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Variables aléatoires — cours

4ème année (Bac) · section Sciences expérimentales · mathématiques, programme officiel tunisien.

Le cours

Rappel · 1

Rappel : Dénombrement des tirages simultanés

On tire simultanément 22 boules dans une urne contenant 55 boules indiscernables au toucher. Combien de tirages possibles existe-t-il ?

Remarque

Pour un tirage simultané de pp éléments parmi nn, l'ordre ne compte pas : on utilise les combinaisons Cnp=(np)C_n^p = \binom{n}{p}. Ici, (52)=5×42×1=10\binom{5}{2} = \frac{5 \times 4}{2 \times 1} = 10 tirages possibles.

Point de départ · 2

Associer un nombre à chaque issue

Une urne contient deux boules numérotées 44 et trois boules numérotées 2-2. On tire deux boules simultanément. Si l'on s'intéresse à la somme des deux numéros tirés, quelle somme obtient-on en tirant deux boules portant le numéro 2-2 ?

On obtient (2)+(2)=4(-2) + (-2) = -4. Une variable aléatoire discrète consiste précisément à associer un nombre réel à chaque résultat possible d'une expérience aléatoire.

Définition · 3

Variable aléatoire discrète

Soit (E,P(E),p)(E, \mathcal{P}(E), p) un espace probabilisé fini.

X:ERX : E \to \mathbb{R}

Une variable aléatoire (ou aléa numérique) est une application qui à toute issue de EE associe un nombre réel.

L'ensemble des valeurs prises par XX est noté X(E)={x1,x2,,xn}X(E) = \{x_1, x_2, \ldots, x_n\}. L'événement constitué des issues ayant pour image xix_i est noté :

(X=xi)={aE  ;  X(a)=xi}(X = x_i) = \{a \in E \; ; \; X(a) = x_i\}

Définition · 4

Loi de probabilité d'une variable discrète

Soit XX une variable aléatoire prenant les valeurs X(E)={x1,x2,,xn}X(E) = \{x_1, x_2, \ldots, x_n\}.

PX:X(E)[0;1],xip(X=xi)P_X : X(E) \to [0\,;\,1], \quad x_i \mapsto p(X = x_i)

Définir la loi de probabilité de XX, c'est calculer la probabilité p(X=xi)p(X = x_i) pour chaque valeur xix_i.

Comme les événements (X=xi)(X = x_i) forment une partition de l'univers EE, on a la relation fondamentale :

i=1np(X=xi)=1\sum_{i=1}^n p(X = x_i) = 1

Exemple travaillé · 5

Déterminer la loi d'une variable somme

Une urne contient deux boules numérotées 44 et trois boules numérotées 2-2. On tire simultanément deux boules de l'urne. Soit XX la variable aléatoire égale à la somme des numéros des deux boules tirées. Déterminer la loi de probabilité de XX.

1

Le nombre total de tirages possibles de 22 boules parmi 55 est (52)=10\binom{5}{2} = 10.

2

On détermine les valeurs possibles de la somme XX :
- Deux boules (2)(-2) : (2)+(2)=4(-2) + (-2) = -4.
- Une boule (2)(-2) et une boule 44 : (2)+4=2(-2) + 4 = 2.
- Deux boules 44 : 4+4=84 + 4 = 8.
Ainsi, X(E)={4;2;8}X(E) = \{-4\,;\,2\,;\,8\}.

3

On calcule la probabilité de chaque issue :

p(X=4)=(32)10=310=0,3p(X = -4) = \frac{\binom{3}{2}}{10} = \frac{3}{10} = 0{,}3
4
p(X=2)=(31)×(21)10=3×210=610=0,6p(X = 2) = \frac{\binom{3}{1} \times \binom{2}{1}}{10} = \frac{3 \times 2}{10} = \frac{6}{10} = 0{,}6
5
p(X=8)=(22)10=110=0,1p(X = 8) = \frac{\binom{2}{2}}{10} = \frac{1}{10} = 0{,}1
6

On vérifie la somme des probabilités : 0,3+0,6+0,1=10{,}3 + 0{,}6 + 0{,}1 = 1.

Exemple travaillé · 6

Déterminer une loi par complémentarité

Un glacier propose 55 parfums au choix. Trois clients choisissent, au hasard et indépendamment, un parfum. Soit XX le nombre de parfums distincts choisis par les trois personnes. Déterminer la loi de probabilité de XX.

1

Chaque client a 55 choix possibles de manière indépendante. Le nombre total de configurations est 53=1255^3 = 125.

2

Les clients peuvent choisir 11, 22 ou 33 parfums distincts. Donc X(E)={1;2;3}X(E) = \{1\,;\,2\,;\,3\}.

3

Pour X=1X = 1, les trois clients choisissent le même parfum (55 choix possibles) :

p(X=1)=5125=125=0,04p(X = 1) = \frac{5}{125} = \frac{1}{25} = 0{,}04
4

Pour X=3X = 3, les trois clients choisissent des parfums deux à deux différents (A53=5×4×3=60A_5^3 = 5 \times 4 \times 3 = 60 choix) :

p(X=3)=60125=1225=0,48p(X = 3) = \frac{60}{125} = \frac{12}{25} = 0{,}48
5

Pour X=2X = 2, on utilise la complémentarité à 11 :

p(X=2)=1(p(X=1)+p(X=3))=1(0,04+0,48)=0,48p(X = 2) = 1 - (p(X = 1) + p(X = 3)) = 1 - (0{,}04 + 0{,}48) = 0{,}48

Piège classique · 7

Attention : Tirage simultané ou répétition indépendante ?

Une urne contient 44 boules rouges et 66 boules vertes. On tire simultanément 33 boules. Pour calculer la probabilité d'obtenir exactement 22 boules rouges, quelle formule applique-t-on ?

Attention

Appliquer la formule binomiale (32)(0,4)2(0,6)1\binom{3}{2} (0{,}4)^2 (0{,}6)^1 en supposant que la probabilité d'une boule rouge reste constante égale à 410\frac{4}{10}.

À la place : Le tirage est simultané (sans remise) : la probabilité change à chaque étape. Il faut utiliser les combinaisons : (42)(61)(103)\frac{\binom{4}{2} \binom{6}{1}}{\binom{10}{3}}.

Vérification · 8

Vérification : Condition de normalisation

Soit XX une variable aléatoire prenant les valeurs {1;0;2}\{-1\,;\,0\,;\,2\}. On donne p(X=1)=0,25p(X = -1) = 0{,}25 et p(X=0)=0,45p(X = 0) = 0{,}45. Quelle est la valeur de p(X=2)p(X = 2) ?

Remarque

La somme des probabilités d'une variable aléatoire vaut toujours 11. On en déduit : p(X=2)=1(0,25+0,45)=10,70=0,30p(X = 2) = 1 - (0{,}25 + 0{,}45) = 1 - 0{,}70 = 0{,}30.

Point de départ · 9

Moyenne simple ou moyenne pondérée ?

Un jeu rapporte 1010 dinars avec une probabilité de 0,10{,}1 et 00 dinar avec une probabilité de 0,90{,}9. Si l'on joue un grand nombre de parties, quel gain moyen par partie peut-on espérer ?

La moyenne simple (10+0)/2=5(10 + 0) / 2 = 5 ne convient pas car l'issue 00 est neuf fois plus fréquente que l'issue 1010. Le gain moyen s'obtient en pondérant chaque valeur par sa probabilité : 10×0,1+0×0,9=110 \times 0{,}1 + 0 \times 0{,}9 = 1 dinar. C'est le principe de l'espérance mathématique.

Définition · 10

Espérance mathématique

Soit XX une variable aléatoire discrète prenant les valeurs x1,x2,,xnx_1, x_2, \ldots, x_n avec les probabilités respectives p(X=xi)p(X = x_i).

E(X)=i=1nxip(X=xi)E(X) = \sum_{i=1}^n x_i \, p(X = x_i)

L'espérance mathématique E(X)E(X) représente la moyenne théorique des valeurs prises par XX pondérées par leurs probabilités.

Définition · 11

Variance et écart-type

Pour mesurer la dispersion des valeurs de XX autour de sa moyenne E(X)E(X), on définit la variance et l'écart-type.

V(X)=E((XE(X))2)=E(X2)[E(X)]2V(X) = E\left((X - E(X))^2\right) = E(X^2) - [E(X)]^2

E(X2)=i=1nxi2p(X=xi)E(X^2) = \sum_{i=1}^n x_i^2 \, p(X = x_i)

σ(X)=V(X)\sigma(X) = \sqrt{V(X)}

Remarque

L'égalité V(X)=E(X2)[E(X)]2V(X) = E(X^2) - [E(X)]^2 est la formule de Koenig-Huygens. La variance est toujours positive ou nulle : V(X)0V(X) \ge 0.

Exemple travaillé · 12

Calcul complet des paramètres d'une variable discrète

La loi de probabilité d'une variable aléatoire XX est donnée par le tableau suivant :

| xix_i | 11 | 22 | 33 |
| :--- | :--- | :--- | :--- |
| p(X=xi)p(X = x_i) | 0,040{,}04 | 0,480{,}48 | 0,480{,}48 |

Calculer l'espérance E(X)E(X), la variance V(X)V(X) et l'écart-type σ(X)\sigma(X).

1

On calcule d'abord l'espérance E(X)E(X) :

2
E(X)=1×0,04+2×0,48+3×0,48=0,04+0,96+1,44=2,44E(X) = 1 \times 0{,}04 + 2 \times 0{,}48 + 3 \times 0{,}48 = 0{,}04 + 0{,}96 + 1{,}44 = 2{,}44
3

On calcule le moment d'ordre 2, E(X2)E(X^2) :

4
E(X2)=12×0,04+22×0,48+32×0,48=0,04+1,92+4,32=6,28E(X^2) = 1^2 \times 0{,}04 + 2^2 \times 0{,}48 + 3^2 \times 0{,}48 = 0{,}04 + 1{,}92 + 4{,}32 = 6{,}28
5

On applique la formule de Koenig-Huygens pour obtenir la variance :

6
V(X)=E(X2)[E(X)]2=6,28(2,44)2=6,285,9536=0,3264V(X) = E(X^2) - [E(X)]^2 = 6{,}28 - (2{,}44)^2 = 6{,}28 - 5{,}9536 = 0{,}3264
7

On calcule l'écart-type en prenant la racine carrée de la variance :

8
σ(X)=0,32640,571\sigma(X) = \sqrt{0{,}3264} \approx 0{,}571

Définition · 13

Linéarité de l'espérance et jeu équitable

Soient XX et YY deux variables aléatoires définies sur un même univers fini, et a,bRa, b \in \mathbb{R}.

E(aX+b)=aE(X)+bE(aX + b) = aE(X) + b

E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X + Y) = E(X) + E(Y)

Lorsque XX modélise le gain algébrique d'un joueur (les gains sont comptés positivement et les pertes négativement), le jeu est dit **équitable** si et seulement si son espérance est nulle :

E(X)=0E(X) = 0

Exemple travaillé · 14

Déterminer une perte pour rendre un jeu équitable

Un jeu consiste à lancer deux dés : si les deux faces sont rouges, le joueur gagne 55 dinars (probabilité 536\frac{5}{36}) ; si elles sont vertes, il gagne 22 dinars (probabilité 236\frac{2}{36}) ; si elles sont de couleurs différentes, il perd xx dinars avec x>0x > 0 (probabilité 2936\frac{29}{36}). Déterminer la valeur de xx pour que le jeu soit équitable.

1

Soit XX le gain algébrique du joueur. Les valeurs prises par XX sont 55, 22 et x-x.

2

On exprime l'espérance mathématique E(X)E(X) :

3
E(X)=5(536)+2(236)+(x)(2936)=25+429x36=2929x36E(X) = 5 \left(\frac{5}{36}\right) + 2 \left(\frac{2}{36}\right) + (-x) \left(\frac{29}{36}\right) = \frac{25 + 4 - 29x}{36} = \frac{29 - 29x}{36}
4

Le jeu est équitable si et seulement si E(X)=0E(X) = 0 :

5
2929x36=0    2929x=0    x=1\frac{29 - 29x}{36} = 0 \iff 29 - 29x = 0 \iff x = 1
6

La perte doit donc être fixée à 11 dinar pour que le jeu soit équitable.

Piège classique · 15

Attention : Signe d'une perte dans le gain algébrique

Dans un jeu, un joueur gagne 66 dinars avec une probabilité de 14\frac{1}{4} et perd xx dinars (x>0x > 0) avec une probabilité de 34\frac{3}{4}. Quelle équation traduit que le jeu est équitable ?

Attention

Écrire 6×14+x×34=06 \times \frac{1}{4} + x \times \frac{3}{4} = 0, en affectant un signe positif au montant de la perte xx.

À la place : Une perte de montant xx correspond à un gain algébrique de x-x. L'équation correcte est 6×14+(x)×34=06 \times \frac{1}{4} + (-x) \times \frac{3}{4} = 0, soit 6×14x×34=06 \times \frac{1}{4} - x \times \frac{3}{4} = 0, ce qui donne x=2x = 2 dinars.

Vérification · 16

Vérification : Linéarité de l'espérance

Soit XX une variable aléatoire telle que E(X)=3,5E(X) = 3{,}5. On pose Y=2X+3Y = -2X + 3. Calculer E(Y)E(Y) sans déterminer la loi de YY.

Remarque

Par linéarité de l'espérance, E(aX+b)=aE(X)+bE(aX + b) = aE(X) + b. On a donc : E(Y)=2E(X)+3=2×3,5+3=7+3=4E(Y) = -2E(X) + 3 = -2 \times 3{,}5 + 3 = -7 + 3 = -4.

Point de départ · 17

Cumuler les probabilités jusqu'à un seuil

Une variable aléatoire discrète XX prend les valeurs 00, 11, 22 et 33 avec les probabilités respectives 0,1250{,}125, 0,3750{,}375, 0,3750{,}375 et 0,1250{,}125. Si l'on s'intéresse à la probabilité d'obtenir au plus 11, c'est-à-dire p(X1)p(X \le 1), quelle valeur calcule-t-on ?

L'événement (X1)(X \le 1) est la réunion disjointe des événements (X=0)(X = 0) et (X=1)(X = 1). On cumule leurs probabilités : p(X1)=p(X=0)+p(X=1)=0,125+0,375=0,5p(X \le 1) = p(X = 0) + p(X = 1) = 0{,}125 + 0{,}375 = 0{,}5. La fonction qui associe à tout réel xx la probabilité cumulée p(Xx)p(X \le x) s'appelle la fonction de répartition de XX.

Définition · 18

Fonction de répartition d'une variable aléatoire

Soit (E,P(E),p)(E, \mathcal{P}(E), p) un espace probabilisé fini et XX une variable aléatoire sur EE.

F:R[0;1],xp(Xx)F : \mathbb{R} \to [0\,;\,1], \quad x \mapsto p(X \le x)

L'application FF est appelée fonction de répartition de XX.

Pour une variable aléatoire discrète prenant les valeurs ordonnées x1<x2<<xnx_1 < x_2 < \ldots < x_n :

- Pour tout x<x1x < x_1, F(x)=0F(x) = 0.

- Pour tout k{1,,n1}k \in \{1, \ldots, n-1\} et x[xk;xk+1[x \in [x_k\,;\,x_{k+1}[, F(x)=i=1kp(X=xi)F(x) = \sum_{i=1}^k p(X = x_i).

- Pour tout xxnx \ge x_n, F(x)=1F(x) = 1.

Remarque

FF est une fonction en escalier, croissante sur R\mathbb{R}, et continue à droite en tout point.

Exemple travaillé · 19

Écrire la fonction de répartition par morceaux

Soit XX une variable aléatoire prenant les valeurs {0;1;2}\{0\,;\,1\,;\,2\} dont la loi de probabilité est donnée par :
p(X=0)=0,2p(X = 0) = 0{,}2, p(X=1)=0,5p(X = 1) = 0{,}5 et p(X=2)=0,3p(X = 2) = 0{,}3.
Déterminer l'expression de la fonction de répartition FF de XX pour tout réel xx.

1

Pour x<0x < 0, aucune valeur de XX n'est inférieure ou égale à xx :

F(x)=0F(x) = 0
2

Pour 0x<10 \le x < 1, seule la valeur X=0X = 0 est prise en compte :

F(x)=p(X=0)=0,2F(x) = p(X = 0) = 0{,}2
3

Pour 1x<21 \le x < 2, les valeurs possibles inférieures ou égales à xx sont 00 et 11 :

F(x)=p(X=0)+p(X=1)=0,2+0,5=0,7F(x) = p(X = 0) + p(X = 1) = 0{,}2 + 0{,}5 = 0{,}7
4

Pour x2x \ge 2, toutes les valeurs de XX sont atteintes :

F(x)=p(X=0)+p(X=1)+p(X=2)=1F(x) = p(X = 0) + p(X = 1) + p(X = 2) = 1
5

On consigne l'expression de FF définie sur R\mathbb{R} tout entier :

F(x)={0si x<00,2si 0x<10,7si 1x<21si x2F(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x < 0 \\ 0{,}2 & \text{si } 0 \le x < 1 \\ 0{,}7 & \text{si } 1 \le x < 2 \\ 1 & \text{si } x \ge 2 \end{cases}

Piège classique · 20

Attention : Nature des intervalles des paliers

Soit XX une variable aléatoire prenant les valeurs 00, 11 et 22. Entre les valeurs 00 et 11, sur quel intervalle la fonction de répartition FF est-elle constante égale à p(X=0)p(X = 0) ?

Attention

Écrire l'intervalle sous la forme ]0;1]]0\,;\,1] en fermant à droite et en ouvrant à gauche.

À la place : En x=0x = 0, on a F(0)=p(X0)=p(X=0)F(0) = p(X \le 0) = p(X = 0). Dès que xx atteint 11, la probabilité ponctuelle p(X=1)p(X = 1) s'ajoute immédiatement. Le palier où F(x)=p(X=0)F(x) = p(X = 0) est donc fermé en 00 et ouvert en 11, soit l'intervalle [0;1[[0\,;\,1[.

Exemple travaillé · 21

Déterminer une probabilité ponctuelle par un saut

La fonction de répartition FF d'une variable aléatoire discrète XX est donnée sur R\mathbb{R} par :
- F(x)=0F(x) = 0 si x<0x < 0
- F(x)=0,1F(x) = 0{,}1 si 0x<10 \le x < 1
- F(x)=0,4F(x) = 0{,}4 si 1x<21 \le x < 2
- F(x)=1F(x) = 1 si x2x \ge 2
Calculer la probabilité ponctuelle p(X=1)p(X = 1).

1

Pour tout x<1x < 1, on a F(x)=0,1F(x) = 0{,}1. La limite à gauche de FF en 11 vaut donc :

limx1F(x)=0,1\lim_{x \to 1^-} F(x) = 0{,}1
2

En x=1x = 1, la fonction prend la valeur du palier supérieur :

F(1)=0,4F(1) = 0{,}4
3

La probabilité de l'événement élémentaire (X=1)(X = 1) est égale à l'amplitude du saut en x=1x = 1 :

p(X=1)=F(1)limx1F(x)=0,40,1=0,3p(X = 1) = F(1) - \lim_{x \to 1^-} F(x) = 0{,}4 - 0{,}1 = 0{,}3

Piège classique · 22

Attention : Valeur cumulée ou probabilité ponctuelle ?

La fonction de répartition d'une variable discrète XX vaut 0,30{,}3 sur [1;2[[1\,;\,2[ et 0,80{,}8 sur [2;3[[2\,;\,3[. Quelle est la valeur de p(X=2)p(X = 2) ?

Attention

Répondre 0,80{,}8, en confondant la probabilité ponctuelle p(X=2)p(X = 2) avec la valeur cumulée F(2)=p(X2)F(2) = p(X \le 2).

À la place : F(2)=0,8F(2) = 0{,}8 est la probabilité que XX soit inférieure ou égale à 22. La probabilité que XX soit exactement égale à 22 est le saut franchi en 22 : p(X=2)=F(2)limx2F(x)=0,80,3=0,5p(X = 2) = F(2) - \lim_{x \to 2^-} F(x) = 0{,}8 - 0{,}3 = 0{,}5.

Vérification · 23

Vérification : Exploitation complète d'une fonction de répartition

Une variable aléatoire discrète XX a pour fonction de répartition :
F(x)={0si x<10,25si 1x<10,65si 1x<31si x3F(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x < -1 \\ 0{,}25 & \text{si } -1 \le x < 1 \\ 0{,}65 & \text{si } 1 \le x < 3 \\ 1 & \text{si } x \ge 3 \end{cases}
Déterminer p(X0)p(X \le 0) puis calculer la probabilité ponctuelle p(X=1)p(X = 1).

Remarque

Comme 0[1;1[0 \in [-1\,;\,1[, on a directement p(X0)=F(0)=0,25p(X \le 0) = F(0) = 0{,}25. Pour la valeur ponctuelle en 11, on calcule l'amplitude du saut : p(X=1)=F(1)limx1F(x)=0,650,25=0,40p(X = 1) = F(1) - \lim_{x \to 1^-} F(x) = 0{,}65 - 0{,}25 = 0{,}40.

Point de départ · 24

Compter les succès dans des épreuves répétées

On lance une pièce équilibrée 33 fois de suite de façon indépendante. On s'intéresse au nombre de fois où la face Pile apparaît. Combien d'issues donnent exactement 11 fois Pile ?

Il y a 33 issues : (P,F,F)(P, F, F), (F,P,F)(F, P, F) et (F,F,P)(F, F, P). Dès que le nombre de lancers augmente, lister toutes les issues devient vite impraticable. On a besoin d'une formule générale pour calculer la probabilité d'obtenir kk succès parmi nn répétitions : c'est le rôle du schéma de Bernoulli et de la loi binomiale.

Définition · 25

Épreuve et schéma de Bernoulli

Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire ne comportant que deux issues contraires :

S (le succeˋs) de probabiliteˊ p,et S (l’eˊchec) de probabiliteˊ 1pS \text{ (le succès) de probabilité } p, \quad \text{et } \overline{S} \text{ (l'échec) de probabilité } 1-p

La répétition de nn épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes constitue un schéma de Bernoulli de paramètres nn et pp.

Définition · 26

Loi binomiale, espérance et variance

Soit un schéma de Bernoulli de nn épreuves indépendantes avec une probabilité de succès pp. On note XX la variable aléatoire égale au nombre total de succès obtenus.

La variable XX suit la loi binomiale de paramètres nn et pp, notée B(n,p)\mathcal{B}(n, p).

X(E)={0,1,2,,n}X(E) = \{0, 1, 2, \ldots, n\}

p(X=k)=(nk)pk(1p)nkpour tout k{0,1,,n}p(X = k) = \binom{n}{k} p^k (1-p)^{n-k} \quad \text{pour tout } k \in \{0, 1, \ldots, n\}

L'espérance mathématique, la variance et l'écart-type de XX sont donnés par :

E(X)=np,V(X)=np(1p),σ(X)=np(1p)E(X) = n p, \quad V(X) = n p (1 - p), \quad \sigma(X) = \sqrt{n p (1 - p)}

Exemple travaillé · 27

Calculer une probabilité binomiale ponctuelle

Un joueur de fléchettes atteint sa cible avec une probabilité p=0,9p = 0{,}9. Il lance 55 fois de suite de façon indépendante. Soit XX le nombre de tirs réussis. Calculer la probabilité d'obtenir exactement 33 tirs réussis.

1

Les 55 tirs sont identiques et indépendants, à deux issues possibles. La variable XX suit donc la loi binomiale B(5;0,9)\mathcal{B}(5\,;\,0{,}9).

2

On applique la formule binomiale avec n=5n = 5, p=0,9p = 0{,}9 et k=3k = 3 :

p(X=3)=(53)(0,9)3(0,1)53p(X = 3) = \binom{5}{3} (0{,}9)^3 (0{,}1)^{5-3}
3

On calcule le coefficient binomial (53)=5×4×33×2×1=10\binom{5}{3} = \frac{5 \times 4 \times 3}{3 \times 2 \times 1} = 10.

4

On effectue le calcul des puissances :

p(X=3)=10×(0,9)3×(0,1)2=10×0,729×0,01=0,0729p(X = 3) = 10 \times (0{,}9)^3 \times (0{,}1)^2 = 10 \times 0{,}729 \times 0{,}01 = 0{,}0729

Exemple travaillé · 28

Probabilité d'au moins un succès

Un lot de graines a un taux de germination de 80%80\,\% (p=0,8p = 0{,}8). On plante 44 graines indépendamment les unes des autres. Soit XX le nombre de graines qui germent. Calculer la probabilité d'obtenir au moins une plante.

1

XX suit la loi binomiale B(4;0,8)\mathcal{B}(4\,;\,0{,}8). L'événement « obtenir au moins une plante » est (X1)(X \ge 1).

2

L'événement contraire de (X1)(X \ge 1) est (X=0)(X = 0) (« aucune graine ne germe ») :

p(X=0)=(40)(0,8)0(0,2)4=1×1×(0,2)4=0,0016p(X = 0) = \binom{4}{0} (0{,}8)^0 (0{,}2)^4 = 1 \times 1 \times (0{,}2)^4 = 0{,}0016
3

On en déduit la probabilité d'au moins un succès par passage au complémentaire :

p(X1)=1p(X=0)=10,0016=0,9984p(X \ge 1) = 1 - p(X = 0) = 1 - 0{,}0016 = 0{,}9984

Piège classique · 29

Attention : Inversion du sens d'inégalité avec le logarithme

On cherche le plus petit entier nn tel que (0,9)n0,05(0{,}9)^n \le 0{,}05. Après passage au logarithme népérien, on obtient nln(0,9)ln(0,05)n \ln(0{,}9) \le \ln(0{,}05). Quelle est l'étape suivante pour isoler nn ?

Attention

Conserver le sens de l'inégalité en écrivant nln(0,05)ln(0,9)n \le \frac{\ln(0{,}05)}{\ln(0{,}9)}.

À la place : Comme 0,9<10{,}9 < 1, on a ln(0,9)<0\ln(0{,}9) < 0. Diviser par un nombre strictement négatif inverse obligatoirement le sens de l'inégalité : nln(0,05)ln(0,9)n \ge \frac{\ln(0{,}05)}{\ln(0{,}9)}.

Exemple travaillé · 30

Déterminer un nombre minimal d'épreuves pour un seuil

Dans une loterie, chaque billet a une probabilité p=0,01p = 0{,}01 d'être gagnant. Combien de billets doit-on acheter au minimum pour que la probabilité d'avoir au moins un billet gagnant soit supérieure ou égale à 0,50{,}5 ?

1

Soit XX le nombre de billets gagnants parmi nn billets achetés de manière indépendante. XX suit la loi binomiale B(n;0,01)\mathcal{B}(n\,;\,0{,}01).

2

La probabilité d'obtenir au moins un billet gagnant est :

p(X1)=1p(X=0)=1(10,01)n=1(0,99)np(X \ge 1) = 1 - p(X = 0) = 1 - (1 - 0{,}01)^n = 1 - (0{,}99)^n
3

On pose l'inéquation p(X1)0,5p(X \ge 1) \ge 0{,}5 :

1(0,99)n0,5    (0,99)n0,51 - (0{,}99)^n \ge 0{,}5 \iff (0{,}99)^n \le 0{,}5
4

On applique la fonction ln\ln (strictement croissante sur ]0;+[]0\,;\,+\infty[) :

nln(0,99)ln(0,5)n \ln(0{,}99) \le \ln(0{,}5)
5

Comme 0,99<10{,}99 < 1, on a ln(0,99)<0\ln(0{,}99) < 0. On divise par ln(0,99)\ln(0{,}99) en inversant le sens de l'inégalité :

nln(0,5)ln(0,99)n \ge \frac{\ln(0{,}5)}{\ln(0{,}99)}
6

On calcule la valeur numérique : ln(0,5)ln(0,99)0,693150,0100568,97\frac{\ln(0{,}5)}{\ln(0{,}99)} \approx \frac{-0{,}69315}{-0{,}01005} \approx 68{,}97.

7

Comme nn est un entier naturel, il faut acheter au minimum 6969 billets.

Vérification · 31

Vérification : Paramètres de la loi binomiale

Une variable aléatoire XX suit la loi binomiale B(100;0,2)\mathcal{B}(100\,;\,0{,}2). Déterminer son espérance E(X)E(X) et son écart-type σ(X)\sigma(X).

Remarque

Pour XB(n,p)X \sim \mathcal{B}(n, p), l'espérance est E(X)=np=100×0,2=20E(X) = np = 100 \times 0{,}2 = 20. La variance est V(X)=np(1p)=100×0,2×0,8=16V(X) = np(1-p) = 100 \times 0{,}2 \times 0{,}8 = 16. L'écart-type est donc σ(X)=16=4\sigma(X) = \sqrt{16} = 4.

Point de départ · 32

Probabilité d'un nombre précis dans un intervalle continu

On choisit au hasard un nombre réel dans l'intervalle [0;1][0\,;\,1]. Cet intervalle contient une infinité indénombrable de valeurs réelles. Quelle est la probabilité d'obtenir exactement le réel 0,50{,}5 ?

Puisqu'il y a une infinité de réels possibles dans [0;1][0\,;\,1], la probabilité d'obtenir une valeur ponctuelle isolée est nulle : P(X=0,5)=0P(X = 0{,}5) = 0. Pour une variable continue, on ne mesure pas la probabilité d'un point isolé, mais celle d'un intervalle.

Définition · 33

Variable aléatoire continue et densité de probabilité

Soit II un intervalle de R\mathbb{R}. Une fonction ff définie sur II est une densité de probabilité si elle vérifie :

f est continue (ou continue par morceaux) sur If \text{ est continue (ou continue par morceaux) sur } I
xI,f(x)0\forall x \in I, \quad f(x) \ge 0

If(t)dt=1\int_I f(t) \, dt = 1

Pour toute variable aléatoire continue XX admettant ff pour densité, la probabilité que XX appartienne à un intervalle [c;d]I[c\,;\,d] \subset I est :

P(cXd)=cdf(t)dtP(c \le X \le d) = \int_c^d f(t) \, dt

Remarque

Pour tout réel cIc \in I, on a toujours P(X=c)=ccf(t)dt=0P(X = c) = \int_c^c f(t) \, dt = 0. Par conséquent, P(cXd)=P(c<X<d)P(c \le X \le d) = P(c < X < d).

Exemple travaillé · 34

Déterminer un paramètre de densité et calculer une probabilité

Soit ff la fonction définie sur [0;1][0\,;\,1] par f(t)=λt4f(t) = \lambda t^4, où λ>0\lambda > 0.
1. Déterminer λ\lambda pour que ff soit une densité de probabilité sur [0;1][0\,;\,1].
2. Calculer P(0,2X0,6)P(0{,}2 \le X \le 0{,}6).

1

Pour tout λ>0\lambda > 0, la fonction ff est continue et positive sur [0;1][0\,;\,1].

2

Pour être une densité de probabilité, son intégrale sur [0;1][0\,;\,1] doit être égale à 11 :

01λt4dt=1    λ[t55]01=1    λ5=1    λ=5\int_0^1 \lambda t^4 \, dt = 1 \iff \lambda \left[ \frac{t^5}{5} \right]_0^1 = 1 \iff \frac{\lambda}{5} = 1 \iff \lambda = 5
3

La densité est donc définie par f(t)=5t4f(t) = 5t^4 pour tout t[0;1]t \in [0\,;\,1].

4

On calcule ensuite la probabilité de l'intervalle [0,2;0,6][0{,}2\,;\,0{,}6] par intégration :

P(0,2X0,6)=0,20,65t4dt=[t5]0,20,6=(0,6)5(0,2)5P(0{,}2 \le X \le 0{,}6) = \int_{0{,}2}^{0{,}6} 5t^4 \, dt = \left[ t^5 \right]_{0{,}2}^{0{,}6} = (0{,}6)^5 - (0{,}2)^5
5

Comme (0,6)5=0,07776(0{,}6)^5 = 0{,}07776 et (0,2)5=0,00032(0{,}2)^5 = 0{,}00032, on obtient P(0,2X0,6)=0,07744P(0{,}2 \le X \le 0{,}6) = 0{,}07744.

Piège classique · 35

Attention : Valeur de la densité et probabilité ponctuelle

Soit XX une variable aléatoire continue de densité f(t)=5t4f(t) = 5t^4 sur [0;1][0\,;\,1]. Quelle est la probabilité ponctuelle P(X=0,4)P(X = 0{,}4) ?

Attention

Calculer f(0,4)=5×(0,4)4=0,128f(0{,}4) = 5 \times (0{,}4)^4 = 0{,}128 et penser que P(X=0,4)=0,128P(X = 0{,}4) = 0{,}128.

À la place : La valeur f(0,4)f(0{,}4) est la valeur prise par la densité en ce point, ce n'est pas une probabilité. Pour toute variable aléatoire continue, la probabilité en une valeur ponctuelle isolée est toujours nulle : P(X=0,4)=0,40,4f(t)dt=0P(X = 0{,}4) = \int_{0{,}4}^{0{,}4} f(t) \, dt = 0.

Définition · 36

Loi uniforme sur un intervalle [a ; b]

Soit [a;b][a\,;\,b] un intervalle réel (a<ba < b). Une variable aléatoire continue XX suit la loi uniforme sur [a;b][a\,;\,b] si sa densité ff est constante sur [a;b][a\,;\,b] :

f(x)=1bapour tout x[a;b]f(x) = \frac{1}{b - a} \quad \text{pour tout } x \in [a\,;\,b]

Pour tout sous-intervalle [c;d][a;b][c\,;\,d] \subset [a\,;\,b], la probabilité est proportionnelle à sa longueur :

P(cXd)=dcbaP(c \le X \le d) = \frac{d - c}{b - a}

La fonction de répartition FF de XX est définie sur R\mathbb{R} tout entier par :

F(x)={0si x<axabasi axb1si x>bF(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x < a \\ \frac{x - a}{b - a} & \text{si } a \le x \le b \\ 1 & \text{si } x > b \end{cases}

Exemple travaillé · 37

Temps d'attente modélisé par une loi uniforme

Un bus passe toutes les 2020 minutes à un arrêt. Le temps d'attente XX (en minutes) d'un voyageur suit la loi uniforme sur [0;20][0\,;\,20].
1. Calculer la probabilité que le voyageur attende entre 55 et 1111 minutes.
2. Calculer la probabilité qu'il attende plus de 1515 minutes.
3. Exprimer la fonction de répartition FF de XX sur R\mathbb{R}.

1

La densité de XX sur [0;20][0\,;\,20] est constante et vaut f(x)=1200=120f(x) = \frac{1}{20 - 0} = \frac{1}{20}.

2

Pour l'intervalle [5;11][0;20][5\,;\,11] \subset [0\,;\,20], on calcule le rapport des longueurs :

P(5X11)=11520=620=0,3P(5 \le X \le 11) = \frac{11 - 5}{20} = \frac{6}{20} = 0{,}3
3

Attendre plus de 1515 minutes correspond à l'intervalle [15;20][15\,;\,20] :

P(X>15)=201520=520=0,25P(X > 15) = \frac{20 - 15}{20} = \frac{5}{20} = 0{,}25
4

Pour tout x[0;20]x \in [0\,;\,20], la probabilité cumulée est :

F(x)=P(0Xx)=x020=x20F(x) = P(0 \le X \le x) = \frac{x - 0}{20} = \frac{x}{20}
5

On explicite FF sur R\mathbb{R} tout entier :

F(x)={0si x<0x20si 0x201si x>20F(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x < 0 \\ \frac{x}{20} & \text{si } 0 \le x \le 20 \\ 1 & \text{si } x > 20 \end{cases}

Piège classique · 38

Attention : Formule affine hors du support de la loi uniforme

Soit XX une variable aléatoire suivant la loi uniforme sur [30;50][30\,;\,50]. Quelle est la valeur de la fonction de répartition FF au point x=55x = 55 ?

Attention

Calculer 55305030=2520=1,25\frac{55 - 30}{50 - 30} = \frac{25}{20} = 1{,}25 en prolongeant la formule affine au-delà de la borne supérieure.

À la place : L'expression x3020\frac{x - 30}{20} n'est valable que sur l'intervalle [30;50][30\,;\,50]. Une fonction de répartition ne dépasse jamais 11 : pour tout x>50x > 50, l'événement (Xx)(X \le x) est certain, donc F(55)=1F(55) = 1.

Vérification · 39

Vérification : Calculs sur une loi uniforme

Une variable aléatoire XX suit la loi uniforme sur [10;30][10\,;\,30]. Calculer P(14X22)P(14 \le X \le 22) et déterminer la valeur de la fonction de répartition F(5)F(5).

Remarque

L'amplitude de l'intervalle est 3010=2030 - 10 = 20. On a P(14X22)=221420=820=0,4P(14 \le X \le 22) = \frac{22 - 14}{20} = \frac{8}{20} = 0{,}4. Comme 5<105 < 10, on a immédiatement F(5)=0F(5) = 0.

Point de départ · 40

Durée de vie sans usure

Un composant électronique neuf a une probabilité donnée de fonctionner au moins 100100 heures. S'il a déjà fonctionné 100100 heures sans faillir, la probabilité qu'il fonctionne 100100 heures supplémentaires est-elle modifiée ?

Pour certains composants sans usure mécanique, la probabilité de fonctionner pendant une durée supplémentaire ne dépend pas du temps déjà écoulé : le composant ne vieillit pas. On modélise ce type de phénomène par une loi continue appelée loi exponentielle.

Définition · 41

Loi exponentielle de paramètre λ\lambda

Soit λ>0\lambda > 0. Une variable aléatoire continue XX suit la loi exponentielle de paramètre λ\lambda sur [0;+[[0\,;\,+\infty[ si sa fonction de densité ff est définie par :

f(x)=λeλxpour tout x0f(x) = \lambda e^{-\lambda x} \quad \text{pour tout } x \ge 0

Pour tous réels cc et dd tels que 0cd0 \le c \le d, la probabilité de l'intervalle [c;d][c\,;\,d] est :

P(cXd)=cdλeλtdt=eλceλdP(c \le X \le d) = \int_c^d \lambda e^{-\lambda t} \, dt = e^{-\lambda c} - e^{-\lambda d}

La probabilité de survie au-delà d'un instant c0c \ge 0 est donnée par :

P(Xc)=eλcP(X \ge c) = e^{-\lambda c}

La fonction de répartition FF de XX est définie sur R\mathbb{R} par :

F(x)={0si x<01eλxsi x0F(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x < 0 \\ 1 - e^{-\lambda x} & \text{si } x \ge 0 \end{cases}

Exemple travaillé · 42

Calcul de probabilités sous une loi exponentielle

La durée d'une communication téléphonique (en minutes) suit une loi exponentielle de paramètre λ=0,5\lambda = 0{,}5.
1. Calculer la probabilité que la communication dure entre 22 et 44 minutes.
2. Calculer la probabilité qu'elle dépasse 66 minutes.

1

Pour 0cd0 \le c \le d, on applique la formule P(cXd)=eλceλdP(c \le X \le d) = e^{-\lambda c} - e^{-\lambda d} avec λ=0,5\lambda = 0{,}5, c=2c = 2 et d=4d = 4 :

2
P(2X4)=e0,5×2e0,5×4=e1e2P(2 \le X \le 4) = e^{-0{,}5 \times 2} - e^{-0{,}5 \times 4} = e^{-1} - e^{-2}
3

Numériquement, e10,3679e^{-1} \approx 0{,}3679 et e20,1353e^{-2} \approx 0{,}1353, d'où P(2X4)0,2326P(2 \le X \le 4) \approx 0{,}2326.

4

Pour la probabilité de dépasser 66 minutes, on applique la formule de survie P(Xc)=eλcP(X \ge c) = e^{-\lambda c} :

5
P(X6)=e0,5×6=e30,0498P(X \ge 6) = e^{-0{,}5 \times 6} = e^{-3} \approx 0{,}0498

Piège classique · 43

Attention : Fonction de répartition ou probabilité de survie ?

Sur la courbe de la fonction de répartition FF d'une variable exponentielle de paramètre λ\lambda, on lit le point de coordonnées (1;0,85)(1\,;\,0{,}85), soit F(1)=0,85F(1) = 0{,}85. Quelle équation permet de déterminer λ\lambda ?

Attention

Poser eλ=0,85e^{-\lambda} = 0{,}85 en confondant la fonction de répartition avec la probabilité de survie.

À la place : La fonction de répartition est F(x)=P(Xx)=1eλxF(x) = P(X \le x) = 1 - e^{-\lambda x}. L'équation correcte est 1eλ=0,851 - e^{-\lambda} = 0{,}85, ce qui donne eλ=0,15e^{-\lambda} = 0{,}15, d'où λ=ln(0,15)1,9\lambda = -\ln(0{,}15) \approx 1{,}9. L'expression eλe^{-\lambda} correspondrait à la probabilité de dépassement P(X1)P(X \ge 1).

Exemple travaillé · 44

Déterminer la médiane (demi-vie)

La durée de vie XX (en années) d'une machine suit une loi exponentielle de paramètre λ=0,2\lambda = 0{,}2. Déterminer le réel cc tel que P(Xc)=P(Xc)P(X \le c) = P(X \ge c).

1

On traduit l'égalité des probabilités à l'aide des formules du cours : P(Xc)=1e0,2cP(X \le c) = 1 - e^{-0{,}2 c} et P(Xc)=e0,2cP(X \ge c) = e^{-0{,}2 c}.

2
1e0,2c=e0,2c    2e0,2c=1    e0,2c=0,51 - e^{-0{,}2 c} = e^{-0{,}2 c} \iff 2e^{-0{,}2 c} = 1 \iff e^{-0{,}2 c} = 0{,}5
3

On applique la fonction logarithme népérien pour isoler cc :

4
0,2c=ln(0,5)=ln(2)    c=ln(2)0,2=5ln(2)-0{,}2 c = \ln(0{,}5) = -\ln(2) \iff c = \frac{\ln(2)}{0{,}2} = 5\ln(2)
5

Comme ln(2)0,6931\ln(2) \approx 0{,}6931, on obtient c3,47c \approx 3{,}47 années. Ce réel cc s'appelle la médiane (ou demi-vie) de la machine.

Piège classique · 45

Attention : Médiane et moyenne d'une loi exponentielle

Pour une variable aléatoire suivant une loi exponentielle de paramètre λ=0,2\lambda = 0{,}2, la durée médiane cc vérifiant P(Xc)=0,5P(X \le c) = 0{,}5 est-elle égale à 55 ans ?

Attention

Répondre oui, en confondant la médiane c=ln(2)λc = \frac{\ln(2)}{\lambda} avec l'espérance mathématique (la moyenne) 1λ\frac{1}{\lambda}.

À la place : La moyenne d'une loi exponentielle de paramètre 0,20{,}2 vaut 10,2=5\frac{1}{0{,}2} = 5 ans. En revanche, la médiane cc (l'instant où 50%50\,\% des composants sont tombés en panne) vaut c=ln(2)0,2=5ln(2)3,47c = \frac{\ln(2)}{0{,}2} = 5\ln(2) \approx 3{,}47 ans, car ln(2)0,693<1\ln(2) \approx 0{,}693 < 1.

Vérification · 46

Vérification : Calculs sous la loi exponentielle

Soit XX une variable aléatoire suivant la loi exponentielle de paramètre λ=1\lambda = 1. Déterminer la valeur exacte de la probabilité de survie P(X2)P(X \ge 2) ainsi que la limite de la fonction de répartition limx+F(x)\lim_{x \to +\infty} F(x).

Remarque

Pour XE(1)X \sim \mathcal{E}(1), la probabilité de survie au-delà de 22 est P(X2)=e1×2=e2P(X \ge 2) = e^{-1 \times 2} = e^{-2}. Pour tout x0x \ge 0, la fonction de répartition s'écrit F(x)=1exF(x) = 1 - e^{-x}. Puisque limx+ex=0\lim_{x \to +\infty} e^{-x} = 0, on a limx+F(x)=1\lim_{x \to +\infty} F(x) = 1.

Point de départ · 47

Le plus grand numéro obtenu

On lance trois dés équilibrés à 66 faces. On note XX le plus grand des trois numéros obtenus. Pour calculer la probabilité que XX soit inférieur ou égal à 44, quelle condition doivent vérifier les trois dés ?

Le plus grand des trois numéros est inférieur ou égal à 44 si et seulement si les trois dés affichent chacun un numéro inférieur ou égal à 44. Caractériser un maximum par un événement cumulé (Xk)(X \le k) est beaucoup plus direct que de tenter de dénombrer tous les triplets possibles.

Définition · 48

Loi du maximum de variables indépendantes

Soient X1,X2,,XnX_1, X_2, \ldots, X_n des variables aléatoires indépendantes à valeurs entières. On pose M=max(X1,X2,,Xn)M = \max(X_1, X_2, \ldots, X_n).

(Mk)    (X1k)(X2k)(Xnk)(M \le k) \iff (X_1 \le k) \cap (X_2 \le k) \cap \ldots \cap (X_n \le k)

Par indépendance des variables, la probabilité cumulée (fonction de répartition) s'exprime comme un produit :

p(Mk)=p(X1k)×p(X2k)××p(Xnk)p(M \le k) = p(X_1 \le k) \times p(X_2 \le k) \times \ldots \times p(X_n \le k)

Pour en déduire la probabilité ponctuelle d'une valeur kk, on effectue la différence entre deux probabilités cumulées consécutives :

p(M=k)=p(Mk)p(Mk1)p(M = k) = p(M \le k) - p(M \le k - 1)

Exemple travaillé · 49

Calcul de la loi d'un maximum

Trois urnes contiennent chacune des jetons numérotés de 11 à 66. On tire au hasard un jeton de chaque urne de façon indépendante. Soit XX le plus grand des trois numéros obtenus.
1. Exprimer p(Xk)p(X \le k) pour tout entier k{1;;6}k \in \{1\,;\,\ldots\,;\,6\}.
2. En déduire la probabilité ponctuelle p(X=4)p(X = 4).

1

Pour chaque urne, le tirage étant équiprobable parmi 66 jetons, la probabilité d'obtenir un numéro inférieur ou égal à kk est k6\frac{k}{6}.

2

L'événement (Xk)(X \le k) équivaut à ce que le numéro tiré dans chacune des trois urnes soit inférieur ou égal à kk. Par indépendance :

3
p(Xk)=(k6)3=k3216p(X \le k) = \left(\frac{k}{6}\right)^3 = \frac{k^3}{216}
4

La probabilité ponctuelle p(X=4)p(X = 4) s'obtient en retranchant la probabilité cumulée au rang 33 :

5
p(X=4)=p(X4)p(X3)=4321633216=6427216=37216p(X = 4) = p(X \le 4) - p(X \le 3) = \frac{4^3}{216} - \frac{3^3}{216} = \frac{64 - 27}{216} = \frac{37}{216}

Piège classique · 50

On lance trois dés équilibrés à 66 faces. Soit XX le plus grand des trois numéros obtenus. Pour calculer p(X=4)p(X = 4), quelle méthode évite les risques d'omission ?

Attention

Tenter de dénombrer directement tous les triplets possibles dont le maximum vaut 4 (comme (4,1,1), (4,4,2), (4,2,3), etc.), au risque d'oublier des permutations ou des doublons.

À la place : La méthode rigoureuse consiste à passer par la fonction de répartition : p(X=4)=p(X4)p(X3)=4333216=37216p(X = 4) = p(X \le 4) - p(X \le 3) = \frac{4^3 - 3^3}{216} = \frac{37}{216}.

Exemple travaillé · 51

Loi du minimum et propriété de symétrie

On lance deux dés équilibrés à 66 faces. On note XX le plus grand numéro obtenu et YY le plus petit numéro obtenu.
1. Justifier que pour tout k{1;;6}k \in \{1\,;\,\ldots\,;\,6\}, p(X=k)=2k136p(X = k) = \frac{2k - 1}{36}.
2. En exploitant la relation de symétrie Y=7XY = 7 - X, déterminer la loi de YY.

1

Pour le maximum XX de deux dés indépendants, la probabilité cumulée est :

2
p(Xk)=(k6)2=k236p(X \le k) = \left(\frac{k}{6}\right)^2 = \frac{k^2}{36}
3

On en déduit la loi ponctuelle de XX pour tout k{1;;6}k \in \{1\,;\,\ldots\,;\,6\} :

4
p(X=k)=k2(k1)236=k2(k22k+1)36=2k136p(X = k) = \frac{k^2 - (k-1)^2}{36} = \frac{k^2 - (k^2 - 2k + 1)}{36} = \frac{2k - 1}{36}
5

Chaque face kk ayant son complémentaire 7k7 - k symétrique sur un dé (161 \leftrightarrow 6, 252 \leftrightarrow 5, 343 \leftrightarrow 4), le plus petit numéro YY vérifie Y=7XY = 7 - X.

6

Pour tout k{1;;6}k \in \{1\,;\,\ldots\,;\,6\}, l'événement (Y=k)(Y = k) équivaut à (X=7k)(X = 7 - k) :

7
p(Y=k)=p(X=7k)=2(7k)136=132k36p(Y = k) = p(X = 7 - k) = \frac{2(7 - k) - 1}{36} = \frac{13 - 2k}{36}

Piège classique · 52

Soient X1X_1 et X2X_2 deux variables aléatoires indépendantes et Y=min(X1,X2)Y = \min(X_1, X_2). Quelle condition équivaut à l'événement (Yk)(Y \ge k) ?

Attention

Écrire que (Yk)    (X1k)(X2k)(Y \le k) \iff (X_1 \le k) \cap (X_2 \le k) en appliquant au minimum la règle du maximum.

À la place : Pour le minimum, c'est l'inégalité large supérieure qui se sépare en intersection : min(X1,X2)k    (X1k)(X2k)\min(X_1, X_2) \ge k \iff (X_1 \ge k) \cap (X_2 \ge k). Pour que le plus petit de deux nombres dépasse kk, il faut et il suffit que chacun d'eux dépasse kk.

Vérification · 53

Vérification : Loi d'un maximum sur deux dés

On lance deux dés équilibrés à 66 faces. Soit X=max(U1,U2)X = \max(U_1, U_2) le plus grand des deux numéros obtenus. Déterminer p(X5)p(X \le 5) puis calculer la probabilité ponctuelle p(X=5)p(X = 5).

Remarque

Pour deux dés indépendants, p(X5)=(56)2=2536p(X \le 5) = \left(\frac{5}{6}\right)^2 = \frac{25}{36}. La probabilité ponctuelle s'obtient par différence : p(X=5)=p(X5)p(X4)=25361636=936p(X = 5) = p(X \le 5) - p(X \le 4) = \frac{25}{36} - \frac{16}{36} = \frac{9}{36}.

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