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Les Nombres Complexes — cours

3ème année · section Technique · mathématiques, programme officiel tunisien.

Le cours

Point de départ · 1

Dans l'ensemble des réels R\mathbb{R}, l'équation x2+1=0x^2 + 1 = 0 n'admet aucune solution car un carré réel est toujours positif ou nul. Si l'on introduit un nombre imaginaire noté ii solution de cette équation, que vaut i2i^2 ?

Remarque

Par définition, l'élément ii vérifie i2=1i^2 = -1. C'est la base de la construction de l'ensemble des nombres complexes.

Définition · 2

L'ensemble C\mathbb{C} et la forme algébrique

Il existe un ensemble noté C\mathbb{C}, contenant R\mathbb{R}, possédant un élément noté ii tel que i2=1i^2 = -1.

z=a+ib(aR,  bR)z = a + ib \quad (a \in \mathbb{R},\; b \in \mathbb{R})

Cette écriture unique est appelée la forme algébrique (ou cartésienne) de zz.

Vocabulaire

  • Partie réelleRe(z)=a\text{Re}(z) = a
  • Partie imaginaireIm(z)=b\text{Im}(z) = b
b=0    zR;a=0    ziR (imaginaire pur)b = 0 \iff z \in \mathbb{R} \quad ; \quad a = 0 \iff z \in i\mathbb{R} \text{ (imaginaire pur)}

Piège classique · 3

Quelle est la partie imaginaire du nombre complexe z=57iz = 5 - 7i ?

Attention

Répondre que Im(z)=7i\text{Im}(z) = -7i en incluant la lettre ii.

À la place : La partie imaginaire est le coefficient réel situé devant ii, avec son signe : Im(z)=7\text{Im}(z) = -7.

Exemple travaillé · 4

Déterminer la partie réelle et la partie imaginaire des nombres complexes z1=4i3z_1 = 4i - 3, z2=8iz_2 = -8i et z3=5z_3 = \sqrt{5}.

1

Pour z1=4i3z_1 = 4i - 3, on remet sous forme ordonnée z1=3+4iz_1 = -3 + 4i. On en déduit Re(z1)=3\text{Re}(z_1) = -3 et Im(z1)=4\text{Im}(z_1) = 4.

2

Pour z2=8i=08iz_2 = -8i = 0 - 8i, on a Re(z2)=0\text{Re}(z_2) = 0 et Im(z2)=8\text{Im}(z_2) = -8. C'est un nombre imaginaire pur.

3

Pour z3=5=5+0iz_3 = \sqrt{5} = \sqrt{5} + 0i, on a Re(z3)=5\text{Re}(z_3) = \sqrt{5} et Im(z3)=0\text{Im}(z_3) = 0. C'est un nombre réel.

Définition · 5

Égalité de deux nombres complexes

L'écriture algébrique d'un nombre complexe est unique. Deux nombres complexes sont égaux si et seulement s'ils ont même partie réelle et même partie imaginaire.

a+ib=a+ib    a=aetb=b(a,b,a,bR)a + ib = a' + ib' \iff a = a' \quad \text{et} \quad b = b' \quad (a, b, a', b' \in \mathbb{R})

a+ib=0    a=0etb=0a + ib = 0 \iff a = 0 \quad \text{et} \quad b = 0

Exemple travaillé · 6

Déterminer les réels xx et yy vérifiant l'égalité : (2x3y)+i(xy)=74i(2x - 3y) + i(x - y) = 7 - 4i.

1

Par unicité de la forme algébrique, on identifie terme à terme la partie réelle et la partie imaginaire :

2
{2x3y=7xy=4\begin{cases} 2x - 3y = 7 \\ x - y = -4 \end{cases}
3

De la deuxième équation, on tire x=y4x = y - 4. En remplaçant dans la première équation : 2(y4)3y=7    y8=7    y=152(y - 4) - 3y = 7 \iff -y - 8 = 7 \iff y = -15.

4

On en déduit x=154=19x = -15 - 4 = -19. Le couple cherché est (x,y)=(19,15)(x, y) = (-19, -15).

Vérification · 7

Soient xx et yy deux réels vérifiant (x+1)+i(2y6)=0(x + 1) + i(2y - 6) = 0. Détermine xx et yy.

Remarque

Un nombre complexe est nul si et seulement si ses composantes réelle et imaginaire s'annulent : x+1=0    x=1x + 1 = 0 \implies x = -1 et 2y6=0    y=32y - 6 = 0 \implies y = 3.

Définition · 8

Addition et multiplication dans C\mathbb{C}

L'addition et la multiplication dans C\mathbb{C} suivent les mêmes règles algébriques que dans R\mathbb{R}, en appliquant la relation i2=1i^2 = -1.

(a+ib)+(a+ib)=(a+a)+i(b+b)(a + ib) + (a' + ib') = (a + a') + i(b + b')

(a+ib)(a+ib)=(aabb)+i(ab+ba)(a + ib)(a' + ib') = (aa' - bb') + i(ab' + ba')

a,b,a,bRa, b, a', b' \in \mathbb{R}

Piège classique · 9

Quel est le développement sous forme algébrique de (2+3i)2(2 + 3i)^2 ?

Attention

Écrire (2+3i)2=4+12i+9=13+12i(2 + 3i)^2 = 4 + 12i + 9 = 13 + 12i en oubliant que i2=1i^2 = -1.

À la place : Le terme (3i)2(3i)^2 vaut 9i2=99i^2 = -9. On obtient donc 4+12i9=5+12i4 + 12i - 9 = -5 + 12i.

Exemple travaillé · 10

Mettre sous forme algébrique le nombre complexe Z=(12i)(3+i)(2i)2Z = (1 - 2i)(3 + i) - (2 - i)^2.

1

On développe le produit : (12i)(3+i)=3+i6i2i2=35i+2=55i(1 - 2i)(3 + i) = 3 + i - 6i - 2i^2 = 3 - 5i + 2 = 5 - 5i.

2

On développe le carré : (2i)2=44i+i2=44i1=34i(2 - i)^2 = 4 - 4i + i^2 = 4 - 4i - 1 = 3 - 4i.

3

On soustrait les deux expressions obtenues :

4
Z=(55i)(34i)=(53)+i(5+4)=2iZ = (5 - 5i) - (3 - 4i) = (5 - 3) + i(-5 + 4) = 2 - i

Définition · 11

Puissances de l'unité imaginaire ii

Les puissances entières positives de ii sont périodiques de période 4 :

i0=1;i1=i;i2=1;i3=i;i4=1i^0 = 1 \quad ; \quad i^1 = i \quad ; \quad i^2 = -1 \quad ; \quad i^3 = -i \quad ; \quad i^4 = 1

Pour tout entier naturel n=4k+rn = 4k + r avec r{0,1,2,3}r \in \{0, 1, 2, 3\} :

in=i4k+r=(i4)k×ir=1k×ir=iri^n = i^{4k+r} = (i^4)^k \times i^r = 1^k \times i^r = i^r

Exemple travaillé · 12

Déterminer la forme algébrique de Z=3i582i2007Z = 3i^{58} - 2i^{2007}.

1

On effectue la division euclidienne de 58 par 4 : 58=4×14+258 = 4 \times 14 + 2. Le reste est 2, donc i58=i2=1i^{58} = i^2 = -1.

2

On effectue la division euclidienne de 2007 par 4 : 2007=4×501+32007 = 4 \times 501 + 3. Le reste est 3, donc i2007=i3=ii^{2007} = i^3 = -i.

3

On remplace dans l'expression :

4
Z=3(1)2(i)=3+2iZ = 3(-1) - 2(-i) = -3 + 2i

Vérification · 13

Détermine la partie réelle et la partie imaginaire de Z=(1+i)4+i101Z = (1 + i)^4 + i^{101}.

Remarque

On remarque que (1+i)2=2i(1 + i)^2 = 2i, donc (1+i)4=(2i)2=4(1 + i)^4 = (2i)^2 = -4. De plus, 101=4×25+1101 = 4 \times 25 + 1, d'où i101=i1=ii^{101} = i^1 = i. Ainsi, Z=4+iZ = -4 + i.

Définition · 14

Conjugué d'un nombre complexe

Soit z=a+ibz = a + ib un nombre complexe avec a,bRa, b \in \mathbb{R}. On appelle conjugué de zz le nombre complexe noté z\overline{z} défini par :

z=aib\overline{z} = a - ib

Propriétés remarquables reliant un complexe à son conjugué :

z+z=2Re(z)=2a;zz=2iIm(z)=2ibz + \overline{z} = 2\text{Re}(z) = 2a \quad ; \quad z - \overline{z} = 2i\text{Im}(z) = 2ib

zz=(a+ib)(aib)=a2+b2z\overline{z} = (a + ib)(a - ib) = a^2 + b^2

Piège classique · 15

Quel est le conjugué du nombre complexe z=3i5z = 3i - 5 ?

Attention

Changer le signe du premier terme lu sans ordonner la forme algébrique, en écrivant z=3i5\overline{z} = -3i - 5 ou 3i+5-3i + 5.

À la place : La forme ordonnée est z=5+3iz = -5 + 3i. On ne change que le signe de la partie imaginaire : z=53i\overline{z} = -5 - 3i.

Définition · 16

Propriétés algébriques du conjugué et caractérisation

Pour tous nombres complexes zz et zz', et pour tout nZn \in \mathbb{Z} :

z+z=z+z;zz=z×z;(zn)=(z)n\overline{z + z'} = \overline{z} + \overline{z'} \quad ; \quad \overline{zz'} = \overline{z} \times \overline{z'} \quad ; \quad \overline{(z^n)} = (\overline{z})^n

Pour tout complexe z0z' \neq 0 :

(zz)=zz\overline{\left(\frac{z}{z'}\right)} = \frac{\overline{z}}{\overline{z'}}

zR    z=z;ziR    z=zz \in \mathbb{R} \iff z = \overline{z} \quad ; \quad z \in i\mathbb{R} \iff z = -\overline{z}

Exemple travaillé · 17

Écrire sous forme algébrique le quotient Z=23i1+2iZ = \frac{2 - 3i}{1 + 2i}.

1

Pour rendre le dénominateur réel, on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur, soit 12i1 - 2i :

2
Z=(23i)(12i)(1+2i)(12i)Z = \frac{(2 - 3i)(1 - 2i)}{(1 + 2i)(1 - 2i)}
3

Au dénominateur, on applique (a+ib)(aib)=a2+b2(a + ib)(a - ib) = a^2 + b^2 : 12+22=1+4=51^2 + 2^2 = 1 + 4 = 5.

4

Au numérateur, on développe : (23i)(12i)=24i3i+6i2=27i6=47i(2 - 3i)(1 - 2i) = 2 - 4i - 3i + 6i^2 = 2 - 7i - 6 = -4 - 7i.

5
Z=47i5=4575iZ = \frac{-4 - 7i}{5} = -\frac{4}{5} - \frac{7}{5}i

Exemple travaillé · 18

Soit uu un nombre complexe vérifiant uu=1u\overline{u} = 1 avec u1u \neq 1. Démontrer que le nombre Z=1+u1uZ = \frac{1 + u}{1 - u} est un imaginaire pur.

1

Pour prouver que ZZ est imaginaire pur sans poser u=x+iyu = x + iy, on utilise le critère Z=Z\overline{Z} = -Z.

2

On applique la propriété du conjugué d'un quotient :

3
Z=(1+u1u)=1+u1u\overline{Z} = \overline{\left(\frac{1 + u}{1 - u}\right)} = \frac{1 + \overline{u}}{1 - \overline{u}}
4

Puisque uu=1u\overline{u} = 1, on a u=1u\overline{u} = \frac{1}{u}. On substitue dans l'expression :

5
Z=1+1u11u=u+1uu1u=u+1u1\overline{Z} = \frac{1 + \frac{1}{u}}{1 - \frac{1}{u}} = \frac{\frac{u + 1}{u}}{\frac{u - 1}{u}} = \frac{u + 1}{u - 1}
6

En factorisant par 1-1 au dénominateur :

7
Z=1+u(1u)=1+u1u=Z\overline{Z} = \frac{1 + u}{-(1 - u)} = -\frac{1 + u}{1 - u} = -Z
8

Puisque Z=Z\overline{Z} = -Z, le complexe ZZ est bien un imaginaire pur.

Vérification · 19

On pose Z=1+i1iZ = \frac{1 + i}{1 - i}. Détermine sa partie réelle et sa partie imaginaire sous forme algébrique.

Remarque

En multipliant par le conjugué 1+i1 + i au numérateur et au dénominateur : Z=(1+i)212+12=2i2=iZ = \frac{(1+i)^2}{1^2+1^2} = \frac{2i}{2} = i. On en déduit Re(Z)=0\text{Re}(Z) = 0 et Im(Z)=1\text{Im}(Z) = 1.

Définition · 20

Représentation géométrique et affixe d'un point

Le plan est muni d'un repère orthonormé direct (O,u,v)(O, \vec{u}, \vec{v}), appelé plan complexe.

M(x,y)    zM=x+iy(xR,  yR)M(x, y) \iff z_M = x + iy \quad (x \in \mathbb{R},\; y \in \mathbb{R})

Le point MM est le point image du nombre complexe zz. Le nombre zz est l'affixe du point MM (notée zMz_M) ou l'affixe du vecteur OM\vec{OM} (notée zOMz_{\vec{OM}}).

Définition · 21

Affixe d'un vecteur

Soient AA et BB deux points du plan complexe d'affixes respectives zAz_A et zBz_B.

zAB=zBzAz_{\vec{AB}} = z_B - z_A

Propriétés opératoires sur les vecteurs :

zu+v=zu+zv;zku=kzu(kR)z_{\vec{u} + \vec{v}} = z_{\vec{u}} + z_{\vec{v}} \quad ; \quad z_{k\vec{u}} = k z_{\vec{u}} \quad (k \in \mathbb{R})

AB=CD    zBzA=zDzC\vec{AB} = \vec{CD} \iff z_B - z_A = z_D - z_C

Piège classique · 22

Soient AA d'affixe 2+i2 + i et BB d'affixe 1+3i-1 + 3i. Quelle est l'affixe du vecteur AB\vec{AB} ?

Attention

Calculer zAzB=(2+i)(1+3i)=32iz_A - z_B = (2 + i) - (-1 + 3i) = 3 - 2i en inversant l'origine et l'extrémité.

À la place : L'affixe du vecteur AB\vec{AB} est toujours l'affixe de l'extrémité moins celle de l'origine : zAB=zBzA=(1+3i)(2+i)=3+2iz_{\vec{AB}} = z_B - z_A = (-1 + 3i) - (2 + i) = -3 + 2i.

Définition · 23

Milieu d'un segment et centre de gravité

Soient AA, BB et CC trois points d'affixes respectives zAz_A, zBz_B et zCz_C.

zI=zA+zB2(affixe du milieu I de [AB])z_I = \frac{z_A + z_B}{2} \quad \text{(affixe du milieu } I \text{ de } [AB]\text{)}

zG=zA+zB+zC3(affixe du centre de graviteˊ G du triangle ABC)z_G = \frac{z_A + z_B + z_C}{3} \quad \text{(affixe du centre de gravité } G \text{ du triangle } ABC\text{)}

Exemple travaillé · 24

Soient les points A(1+2i)A(1 + 2i), B(3i)B(3 - i) et C(1+4i)C(-1 + 4i). Déterminer l'affixe du point DD tel que ABCDABCD soit un parallélogramme.

1

ABCDABCD est un parallélogramme si et seulement si AB=DC\vec{AB} = \vec{DC}.

2
zBzA=zCzDz_B - z_A = z_C - z_D
3

On isole zDz_D dans l'équation complexe :

4
zD=zCzB+zAz_D = z_C - z_B + z_A
5

On remplace par les affixes données :

6
zD=(1+4i)(3i)+(1+2i)=3+7iz_D = (-1 + 4i) - (3 - i) + (1 + 2i) = -3 + 7i

Vérification · 25

Soient A(32i)A(3 - 2i) et B(1+4i)B(-1 + 4i). Détermine la partie réelle et la partie imaginaire de l'affixe du milieu II de [AB][AB].

Remarque

L'affixe du milieu est zI=zA+zB2=(32i)+(1+4i)2=2+2i2=1+iz_I = \frac{z_A + z_B}{2} = \frac{(3 - 2i) + (-1 + 4i)}{2} = \frac{2 + 2i}{2} = 1 + i, donc Re(zI)=1\text{Re}(z_I) = 1 et Im(zI)=1\text{Im}(z_I) = 1.

Définition · 26

Module d'un nombre complexe et interprétation géométrique

Soit z=a+ibz = a + ib un nombre complexe avec a,bRa, b \in \mathbb{R}. On appelle module de zz le réel positif ou nul noté z|z| défini par :

z=a2+b2=zz|z| = \sqrt{a^2 + b^2} = \sqrt{z\overline{z}}

Dans le plan complexe muni du repère orthonormé direct (O,u,v)(O, \vec{u}, \vec{v}) :

OM=zMetAB=zBzAOM = |z_M| \quad \text{et} \quad AB = |z_B - z_A|

Piège classique · 27

Quel est le module du nombre complexe z=34iz = 3 - 4i ?

Attention

Inclure l'unité imaginaire ii dans le carré sous la racine en écrivant 32+(4i)2=916=7\sqrt{3^2 + (-4i)^2} = \sqrt{9 - 16} = \sqrt{-7}.

À la place : La partie imaginaire est le réel b=4b = -4. On applique la formule sur les réels : z=32+(4)2=9+16=25=5|z| = \sqrt{3^2 + (-4)^2} = \sqrt{9 + 16} = \sqrt{25} = 5.

Définition · 28

Propriétés opératoires du module

Pour tous nombres complexes zz et zz', et pour tout entier naturel n1n \ge 1 :

zz=z×z;zn=zn|zz'| = |z| \times |z'| \quad ; \quad |z^n| = |z|^n

zz=zz(z0);z=z=z=z\left|\frac{z}{z'}\right| = \frac{|z|}{|z'|} \quad (z' \neq 0) \quad ; \quad |\overline{z}| = |-z| = |-\overline{z}| = |z|

z=0    z=0|z| = 0 \iff z = 0

Exemple travaillé · 29

Calculer le module du nombre complexe Z=(1i3)32+2iZ = \frac{(1 - i\sqrt{3})^3}{2 + 2i} sans développer son écriture algébrique.

1

On pose z1=1i3z_1 = 1 - i\sqrt{3} et z2=2+2iz_2 = 2 + 2i. On calcule séparément le module de chaque facteur.

2
z1=12+(3)2=1+3=4=2|z_1| = \sqrt{1^2 + (-\sqrt{3})^2} = \sqrt{1 + 3} = \sqrt{4} = 2
3
z2=22+22=4+4=8=22|z_2| = \sqrt{2^2 + 2^2} = \sqrt{4 + 4} = \sqrt{8} = 2\sqrt{2}
4

On applique les propriétés du quotient et de la puissance des modules :

5
Z=z13z2=z13z2=2322=822=42=22|Z| = \frac{|z_1^3|}{|z_2|} = \frac{|z_1|^3}{|z_2|} = \frac{2^3}{2\sqrt{2}} = \frac{8}{2\sqrt{2}} = \frac{4}{\sqrt{2}} = 2\sqrt{2}

Définition · 30

Lieux géométriques définis par un module

Soient AA et BB deux points d'affixes respectives zAz_A et zBz_B, et R>0R > 0 un réel fixé :

zzA=R    AM=R|z - z_A| = R \iff AM = R

L'ensemble des points M(z)M(z) est le cercle de centre AA et de rayon RR.

zzA=zzB    AM=BM|z - z_A| = |z - z_B| \iff AM = BM

L'ensemble des points M(z)M(z) est la médiatrice du segment [AB][AB].

Exemple travaillé · 31

Déterminer l'ensemble (E)(E) des points M(z)M(z) tels que 2iz4+2i=6|2iz - 4 + 2i| = 6.

1

Pour faire apparaître la forme zzA|z - z_A|, on factorise par 2i2i à l'intérieur du module :

2
2iz4+2i=2i(z+4+2i2i)=6|2iz - 4 + 2i| = \left|2i\left(z + \frac{-4 + 2i}{2i}\right)\right| = 6
3

On simplifie le quotient : 4+2i2i=42i+2i2i=2i+1=2i+1=1+2i\frac{-4 + 2i}{2i} = \frac{-4}{2i} + \frac{2i}{2i} = \frac{-2}{i} + 1 = 2i + 1 = 1 + 2i.

4
2i×z(12i)=6|2i| \times |z - (-1 - 2i)| = 6
5

Puisque 2i=2|2i| = 2, on divise par 2 pour isoler la distance :

6
z(12i)=3    AM=3avec A(12i)|z - (-1 - 2i)| = 3 \iff AM = 3 \quad \text{avec } A(-1 - 2i)
7

L'ensemble (E)(E) est le cercle de centre A(1,2)A(-1, -2) et de rayon 33.

Vérification · 32

Soient A(2i)A(2i) et B(3i)B(3 - i). Détermine le rayon RR du cercle défini par z2i=5|z - 2i| = 5, ainsi que la nature géométrique de l'ensemble des points M(z)M(z) vérifiant z2i=z3+i|z - 2i| = |z - 3 + i|.

Remarque

L'égalité z2i=5|z - 2i| = 5 s'écrit AM=5AM = 5, c'est le cercle de centre AA et de rayon R=5R = 5. L'égalité z2i=z(3i)|z - 2i| = |z - (3 - i)| s'écrit AM=BMAM = BM, ce qui correspond à la médiatrice du segment [AB][AB].

Définition · 33

Argument d'un nombre complexe non nul

Soit zz un nombre complexe non nul d'image MM dans le plan complexe muni du repère orthonormé direct (O,u,v)(O, \vec{u}, \vec{v}).

arg(z)(u,OM)(mod2π)\arg(z) \equiv (\vec{u}, \vec{OM}) \pmod{2\pi}

Toute mesure en radians de l'angle orienté (u,OM)(\vec{u}, \vec{OM}) est appelée un argument de zz.

z0(le nombre 0 n’a pas d’argument)z \neq 0 \quad \text{(le nombre } 0 \text{ n'a pas d'argument)}

Vocabulaire

  • Réel strictement positif (x>0x > 0)arg(x)0(mod2π)\arg(x) \equiv 0 \pmod{2\pi}
  • Réel strictement négatif (x<0x < 0)arg(x)π(mod2π)\arg(x) \equiv \pi \pmod{2\pi}
  • Imaginaire pur positif (y>0y > 0)arg(iy)π2(mod2π)\arg(iy) \equiv \frac{\pi}{2} \pmod{2\pi}
  • Imaginaire pur négatif (y<0y < 0)arg(iy)π2(mod2π)\arg(iy) \equiv -\frac{\pi}{2} \pmod{2\pi}

Définition · 34

Forme trigonométrique d'un nombre complexe

Tout nombre complexe non nul zz s'écrit de manière unique sous la forme :

z=r(cosθ+isinθ)z = r(\cos\theta + i\sin\theta)

r=z>0etθarg(z)(mod2π)r = |z| > 0 \quad \text{et} \quad \theta \equiv \arg(z) \pmod{2\pi}

Pour z=a+ibz = a + ib non nul, le module rr et l'argument θ\theta sont déterminés par :

r=a2+b2;cosθ=ar;sinθ=brr = \sqrt{a^2 + b^2} \quad ; \quad \cos\theta = \frac{a}{r} \quad ; \quad \sin\theta = \frac{b}{r}

Piège classique · 35

Quelle est la forme trigonométrique canonique du nombre complexe Z=2(cosπ3+isinπ3)Z = -2\left(\cos\frac{\pi}{3} + i\sin\frac{\pi}{3}\right) ?

Attention

Affirmer que le module est 2-2 et l'argument π3\frac{\pi}{3}, en oubliant que le module rr doit impérativement être strictement positif.

À la place : Le module est Z=2|Z| = 2. On compense le signe négatif par un déphasage de π\pi : cosθ=cos(θ+π)-\cos\theta = \cos(\theta + \pi) et sinθ=sin(θ+π)-\sin\theta = \sin(\theta + \pi), d'où Z=2(cos4π3+isin4π3)Z = 2\left(\cos\frac{4\pi}{3} + i\sin\frac{4\pi}{3}\right).

Exemple travaillé · 36

Écrire sous forme trigonométrique les nombres complexes z1=3iz_1 = \sqrt{3} - i et z2=2+2iz_2 = -2 + 2i.

1

Pour z1=3iz_1 = \sqrt{3} - i, on calcule son module : z1=(3)2+(1)2=3+1=2|z_1| = \sqrt{(\sqrt{3})^2 + (-1)^2} = \sqrt{3 + 1} = 2.

2

On factorise par le module : z1=2(3212i)z_1 = 2\left(\frac{\sqrt{3}}{2} - \frac{1}{2}i\right). On cherche θ1\theta_1 tel que cosθ1=32\cos\theta_1 = \frac{\sqrt{3}}{2} et sinθ1=12\sin\theta_1 = -\frac{1}{2} (4e quadrant), soit θ1π6(mod2π)\theta_1 \equiv -\frac{\pi}{6} \pmod{2\pi}.

3
z1=2(cos(π6)+isin(π6))z_1 = 2\left(\cos\left(-\frac{\pi}{6}\right) + i\sin\left(-\frac{\pi}{6}\right)\right)
4

Pour z2=2+2iz_2 = -2 + 2i, son module est z2=(2)2+22=8=22|z_2| = \sqrt{(-2)^2 + 2^2} = \sqrt{8} = 2\sqrt{2}.

5

On factorise : z2=22(22+i22)z_2 = 2\sqrt{2}\left(-\frac{\sqrt{2}}{2} + i\frac{\sqrt{2}}{2}\right). On identifie cosθ2=22\cos\theta_2 = -\frac{\sqrt{2}}{2} et sinθ2=22\sin\theta_2 = \frac{\sqrt{2}}{2} (2e quadrant), d'où θ23π4(mod2π)\theta_2 \equiv \frac{3\pi}{4} \pmod{2\pi}.

6
z2=22(cos3π4+isin3π4)z_2 = 2\sqrt{2}\left(\cos\frac{3\pi}{4} + i\sin\frac{3\pi}{4}\right)

Définition · 37

Propriétés des arguments et formule de Moivre

Pour tous nombres complexes non nuls zz et zz', et pour tout entier relatif nZn \in \mathbb{Z} :

arg(zz)arg(z)+arg(z)(mod2π)\arg(zz') \equiv \arg(z) + \arg(z') \pmod{2\pi}

arg(zz)arg(z)arg(z)(mod2π);arg(1z)arg(z)(mod2π)\arg\left(\frac{z}{z'}\right) \equiv \arg(z) - \arg(z') \pmod{2\pi} \quad ; \quad \arg\left(\frac{1}{z}\right) \equiv -\arg(z) \pmod{2\pi}

arg(zn)narg(z)(mod2π);arg(z)arg(z)(mod2π)\arg(z^n) \equiv n\arg(z) \pmod{2\pi} \quad ; \quad \arg(\overline{z}) \equiv -\arg(z) \pmod{2\pi}

Pour tout θR\theta \in \mathbb{R} et tout nZn \in \mathbb{Z}, la formule de Moivre s'énonce :

(cosθ+isinθ)n=cos(nθ)+isin(nθ)(\cos\theta + i\sin\theta)^n = \cos(n\theta) + i\sin(n\theta)

Exemple travaillé · 38

Soit z=1i3z = 1 - i\sqrt{3}. Déterminer la forme algébrique du nombre complexe Z=(1i3)9Z = (1 - i\sqrt{3})^9.

1

On détermine d'abord la forme trigonométrique de zz. Son module est z=12+(3)2=2|z| = \sqrt{1^2 + (-\sqrt{3})^2} = 2.

2
z=2(12i32)=2(cos(π3)+isin(π3))z = 2\left(\frac{1}{2} - i\frac{\sqrt{3}}{2}\right) = 2\left(\cos\left(-\frac{\pi}{3}\right) + i\sin\left(-\frac{\pi}{3}\right)\right)
3

On applique la formule de Moivre pour élever à la puissance 9 :

4
Z=z9=29(cos(9×(π3))+isin(9×(π3)))=512(cos(3π)+isin(3π))Z = z^9 = 2^9 \left(\cos\left(9 \times \left(-\frac{\pi}{3}\right)\right) + i\sin\left(9 \times \left(-\frac{\pi}{3}\right)\right)\right) = 512\left(\cos(-3\pi) + i\sin(-3\pi)\right)
5

Puisque 3π=4π+ππ(mod2π)-3\pi = -4\pi + \pi \equiv \pi \pmod{2\pi}, on a cos(3π)=1\cos(-3\pi) = -1 et sin(3π)=0\sin(-3\pi) = 0 :

6
Z=512(1+0i)=512Z = 512(-1 + 0i) = -512

Vérification · 39

Soit z1=2(cosπ4+isinπ4)z_1 = 2\left(\cos\frac{\pi}{4} + i\sin\frac{\pi}{4}\right) et z2=2(cosπ3+isinπ3)z_2 = \sqrt{2}\left(\cos\frac{\pi}{3} + i\sin\frac{\pi}{3}\right). Détermine le module et un argument du quotient U=z1z2U = \frac{z_1}{z_2}.

Remarque

Par les propriétés du quotient : U=z1z2=22=2|U| = \frac{|z_1|}{|z_2|} = \frac{2}{\sqrt{2}} = \sqrt{2}, et arg(U)arg(z1)arg(z2)π4π3π12(mod2π)\arg(U) \equiv \arg(z_1) - \arg(z_2) \equiv \frac{\pi}{4} - \frac{\pi}{3} \equiv -\frac{\pi}{12} \pmod{2\pi}.

Définition · 40

Angle orienté et quotient d'affixes

Soient AA, BB et CC trois points deux à deux distincts d'affixes respectives zAz_A, zBz_B et zCz_C.

zCzAzBzA=ACABetarg(zCzAzBzA)(AB,AC)(mod2π)\left| \frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} \right| = \frac{AC}{AB} \quad \text{et} \quad \arg\left(\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}\right) \equiv (\vec{AB}, \vec{AC}) \pmod{2\pi}

Caractérisation géométrique des configurations fondamentales :

zCzAzBzAR    A,B et C sont aligneˊs\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} \in \mathbb{R}^* \iff A, B \text{ et } C \text{ sont alignés}
zCzAzBzAiR    (AB)(AC) (triangle rectangle en A)\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} \in i\mathbb{R}^* \iff (AB) \perp (AC) \text{ (triangle rectangle en } A\text{)}

Piège classique · 41

Pour prouver que le triangle ABCABC est rectangle en AA, quelle condition sur le quotient Z=zCzAzBzAZ = \frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} doit-on obtenir ?

Attention

Affirmer que ZZ doit être un nombre réel non nul pour prouver l'angle droit.

À la place : Un quotient réel traduit un angle de 00 ou π\pi, donc l'alignement des points. L'orthogonalité (AB)(AC)(AB) \perp (AC) impose un angle de ±π2\pm \frac{\pi}{2}, ce qui équivaut à un quotient imaginaire pur non nul (ZiRZ \in i\mathbb{R}^*).

Exemple travaillé · 42

Soient les points A(1+i)A(1 + i), B(3+i)B(3 + i) et C(1+3i)C(1 + 3i). Calculer le quotient zCzAzBzA\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} et en déduire la nature du triangle ABCABC.

1

On calcule les affixes des vecteurs AB\vec{AB} et AC\vec{AC} :

2
zBzA=(3+i)(1+i)=2;zCzA=(1+3i)(1+i)=2iz_B - z_A = (3 + i) - (1 + i) = 2 \quad ; \quad z_C - z_A = (1 + 3i) - (1 + i) = 2i
3

On effectue le quotient des deux affixes :

4
zCzAzBzA=2i2=i\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} = \frac{2i}{2} = i
5

On interprète le module pour comparer les longueurs : zCzAzBzA=i=1    ACAB=1    AB=AC\left|\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}\right| = |i| = 1 \implies \frac{AC}{AB} = 1 \implies AB = AC. Le triangle est isocèle en AA.

6

On interprète l'argument pour déterminer l'angle : arg(zCzAzBzA)arg(i)π2(mod2π)    (AB,AC)π2(mod2π)\arg\left(\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}\right) \equiv \arg(i) \equiv \frac{\pi}{2} \pmod{2\pi} \implies (\vec{AB}, \vec{AC}) \equiv \frac{\pi}{2} \pmod{2\pi}.

7

Le triangle ABCABC est un triangle rectangle et isocèle en AA.

Définition · 43

Résolution de l'équation z2=αz^2 = \alpha et forme canonique

Soit α\alpha un nombre réel strictement négatif (α<0\alpha < 0). L'équation z2=αz^2 = \alpha admet dans C\mathbb{C} exactement deux solutions complexes conjuguées imaginaires pures :

z2=α    z=iαouz=iαz^2 = \alpha \iff z = i\sqrt{-\alpha} \quad \text{ou} \quad z = -i\sqrt{-\alpha}

Pour toute équation du second degré à coefficients réels, la mise sous forme canonique permet de se ramener à cette structure :

(zz0)2=α(α<0)    zz0=iαouzz0=iα(z - z_0)^2 = \alpha \quad (\alpha < 0) \iff z - z_0 = i\sqrt{-\alpha} \quad \text{ou} \quad z - z_0 = -i\sqrt{-\alpha}

Exemple travaillé · 44

Résoudre dans C\mathbb{C} l'équation z26z+12=0z^2 - 6z + 12 = 0 par la méthode de la forme canonique.

1

On reconnaît le début d'une identité remarquable : z26z=(z3)29z^2 - 6z = (z - 3)^2 - 9.

2
(z3)29+12=0    (z3)2+3=0    (z3)2=3(z - 3)^2 - 9 + 12 = 0 \iff (z - 3)^2 + 3 = 0 \iff (z - 3)^2 = -3
3

Puisque 3<0-3 < 0, on écrit 3=(i3)2-3 = (i\sqrt{3})^2 :

4
(z3)2=(i3)2(z - 3)^2 = (i\sqrt{3})^2
5

On applique la propriété des racines carrées d'un réel négatif :

6
z3=i3ouz3=i3z - 3 = i\sqrt{3} \quad \text{ou} \quad z - 3 = -i\sqrt{3}
7

L'ensemble des solutions dans C\mathbb{C} est SC={3i3,  3+i3}S_{\mathbb{C}} = \{3 - i\sqrt{3},\; 3 + i\sqrt{3}\}.

Vérification · 45

Résous dans C\mathbb{C} l'équation (z+2)2=16(z + 2)^2 = -16. Détermine les deux solutions complexes conjuguées.

Remarque

Puisque 16=(4i)2-16 = (4i)^2, on a z+2=4iz + 2 = 4i ou z+2=4iz + 2 = -4i. On en déduit z1=2+4iz_1 = -2 + 4i et z2=24iz_2 = -2 - 4i.

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