AC=xC−xA.
2
4=xC−(−1)⟺4=xC+1⟺xC=3
3
2) La distance AM s'écrit avec une valeur absolue : AM=∣xM−xA∣=∣xM+1∣.
4
∣xM+1∣=3⟺xM+1=3 ou xM+1=−3
5
On obtient deux solutions : xM=2 ou xM=−4.
Vérification · 5
Sur une droite munie du repère (O,OI), on donne A(−4) et B(2). Calcule AB et la distance AB.
Remarque
AB=xB−xA=2−(−4)=6 et la distance vaut AB=∣6∣=6.
Point de départ · 6
Pour atteindre le point M depuis l'origine O, on avance de 3 unités selon i puis de 2 unités selon j. Comment s'écrit OM ?
Le vecteur position s'obtient par la somme : OM=3i+2j.
Définition · 7
Repère cartésien du plan et coordonnées
Soit O un point du plan et deux vecteurs non colinéaires i et j. Le triplet (O;i,j) forme un repère cartésien du plan.
OM=xi+yj⟺M(x,y)
x est l'abscisse de M et y est son ordonnée.
Remarque
Types de repères : - Repère quelconque : i et j quelconques. - Repère orthogonal : i⊥j. - Repère orthonormé : i⊥j et ∥i∥=∥j∥=1.
Exemple travaillé · 8
Coordonnées d'un point à partir du vecteur position
Dans un repère (O;i,j), on donne les points définis par : OA=2i−3jetOB=−i+4j Déterminer les coordonnées des points A et B.
1
Pour le point A, on identifie les composantes de OA sur la base (i,j).
2
OA=2i+(−3)j⟹A(2,−3)
3
Pour le point B, le coefficient de i est −1 et celui de j est 4.
4
OB=−1i+4j⟹B(−1,4)
Vérification · 9
Dans le repère (O;i,j), un point N vérifie ON=−3j. Quelles sont les coordonnées de N ?
Remarque
ON=0i−3j : l'abscisse est 0 et l'ordonnée est −3, d'où N(0,−3).
Définition · 10
Composantes d'un vecteur et milieu d'un segment
Soient deux points A(xA,yA) et B(xB,yB) dans un repère (O;i,j).
AB(xB−xAyB−yA)
Les coordonnées du milieu I du segment [AB] sont données par la demi-somme :
I(2xA+xB,2yA+yB)
Piège classique · 11
On donne A(2,1) et B(−3,3). Quel est le calcul correct pour l'abscisse du vecteur AB ?
Attention
Calculer xA−xB=2−(−3)=5 en inversant l'ordre des points, ou faire la demi-somme comme pour un milieu.
À la place : Pour un vecteur, on soustrait toujours l'origine de l'extrémité : xB−xA=−3−2=−5.
Exemple travaillé · 12
Calcul des composantes et du milieu
Dans un repère (O;i,j), on donne A(1,3) et B(−3,−1). 1) Déterminer les composantes de AB. 2) Déterminer les coordonnées du milieu M du segment [AB].
1
1) On applique la formule des composantes (extrémité moins origine) :
2
AB(xB−xAyB−yA)=(−3−1−1−3)=(−4−4)
3
2) On applique la formule de la demi-somme pour le milieu :
4
xM=21+(−3)=−1etyM=23+(−1)=1
5
M(−1,1)
Exemple travaillé · 13
Coordonnées d'un symétrique par rapport à un point
Soient A(−2,−1) et B(2,4). Déterminer les coordonnées du point C, symétrique de B par rapport à A.
1
C est le symétrique de B par rapport à A signifie que A est le milieu du segment [BC].
2
xA=2xB+xCetyA=2yB+yC
3
On isole les coordonnées inconnues xC et yC :
4
xC=2xA−xB=2(−2)−2=−6
5
yC=2yA−yB=2(−1)−4=−6⟹C(−6,−6)
Vérification · 14
On donne E(4,−3) et F(−2,1). Détermine les coordonnées du milieu K du segment [EF].
Remarque
xK=24+(−2)=1 et yK=2−3+1=−1, d'où K(1,−1).
Définition · 15
Colinéarité de deux vecteurs et déterminant
Soient u(xy) et v(x′y′) deux vecteurs dans un repère (O;i,j).
u et v sont colinéaires si et seulement si :
xy′−x′y=0
Remarque
Applications géométriques : - A, B et C sont alignés ⟺AB et AC sont colinéaires. - (AB)∥(CD)⟺AB et CD sont colinéaires.
Piège classique · 16
On donne u(24) et v(1y). Quelle équation permet de trouver y pour que u et v soient colinéaires ?
Attention
Écrire y=4 en cherchant une égalité directe entre les composantes.
À la place : Deux vecteurs colinéaires sont proportionnels, pas forcément égaux. On applique le déterminant nul : 2y−4×1=0⟹2y=4⟹y=2.
Exemple travaillé · 17
Démontrer l'alignement de trois points
Dans un repère (O;i,j), on donne A(2,3), B(−2,1) et C(4,4). Les points A, B et C sont-ils alignés ?
1
On calcule les composantes de AB et AC :
2
AB(−2−21−3)=(−4−2)etAC(4−24−3)=(21)
3
On calcule le déterminant xy′−x′y :
4
(−4)×1−(−2)×2=−4−(−4)=0
5
Le déterminant est nul : AB et AC sont colinéaires, donc A, B et C sont alignés.
Exemple travaillé · 18
Parallélisme avec un point paramétré
On donne A(2,1), B(5,4), C(−1,2) et M(0,x). Déterminer x pour que (AB) soit parallèle à (CM).
1
On détermine les composantes des vecteurs directeurs :
2
AB(5−24−1)=(33)etCM(0−(−1)x−2)=(1x−2)
3
(AB)∥(CM) si et seulement si AB et CM sont colinéaires :
4
3(x−2)−3×1=0
5
3x−6−3=0⟺3x=9⟺x=3
6
Pour x=3, les droites (AB) et (CM) sont parallèles.
Vérification · 19
Les vecteurs u(32) et v(−6−4) sont-ils colinéaires ?
Remarque
3×(−4)−2×(−6)=−12−(−12)=0 : le déterminant est nul, donc les vecteurs u et v sont colinéaires.
Définition · 20
Caractérisation vectorielle d'un parallélogramme
Un quadrilatère ABCD est un parallélogramme si et seulement si deux côtés opposés définissent des vecteurs égaux de même sens :
ABCD est un paralleˊlogramme⟺AB=DC
Remarque
L'égalité AB=DC équivaut aussi à AD=BC.
Piège classique · 21
Quelle égalité vectorielle caractérise le fait que le quadrilatère ABCD soit un parallélogramme ?
Attention
Écrire AB=CD en suivant l'ordre alphabétique direct.
À la place : Pour tourner autour du quadrilatère dans l'ordre A−B−C−D, les vecteurs AB et CD sont de sens opposés. L'égalité correcte est AB=DC.
Exemple travaillé · 22
Déterminer le quatrième sommet d'un parallélogramme
Dans un repère (O;i,j), on donne A(1,−2), B(3,2) et C(7,0). Déterminer les coordonnées du point D pour que ABCD soit un parallélogramme.
1
ABCD est un parallélogramme si et seulement si AB=DC.
2
On calcule les composantes de AB :
3
AB(3−12−(−2))=(24)
4
On exprime les composantes de DC avec D(xD,yD) :
5
DC(7−xD0−yD)=(7−xD−yD)
6
On identifie composante par composante :
7
{7−xD=2−yD=4⟺{xD=5yD=−4⟹D(5,−4)
Vérification · 23
On considère un quadrilatère nommé ABDC. Quelle relation vectorielle caractérise le fait que ABDC soit un parallélogramme ?
Remarque
Dans l'ordre des sommets A−B−D−C, le côté opposé à [AB] est [CD] parcouru dans le même sens : ABDC est un parallélogramme ⟺AB=CD.
Point de départ · 24
Soit ABC un triangle quelconque. Peut-on repérer tous les points du plan en prenant A comme origine et les vecteurs AB et AC comme base ?
Oui : comme les points A, B et C ne sont pas alignés, les vecteurs AB et AC ne sont pas colinéaires. Le triplet (A;AB,AC) constitue un repère cartésien du plan.
Définition · 25
Repère cartésien lié à un triangle
Dans le repère (A;AB,AC), les sommets du triangle ont pour coordonnées canoniques :
A(0,0),B(1,0)etC(0,1)
Pour tout point M du plan :
AM=xAB+yAC⟺M(x,y)
Piège classique · 26
Dans le repère (A;AB,AC), on donne BG=−AB−AC. Quelles sont les coordonnées du point G ?
Attention
Lire directement les coefficients de BG pour écrire G(−1,−1).
À la place : L'origine du repère est A. Il faut exprimer AG avec la relation de Chasles : BA+AG=−AB−AC⟹AG=−AC=0AB−1AC, d'où G(0,−1).
Exemple travaillé · 27
Coordonnées et alignement dans un repère affine
Soit ABC un triangle et le repère (A;AB,AC). On donne AH=2AB−AC et BG=−AB−AC. 1) Déterminer les coordonnées de H et G. 2) Les points A, G et H sont-ils alignés ?
1
1) Pour H, le vecteur part de l'origine A : AH=2AB−1AC⟹H(2,−1).
2
Pour G, on utilise la relation de Chasles :
3
BA+AG=−AB−AC⟹AG=−AB−AC−BA=−AC
4
AG=0AB−1AC⟹G(0,−1)
5
2) On calcule le déterminant de AG(0−1) et AH(2−1) :
6
0×(−1)−(−1)×2=2=0
7
Le déterminant est non nul : AG et AH ne sont pas colinéaires, donc A, G et H ne sont pas alignés.
Vérification · 28
Dans le repère (A;AB,AC), détermine les coordonnées du milieu I du segment [BC].
Remarque
B(1,0) et C(0,1), d'où xI=21+0=21 et yI=20+1=21, soit I(21,21).
Définition · 29
Distance dans un repère orthonormé
Dans un repère orthonormé (O;i,j), la distance entre deux points A(xA,yA) et B(xB,yB) est :
AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2
La distance d'un point M(x,y) à l'origine O est :
OM=x2+y2
Remarque
Cette formule découle du théorème de Pythagore. Elle exige un repère orthonormé.
Piège classique · 30
Soit ABC un triangle quelconque. Dans le repère (A;AB,AC), a-t-on BC=(xC−xB)2+(yC−yB)2 ?
Attention
Appliquer la formule de la racine carrée des composantes dans n'importe quel repère.
À la place : La formule repose sur le théorème de Pythagore : elle est fausse si les axes ne sont pas perpendiculaires ou si les vecteurs unitaires n'ont pas la même longueur. Elle ne s'applique que dans un repère orthonormé.
Exemple travaillé · 31
Nature d'un triangle et cercle circonscrit
Dans un repère orthonormé (O;i,j), on donne A(1,2), B(2,4) et C(3,1). 1) Démontrer que le triangle ABC est rectangle et isocèle. 2) Déterminer le centre E et le rayon R de son cercle circonscrit.
1
1) On calcule les carrés des trois côtés :
2
AB2=(2−1)2+(4−2)2=12+22=5⟹AB=5
3
AC2=(3−1)2+(1−2)2=22+(−1)2=5⟹AC=5
4
BC2=(3−2)2+(1−4)2=12+(−3)2=10⟹BC=10
5
AB=AC=5 : le triangle est isocèle en A. De plus, AB2+AC2=5+5=10=BC2 : d'après la réciproque du théorème de Pythagore, ABC est rectangle en A.
6
2) ABC étant rectangle en A, son cercle circonscrit a pour diamètre l'hypoténuse [BC]. Son centre E est le milieu de [BC] :
7
xE=22+3=25etyE=24+1=25⟹E(25,25)
8
R=2BC=210
Exemple travaillé · 32
Démontrer qu'un quadrilatère est un carré
Dans un repère orthonormé (O;i,j), on donne A(−2,−3), B(−4,4), C(3,6) et D(5,−1). Démontrer que ABCD est un carré.
1
1) On prouve que ABCD est un parallélogramme en montrant AB=DC :
2
AB(−4−(−2)4−(−3))=(−27)etDC(3−56−(−1))=(−27)
3
AB=DC, donc ABCD est un parallélogramme.
4
2) On calcule les longueurs des côtés consécutifs et de la diagonale :
5
AB2=(−2)2+72=53etBC2=(3−(−4))2+(6−4)2=72+22=53
6
AC2=(3−(−2))2+(6−(−3))2=52+92=25+81=106
7
3) On a AB=BC=53 (côtés consécutifs égaux) et AB2+BC2=53+53=106=AC2 (angle droit en B). Le parallélogramme ABCD est donc un carré.
Vérification · 33
Dans un repère orthonormé, on donne A(1,3) et B(4,−1). Calcule la distance AB.