On considère la suite réelle (un) définie par u0=0 et pour tout n∈N, un+1=un+42un+3.
1)a). Soit la fonction f définie sur [0;1] par f(x)=x+42x+3. Déterminer les réels a et b tels que pour tout x∈[0;1], on ait f(x)=a+x+4b.
Indice — Réduis l'expression au même dénominateur pour identifier les coefficients.
Correction
En réduisant au même dénominateur, on a a+x+4b=x+4ax+(4a+b). Par identification des coefficients avec f(x)=x+42x+3, on obtient le système a=2 et 4a+b=3, d'où b=−5.
On a donc f(x)=2−x+45 pour tout x∈[0;1].
1)b). Soit la suite (un) définie par u0=0 et pour tout n∈N, un+1=f(un). Montrer par récurrence que pour tout n∈N, 0≤un≤1.
Indice — Observe l'expression obtenue à la question précédente pour étudier le sens de variation de f sur l'intervalle considéré.
Correction
Procédons par récurrence : - **Initialisation :** Pour n=0, u0=0∈[0;1], la propriété est vraie. - **Hérédité :** Supposons 0≤un≤1 pour un entier n≥0. Grâce à l'écriture f(x)=2−x+45, on constate que la fonction f est strictement croissante sur [0;1]. En appliquant f à l'encadrement, on obtient f(0)≤f(un)≤f(1). Or f(0)=43≥0 et f(1)=1, donc 0≤un+1≤1. - **Conclusion :** Par le principe de récurrence, pour tout n∈N, 0≤un≤1.
2)a). Établir que pour tout n∈N, on a un+1−un=un+4(1−un)(un+3), puis en déduire que la suite (un) est strictement croissante.
Indice — Exprime un+1−un en factorisant par un et utilise l'encadrement établi précédemment.
Correction
En exprimant la différence un+1−un=un+42un+3−un et en réduisant au même dénominateur, on obtient un+4−un2−2un+3. La factorisation du numérateur donne immédiatement un+1−un=un+4(1−un)(un+3).
D'après la question 1)b), 0≤un≤1. Ainsi, un+3>0, un+4>0 et 1−un>0 (car u0=0<1 et f([0,1[)⊂[0,1[). La différence un+1−un est donc strictement positive, ce qui prouve que la suite (un) est strictement croissante.
2)b). Justifier que la suite (un) est convergente vers un nombre réel l appartenant à l'intervalle [0;1].
Indice — Jalonne ta conclusion en citant le théorème de convergence monotone du cours, sans chercher à calculer la limite par l'algèbre à ce stade.
Correction
La suite (un) est strictement croissante (d'après 2)a)) et majorée par 1 (d'après 1)b)).
D'après le **théorème de convergence monotone**, la suite (un) converge vers une limite réelle l.
De plus, comme 0≤un≤1 pour tout n∈N, le passage à la limite garantit que l∈[0;1].
3)a). On considère la suite (vn) définie pour tout n∈N par vn=un+3un−1. Montrer que (vn) est une suite géométrique de raison 51.
Indice — Remplace un+1 par son expression en fonction de un dans la fraction définissant vn+1.
Correction
On calcule vn+1=un+1+3un+1−1. En remplaçant un+1 par un+42un+3 et en réduisant au même dénominateur, on obtient vn+1=5(un+3)un−1=51vn. La suite (vn) est donc géométrique de raison q=51 et de premier terme v0=0+30−1=−31.
3)b). Exprimer vn en fonction de n, puis en déduire l'expression explicite de un en fonction de n.
Indice — Exprime d'abord le terme général vn en fonction de n, puis isole un dans l'égalité définissant la suite auxiliaire.
Correction
D'après la formule du terme général d'une suite géométrique, vn=v0×qn=−31(51)n. Pour exprimer un, on isole un dans la relation vn=un+3un−1, ce qui donne un=1−vn1+3vn. En remplaçant vn par son expression, on trouve un=3+(51)n3−3(51)n.
3)c). Déterminer la valeur exacte de la limite l de la suite (un), et expliquer comment l'encadrement préalable permet d'écarter l'autre solution de l'équation de point fixe.
Indice — Calcule la limite de l'expression explicite de un, puis compare ce résultat aux solutions de l'équation f(x)=x.
Correction
Comme −1<51<1, limn→+∞(51)n=0, donc par quotient limn→+∞un=33=1. Par ailleurs, les solutions de l'équation de point fixe f(x)=x⟺x2+2x−3=0 sont x=1 et x=−3. L'encadrement préalable assurant que un≥0 pour tout n, la valeur négative −3 est écartée, ne laissant que la limite l=1.
Exercice 2
fondamental
On considère la suite réelle (un)n≥1 définie par un=5n+2(−1)n.
1)a). Montrer que pour tout n∈N∗, on a −2≤2(−1)n≤2.
Indice — Que vaut (−1)n pour tout n∈N∗ ?
Correction
Pour tout n∈N∗, (−1)n vaut 1 ou −1, d'où l'encadrement −1≤(−1)n≤1. En multipliant chaque membre par 2, on obtient directement −2≤2(−1)n≤2.
1)b). En déduire que pour tout n∈N∗, un≥5n−2.
Indice — Ajoute 5n aux membres de l'inégalité précédente.
Correction
En repartant de minoration 2(−1)n≥−2 établie précédemment et en ajoutant 5n de chaque côté, on obtient 5n+2(−1)n≥5n−2, soit un≥5n−2.
2)a). Déterminer la limite de la suite w définie par wn=5n−2 pour tout n∈N∗.
Indice — Étudie la limite du terme dominant lorsque n tend vers +∞.
Correction
Puisque limn→+∞5n=+∞, par addition de la constante −2, on a limn→+∞wn=+∞.
2)b). Déduire de ce qui précède la limite de la suite (un) lorsque n tend vers +∞.
Indice — Pense au théorème de comparaison pour les limites infinies.
Correction
On sait que un≥wn et que limn→+∞wn=+∞. D'après le théorème de comparaison des limites, on en déduit que limn→+∞un=+∞.
3). Expliquer pourquoi la minoration établie à la question 1)b) suffit à conclure quant au comportement de (un) en +∞, et préciser pourquoi la recherche d'un encadrement bilatéral n'est pas nécessaire ici.
Indice — Examine l'effet d'une majoration de type un≤5n+2 sur la recherche d'une limite infinie.
Correction
D'après la question 1)b), on a la minoration un≥5n−2. Comme limn→+∞(5n−2)=+∞, le théorème de comparaison pour les limites infinies permet d'affirmer directement que limn→+∞un=+∞.
La recherche d'un encadrement bilatéral (ou théorème des gendarmes) n'est pas nécessaire car pour démontrer une limite infinie en +∞, seule une minoration par une suite tendant vers +∞ est requise. Une majoration du type un≤5n+2 n'apporterait aucune contrainte utile pour conclure à une divergence vers +∞.
Exercice 3
superieur
On considère la suite réelle (un) définie par u0=1 et pour tout n∈N, un+1=un+un1.
1. Démontrer par récurrence que pour tout n∈N, la suite (un) est bien définie et vérifie un≥1.
Indice — Vérifie l'initialisation pour n=0 puis utilise la relation de récurrence en supposant un≥1.
Correction
Pour n=0, u0=1≥1, la propriété est initialisée.
Supposons un≥1 pour un entier n≥0. Alors un=0, donc un+1 est bien défini. De plus, un1>0, d'où un+1=un+un1>1.
Par récurrence, pour tout n∈N, un est bien définie et un≥1.
2. Étudier le sens de variation de la suite (un) et en déduire son comportement global.
Indice — Exprime la différence un+1−un à l'aide de la relation de récurrence et du résultat précédent.
Correction
Pour tout n∈N, un+1−un=un1.
Comme un≥1>0, la différence est strictement positive : la suite (un) est strictement croissante.
3. Déterminer la limite de la suite (un) en +∞.
Indice — Pense au lien entre monotonie et absence de majorant pour une suite réelle.
Correction
La suite (un) étant strictement croissante, soit elle converge vers une limite réelle L≥1, soit elle tend vers +∞.
Si limn→+∞un=L, la relation de récurrence donne L=L+L1, ce qui impliquerait L1=0, impossible.
On en déduit par le théorème de la limite monotone que limn→+∞un=+∞.
4. Établir que pour tout k∈N, on a l'égalité uk+12−uk2=2+uk21.
Indice — Développe l'expression uk+12 en utilisant l'égalité de récurrence.
Correction
Pour tout k∈N, on développe le carré de uk+1 : uk+12=(uk+uk1)2=uk2+2+uk21
En soustrayant uk2 des deux côtés, on obtient directement uk+12−uk2=2+uk21.
5. En sommant la relation précédente, exprimer un2 en fonction de n et de la somme des uk21, puis en déduire que pour tout n≥1, on a un>2n.
Indice — Écris cette relation pour k allant de 0 à n−1 et effectue la somme membre à membre.
Correction
En élevant au carré la relation de récurrence, on obtient uk+12=uk2+2+uk21. En sommant pour k allant de 0 à n−1, la somme se téléscope à gauche : un2−u02=2n+k=0∑n−1uk21 Comme u0=1, il vient un2=2n+1+∑k=0n−1uk21. Chaque terme de la somme étant strictement positif, on en déduit que un2>2n, d'où un>2n pour tout n≥1 par croissance de la racine carrée.
6. Démontrer que pour tout entier k≥1, l'inégalité uk21<2k1 est vérifiée.
Indice — Utilise le résultat de la question précédente en passant à l'inverse.
Correction
D'après le résultat de la question précédente, pour tout entier k≥1, on a uk>2k>0. En élevant au carré puis en passant à l'inverse (la fonction x↦x1 étant strictement décroissante sur R+∗), on obtient directement uk21<2k1.
7. Établir que pour tout entier k≥1, on a l'inégalité 2k1<k−k−1.
Indice — Compare 2k1 avec la différence de deux racines consécutives.
Correction
En multipliant par la quantité conjuguée, on a k−k−1=k+k−11. Comme pour tout k≥1, k−1<k, le dénominateur vérifie k+k−1<2k≤2k. En passant à l'inverse, il vient bien 2k1<k−k−1.
8. En déduire une majoration de la somme ∑k=1n−1uk21, puis prouver que pour tout n≥1, on a un2<2n+2+n.
Indice — Combine les sommes télescopiques obtenues aux questions précédentes pour majorer un2.
Correction
En combinant les inégalités des questions 6 et 7, on a uk21<k−k−1 pour tout k≥1. Par sommation téléscopique, on obtient : k=1∑n−1uk21<k=1∑n−1(k−k−1)=n−1<n En réinjectant cette majoration dans l'expression de la question 5 avec u0=1, il vient un2=2n+1+u021+∑k=1n−1uk21=2n+2+∑k=1n−1uk21<2n+2+n.
9. Déterminer l'encadrement de un pour n≥1, puis calculer limn→+∞2nun.
Indice — Encadre le quotient par deux expressions dont la limite est immédiate.
Correction
En élevant la relation au carré, on obtient uk+12−uk2=2+uk21>2. Par sommation télescopique, on en déduit la minoration un2>2n+1.
Pour la majoration, uk2>2k implique uk21<2k1 pour k≥1. En sommant à nouveau et par comparaison à une intégrale, on obtient un2≤2n+21+lnn.
On en déduit l'encadrement 2n+1<un≤2n+21+lnn. En divisant par 2n, les deux bornes tendent vers 1. D'après le théorème des gendarmes, on conclut que limn→+∞2nun=1.
Exercice 4
fondamental
Soit la suite (un) définie par u0=1 et, pour tout n∈N, un+1=21un+3.
1. Calculer les termes u1, u2 et u3 de la suite (un).
Indice — Remplace n successivement par 0, 1 et 2 dans la relation de récurrence.
Correction
En appliquant la relation de récurrence un+1=21un+3 : - u1=21×1+3=27=3,5 - u2=21×27+3=419=4,75 - u3=21×419+3=843=5,375
2. Démontrer par récurrence que pour tout n∈N, on a un<6.
Indice — Teste l'hérédité en comparant 21un+3 à 6 en utilisant l'hypothèse de récurrence.
Correction
Démontrons par récurrence la propriété P(n):un<6.
- **Initialisation :** Pour n=0, u0=1<6. La propriété P(0) est vraie. - **Hérédité :** Soit n∈N. Supposons un<6. On a alors 21un<3, d'où 21un+3<6, c'est-à-dire un+1<6. La propriété est héréditaire. - **Conclusion :** Par principe de récurrence, un<6 pour tout n∈N.
3. On pose, pour tout n∈N, vn=un−6. Démontrer que (vn) est une suite géométrique dont on précisera la raison et le premier terme.
Indice — Exprime vn+1 en fonction de un, puis substitue un+1 par son expression en fonction de un.
Correction
Pour tout n∈N : vn+1=un+1−6=21un+3−6=21un−3=21(un−6)=21vn
La suite (vn) est donc une suite géométrique de raison q=21 et de premier terme v0=u0−6=1−6=−5.
4. Exprimer vn puis un en fonction de n pour tout n∈N.
Indice — Exprime d'abord vn en fonction de n, puis déduis-en l'expression de un.
Correction
D'après les résultats précédents sur la suite géométrique (vn) : - Pour tout n∈N, vn=v0×qn=−5(21)n. - Comme vn=un−6, on en déduit un=vn+6=6−5(21)n.
5. Déterminer la limite de la suite (un). Justifier pourquoi la simple résolution de l'équation f(l)=l, où f(x)=21x+3, ne suffisait pas à elle seule pour affirmer que la suite converge vers cette valeur sans l'étude préalable de la limite.
Indice — Regarde le comportement de la puissance (21)n quand n tend vers +∞, puis examine ce que garantit l'existence de cette limite sur l'équation de point fixe.
Correction
Puisque −1<21<1, on a limn→+∞(21)n=0. On en déduit directement que limn→+∞un=6.
L'équation de point fixe f(l)=l (soit l=21l+3) donne bien l=6. Néanmoins, l'égalité f(l)=l n'est valable que **sous la condition préalable que la suite converge**. Résoudre cette équation permet seulement de trouver des candidats pour la limite, mais ne prouve en aucun cas l'existence de cette limite (par exemple, la suite définie par vn+1=2vn−3 possède aussi un point fixe l=3, mais diverge si v0=3).
Exercice 5
intermediaire
On considère la suite réelle (un) définie par u0=0 et pour tout n∈N, un+1=un+24un+3
1)a). Montrer par récurrence que pour tout n∈N, 0≤un<3.
Indice — Vérifie la propriété pour n=0, puis suppose qu'elle est vraie au rang n et étudie l'expression f(x)=4−x+25.
Correction
Initialisation : Pour n=0, u0=0∈[0,3[, la propriété est vraie.
Hérédité : Soit n∈N, supposons 0≤un<3. On introduit la fonction f(x)=x+24x+3=4−x+25, strictement croissante sur [0,3[. En appliquant f à l'encadrement de récurrence, on obtient f(0)≤f(un)<f(3), soit 23≤un+1<3, ce qui garantit 0≤un+1<3.
Conclusion : Par principe de récurrence, 0≤un<3 pour tout n∈N.
1)b). Étudier le sens de variation de la suite (un), puis justifier qu'elle converge vers une limite réelle.
Indice — Étudie le signe de la différence un+1−un en utilisant l'encadrement établi précédemment.
Correction
On étudie le signe de la différence un+1−un=un+2−un2+2un+3=un+2(3−un)(un+1).
D'après la question précédente, 0≤un<3, donc 3−un>0, un+1>0 et un+2>0. Ainsi, un+1−un>0, la suite (un) est donc strictement croissante.
Étant croissante et majorée par 3, la suite (un) converge vers une limite réelle ℓ d'après le théorème de la limite monotone.
2)a). Soit la suite (vn) définie pour tout n∈N par vn=un+1un−3. Montrer que (vn) est une suite géométrique de raison q=51.
Indice — Exprime vn+1 en fonction de un+1, puis substitue un+1 par son expression en fonction de un.
Correction
Pour tout n∈N, on exprime vn+1 en fonction de un : vn+1=un+1+1un+1−3=un+24un+3+1un+24un+3−3
En réduisant les fractions au même dénominateur et en simplifiant, on trouve vn+1=5(un+1)un−3=51vn.
La suite (vn) est donc une suite géométrique de raison q=51.
2)b). Exprimer vn en fonction de n.
Indice — Détermine le premier terme v0 à partir de u0.
Correction
On calcule le premier terme : v0=u0+1u0−3=0+10−3=−3.
Comme (vn) est une suite géométrique de raison q=51, on a pour tout n∈N : vn=v0⋅qn=−3(51)n.
2)c). Déterminer la limite de la suite (vn) quand n tend vers +∞.
Indice — Observe la valeur de ∣q∣ pour en déduire le comportement limite de (vn) lorsque n tend vers +∞.
Correction
La suite (vn) est une suite géométrique de raison q=51. Comme −1<51<1, la limite de qn en +∞ est 0. On en déduit directement que limn→+∞vn=0.
3)a). Exprimer un en fonction de vn.
Indice — Isole un dans la relation définissant vn.
Correction
À partir de la relation vn=un+1un−3, on isole un en résolvant l'égalité vn(un+1)=un−3. On obtient un=1−vnvn+3.
3)b). Calculer la limite de la suite (un) quand n tend vers +∞.
Indice — Utilise l'expression précédente et la limite de (vn) pour trouver la valeur exacte de la limite de (un).
Correction
On sait que limn→+∞vn=0. Par opérations sur les limites appliquées à l'expression de un en fonction de vn, on trouve limn→+∞un=1−00+3=3.
4). Résoudre l'équation f(x)=x sur R. Expliquer pourquoi déterminer la limite de (un) directement par cette équation dès le début de l'étude aurait constitué une erreur de raisonnement logique.
Indice — Recherche les solutions de l'équation f(x)=x et compare-les aux bornes de l'intervalle de stabilité.
Correction
L'équation f(x)=x s'écrit x+24x+3=x, ce qui se ramène à l'équation du second degré x2−2x−3=0. Ses solutions sont x=3 et x=−1.
Résoudre f(l)=l avant d'avoir prouvé la convergence est une erreur de logique : cette équation donne seulement les candidats possibles pour la limite sous réserve qu'elle existe, mais ne démontre en aucun cas que la suite (un) converge.
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