Soit (un)n∈N une suite réelle définie par u0∈R∗ et pour tout n∈N, un+1=2u0un.
1). Calculer : • u1 • u2
Indice — Utilise la relation de récurrence un+1=2u0un pour n=0 puis n=1.
Correction
En appliquant la relation de récurrence pour n=0, on obtient u1=2u0u0=2u02. Pour n=1, u2=2u0u1=2u0(2u02)=4u03.
2). Montrer que la suite (un) est géométrique et préciser sa raison.
Indice — Calcule le rapport unun+1 pour un=0.
Correction
Pour tout entier n∈N, comme u0=0, on a un=0 pour tout n. Le rapport des termes consécutifs donne unun+1=2u0. Ce rapport est constant et indépendant de n. La suite (un) est donc géométrique de raison q=2u0.
3). Exprimer un en fonction de n et de u0.
Indice — Utilise la forme explicite d'une suite géométrique un=u0×qn.
Correction
En utilisant la formule explicite d'une suite géométrique, on a un=u0×qn. En remplaçant q par sa valeur, on obtient un=u0(2u0)n.
4). Déterminer les conditions sur u0 pour que la suite (un) soit convergente.
Indice — Une suite géométrique de raison q converge si −1<q≤1.
Correction
La suite (un) converge si et seulement si −1<q≤1. Avec q=2u0, cela donne −1<2u0≤1, soit −2<u0≤2. Comme u0=0 par hypothèse, la suite converge pour u0∈]−2,0[∪]0,2]. Pour u0=2, la raison est 1 et la suite est constante égale à 2.
5). Calculer, en fonction de u0, la limite de la suite (un) lorsqu'elle converge.
Indice — Si ∣q∣<1, la limite est 0. Si q=1, la limite est le premier terme.
Correction
Si −2<u0<2 (avec u0=0), alors ∣q∣<1, donc limn→+∞un=0. Si u0=2, alors q=1, donc un=2 pour tout n, et limn→+∞un=2.
6). Soit Sn=∑k=0nuk. Pour u0=2, exprimer Sn en fonction de n et de u0.
Indice — Utilise la formule de la somme des termes d'une suite géométrique : Sn=u01−q1−qn+1.
Correction
Pour q=1 (soit u0=2), Sn=u01−q1−qn+1=u01−u0/21−(u0/2)n+1.
7). Déterminer l'ensemble des valeurs de u0 pour lesquelles la suite (Sn) est convergente, puis calculer sa limite.
Indice — La suite (Sn) converge si ∣q∣<1.
Correction
La suite (Sn) converge si et seulement si ∣q∣<1 (avec u0=0), soit u0∈]−2,0[∪]0,2[. Dans ce cas, limn→+∞Sn=1−qu0=1−u0/2u0=2−u02u0. Si u0=2, Sn=2(n+1) qui diverge. Si ∣u0∣>2, ∣q∣>1 et la suite diverge.
Exercice 2
avance
Soit la suite réelle (un) définie par son premier terme u0=1 et la relation de récurrence un+1=21un+2 pour tout entier naturel n.
1. On considère la fonction f définie sur mathbbR par f(x)=frac12x+2. Déterminer l'ensemble de définition de f.
Indice — Pense à identifier l'expression qui permet de passer de un à un+1 et écris la fonction correspondante.
Correction
La fonction f est une fonction affine définie par l'expression f(x)=21x+2. Son ensemble de définition est donc l'ensemble de tous les réels, soit R.
2. Préciser le sens de variation de la fonction f sur mathbbR.
Indice — Étudie le signe du coefficient directeur de cette fonction affine.
Correction
La fonction f est de la forme ax+b avec un coefficient directeur a=21. Comme ce coefficient est strictement positif (a>0), la fonction f est strictement croissante sur R.
3. Soit la suite (un) définie par u0=1 et pour tout entier naturel n, un+1=f(un). Calculer les termes u1 et u2.
Indice — Remplace u0 dans la relation de récurrence pour trouver u1, puis réitère pour u2.
Correction
En utilisant la relation de récurrence un+1=f(un) avec u0=1 : - Pour n=0 : u1=f(u0)=21(1)+2=25=2,5. - Pour n=1 : u2=f(u1)=21(25)+2=45+2=413=3,25.
4. Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel n, unle4.
Indice — Formule l'hypothèse de récurrence pour un entier n quelconque, puis évalue un+1 en utilisant les variations de f.
Correction
On procède par récurrence. Initialisation : pour n=0, u0=1≤4, la propriété est vraie. Hérédité : supposons qu'à un rang n quelconque, un≤4. Puisque la fonction f est strictement croissante sur R, elle conserve l'ordre : f(un)≤f(4). Or, f(4)=21(4)+2=4. On en déduit que un+1≤4. Conclusion : par le principe de récurrence, pour tout entier naturel n, un≤4.
5. Déterminer le sens de variation de la suite (un).
Indice — Examine le signe de la différence un+1−un en utilisant la relation de récurrence et la valeur de u0.
Correction
On étudie le signe de la différence un+1−un. En remplaçant un+1 par 21un+2, on obtient un+1−un=−21un+2. Par récurrence, on montre facilement que un<4 pour tout n (avec u0=1). Par conséquent, −un>−4, ce qui implique −1/2un+2>0. La différence un+1−un est strictement positive, donc la suite (un) est strictement croissante.
6. En déduire que la suite (un) est convergente.
Indice — Mobilise le théorème de convergence d'une suite monotone et majorée ou minorée.
Correction
On applique le théorème de convergence des suites monotones. La suite (un) est strictement croissante (d'après la question précédente) et l'on montre par récurrence qu'elle est majorée par 4. Toute suite croissante et majorée converge vers un nombre réel.
7. Calculer la limite de la suite (un).
Indice — Utilise la relation de récurrence, la continuité de f et le passage à la limite pour déterminer la valeur recherchée.
Correction
Soit ℓ la limite de la suite (un). En passant à la limite dans la relation de récurrence un+1=21un+2, la fonction associée étant continue, ℓ vérifie l'équation ℓ=21ℓ+2. En résolvant cette équation, on trouve ℓ=4. La limite de la suite (un) est donc 4.
Exercice 3
fondamental
On considère la suite réelle (un) définie sur N par un=2n+3.
2. Montrer que la suite (un) est strictement croissante.
Indice — Étudier le signe de un+1−un.
Correction
Pour tout n∈N, on a un+1−un=(2(n+1)+3)−(2n+3)=2n+2+3−2n−3=2. Comme 2>0, la suite (un) est strictement croissante.
Exercice 4
intermediaire
On considère la suite (un) définie sur N par u0=1 et un+1=un+3. On considère également la suite (vn) définie sur N par v0=4 et vn+1=2un−vn.
1)a). Montrer que la suite (un) est arithmétique et préciser sa raison.
Indice —un+1−un=3
Correction
On a un+1−un=3. La différence est constante, donc (un) est arithmétique de raison r=3.
1)b). Exprimer un en fonction de n.
Indice —un=u0+nr
Correction
un=u0+nr=1+3n.
2)a). Calculer Sn=∑k=0nuk en fonction de n.
Indice —Sn=2(n+1)(u0+un)
Correction
Sn=2(n+1)(1+1+3n)=2(n+1)(3n+2)=23n2+5n+2.
2)b). Montrer que, pour tout n∈N, vn+1+vn=6n+2.
Indice —vn+1+vn=2un
Correction
vn+1+vn=2un=2(3n+1)=6n+2.
3)a). Montrer que vn=3n−2+6(−1)n pour tout n∈N.
Indice — Vérifier par récurrence.
Correction
Pour n=0, v0=−2+6=4. Pour n=1, v1=3−2−6=−5. Vérification par récurrence : vn+1=2(3n+1)−(3n−2+6(−1)n)=6n+2−3n+2−6(−1)n=3n+4+6(−1)n+1=3(n+1)−2+6(−1)n+1.
3)b). La suite (vn) est-elle monotone ? Justifier.
Indice — Étudier le signe de vn+1−vn.
Correction
vn+1−vn=3+6(−1)n+1−6(−1)n=3+6(−1)n(−1−1)=3−12(−1)n. Pour n=0, 3−12=−9<0. Pour n=1, 3+12=15>0. La suite n'est pas monotone.
Exercice 5
avance
On considère la suite (un) définie sur N par u0=2 et un+1=un+32un+2 pour tout n∈N.
1). Montrer que, pour tout n∈N, un>1.
Indice — Utiliser un raisonnement par récurrence.
Correction
Pour n=0, u0=2>1. Supposons un>1. Alors un+1−1=un+32un+2−un−3=un+3un−1>0. Donc un+1>1.
2). Montrer que la suite (un) est décroissante.
Indice — Étudier le signe de un+1−un.
Correction
un+1−un=un+32un+2−un2−3un=un+3−(un2+un−2)=un+3−(un−1)(un+2). Comme un>1, un+1−un<0.
3). Justifier que la suite (un) est convergente et calculer sa limite L.
Indice — Utiliser le théorème de convergence monotone.
Correction
La suite est décroissante et minorée par 1, donc convergente. La limite L vérifie L=L+32L+2, soit L2+L−2=0. Comme un>1, L=1.
4). Soit (vn) la suite définie par vn=un+2un−1. Montrer que (vn) est une suite géométrique.