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Variables aléatoires réelles — cours

4ème année (Bac) · section Technique · mathématiques, programme officiel tunisien.

Le cours

Rappel · 1

On extrait simultanément 22 boules d'une urne qui contient 55 boules indiscernables au toucher. Combien de tirages distincts peut-on obtenir ?

Remarque

Un tirage simultané de 22 éléments parmi 55 correspond au nombre de combinaisons sans répétition : C52=5×42×1=10C_5^2 = \frac{5 \times 4}{2 \times 1} = 10.

Point de départ · 2

Une urne contient des jetons numérotés 11 et des jetons numérotés 33. On tire deux jetons et on s'intéresse à la somme des numéros tirés. Quel type d'objet mathématique associe à chaque tirage un nombre réel ?

Cette application qui fait correspondre un nombre réel à chaque issue de l'expérience aléatoire est une variable aléatoire réelle.

Définition · 3

Variable aléatoire discrète et loi de probabilité

Soit Ω\Omega l'univers fini associé à une expérience aléatoire muni d'une probabilité PP.

X:ΩRX : \Omega \to \mathbb{R}

Une variable aléatoire réelle XX est une application qui associe un réel à chaque issue de Ω\Omega. L'ensemble fini de ses valeurs est le support noté X(Ω)={x1,x2,,xn}X(\Omega) = \{x_1, x_2, \dots, x_n\}.

La loi de probabilité de XX associe à chaque valeur xix_i la probabilité de l'événement (X=xi)(X = x_i). Elle vérifie toujours la condition de normalisation :

i=1nP(X=xi)=1\sum_{i=1}^{n} P(X = x_i) = 1

Exemple travaillé · 4

Une urne contient deux boules numérotées 11 et trois boules numérotées 22, toutes indiscernables au toucher. On tire simultanément deux boules de l'urne. Soit XX la variable aléatoire égale à la somme des numéros obtenus. Détermine la loi de probabilité de XX.

1

Le nombre total de tirages simultanés équiprobables est :

2
card(Ω)=C52=10\text{card}(\Omega) = C_5^2 = 10
3

Les sommes possibles sont : 1+1=21+1=2, 1+2=31+2=3, et 2+2=42+2=4. Le support de XX est :

4
X(Ω)={2,3,4}X(\Omega) = \{2, 3, 4\}
5

On calcule la probabilité de chaque issue du support :

6
P(X=2)=C2210=110P(X = 2) = \frac{C_2^2}{10} = \frac{1}{10}
7
P(X=3)=C21×C3110=610=35P(X = 3) = \frac{C_2^1 \times C_3^1}{10} = \frac{6}{10} = \frac{3}{5}
8
P(X=4)=C3210=310P(X = 4) = \frac{C_3^2}{10} = \frac{3}{10}
9

On vérifie la somme des probabilités : 110+610+310=1\frac{1}{10} + \frac{6}{10} + \frac{3}{10} = 1.

Exemple travaillé · 5

Un joueur paie une mise initiale de 33 dinars pour participer à un jeu. Il lance une pièce équilibrée deux fois de suite. Il reçoit 33 dinars pour chaque côté Pile obtenu. Soit YY le gain algébrique net du joueur. Détermine la loi de probabilité de YY.

1

L'univers des lancers comporte 22=42^2 = 4 issues équiprobables : (P,P)(P, P), (P,F)(P, F), (F,P)(F, P) et (F,F)(F, F).

2

Soit NN le nombre de Piles obtenus (N{0,1,2}N \in \{0, 1, 2\}). Le gain algébrique net retranche la mise initiale :

3
Y=3N3Y = 3N - 3
4

Pour N=0N = 0 (issue (F,F)(F, F)) : Y=3(0)3=3Y = 3(0) - 3 = -3 dinars, d'où :

5
P(Y=3)=14P(Y = -3) = \frac{1}{4}
6

Pour N=1N = 1 (issues (P,F)(P, F) et (F,P)(F, P)) : Y=3(1)3=0Y = 3(1) - 3 = 0 dinar, d'où :

7
P(Y=0)=24=12P(Y = 0) = \frac{2}{4} = \frac{1}{2}
8

Pour N=2N = 2 (issue (P,P)(P, P)) : Y=3(2)3=3Y = 3(2) - 3 = 3 dinars, d'où :

9
P(Y=3)=14P(Y = 3) = \frac{1}{4}
10

Le support est Y(Ω)={3,0,3}Y(\Omega) = \{-3, 0, 3\}. On vérifie la normalisation : 14+12+14=1\frac{1}{4} + \frac{1}{2} + \frac{1}{4} = 1.

Piège classique · 6

Pour participer à une loterie, un billet coûte 22 dinars. Si le billet est gagnant, le joueur reçoit 1010 dinars. S'il est perdant, il ne reçoit rien. Quelles sont les valeurs prises par le gain algébrique GG du joueur ?

Attention

Prendre les valeurs 00 et 1010 en oubliant de déduire le prix d'achat du billet.

À la place : Le gain algébrique net est calculé par G=somme rec¸uemiseG = \text{somme reçue} - \text{mise}. En cas d'échec, le joueur perd sa mise (G=2G = -2). En cas de succès, il gagne 102=810 - 2 = 8. Le support est donc G(Ω)={2,8}G(\Omega) = \{-2, 8\}.

Vérification · 7

Le tableau ci-dessous décrit la loi de probabilité d'une variable aléatoire XX :

| xix_i | 2-2 | 00 | 11 | 33 |
|---|---|---|---|---|
| P(X=xi)P(X = x_i) | 0,150{,}15 | 0,350{,}35 | pp | 0,200{,}20 |

Détermine la valeur de la probabilité pp.

Remarque

La somme des probabilités d'une variable aléatoire discrète vaut toujours 11 : 0,15+0,35+p+0,20=1    0,70+p=1    p=0,300{,}15 + 0{,}35 + p + 0{,}20 = 1 \iff 0{,}70 + p = 1 \iff p = 0{,}30.

Point de départ · 8

Un joueur lance une pièce équilibrée. S'il obtient Pile, il gagne 1010 dinars. S'il obtient Face, il perd 22 dinars. Il a donc une chance sur deux de gagner. Ce jeu est-il équitable ?

Non : bien que la probabilité de gagner soit égale à la probabilité de perdre (12\frac{1}{2}), les montants ne se compensent pas. L'équité exige de pondérer chaque issue par son gain : c'est le rôle de l'espérance mathématique.

Définition · 9

Espérance mathématique et équité d'un jeu

Soit XX une variable aléatoire discrète prenant les valeurs x1,x2,,xnx_1, x_2, \dots, x_n avec les probabilités respectives p1,p2,,pnp_1, p_2, \dots, p_n.

L'espérance mathématique de XX, notée E(X)E(X), est la moyenne des valeurs pondérées par leurs probabilités :

E(X)=i=1nxipi=x1p1+x2p2++xnpnE(X) = \sum_{i=1}^{n} x_i p_i = x_1 p_1 + x_2 p_2 + \dots + x_n p_n

Dans un jeu où XX représente le gain algébrique du joueur :

Le jeu est dit équitable si E(X)=0E(X) = 0, favorable (gagnant en moyenne) si E(X)>0E(X) > 0, et défavorable (perdant en moyenne) si E(X)<0E(X) < 0.

Exemple travaillé · 10

On lance un dé cubique parfait numéroté de 11 à 66. Si le numéro obtenu est pair, le joueur reçoit autant de dinars que ce numéro. S'il est impair, le joueur perd autant de dinars que ce numéro. Soit XX le gain algébrique du joueur. Calcule E(X)E(X) et précise si le jeu est équitable.

1

Chaque face a une probabilité d'apparition égale à 16\frac{1}{6}.

2

Pour les faces impaires {1,3,5}\{1, 3, 5\}, les gains sont 1,3,5-1, -3, -5. Pour les faces paires {2,4,6}\{2, 4, 6\}, les gains sont +2,+4,+6+2, +4, +6.

3
X(Ω)={5,3,1,2,4,6}X(\Omega) = \{-5, -3, -1, 2, 4, 6\}
4

On applique la définition de l'espérance mathématique :

5
E(X)=16[(5)+(3)+(1)+2+4+6]=16×3=0,5E(X) = \frac{1}{6} [(-5) + (-3) + (-1) + 2 + 4 + 6] = \frac{1}{6} \times 3 = 0{,}5
6

Comme E(X)=0,5>0E(X) = 0{,}5 > 0, le joueur gagne en moyenne 0,50{,}5 dinar par partie : le jeu n'est pas équitable, il est favorable au joueur.

Piège classique · 11

Dans le jeu précédent, on a P(X<0)=36=0,5P(X < 0) = \frac{3}{6} = 0{,}5 et P(X>0)=36=0,5P(X > 0) = \frac{3}{6} = 0{,}5. Peut-on en déduire que le jeu est équitable ?

Attention

Conclure que le jeu est équitable sous prétexte qu'il y a autant de chances de gagner que de perdre (50%50\% chacune).

À la place : L'équité se juge exclusivement sur le gain moyen E(X)E(X), et non sur la probabilité de gagner. Ici, E(X)=0,50E(X) = 0{,}5 \neq 0 : les montants gagnés dépassent les montants perdus.

Définition · 12

Variance, écart-type et formule de König-Huygens

La variance d'une variable aléatoire XX mesure la dispersion de ses valeurs autour de sa moyenne E(X)E(X) :

V(X)=i=1n(xiE(X))2piV(X) = \sum_{i=1}^{n} (x_i - E(X))^2 p_i

En pratique, on calcule la variance à l'aide de la formule de König-Huygens :

V(X)=E(X2)(E(X))2V(X) = E(X^2) - (E(X))^2

E(X2)=i=1nxi2piE(X^2) = \sum_{i=1}^{n} x_i^2 p_i désigne l'espérance des carrés des valeurs prises par XX.

L'écart-type de XX, noté σ(X)\sigma(X), est la racine carrée positive de la variance :

σ(X)=V(X)\sigma(X) = \sqrt{V(X)}

Exemple travaillé · 13

Soit XX une variable aléatoire dont la loi de probabilité est donnée par le tableau suivant :

| xix_i | 11 | 22 | 33 |
|---|---|---|---|
| P(X=xi)P(X = x_i) | 0,20{,}2 | 0,50{,}5 | 0,30{,}3 |

Calcule l'espérance E(X)E(X), la variance V(X)V(X) et l'écart-type σ(X)\sigma(X).

1

On calcule d'abord l'espérance E(X)E(X) :

2
E(X)=1(0,2)+2(0,5)+3(0,3)=0,2+1,0+0,9=2,1E(X) = 1(0{,}2) + 2(0{,}5) + 3(0{,}3) = 0{,}2 + 1{,}0 + 0{,}9 = 2{,}1
3

On calcule l'espérance des carrés E(X2)E(X^2) :

4
E(X2)=12(0,2)+22(0,5)+32(0,3)=0,2+2,0+2,7=4,9E(X^2) = 1^2(0{,}2) + 2^2(0{,}5) + 3^2(0{,}3) = 0{,}2 + 2{,}0 + 2{,}7 = 4{,}9
5

On applique la formule de König-Huygens pour trouver la variance :

6
V(X)=E(X2)(E(X))2=4,9(2,1)2=4,94,41=0,49V(X) = E(X^2) - (E(X))^2 = 4{,}9 - (2{,}1)^2 = 4{,}9 - 4{,}41 = 0{,}49
7

On en déduit l'écart-type :

8
σ(X)=0,49=0,7\sigma(X) = \sqrt{0{,}49} = 0{,}7

Vérification · 14

Le tableau ci-dessous donne la loi d'une variable aléatoire XX :

| xix_i | 1-1 | 00 | 11 |
|---|---|---|---|
| P(X=xi)P(X = x_i) | 0,250{,}25 | 0,500{,}50 | 0,250{,}25 |

Détermine E(X)E(X) et V(X)V(X).

Remarque

Par symétrie, E(X)=(1)(0,25)+0(0,50)+1(0,25)=0E(X) = (-1)(0{,}25) + 0(0{,}50) + 1(0{,}25) = 0. Pour la variance : E(X2)=(1)2(0,25)+02(0,50)+12(0,25)=0,50E(X^2) = (-1)^2(0{,}25) + 0^2(0{,}50) + 1^2(0{,}25) = 0{,}50, d'où V(X)=0,5002=0,50V(X) = 0{,}50 - 0^2 = 0{,}50. Une espérance nulle n'implique pas une variance nulle !

Point de départ · 15

On lance un dé cubique équilibré et on note XX le numéro obtenu. On cherche la probabilité d'obtenir un résultat inférieur ou égal à une valeur donnée. Que valent respectivement P(X2)P(X \le 2) et P(X2,5)P(X \le 2{,}5) ?

Le dé ne produit que des entiers. L'événement (X2,5)(X \le 2{,}5) contient exactement les mêmes issues que (X2)(X \le 2), à savoir {1,2}\{1, 2\}. La probabilité cumulée reste donc constante entre deux valeurs consécutives.

Définition · 16

Fonction de répartition d'une variable discrète

Soit XX une variable aléatoire discrète prenant les valeurs ordonnées x1<x2<<xnx_1 < x_2 < \dots < x_n avec les probabilités associées pi=P(X=xi)p_i = P(X = x_i).

La fonction de répartition de XX est l'application FF définie pour tout réel xx par :

F(x)=P(Xx)F(x) = P(X \le x)

FF est une fonction en escalier, croissante sur R\mathbb{R} et continue à droite en tout point. Elle est définie par morceaux :

F(x)={0si x<x1i=1kpisi xkx<xk+11si xxnF(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x < x_1 \\ \sum_{i=1}^{k} p_i & \text{si } x_k \le x < x_{k+1} \\ 1 & \text{si } x \ge x_n \end{cases}

Exemple travaillé · 17

Une variable aléatoire XX prend les valeurs {1,1,2}\{-1, 1, 2\} avec les probabilités P(X=1)=0,2P(X = -1) = 0{,}2, P(X=1)=0,5P(X = 1) = 0{,}5 et P(X=2)=0,3P(X = 2) = 0{,}3. Détermine l'expression de la fonction de répartition FF de XX sur R\mathbb{R}.

1

Pour tout x<1x < -1, aucune issue n'est inférieure ou égale à xx, donc F(x)=0F(x) = 0.

2

Pour tout x[1;1[x \in [-1 ; 1[, seule l'issue 1-1 vérifie XxX \le x, donc F(x)=P(X=1)=0,2F(x) = P(X = -1) = 0{,}2.

3

Pour tout x[1;2[x \in [1 ; 2[, les issues favorables sont 1-1 et 11 : F(x)=0,2+0,5=0,7F(x) = 0{,}2 + 0{,}5 = 0{,}7.

4

Pour tout x2x \ge 2, toutes les issues de l'univers sont atteintes, d'où F(x)=0,7+0,3=1F(x) = 0{,}7 + 0{,}3 = 1.

5

On regroupe les différents paliers pour définir FF sur R\mathbb{R} :

6
F(x)={0si x<10,2si 1x<10,7si 1x<21si x2F(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x < -1 \\ 0{,}2 & \text{si } -1 \le x < 1 \\ 0{,}7 & \text{si } 1 \le x < 2 \\ 1 & \text{si } x \ge 2 \end{cases}

Piège classique · 18

Soit XX la variable de l'exemple précédent, avec F(x)=0,2F(x) = 0{,}2 sur [1;1[[-1 ; 1[ et F(x)=0,7F(x) = 0{,}7 sur [1;2[[1 ; 2[. Que vaut la probabilité de l'inégalité stricte P(X<1)P(X < 1) ?

Attention

Écrire que P(X<1)=F(1)=0,7P(X < 1) = F(1) = 0{,}7 en traitant l'inégalité stricte comme une inégalité large.

À la place : Pour une variable discrète, F(1)=P(X1)F(1) = P(X \le 1) inclut la valeur 11. L'inégalité stricte exclut cette valeur : P(X<1)=P(X1)=0,2P(X < 1) = P(X \le -1) = 0{,}2. La différence correspond au saut : F(1)P(X<1)=P(X=1)=0,5F(1) - P(X < 1) = P(X = 1) = 0{,}5.

Exemple travaillé · 19

Une variable aléatoire XX a pour fonction de répartition :
F(x)={0si x<00,1si 0x<20,6si 2x<41si x4F(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x < 0 \\ 0{,}1 & \text{si } 0 \le x < 2 \\ 0{,}6 & \text{si } 2 \le x < 4 \\ 1 & \text{si } x \ge 4 \end{cases}
Calcule P(0<X4)P(0 < X \le 4) et détermine la probabilité ponctuelle P(X=2)P(X = 2).

1

Pour tout intervalle semi-ouvert ]a;b]]a ; b], la probabilité s'exprime par la différence des valeurs de FF :

2
P(0<X4)=F(4)F(0)P(0 < X \le 4) = F(4) - F(0)
3

D'après les paliers de FF, on lit F(4)=1F(4) = 1 et F(0)=0,1F(0) = 0{,}1, d'où :

4
P(0<X4)=10,1=0,9P(0 < X \le 4) = 1 - 0{,}1 = 0{,}9
5

La probabilité ponctuelle P(X=2)P(X = 2) est donnée par l'amplitude du saut de FF en x=2x = 2 :

6
P(X=2)=F(2)limx2F(x)P(X = 2) = F(2) - \lim_{x \to 2^-} F(x)
7

En x=2x = 2, F(2)=0,6F(2) = 0{,}6. Immédiatement à gauche de 22, F(x)=0,1F(x) = 0{,}1. On conclut :

8
P(X=2)=0,60,1=0,5P(X = 2) = 0{,}6 - 0{,}1 = 0{,}5

Vérification · 20

Une variable aléatoire discrète XX a pour fonction de répartition FF. On donne F(2)=0,40F(2) = 0{,}40 et F(5)=0,85F(5) = 0{,}85. Détermine la probabilité de l'événement (2<X5)(2 < X \le 5).

Remarque

Pour tous réels a<ba < b, on applique la propriété P(a<Xb)=F(b)F(a)P(a < X \le b) = F(b) - F(a). On obtient directement : P(2<X5)=0,850,40=0,45P(2 < X \le 5) = 0{,}85 - 0{,}40 = 0{,}45.

Point de départ · 21

On lance une pièce équilibrée 33 fois de suite. Quelle est la probabilité d'obtenir exactement 22 Piles ?

Chaque séquence particulière contenant deux Piles et une Face (comme (P,P,F)(P, P, F)) a pour probabilité (12)2×12=18(\frac{1}{2})^2 \times \frac{1}{2} = \frac{1}{8}. Mais il y a C32=3C_3^2 = 3 ordres possibles : (P,P,F)(P, P, F), (P,F,P)(P, F, P) et (F,P,P)(F, P, P). La probabilité cherchée vaut donc 3×18=383 \times \frac{1}{8} = \frac{3}{8}. C'est le principe fondamental de la loi binomiale.

Définition · 22

Schéma de Bernoulli et loi binomiale

Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire ne comportant que deux issues contraires : le « succès » SS de probabilité pp et l'« échec » S\overline{S} de probabilité q=1pq = 1 - p.

La répétition de nn épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes constitue un schéma de Bernoulli.

La variable aléatoire XX représentant le nombre total de succès obtenus à l'issue des nn épreuves suit la loi binomiale de paramètres nn et pp, notée B(n,p)\mathcal{B}(n, p).

P(X=k)=Cnkpk(1p)nkpour tout k{0,1,,n}P(X = k) = C_n^k p^k (1 - p)^{n - k} \quad \text{pour tout } k \in \{0, 1, \dots, n\}

L'espérance mathématique, la variance et l'écart-type de XX sont donnés par les formules théoriques :

E(X)=np;V(X)=np(1p);σ(X)=np(1p)E(X) = n p \quad ; \quad V(X) = n p (1 - p) \quad ; \quad \sigma(X) = \sqrt{n p (1 - p)}

Exemple travaillé · 23

On lance 55 fois de suite et de façon indépendante un dé tétraédrique régulier dont les faces sont numérotées de 11 à 44. Soit XX la variable aléatoire indiquant le nombre de sorties de la face 44. Détermine la loi de probabilité de XX, puis calcule son espérance et son écart-type.

1

À chaque lancer, la sortie de la face 44 constitue un succès de probabilité p=14p = \frac{1}{4} et d'échec 1p=341 - p = \frac{3}{4}.

2

Les 55 lancers étant identiques et mutuellement indépendants, XX suit la loi binomiale B(5;0,25)\mathcal{B}(5 ; 0{,}25).

3

Le support est X(Ω)={0,1,2,3,4,5}X(\Omega) = \{0, 1, 2, 3, 4, 5\}, et pour tout entier k{0,,5}k \in \{0, \dots, 5\} :

4
P(X=k)=C5k(14)k(34)5kP(X = k) = C_5^k \left(\frac{1}{4}\right)^k \left(\frac{3}{4}\right)^{5 - k}
5

Par exemple, la probabilité d'obtenir exactement deux fois la face 44 vaut :

6
P(X=2)=C52(14)2(34)3=10×116×2764=2701024=135512P(X = 2) = C_5^2 \left(\frac{1}{4}\right)^2 \left(\frac{3}{4}\right)^3 = 10 \times \frac{1}{16} \times \frac{27}{64} = \frac{270}{1024} = \frac{135}{512}
7

On calcule l'espérance et l'écart-type à l'aide des formules directes :

8
E(X)=np=5×14=1,25E(X) = n p = 5 \times \frac{1}{4} = 1{,}25
9
σ(X)=np(1p)=5×14×34=1516=1540,968\sigma(X) = \sqrt{n p (1 - p)} = \sqrt{5 \times \frac{1}{4} \times \frac{3}{4}} = \sqrt{\frac{15}{16}} = \frac{\sqrt{15}}{4} \approx 0{,}968

Piège classique · 24

Quatre tireurs tirent simultanément et indépendamment sur une cible. Chacun d'eux a une probabilité p=0,25p = 0{,}25 de toucher la cible. Quelle est la probabilité que la cible soit atteinte par au moins un tireur ?

Attention

Additionner les probabilités individuelles : 0,25+0,25+0,25+0,25=10{,}25 + 0{,}25 + 0{,}25 + 0{,}25 = 1.

À la place : Les événements ne sont pas disjoints : plusieurs tireurs peuvent toucher la cible simultanément. L'événement « la cible est atteinte » est (X1)(X \ge 1). On passe obligatoirement par l'événement contraire (X=0)(X = 0) (aucun tireur ne touche) : P(X1)=1P(X=0)=1(10,25)4=1(0,75)4=181256=1752560,684P(X \ge 1) = 1 - P(X = 0) = 1 - (1 - 0{,}25)^4 = 1 - (0{,}75)^4 = 1 - \frac{81}{256} = \frac{175}{256} \approx 0{,}684.

Exemple travaillé · 25

Dans une chaîne de fabrication, 3%3\% des pièces produites sont défectueuses. On prélève au hasard un lot de 100100 pièces (les prélèvements sont assimilés à des tirages indépendants avec remise). Soit XX le nombre de pièces défectueuses dans le lot. Justifie que XX suit une loi binomiale et exprime la probabilité de trouver au moins une pièce défectueuse.

1

L'expérience consiste à répéter n=100n = 100 fois de façon identique et indépendante une épreuve de Bernoulli de succès « la pièce est défectueuse » avec p=0,03p = 0{,}03.

2

La variable aléatoire XX suit donc la loi binomiale B(100;0,03)\mathcal{B}(100 ; 0{,}03).

3

L'événement « trouver au moins une pièce défectueuse » correspond à (X1)(X \ge 1). Son événement contraire est (X=0)(X = 0) (« aucune pièce défectueuse »).

4
P(X=0)=C1000(0,03)0(10,03)100=(0,97)100P(X = 0) = C_{100}^0 (0{,}03)^0 (1 - 0{,}03)^{100} = (0{,}97)^{100}
5

On en déduit la probabilité cherchée par passage au complémentaire :

6
P(X1)=1P(X=0)=1(0,97)10010,0476=0,9524P(X \ge 1) = 1 - P(X = 0) = 1 - (0{,}97)^{100} \approx 1 - 0{,}0476 = 0{,}9524

Piège classique · 26

Une boîte contient 44 boules blanches et 66 boules noires. On tire simultanément 33 boules de la boîte. Soit XX le nombre de boules blanches obtenues. La variable aléatoire XX suit-elle une loi binomiale ?

Attention

Appliquer la loi binomiale dès que les objets sont répartis en deux catégories (blanches/noires).

À la place : Pour suivre une loi binomiale, les tirages doivent être indépendants et la probabilité constante. Dans un tirage simultané (ou sans remise), chaque boule retirée modifie la composition restante de l'urne : les probabilités changent à chaque étape. XX suit une loi issue de combinaisons (modèle sans remise), pas une loi binomiale.

Vérification · 27

Une variable aléatoire XX suit la loi binomiale B(20;0,1)\mathcal{B}(20 ; 0{,}1). Détermine son espérance E(X)E(X) et sa variance V(X)V(X).

Remarque

Pour XB(n,p)X \sim \mathcal{B}(n, p), on applique directement les formules de cours : E(X)=np=20×0,1=2E(X) = n p = 20 \times 0{,}1 = 2 et V(X)=np(1p)=20×0,1×0,9=1,8V(X) = n p (1 - p) = 20 \times 0{,}1 \times 0{,}9 = 1{,}8.

Point de départ · 28

On choisit au hasard un nombre réel dans l'intervalle [0;1][0 ; 1]. Quelle est la probabilité d'obtenir exactement le nombre 0,50{,}5 ?

L'intervalle [0;1][0 ; 1] contient une infinité indénombrable de nombres réels. La probabilité d'obtenir une valeur ponctuelle isolée est rigoureusement nulle : P(X=0,5)=0P(X = 0{,}5) = 0. Pour une grandeur continue, on ne mesure pas la probabilité d'un point isolé, mais celle d'un intervalle.

Définition · 29

Variable aléatoire continue et densité de probabilité

Une variable aléatoire réelle XX est dite continue lorsque l'ensemble de ses valeurs X(Ω)=IX(\Omega) = I est un intervalle de R\mathbb{R} non réduit à un point.

Pour toute variable aléatoire continue, la probabilité en tout point isolé aa est nulle :

P(X=a)=0P(X = a) = 0

Une fonction ff continue (ou continue par morceaux) et positive sur II est appelée densité de probabilité de XX si son intégrale totale vaut 11 :

If(t)dt=1\int_I f(t) \, dt = 1

La probabilité que XX appartienne à un intervalle [a;b][a ; b] est l'intégrale de sa densité :

P(aXb)=abf(t)dtP(a \le X \le b) = \int_a^b f(t) \, dt

Exemple travaillé · 30

Soit ff la fonction définie sur [0;1][0 ; 1] par f(t)=λt4f(t) = \lambda t^4, avec λ>0\lambda > 0. Détermine le réel λ\lambda pour que ff soit une densité de probabilité sur [0;1][0 ; 1], puis calcule P(0,2X0,6)P(0{,}2 \le X \le 0{,}6).

1

La fonction ff est continue et strictement positive sur [0;1][0 ; 1]. Pour être une densité de probabilité, son intégrale sur [0;1][0 ; 1] doit être égale à 11 :

2
01λt4dt=1\int_0^1 \lambda t^4 \, dt = 1
3

On calcule l'intégrale :

4
λ[t55]01=1    λ5=1    λ=5\lambda \left[\frac{t^5}{5}\right]_0^1 = 1 \iff \frac{\lambda}{5} = 1 \iff \lambda = 5
5

La densité de probabilité est donc f(t)=5t4f(t) = 5t^4. On calcule ensuite la probabilité sur l'intervalle [0,2;0,6][0{,}2 ; 0{,}6] :

6
P(0,2X0,6)=0,20,65t4dt=[t5]0,20,6P(0{,}2 \le X \le 0{,}6) = \int_{0{,}2}^{0{,}6} 5t^4 \, dt = \left[t^5\right]_{0{,}2}^{0{,}6}
7
(0,6)5(0,2)5=0,077760,00032=0,07744(0{,}6)^5 - (0{,}2)^5 = 0{,}07776 - 0{,}00032 = 0{,}07744

Piège classique · 31

Soit XX une variable aléatoire continue de densité ff sur [0;2][0 ; 2]. Sachant que P(0X1)=0,40P(0 \le X \le 1) = 0{,}40, que vaut la probabilité avec inégalités strictes P(0<X<1)P(0 < X < 1) ?

Attention

Penser que P(0<X<1)<P(0X1)P(0 < X < 1) < P(0 \le X \le 1) en essayant d'exclure les extrémités comme pour une loi discrète.

À la place : Pour toute variable continue, la probabilité en tout point isolé est nulle : P(X=0)=0P(X = 0) = 0 et P(X=1)=0P(X = 1) = 0. Les inégalités strictes et larges ont donc exactement la même probabilité : P(0<X<1)=P(0X1)=0,40P(0 < X < 1) = P(0 \le X \le 1) = 0{,}40.

Exemple travaillé · 32

Soit XX une variable aléatoire continue dont la fonction de répartition FF est définie sur R\mathbb{R} par :
F(x)={0si x<02xx2si 0x11si x>1F(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x < 0 \\ 2x - x^2 & \text{si } 0 \le x \le 1 \\ 1 & \text{si } x > 1 \end{cases}
Détermine la densité ff de XX, puis calcule P(0,25X0,5)P(0{,}25 \le X \le 0{,}5).

1

Sur ]0;1[]0 ; 1[, la fonction FF est dérivable et la densité ff est sa dérivée :

2
f(x)=F(x)=(2xx2)=22x=2(1x)f(x) = F'(x) = (2x - x^2)' = 2 - 2x = 2(1 - x)
3

Pour x<0x < 0 et x>1x > 1, F(x)=0F'(x) = 0. La densité ff de XX est donc :

4
f(x)={2(1x)si x[0;1]0sinonf(x) = \begin{cases} 2(1 - x) & \text{si } x \in [0 ; 1] \\ 0 & \text{sinon} \end{cases}
5

Pour calculer la probabilité d'un intervalle, on applique directement la fonction de répartition :

6
P(0,25X0,5)=F(0,5)F(0,25)P(0{,}25 \le X \le 0{,}5) = F(0{,}5) - F(0{,}25)
7

On évalue FF aux bornes :

8
F(0,5)=2(0,5)(0,5)2=10,25=0,75F(0{,}5) = 2(0{,}5) - (0{,}5)^2 = 1 - 0{,}25 = 0{,}75
9
F(0,25)=2(0,25)(0,25)2=0,50,0625=0,4375F(0{,}25) = 2(0{,}25) - (0{,}25)^2 = 0{,}5 - 0{,}0625 = 0{,}4375
10
P(0,25X0,5)=0,750,4375=0,3125=516P(0{,}25 \le X \le 0{,}5) = 0{,}75 - 0{,}4375 = 0{,}3125 = \frac{5}{16}

Vérification · 33

Soit ff la fonction définie sur [0;2][0 ; 2] par f(x)=cxf(x) = c x, où cc est un réel positif. Détermine la valeur de cc pour que ff soit une densité de probabilité sur [0;2][0 ; 2].

Remarque

L'intégrale sur [0;2][0 ; 2] doit être égale à 11 :
02cxdx=c[x22]02=c×42=2c\int_0^2 cx \, dx = c \left[\frac{x^2}{2}\right]_0^2 = c \times \frac{4}{2} = 2c
On a donc 2c=1    c=0,52c = 1 \iff c = 0{,}5.

Point de départ · 34

On choisit un réel au hasard dans l'intervalle [2;6][2 ; 6]. Quelle doit être la hauteur constante kk de la fonction densité sur cet intervalle pour que l'aire totale sous la courbe soit égale à 11 ?

L'amplitude de l'intervalle est 62=46 - 2 = 4. L'aire d'un rectangle de base 44 et de hauteur kk vaut 4k4k. Pour avoir une aire égale à 11, il faut 4k=1    k=14=0,254k = 1 \iff k = \frac{1}{4} = 0{,}25. C'est le principe de la loi uniforme continue.

Définition · 35

Loi uniforme sur un segment [a ; b]

Une variable aléatoire continue XX suit la loi uniforme sur l'intervalle [a;b][a ; b] (avec a<ba < b) si sa densité de probabilité ff est constante sur [a;b][a ; b] :

f(x)={1basi axb0sinonf(x) = \begin{cases} \frac{1}{b - a} & \text{si } a \le x \le b \\ 0 & \text{sinon} \end{cases}

Sa fonction de répartition FF est affine sur [a;b][a ; b] :

F(x)={0si x<axabasi axb1si x>bF(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x < a \\ \frac{x - a}{b - a} & \text{si } a \le x \le b \\ 1 & \text{si } x > b \end{cases}

L'espérance mathématique et la variance de XX sont données par :

E(X)=a+b2;V(X)=(ba)212E(X) = \frac{a + b}{2} \quad ; \quad V(X) = \frac{(b - a)^2}{12}

Exemple travaillé · 36

Soit XX une variable aléatoire continue qui suit une loi uniforme sur [2;5][2 ; 5]. Détermine sa densité ff, son espérance E(X)E(X), sa variance V(X)V(X) et la probabilité P(3X4)P(3 \le X \le 4).

1

L'amplitude de l'intervalle est ba=52=3b - a = 5 - 2 = 3.

2

La densité de probabilité ff est donc définie par :

3
f(x)={13si 2x50sinonf(x) = \begin{cases} \frac{1}{3} & \text{si } 2 \le x \le 5 \\ 0 & \text{sinon} \end{cases}
4

On applique la formule de l'espérance mathématique :

5
E(X)=a+b2=2+52=72=3,5E(X) = \frac{a + b}{2} = \frac{2 + 5}{2} = \frac{7}{2} = 3{,}5
6

On applique la formule de la variance théorique :

7
V(X)=(ba)212=(52)212=912=34=0,75V(X) = \frac{(b - a)^2}{12} = \frac{(5 - 2)^2}{12} = \frac{9}{12} = \frac{3}{4} = 0{,}75
8

Pour [3;4][2;5][3 ; 4] \subset [2 ; 5], la probabilité est le rapport des longueurs :

9
P(3X4)=4352=13P(3 \le X \le 4) = \frac{4 - 3}{5 - 2} = \frac{1}{3}

Piège classique · 37

Soit XX suivant la loi uniforme sur [2;5][2 ; 5]. On cherche à calculer la probabilité P(1X4)P(1 \le X \le 4). Que vaut cette probabilité ?

Attention

Appliquer la formule 4152=33=1\frac{4 - 1}{5 - 2} = \frac{3}{3} = 1 en ignorant que la borne inférieure 11 est en dehors du support [2;5][2 ; 5].

À la place : La variable XX ne prend aucune valeur en dehors de [2;5][2 ; 5]. Sur l'intervalle [1;2[[1 ; 2[, la densité est nulle et F(x)=0F(x) = 0. L'événement (1X4)(1 \le X \le 4) équivaut donc à (2X4)(2 \le X \le 4) : P(1X4)=P(2X4)=4252=23P(1 \le X \le 4) = P(2 \le X \le 4) = \frac{4 - 2}{5 - 2} = \frac{2}{3}.

Exemple travaillé · 38

Un bus passe à un arrêt toutes les 1010 minutes (à t=0t = 0, t=10t = 10 et t=20t = 20). Un usager se présente à l'arrêt à un instant TT modélisé par une variable suivant la loi uniforme sur [0;20][0 ; 20]. Calcule la probabilité que l'usager attende moins de 33 minutes le prochain bus.

1

L'usager attend moins de 33 minutes s'il arrive entre 77 et 1010 minutes, ou entre 1717 et 2020 minutes.

2

L'événement favorable est donc la réunion disjointe des intervalles [7;10][7 ; 10] et [17;20][17 ; 20] :

3
P(attente<3)=P(7T10)+P(17T20)P(\text{attente} < 3) = P(7 \le T \le 10) + P(17 \le T \le 20)
4

La densité de TT sur [0;20][0 ; 20] est f(t)=1200=120f(t) = \frac{1}{20 - 0} = \frac{1}{20}. On calcule chaque probabilité :

5
P(7T10)=10720=320P(7 \le T \le 10) = \frac{10 - 7}{20} = \frac{3}{20}
6
P(17T20)=201720=320P(17 \le T \le 20) = \frac{20 - 17}{20} = \frac{3}{20}
7

On fait la somme des deux probabilités disjointes :

8
P(attente<3)=320+320=620=310=0,3P(\text{attente} < 3) = \frac{3}{20} + \frac{3}{20} = \frac{6}{20} = \frac{3}{10} = 0{,}3

Vérification · 39

Soit XX une variable aléatoire suivant une loi uniforme sur l'intervalle [0;8][0 ; 8]. Détermine l'espérance E(X)E(X) et la probabilité P(X6)P(X \ge 6).

Remarque

Pour une loi uniforme sur [0;8][0 ; 8], l'espérance est le milieu de l'intervalle : E(X)=0+82=4E(X) = \frac{0 + 8}{2} = 4. Pour P(X6)P(X \ge 6), on calcule la probabilité de [6;8][6 ; 8] : P(6X8)=8680=28=0,25P(6 \le X \le 8) = \frac{8 - 6}{8 - 0} = \frac{2}{8} = 0{,}25.

Point de départ · 40

Une ampoule a déjà fonctionné pendant 10001000 heures sans griller. Si son fonctionnement est sans usure physique (la probabilité de tomber en panne dans l'heure qui vient reste identique quel que soit son âge), quelle est la probabilité qu'elle fonctionne encore 500500 heures de plus ?

Elle est exactement égale à la probabilité qu'une ampoule neuve fonctionne au moins 500500 heures. Le temps déjà écoulé n'affecte pas la durée résiduelle : c'est la propriété sans vieillissement, modélisée par la loi exponentielle.

Définition · 41

Loi exponentielle de paramètre λ\lambda

Soit λ\lambda un réel strictement positif. Une variable aléatoire continue XX suit une loi exponentielle de paramètre λ\lambda sur [0;+[[0 ; +\infty[ si sa densité ff est définie sur R\mathbb{R} par :

f(t)={λeλtsi t00si t<0f(t) = \begin{cases} \lambda e^{-\lambda t} & \text{si } t \ge 0 \\ 0 & \text{si } t < 0 \end{cases}

Sa fonction de répartition FF est définie pour tout réel xx par :

F(x)={0si x<01eλxsi x0F(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x < 0 \\ 1 - e^{-\lambda x} & \text{si } x \ge 0 \end{cases}

Pour tous réels 0ab0 \le a \le b, la probabilité d'un intervalle et la probabilité de dépassement s'écrivent :

P(aXb)=eλaeλb;P(X>t)=eλtP(a \le X \le b) = e^{-\lambda a} - e^{-\lambda b} \quad ; \quad P(X > t) = e^{-\lambda t}

L'espérance mathématique et la variance de XX sont données par :

E(X)=1λ;V(X)=1λ2E(X) = \frac{1}{\lambda} \quad ; \quad V(X) = \frac{1}{\lambda^2}

Exemple travaillé · 42

La durée de vie TT (en années) d'un moteur suit une loi exponentielle de paramètre λ\lambda. La durée de vie moyenne de ce moteur est de 55 ans. Détermine la valeur de λ\lambda, puis calcule la probabilité que le moteur fonctionne entre 22 et 44 ans.

1

La durée de vie moyenne correspond à l'espérance mathématique :

2
E(T)=1λ=5    λ=15=0,2E(T) = \frac{1}{\lambda} = 5 \iff \lambda = \frac{1}{5} = 0{,}2
3

Pour calculer P(2T4)P(2 \le T \le 4), on utilise la différence des exponentielles :

4
P(2T4)=e0,2×2e0,2×4=e0,4e0,8P(2 \le T \le 4) = e^{-0{,}2 \times 2} - e^{-0{,}2 \times 4} = e^{-0{,}4} - e^{-0{,}8}
5

On évalue numériquement les deux termes : e0,40,6703e^{-0{,}4} \approx 0{,}6703 et e0,80,4493e^{-0{,}8} \approx 0{,}4493.

6
P(2T4)0,67030,4493=0,2210P(2 \le T \le 4) \approx 0{,}6703 - 0{,}4493 = 0{,}2210

Définition · 43

Durée de vie sans vieillissement (absence de mémoire)

La loi exponentielle est la seule loi continue caractérisée par la propriété d'absence de mémoire.

Pour tous réels positifs ss et tt, la probabilité conditionnelle qu'un système dure au moins s+ts + t sachant qu'il a déjà fonctionné ss unités de temps est égale à la probabilité qu'un système neuf dépasse la durée tt :

P(X>s+tX>s)=P(X>t)=eλtP(X > s + t \mid X > s) = P(X > t) = e^{-\lambda t}

Le temps de fonctionnement déjà accumulé n'a aucune influence sur la durée de vie future de l'appareil.

Piège classique · 44

La durée de vie d'un composant suit une loi exponentielle de paramètre λ=0,25\lambda = 0{,}25. Sachant qu'il a déjà fonctionné 44 ans sans panne, quelle formule donne directement la probabilité qu'il fonctionne au moins 22 ans supplémentaires ?

Attention

Recalculer le quotient complet de probabilité conditionnelle P(X>6)P(X>4)\frac{P(X > 6)}{P(X > 4)} à grand renfort d'intégrales impropres.

À la place : La loi exponentielle est sans vieillissement : P(X>4+2X>4)=P(X>2)=e0,25×2=e0,5P(X > 4 + 2 \mid X > 4) = P(X > 2) = e^{-0{,}25 \times 2} = e^{-0{,}5}. Le temps passé (44 ans) n'intervient plus.

Exemple travaillé · 45

La durée de vie XX (en semaines) d'un composant électronique suit une loi exponentielle de paramètre λ>0\lambda > 0. On sait qu'environ 50%50\% des composants fonctionnent encore après 200200 semaines (P(X200)=0,5P(X \ge 200) = 0{,}5). Montre que λ=ln2200\lambda = \frac{\ln 2}{200}, puis détermine la probabilité qu'un composant dure plus de 300300 semaines.

1

La condition P(X200)=0,5P(X \ge 200) = 0{,}5 se traduit avec la formule exponentielle :

2
e200λ=0,5=12e^{-200\lambda} = 0{,}5 = \frac{1}{2}
3

On applique la fonction logarithme népérien aux deux membres :

4
200λ=ln(12)=ln2    λ=ln2200-200\lambda = \ln\left(\frac{1}{2}\right) = -\ln 2 \iff \lambda = \frac{\ln 2}{200}
5

Pour évaluer la survie au-delà de 300300 semaines, on calcule P(X>300)P(X > 300) :

6
P(X>300)=e300λ=e300×ln2200=e32ln2P(X > 300) = e^{-300\lambda} = e^{-300 \times \frac{\ln 2}{200}} = e^{-\frac{3}{2}\ln 2}
7

On simplifie l'expression grâce aux propriétés de l'exponentielle :

8
e32ln2=(eln2)3/2=23/2=122=240,35e^{-\frac{3}{2}\ln 2} = \left(e^{\ln 2}\right)^{-3/2} = 2^{-3/2} = \frac{1}{2\sqrt{2}} = \frac{\sqrt{2}}{4} \approx 0{,}35

Vérification · 46

Une variable aléatoire TT suit une loi exponentielle de paramètre λ=0,4\lambda = 0{,}4. Détermine son espérance mathématique E(T)E(T) et la valeur de l'exposant kk pour laquelle P(T>5)=ekP(T > 5) = e^{-k}.

Remarque

L'espérance est E(T)=1λ=10,4=2,5E(T) = \frac{1}{\lambda} = \frac{1}{0{,}4} = 2{,}5. La probabilité de survie vaut P(T>5)=eλ×5=e0,4×5=e2P(T > 5) = e^{-\lambda \times 5} = e^{-0{,}4 \times 5} = e^{-2}, d'où k=2k = 2.

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